La ruine du Qin. Ascension, triomphe et mort du premier empereur de Chine
Thierry François
VUIBERT
21,90 €
Epuisé
EAN :9782311010329
Extrait du prologueLe Premier Empereur, Qin Shihuangdi, a été, et est encore, un mythe dont la statue colossale a été érigée par ses détracteurs mêmes; c'est un symbole qui, depuis plus de deux mille ans, est le marqueur de positions politiques et philosophiques de la Chine. Jusqu'à très récemment, on ne le connaissait que par les sources écrites issues de la tradition Hàn, c'est-à-dire la tradition de ceux qui se sont dressés contre son personnage et son pouvoir et qui ont fondé leur légitimité sur les ruines de son empire. Dans l'historiographie, comme dans la littérature, comme dans l'opinion populaire, il fut donc le parangon du mal, de la tyrannie, de la violence et de la cruauté. Son histoire fut racontée comme le négatif des fondements des valeurs confucéennes: bienveillance, humanité, justice, modération et respect de l'éducation. C'est un peu comme si l'histoire de Napoléon n'était connue que par les témoignages des prêtres réfractaires, les souvenirs des émigrés de Coblence, les caricatures de Gillray ou les historiens officiels de la cour de Charles X...De nombreux historiens occidentaux, au contraire, se sont emparés du personnage et ont élevé un monument à la gloire infernale du Premier Empereur: ils l'ont comparé qui à Alexandre, qui à César, qui à Louis XI, qui à Richelieu, puis enfin à Staline et bien sûr à Mao. Et pourtant, Qin Shihuangdi n'avait ni le génie militaire et la vision universaliste d'un Alexandre, ni l'esprit de décision et d'analyse d'un César, ni le sens de l'État et le sang-froid d'un Richelieu; tout au plus partage-t-il avec Louis XI, Staline et Mao un certain degré de paranoïa.Après la prise du pouvoir par le parti communiste Chinois, Qin Shihuangdi passa de l'ordre du mal absolu à celui du modèle: dans la théorie de la succession des stades de développement historique figée par le stalinisme, Shihuangdi devint celui qui fit faire à la Chine le pas décisif du stade esclavagiste au stade féodal en consolidant les acquis politiques et sociaux du nouveau mode de production. On en fit le champion de l'unité nationale, celui qui s'opposa le plus fermement au confucianisme, corpus idéologique millénaire de la Chine réactionnaire, et au culte du passé. Les valeurs de bienveillance, d'humanité, de justice et de modération n'ont pas plus de place dans un régime de dictature du prolétariat que dans l'empire de Qin. Durant la Révolution culturelle, l'appréciation portée sur Shihuangdi fut l'un des critères d'évaluation des intellectuels et des politiques: celui que l'on appelait «le plus proche compagnon d'armes» du président Mao, Lin Biao, aurait ainsi démontré sa perverse nature de classe en s'opposant à la réévaluation du rôle de Qin Shihuangdi. Mao en fit son modèle et se vantait de l'avoir surpassé dans la répression des intellectuels mal pensants. Bien qu'en Chine comme à l'étranger on ait «réévalué» sa place dans l'histoire et son apport à la construction de la nation chinoise, il reste dans la littérature, historique ou non, un personnage hors norme. La découverte de l'armée de terre, «les soldats de l'éternité», n'a fait que rehausser le prestige de l'empereur à un niveau inégalé: elle offrait au monde ébloui «un spectacle fabuleux et grandiose pour l'histoire culturelle de l'humanité» (Yuan Zhongyi, directeur du musée de l'Armée en terre cuite du Premier Empereur).
