Pierre préférerait que vous écriviez un livre théorique sur son travail. Cette communication téléphonique avec Colette Soulages, début 2015, m'avait laissé sans voix. Aucun artiste ne m'avait demandé une chose pareille." Robert Fleck - professeur d'histoire de l'art à la Kunstakademie de Düsseldorf - signe finalement un livre dont le propos est autant historique que théorique. Il retrace l'itinéraire de Pierre Soulages, de sa découverte du monde de l'art dans le Paris de l'entre-deux-guerres à sa rencontre avec l'école de New York et l'expressionnisme abstrait, de la reconnaissance internationale dès le début des années 1950 à l'ouverture du musée de Rodez. Et simultanément, il explore la singularité esthétique d'une oeuvre qui interroge le pouvoir de la peinture, un pouvoir intimement lié à la sensation et l'émotion. L'art, selon Soulages, doit "rendre présent un rapport aux autres et au monde. L'oeuvre renouvelle le regard, le change et nous change, et à travers les époques exerce un pouvoir sur celui qui regarde.. [...] Très tôt j'ai pratiqué une peinture qui abandonnait l'image, et que je n'ai jamais considérée comme un langage (au sens où le langage transmet une signification). Ni image, ni langage." Pour clore cet essai, nous entrons avec Hans Ulrich Obrist - directeur artistique de la Serpentine Gallery à Londres - dans l'atelier de l'artiste, pour prendre part à une conversation où il est question d'enfance, de noir, d'outre-noir et d'amitiés.
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Nombre de pages
192
Date de parution
20/10/2017
Poids
315g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782917217832
Titre
Pierre Soulages
Auteur
Fleck Robert ; Obrist Hans Ulrich
Editeur
MANUELLA
Largeur
140
Poids
315
Date de parution
20171020
Nombre de pages
192,00 €
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Comme le disait Heinz Mack lors d'un de nos nombreux entretiens : "Etes-vous bien conscient que je suis un des derniers à pouvoir vous raconter cela ? " De l'exposition de Düsseldorf en mai 1957 à la mort prématurée de l'artiste en 1962, de la création de l'opéra de Gelsenkirchen à la rétrospective de Krefeld, l'aventure allemande d'Yves Klein fut essentielle dans sa fulgurante carrière. Grâce aux échanges intenses entre l'artiste français et les artistes allemands de sa génération — notamment du mouvement ZERO —, cette histoire se trouve ici retracée au moyen de matériaux d'archives et d'entretiens avec l'ensemble des témoins encore vivants. Intimement liée à l'évolution artistique outre-Rhin, cette biographie constitue aussi une archive exceptionnelle pour une double histoire de l'art.
Les tableaux abstraits de Roger Bissière (...) transmettent aujourd'hui une fraîcheur qui permet de les apercevoir dans leur force formelle propre, dans ce jeu extrêmement libre et maîtrisé à la fois des couleurs, rythmes et couleurs devenus autonomes. (...) Une des forces de Roger Bissière réside dans le fait qu'il sut transformer une peinture faite de traces, de signes et de taches colorées en une réflexion profonde sur le temps qui rend visible la durée ".
L'oeuvre de Franz Grabmayr (1927-2015) - comparable à celui de Frank Auerbach ou d'Yves Klein - fait partie des plus grands, rarement estimé à sa juste valeur, entre expressionisme abstrait, peinture abstraite de l'après-guerre et postmoderne. Dans les années 1980, Grabmayr est aussi devenu le modèle des Nouveaux fauves. Cet ouvrage donne un excellent aperçu, communique durablement son importance et contient des déclarations de collègues peintres comme Siegfried Anzinger ou Herbert Brandl, de gens de musées comme Ulrich Loock, Peter Pakesch, Klaus Albrecht Schröder ou Wieland Schmied. Il met clairement en évidence les raisons qui ont pour ainsi dire fait avancer Franz Grabmayr au rang d'icône de la peinture vénéré tel un objet de culte et comment s'est fait sentir son influence sur le travail de collègues plus jeunes.
