Pour chaque nouvel ouvrage, Mohammed El Amraoui remet son écriture en jeu ? ici, en, je, pour l'occasion. Texte de commande, au départ, pour une compagnie lyonnaise de théâtre, Les arTpenteurs, l'ouvrage dépasse les limites du cadre fixé et propose une réelle introspection, à hauteur d'homme. Davantage qu'un monologue intérieur, il s'agit là d'une autobiographie linguistique. Tour à tour poète et traducteur, Mohammed El Amraoui nous entraîne, hors sentiers battus, dans le lieu des deux langues qui désormais sont les siennes, la langue arabe et la langue française. Ça ne manque ni d'oreille ni de souffle. Entre l'essai littéraire, le récit d'autofiction et le poème narratif.
Nombre de pages
222
Date de parution
20/11/2022
Poids
284g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782355772757
Titre
Un palais pour deux langues
Auteur
Amraoui Mohammed el-
Editeur
RUMEUR LIBRE
Largeur
140
Poids
284
Date de parution
20221120
Nombre de pages
222,00 €
Disponibilité
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La poésie est dans et hors le temps et hors d'âge. La poésie est âge. L'âge (sans accent circonflexe) est une longue pièce horizontale à laquelle s'ajustent le soc et toutes les autres pièces de la charrue. La poésie est faite de pièces détachées de charrue. Le mot labeur y est attaché ; y est attaché pour rien quelquefois... Age, oreille, semelle... Mohammed El Amraoui démonte patiemment la charrue qui fouille les traces improvisées d'une langue maternelle à l'autre. "comme un étranger dans sa propre langue" (Deleuze). Sillonnant son bilinguisme, l'auteur sème ses étonnements phonétiques et récolte des textes sonores, poétiques ou philosophiques. A l'écoute des sons et du sens, il s'agit de savoir douter pour s'émerveiller.
La barque flotte Calmement Grince et avec le croissant de lune comme une faux qui grince De l'eau ! dit l'enfant L'enfant les lèvres gercées petites feuilles à nervures creusées prêtes à tomber De l'eau ! dit l'enfant La mère mélange lait et eau de mer dans le biberon l'enfant recrache les lèvres les yeux fanés la mère le père marmonnent prières promptes broyées Il est froid ! ...
Alaili Anas ; Amraoui Mohammed el- ; Combes Franci
Ce recueil d'Anas Alaili résonne en chacune de ses lignes avec l'intitulé même qu'il s'est choisi. Tardives en effet sont les étreintes que nous savons ressentir d'êtres sans terre, poursuivis par un malentendu perpétuel entre la mémoire historique et l'histoire des mémoires. Rarement Palestine presque jamais nommée n'a été aussi présente aux poèmes d'Anas Alaili. C'est dans la discrétion même du verbe écrire que le poète rassemble le lecteur autour du faire connaissance avec ce qu'il y a de plus révolutionnaire dans un signe d'amour au milieu des rêves dispersés.
Pourtant parfois quelque chose demeure dans ce qui tombe / quelque chose reste de ce qui se perdLE CONTENU. 12 Pas (De 1 à 12) suivis de Pour ne pas finir V I ICe quelque chose flottait sur les décombres, toujours se dérobant, quelque chose comme l'indéfinissable beauté au-delà des ruines d'un sacré profane qui comblait fugitivement la réalité. Un au-delà de tout, inexprimable qui tenait aux quatre coins du ciel, de la terre, des hommes absents et du grand ciel vide Cet esprit du lieu comme une buée musicale, un air coloré que je respirais.Je suis resté là longtemps. Assis et comme égaré.
Je vais à la fenêtre, avec un sac plastique, je ne sais plus, ce que je devais y mettre, alors je le tends, au ciel, vide, ou plein, ça dépend des jours".