Véritable somme, fruit de plusieurs décennies de recherche, ce livre est à ce jour la synthèse la plus complète sur les monnaies de la Chine ancienne, des origines à la fin de l'Empire (1911). Mobilisant une grande variété de sources, il conduit le lecteur au travers d'une aventure monétaire multiséculaire et, ce faisant, trace une passionnante histoire générale de la Chine. Alors que le monde occidental fonctionnait sur le modèle de la valeur intrinsèque de la monnaie (liée à la valeur de la matière dont elle est constituée), le monde chinois a "inventé" la monnaie fiduciaire : celle dont la valeur repose sur la loi. Dès le Xe siècle av. J.-C., les Chinois ont mis au point un système où un objet spécifique est à la fois unité de compte, mesure de la valeur des biens et moyen de paiement et d'échange. Un système avec pour seul signe monétaire une pièce de bronze. A l'aide des textes historiques (annales dynastiques, mémoires au trône, rapports de fonctionnaires) et des découvertes archéologiques les plus récentes, est mise en lumière la différence majeure entre l'image donnée par l'historiographie officielle et la réalité de la circulation monétaire. L'hétérogénéité des espèces en circulation et les pratiques financières montrent tout l'écart qu'il y a entre la monnaie à valeur intrinsèque et la monnaie fiduciaire, cette "remarquable anomalie" aux yeux des Occidentaux. Ce livre est enrichi d'une iconographie exceptionnelle de plus de 370 illustrations, pour la plupart inédites, de 20 cartes et tableaux et d'une bibliographie exhaustive.
Au cours du siècle, la dynastie impériale vietnamienne, les Nguyên, a thésaurisé dans son palais de Huê une quantité inimaginable de lingots et de pièces d'or et d'argent. En proie à des troubles, le Tonkin est mis sous tutelle par la France en 1883 malgré l'opposition de la Chine, suzerain du Vietnam. L'empereur Tu Duc meurt la même année, son successeur , est assassiné, de même que le successeur du successeur ! A chaque fois la France doit renégocier les concessions politiques obtenues du souverain précédent. Un piège diabolique permet aux Français de s'emparer de la Cité interdite et de son trésor caché le 5 juillet 1885 : 6000 lingots et 2000 médailles d'or ! C'est le début d'une lutte acharnée pour ce trésor qui va s'étaler sur plusieurs années. Enjeu de sourdes manoeuvres entre trois ministères français, réclamé par le nouveau souverain vietnamien installé par la France, le trésor va faire l'objet d'une bataille homérique et de nombreux rebondissements. La majeure partie de l'or sera finalement fondue pour être transformée en pièces. La collection résiduelle entrera au Musée des Monnaies et médailles, où elle se trouve toujours... mais pour le moment inaccessible au public ! Cette histoire aux multiples rebondissements, est ici racontée pour la première fois. Elle éclaire d'une lueur inédite l'histoire de la colonisation indochinoise.
Jonathan Gaveau, dit Jon, se laisse réduire par la parole et le comportement de ceux qui l'entourent. De son camp retranché, il regarde, il juge, croyant gagner ainsi quelque maîtrise. C'est pour mieux découvrir qu'il est rejeté à la marge d'histoires auxquelles il se croit mêlé : crime ? trafic ? pornographie ? Arrière-cousin de Candide ou petit frère de Plume, il s'acharne à défendre un quant-à-soi devenu dérisoire.
Tout voyageur rêve de découvrir des endroits inexplorés, si difficiles d'accès que fouler leurs sols procure une sensation inégalable. A l'heure du tout connecté, ces lieux isolés existent encore. Ceux qui sont réunis dans cet Atlas des lieux inaccessibles ont tous un point commun : il faut s'armer de patience et de courage pour les atteindre. Hors de portée, parfois inhabitables mais 6 combien légendaires, partez pour Foula, Longyearbyen, Ikaria, Ocracoke, Kalap, Apolima, Stanley... et réalisez votre tour du monde de l'inaccessible. Ces endroits uniques par leur éloignement astronomique et leurs terrains extrêmes captivent les aventuriers romantiques que nous sommes. Imaginer ce que fut leur découverte par les explorateurs il y a quelques siècles fait partie du voyage... Le livre de François Thierry révèle ces 50 merveilles repliées sur elles-mêmes et leurs habitants éventuels dans toute la splendeur de leur isolement.
