Le concept freudien d'Unheimliche fut en son temps traduit par l'expression suivante : Inquiétante étrangeté, qui semble aujourd'hui distinguer la suite de dessins rassemblés par Emmanuelle Pidoux sous ce titre funeste : Ce qui reste. En effet, pour familiers, voire habités qu'ils eussent été peut-être un jour, des paysages, des végétations, des décors, des maisons, au milieu du silence et du vide qu'ils occupent, nous deviennent terriblement inquiétants et ne laissent de nous subjuguer. Autrement dit : quoi demeure après un tel abandon ? Et ce qui reste alors ne peut-il plus être que désert et dévastation ? Ce qui reste ne peut-il jamais constituer les premiers éléments d'un à-venir encore incertain, certainement inconnu ? Voilà sans doute l'horizon de ces dessins dont l'esthétique est d'élever au plus haut les fractures et les poids de la défaillance, et d'accompagner au plus près, pour la révéler, la déréliction la plus sombre et la plus profonde.
Nombre de pages
56
Date de parution
19/10/2015
Poids
100g
Largeur
154mm
Plus d'informations
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EAN
9782916694955
Titre
Ce qui reste
Auteur
Pidoux Emmanuelle
Editeur
WAKNINE
Largeur
154
Poids
100
Date de parution
20151019
Nombre de pages
56,00 €
Disponibilité
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Est dit irrévocable ce qui se trouve engagé définitivement, sans retour possible, comme on appelle en vain ce qui a fui, comme on se lance éperdument à la recherche d'un temps perdu. Aussi, à bien y regarder, n'existe-t-il ici ni revenants ni fantômes, ni seconde chance ni nostalgie. Quelque chose, comme un fatum, règne en maître sur tous ces paysages. Comme si la tragédie avait eu l'occasion de pleinement s'accomplir. En eux, pas l'ombre d'une perte qui puisse être pleurée, tandis qu'ils se présentent tour à tour comme des absences, des vides, dont nul ne pourrait être le témoin. En ce sens, rien de plus silencieux que ces dessins qui se répètent pour n'être qu'eux-mêmes, comme s'ils n'étaient jamais des manques dont on pourrait avoir l'audace de dire qu'ils sont irréparables. Ces dessins sont-ils même des instants ? Mais quels instants pourraient ainsi se perpétrer hors des heures, des années et des siècles ? Ce qui ne peut faire l'objet que d'un appel, unique (comme l'enfance, l'amour ou la mort, par exemple) inviterait donc à l'expérience de ce silence qui est le nôtre, dont nous serions comme les images, balbutiements de l'éphémère, irrévocablement.
Un clochard, le Négus, est retrouvé noyé dans le Doubs. Pas de psychopathe ni de sévices. Unehistoire qui tourne mal? Un problème d?argent? D?amour peut-être? De silence nécessaire poursauver un honneur? L?enquête suit son cours. Une ville se révèle, faite d?impasses et de grilles rouillées, une ville que la masse sombre de la citadelle de Vauban surplombe comme un gardien des mauvaises consciences ?
La reine fantasque, conte ; poésies diverses ; Sur les herbiers, lettre à Madame Delessert ; Sur les mousses, lettre à Monsieur de Malesherbes ; préface au Dictionnaire de musique ; Sur la musique militaire. De Jean-Jacques Rousseau, nous conservons comme une sorte de portrait figé et forgé par l'institution scolaire. Pourtant, ce portrait comprend de nombreux autres Rousseau, dont le présent ouvrage propose de découvrir quelques facettes, en révélant le fameux homme de lettres sous ses diverses plumes. un cd : Les pantouflettes (paroles et musique Jean-Jacques Rousseau)
« L'amour de l'Italie aura été une des plus fortes passions de ma vie d'artiste et de ma vie intérieure. » L'aveu est de taille. Lorsqu'il débarque en Sicile en 1921, le peintre Maurice Denis (1870-1943), pose le pied sur la terre italienne pour la huitième fois. Arrivé d'Afrique du Nord avec l'une de ses filles, il vient s'y consoler d'un grand deuil. Maurice Denis a profondément aimé ce pays. Carnets de voyage en Italie peut être regardé comme un récit pittoresque ? c'est bien le mot ? de ses passages dans diverses villes, mais aussi une leçon d'histoire de l'art à travers l'étude de grands maîtres de la peinture. Assurément, ces Carnets sont ceux d'un peintre qui sait, qui aime écrire, et la chose est rare.
Au sein de l'exceptionnelle bibliographie de Henri Focillon brille d'un éclat particulier un petit texte : Eloge de la main, qui figure toujours en appendice à la Vie des formes. Pourtant ce texte court, d'une profondeur et d'une intensité rares, peut être lu pour lui-même, en ce qu'il propose au lecteur une réflexion sensible autour de la main de l'homme, entendue comme outil pratique, artistique, voire spirituel, à même d'être élevé au statut d'une invention sans pareille, comparable à celles du feu et de la roue dans l'histoire de l'humanité.
Héritier du théâtre grec, le théâtre romain n'a fait usage du masque pour ses représentations qu'à partir du premier siècle avant notre ère. Qu'il s'agisse de tragédies (Accius ou Pacuvius) ou de comédies (Plaute ou Térence) l'usage du masque a d'abord été d'ordre technique, cet accessoire faisant alors office de porte-voix afin que tous les spectateurs puissent entendre la pièce. Un curieux personnage (Francesco de Ficoroni) (1664-1747) (homme de grande érudition, collectionneur, antiquaire et archéologue) a rassemblé dans un petit ouvrage des dizaines de ces masques appartenant à la tradition théâtrale romaine, grâce auxquels nous pouvons découvrir combien ces masques ont pu devenir, en eux-mêmes et par eux-mêmes, des objets d'art à part entière : un univers fascinant et somptueux, dont chacun désormais pourra faire l'expérience en parcourant ces pages.