Avec Ce côté-ci et alentour, titre évoquant quelque incertain partage frontalier, Mohammed El Amraoui visite le son étranger de toute langue, dès lors qu'est prise la mesure à la fois lyrique et intériorisée de l'exil, ce tremblement inquiet et bientôt musical des signes de réciprocité en nous et hors de nous. Le poème ici devient matière romanesque sans autre fiction que la belle coïncidence - du mot avec l'absence, de l'être avec ses lointains. El Amraoui exalte cette liberté d'être autre en tout lieu de l'identité, quitte à rapprocher sur la même page l'ardent et précieux Du Bellay ou le fond endeuillé de la mémoire. A travers ce journal de l'absolu épars qui étreint la transitivité de l'actuel dans le jeu harmonique de proses narratives et de subtils étirages versifiés, Mohammed El Amraoui se révèle uniment à nous par l'acuité du regard et l'éclat de la présence. Hubert Haddad Biographie de l'auteur Mohammed El Amraoui, né à Fès au Maroc, vit à Lyon. Il écrit en arabe et en français. Auteur de traductions, il collabore aussi avec des plasticiens et des musiciens. Il a publié plusieurs livres de poésie
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Date de parution
01/12/2006
Poids
143g
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EAN
9782840311843
Titre
DE CE COTE-CI ET ALENTOUR
Auteur
EL AMRAOUI
Editeur
DE BLEU
Largeur
0
Poids
143
Date de parution
20061201
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La barque flotte Calmement Grince et avec le croissant de lune comme une faux qui grince De l'eau ! dit l'enfant L'enfant les lèvres gercées petites feuilles à nervures creusées prêtes à tomber De l'eau ! dit l'enfant La mère mélange lait et eau de mer dans le biberon l'enfant recrache les lèvres les yeux fanés la mère le père marmonnent prières promptes broyées Il est froid ! ...
Pour chaque nouvel ouvrage, Mohammed El Amraoui remet son écriture en jeu - ici, en, je, pour l'occasion. Texte de commande, au départ, pour une compagnie lyonnaise de théâtre, Les arTpenteurs, l'ouvrage dépasse les limites du cadre fixé et propose une réelle introspection, à hauteur d'homme. Davantage qu'un monologue intérieur, il s'agit là d'une autobiographie linguistique. Tour à tour poète et traducteur, Mohammed El Amraoui nous entraîne, hors sentiers battus, dans le lieu des deux langues qui désormais sont les siennes, la langue arabe et la langue française. Ca ne manque ni d'oreille ni de souffle. Entre l'essai littéraire, le récit d'autofiction et le poème narratif.
La poésie est dans et hors le temps et hors d'âge. La poésie est âge. L'âge (sans accent circonflexe) est une longue pièce horizontale à laquelle s'ajustent le soc et toutes les autres pièces de la charrue. La poésie est faite de pièces détachées de charrue. Le mot labeur y est attaché ; y est attaché pour rien quelquefois... Age, oreille, semelle... Mohammed El Amraoui démonte patiemment la charrue qui fouille les traces improvisées d'une langue maternelle à l'autre. "comme un étranger dans sa propre langue" (Deleuze). Sillonnant son bilinguisme, l'auteur sème ses étonnements phonétiques et récolte des textes sonores, poétiques ou philosophiques. A l'écoute des sons et du sens, il s'agit de savoir douter pour s'émerveiller.
Résumé : La petite feuille aux yeux bleus (dont c'est la réédition) a déjà conquis un jeune - et moins jeune - public enthousiaste. Les poèmes sont d'une grande limpidité, axés sur les thèmes de la nature (le Marais vendéen, les forêts...), de l'enfance aventureuse, de la grand-mère tant aimée - celle qui appelait sa petite fille, en patois, " ma petite feuille " - , de la fête, etc. On retrouve les thèmes des Moustaches vertes (ouvrage précédent, salué par France-Culture, Le Monde, et l'ensemble des revues destinées à la jeunesse) et de Une cigale dans la tête qui vient de paraître.
Les Zanimots, c'est un bestiaire sorti, on ne sait trop comment, d'un abécédaire. Des animaux parfois familiers, certains très rares, ou encore quelques-uns très bizarres. Et des mots de bric et de broc, qui font la nique et la noce. Une drôle de ménagerie, vous verrez.
Une petite fille arrive en courant ". Elle arrive dans les mots : quelque chose de vivant, déjà morte souvent. Elle a plusieurs noms, Catherine, Carrie, d'autres ; peut-être aussi celui d'Émilie, sa maman. Une petite fille, une maman, un je qui les conjugue et les écartèle. Le feu, le vent, lui qui n'a pas de nom. Une petite fille, ça va de soi ; mais c'est aussi les phrases qui arrivent en courant, la grammaire et les mots qui trébuchent parce que trop ou mal vivants. On entend de la tragédie et d'innocentes rengaines d'enfance, un récit qui s'émiette en douleurs. Quelque chose manque : " voyez comme les mots ne disent rien ". Mais on les voit : " visage arrêté dans la langue ". Les poèmes d'Ariane Dreyfus : leur " eau se mêle " ; écrire " éclabousse ". " Une petite fille arrive en courant Elle respire d'avoir couru ". Nous aussi. (James SACRÉ)