Est dit irrévocable ce qui se trouve engagé définitivement, sans retour possible, comme on appelle en vain ce qui a fui, comme on se lance éperdument à la recherche d'un temps perdu. Aussi, à bien y regarder, n'existe-t-il ici ni revenants ni fantômes, ni seconde chance ni nostalgie. Quelque chose, comme un fatum, règne en maître sur tous ces paysages. Comme si la tragédie avait eu l'occasion de pleinement s'accomplir. En eux, pas l'ombre d'une perte qui puisse être pleurée, tandis qu'ils se présentent tour à tour comme des absences, des vides, dont nul ne pourrait être le témoin. En ce sens, rien de plus silencieux que ces dessins qui se répètent pour n'être qu'eux-mêmes, comme s'ils n'étaient jamais des manques dont on pourrait avoir l'audace de dire qu'ils sont irréparables. Ces dessins sont-ils même des instants ? Mais quels instants pourraient ainsi se perpétrer hors des heures, des années et des siècles ? Ce qui ne peut faire l'objet que d'un appel, unique (comme l'enfance, l'amour ou la mort, par exemple) inviterait donc à l'expérience de ce silence qui est le nôtre, dont nous serions comme les images, balbutiements de l'éphémère, irrévocablement.
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Nombre de pages
60
Date de parution
21/04/2023
Poids
106g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782493282224
Titre
Paysages irrévocables
Auteur
Pidoux Emmanuelle
Editeur
WAKNINE
Largeur
155
Poids
106
Date de parution
20230421
Nombre de pages
60,00 €
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Résumé : Le concept freudien d'Unheimliche fut en son temps traduit par l'expression suivante : Inquiétante étrangeté, qui semble aujourd'hui distinguer la suite de dessins rassemblés par Emmanuelle Pidoux sous ce titre funeste : Ce qui reste. En effet, pour familiers, voire habités qu'ils eussent été peut-être un jour, des paysages, des végétations, des décors, des maisons, au milieu du silence et du vide qu'ils occupent, nous deviennent terriblement inquiétants et ne laissent de nous subjuguer. Autrement dit : quoi demeure après un tel abandon ? Et ce qui reste alors ne peut-il plus être que désert et dévastation ? Ce qui reste ne peut-il jamais constituer les premiers éléments d'un à-venir encore incertain, certainement inconnu ? Voilà sans doute l'horizon de ces dessins dont l'esthétique est d'élever au plus haut les fractures et les poids de la défaillance, et d'accompagner au plus près, pour la révéler, la déréliction la plus sombre et la plus profonde.
Un clochard, le Négus, est retrouvé noyé dans le Doubs. Pas de psychopathe ni de sévices. Unehistoire qui tourne mal? Un problème d?argent? D?amour peut-être? De silence nécessaire poursauver un honneur? L?enquête suit son cours. Une ville se révèle, faite d?impasses et de grilles rouillées, une ville que la masse sombre de la citadelle de Vauban surplombe comme un gardien des mauvaises consciences ?
Même s'il considérait ses croquis sur nature comme de simples notes, le peintre Maurice Denis (1870-1943) a fait du dessin l'un de ses principaux outils de travail et a rempli de très nombreux carnets, dont presque cent cinquante sont conservés. Amoureux de l'Italie, il a parcouru la péninsule du nord au sud, sans oublier quelques autres pays du pourtour méditerranéen : Algérie, Espagne, Terre sainte, Grèce, Turquie... Autant d'escales où la lumière est une raison d'exercer son oeil et son outil. Ainsi les dessins aquarellés de Maurice Denis regorgent-ils d'arbres, de scènes et de paysages en tout genre, offrant un extraordinaire feu d'artifice de couleurs raffinées.