Colette Brunschwig est une peintre du XXe siècle, dont elle interroge de façon singulière la modernité artistique occidentale, et les traumas historiques que furent la Shoah et Hiroshima. Dans la proximité philosophique d'Emmanuel Levinas, l'artiste, proche du philologue Jean Bollack, joint ses recherches picturales liées aux abstractions des années 1950 à l'étude des traditions exégétiques talmudiques, avant d'y associer, à la fin des années 1960, l'enseignement des peintres lettrés chinois des XIIe et XIIIe siècles. Assumant une double généalogie avec Claude Monet et Kasimir Malevitch, Colette Brunschwig n'a cessé d'explorer un espace dynamique, traversé d'un souffle intérieur d'expansion et de compression ; espace qu'elle rend patiemment disponible pour recommencer la peinture après l'anéantissement, et y inscrire les strates réflexives et sensibles d'une revue des formes. Cette première monographie se veut un outil olivet de connaissance. Elle réunit donc une large iconographie de l'oeuvre peint de Colette Brunschwig, des archives personnelles, des photographies d'expositions, des essais critiques comme autant d'entrées possibles dans le geste pictural et la démarche intellectuelle, la correspondance de l'artiste avec diverses figures célèbres de la scène artistique et littéraire française de l'après-guerre, et ses propres textes, nés de la réflexion de son rapport à l'art moderne et aux transformations technologiques de son temps.
Le travail de Guillaume Constantin, né en 1974, se construit à partir d'anachronismes. Se déploient ainsi des oeuvres à la géométrie ambiguë qui ricochent les unes sur les autres en devenant tour à tour un jeu sur le médium, le support, un hommage, un détournement, une réappropriation. Appropriation, recyclage, détournement et autres déplacements, transformations voire déformations habitent l'oeuvre de Guillaume Constantin. Développant un travail essentiellement sculptural et d'installation, il conçoit régulièrement des dispositifs d'exposition ou réalise des interventions sur des dispositifs d'exposition préexistants, notamment muséaux, interrogeant le rapport à l'oeuvre ou à l'objet, sa collection et ses modes de monstration comme de circulation, son histoire, au sein de différents contextes pouvant mettre en tension conservation et disparition, visibilité et absence. L'artiste remet ainsi littéralement en jeu l'exposition en même temps qu'il en propose une réécriture et une relecture, convoquant la mémoire et les traces du passé. (R. Brunel, A. Marchand et A-L. Vicente)
L'architecture, c'est l'inverse de la nature. C'est l'art de façonner une nouvelle nature. C'est l'art de rendre naturel ce qui ne l'est pas. La pratique architecturale de Claude Vasconi est intimement liée au dessin. Entre 1965 et 2009, Claude Vasconi a signé plus de soixante réalisations en France, en Allemagne et au Luxembourg. dont la tour ZDF aux Lilas, le 57 Métal à Mulhouse, l'Hôtel du Département à Strasbourg et le quartier du Borsig à Berlin. Tous ces bâtiments, emblématiques d'une conception radicale de l'architecture, ont d'abord été des esquisses tracées au feutre sur de grands papiers calque. Du croquis initial à la finalisation, le dessin rythme chaque étape des projets de Claude Vasconi. Il a ainsi laissé des centaines de dessins qui témoignent d'un processus créatif où le geste de la main est essentiel pour penser et faire advenir la forme. Les 400 dessins rassemblés dans ce livre de plus de 800 pages, classés par ordre chronologique, donnent à voir l'instant de la création, l'instant où se rêve la réalité. Des extraits de ses nombreux carnets, où s'entrelacent réflexions sur l'architecture et notes sur ces projets, émaillent ce corpus unique et inédit. L'ensemble invite à découvrir l'oeuvre d'un architecte-bâtisseur qui a marqué le paysage urbain de la fin du XXe siècle, à travers l'énergie de son trait, son sens de la composition et le mouvement de sa pensée.
En 2017, alors qu'il célèbre ses quarante ans d'existence, le Centre Pompidou propose à Philippe Artières d'intervenir dans l'institution durant toute une année. L'historien imagine alors le Bureau des archives populaires. "Confiez-moi l'un de vos souvenirs du Centre Pompidou ! " C'est par ces mots que Philippe Artières s'adresse au public. Revêtu d'une blouse grise, installé derrière un bureau en carton confectionné pour l'occasion, il attend les visiteurs à l'intérieur du Centre. Il recueille leur parole, leurs souvenirs et parfois même des documents, autant de témoignages intimes, de microhistoires, qu'il collecte précieusement et qui constituent une archive sur le lien sensible entre une institution et ses visiteurs, sur le lien personnel que ceux-ci entretiennent avec l'art et la culture. Dans ce petit théâtre se joue un face-à-face inédit entre le corps de l'historien et le corps du témoin qui, au-delà de la transmission de mémoire, nous invite à une réflexion sur l'histoire en train de se faire, sur la pratique de l'histoire du très contemporain, lorsqu'elle "se risque dans l'instant de notre présent".