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Loison Marc ; Delavenne Bénédicte ; Faure Brigitte
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L'Occident n'a pas su voir que du crime de Tiananmen surgissait la Chine d'aujourd'hui. En 1989, après la répression du mouvement démocratique, nombreux sont ceux qui prédisent la chute du régime communiste chinois. " Un pouvoir qui tire sur sa jeunesse n'a pas d'avenir ", déclare le président François Mitterrand. Trente ans plus tard, le régime de Pékin lui donne tort. De la tragédie est né un nouveau modèle : Tiananmen est le terreau - et le secret de famille - de la dictature qui se déploie sous nos yeux. Dans le sillage de juin 1989 triomphe un courant d'idées connu sous le nom de néo-autoritarisme chinois. D'abord conceptualisé à des fins de justification du massacre puis comme étape nécessaire avant la démocratisation, il n'a cessé de monter en puissance jusqu'à la version " dure " qui est celle d'aujourd'hui. " Il existe une solution chinoise ", a déclaré Xi Jinping. Il est temps que les démocraties occidentales comprennent la logique à l'oeuvre dans ce pays depuis trente ans pour éventuellement la contrer.
Hier, la Silicon Valley était l'épicentre du progrès technologique. Aujourd'hui, la Chine attire tous les regards. Comment a-t-elle pu rattraper son retard en quelques décennies ? Après avoir travaillé chez Apple, Microsoft et Google, Kai-Fu Lee est désormais l'un des premiers investisseurs chinois en intelligence artificielle. Dans cet ouvrage fascinant devenu un best-seller mondial, il raconte comment la Chine utilise "le pétrole du XXIee siècle", c'est-à-dire les données générées par ses centaines de millions d'utilisateurs. Grâce à une nouvelle génération d'entrepreneurs et à une course à l'innovation encouragée par les pouvoirs publics, la Chine invente un monde où l'intelligence artificielle se déploie dans toute la société : les restaurants, les hôpitaux, les salles de classe ou les laboratoires. Kai-Fu Lee démontre à quel point l'I.A. va changer nos modes de vie et transformer l'économie, en privilégiant les individus les plus adaptables et les plus créatifs. Il propose d'utiliser les ressources financières considérables ainsi générées pour soutenir les métiers où l'humain est irremplaçable l'éducation, l'artisanat, les services à la personne. Un livre qui se lit d'une traite et bouleverse notre vision de l'avenir.
Johnston Reginald F. ; Thimonier Christian ; Peyre
C'est en 1919 que Johnston devint le tuteur de P'u-Yi, le dernier Empereur de la dynastie Ch'ing qui, sans aucun pouvoir politique, vivait encore dans la Cité interdite avec une cour, des serviteurs et toutes les préséances qui étaient dues à son rang. Johnston bénéficiait d'un traitement de faveur particulier auprès de l'Empereur : lorsqu'il entrait dans une pièce où se trouvait l'Empereur, ce dernier devait se lever et attendre qu'il se fût assis. Ce professeur anglais raconte ses journées d'enseignement avec P'u-Yi, certains de ses traits de caractère, son intelligence et son intérêt pour la politique de la toute nouvelle République. Johnston décrit également le mariage de l'Empereur, et d'autres scènes privées auxquelles il lui fut donné d'assister ou de participer. Il nous donne une vision très intéressante de la vie de cour à l'intérieur de la Cité interdite, toujours avec un souci d'historien de la pensée philosophique ou politique chinoise. C'est de la Cité interdite - où arrivaient jounaux et messagers de toute la Chine - que Johnston voyait se mettre en place les rivalités entre partis, factions, et personnalités diverses, jusqu'à la chute de l'Empereur.
Dans les premières décennies du XXe siècle, Shanghai est la Babylone de l'Extrême-Orient : elle attire de nombreux aventuriers, écrivains et artistes du monde entier pour son atmosphère de glamour et de fête. Emily Hahn, dite " Mickey ", est une célèbre journaliste du New Yorker. Après la crise de 1929, elle arrive à Shanghai et descend au somptueux Cathay Hotel ; elle est immédiatement emportée par le tourbillon mondain de la ville, croisant notamment Ernest Hemingway, Harold Acton, des aristocrates italiens et des officiers anglais. Mais c'est lorsqu'elle rencontre Zau Sinmay, un poète chinois issu d'une illustre famille, qu'elle découvre la véritable Shanghai : la ville des riches coloniaux, des agents triples, des fumeurs d'opium, des paysans déplacés depuis leurs provinces misérables, des réfugiés juifs et russes blancs. C'est grâce aux chroniques et aux reportages de Mickey que le public américain découvrira les réalités de la vie en Chine. Cependant, la brutale occupation japonaise détruira la Shanghai d'avant-guerre, et la Chine entrera dans une nouvelle période de son histoire.