Les changements culturels, sociaux et économiques accélérés, si caractéristiques de notre modernité, déstabilisent les activités traditionnelles de la culture scientifique et technologique (CST). Ils nourrissent et amplifient un doute sur leur légitimité et nécessité. Nous proposons d'amorcer une réflexion en vue d'anticiper les développements prévisibles dans ce domaine ainsi que leurs impacts sur les pratiques actuelles et futures. L'objectif est de repérer les nouveaux espaces de communication qui s'ouvrent à la CST. Il est donc question d'enjeux, d'acteurs, d'institutions interpellées ou mobilisées, et de processus de dissémination dans le social. En arrière-plan, nous souhaitons susciter une prise de conscience des modalités émergentes de socialisation, d'acculturation et de représentation des sciences et des technologies en réaction à ce qui nous semble être un ajustement structurel du champ de la CST. Nous souhaitons que cette démarche contribue à une compréhension des nouveaux modes de régulation entre les acteurs et les institutions et, par conséquent, des nouveaux rapports au savoir en voie de constitution. Cet ouvrage veut dresser un état des lieux qui respecte l'hétérogénéité du champ sans défendre ni mettre en valeur une école de pensée particulière. Les perspectives réunies ici contribueront sans aucun doute à mettre au jour les mouvements de fond qui se dessinent. Dans cet esprit, il rassemble les contributions de : Jean Audouze (Palais de la Découverte, Paris), julien Banchet (Centre inter-universitaire de recherche sur la science et la technologie, Montréal), Martin W Bauer (London School of Economics, Londres), Suzanne Bisaillon (Santé Canada, Ottawa), Michel Demazure (Cité des sciences et de l'industrie, Paris), John Dickenson (H.R. MacMillan Space Centre, Vancouver), Pierre Doray (Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie, Montréal), Martine Foisy (Chaire CRSNG/Alcan, Montréal), Brigitte Gemme (Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie, Montréal), Guy Gibeau (CEGEP Saint-Laurent, Montréal), Yves Gingras (Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie, Montréal), Winfried G6pfert (Freie Universitaet, Berlin), Jane Gregory (University of London, Londres), Jean Lavergnat (Cité des sciences et de l'industrie, Paris), Donna Mergler (Université du Québec à Montréal), Jon D. Miller (Northwestern University Médical School, Chicago), Bernard Schiele (Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie), Brian Trench (Dublin City University, Dublin) et Louise Vandelac (Université du Québec à Montréal).
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Nombre de pages
314
Date de parution
19/02/2004
Poids
570g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782729707354
Titre
Les territoires de la culture scientifique
Auteur
Schiele Bernard ; Jantzen Réal
Editeur
PU LYON
Largeur
160
Poids
570
Date de parution
20040219
Nombre de pages
314,00 €
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Ce sont les pratiques et les formes de partage des savoirs scientifiques, plus que la constance du projet, qui caractérisent l'action des musées de sciences. Qu'implique pour leur devenir la recomposition sociale actuelle autour de l'idée de communication ? Un réalignement des stratégies et des pratiques ? Ou leur transformation radicale ? Mais alors, à qui s'adresseront-ils ? Et pour quelle socialisation des sciences ? Reprenant un ensemble de textes, qui ont marqué ses travaux - dont certains articles de référence devenus introuvables - Bernard Schiele fait le point sur les nouvelles tendances en muséologie des sciences. Le musée apparaît comme une institution constamment aux prises avec des logiques contrariées : s'adresser à tous pour que chacun y trouve son compte ; informer sans renoncer à distraire ; conscientiser sans éduquer ; et former sans contraindre. Cet ouvrage s'adresse à tous ceux, professionnels, chercheurs, ou étudiants, qui, à divers titres, s'intéressent aux questions et aux enjeux de la communication publique des sciences et des technologies. Il s'adresse aussi à tous ceux, qui s'interrogeant sur la communication, se demandent si elle ne ferait pas obstacle aux échanges et aux débats qu'elle cherche à susciter.
Le Marec Joëlle ; Schiele Bernard ; Luckerhoff Jas
Les mutations qui se sont amorcées à partir de la fin de la Seconde Guerre mondiale et qui connaissent une accélération rapide avec les crises sociales, culturelles, économiques et environnementales contemporaines ont transformé le paysage muséal et les visions dont les musées se soutiennent et qu'ils entretiennent. La plupart des travaux produits au cours de ces années ont été portés par ces transformations et y contribuent : la recherche en muséologie s'est elle-même dissociée de la recherche dans les musées dans les années 1980. De plus, quelque chose s'est noué entre un tournant communicationnel dans les musées et un développement de la réflexion théorique et critique sur la communication. Dans une approche résolument pluridisciplinaire, cet ouvrage se propose d'analyser ces évolutions dans leurs dimensions institutionnelles, culturelles, communicationnelles, historiques, patrimoniales. Les perspectives réunies ici contribueront, sans aucun doute, à mettre au jour les mouvements de fond actuels, les tendances qui travaillent les institutions elles-mêmes, et le poids de ces changements dans la formulation des enjeux théoriques en muséologie.
L'objectif de cet ouvrage est d'honorer l'ambition qu'avait David Graeber de construire des ponts entre les sciences sociales. Il réunit des contributions d'anthropologues, de sociologues, d'économistes, de politistes qui réfléchissent aux apports de Graeber à leur discipline sur 4 thèmes : travail et mouvements sociaux, dette et monnaie, capitalisme et pouvoir, anarchisme et liberté. David Graeber, professeur d'anthropologie à la London School of Economics disparu brutalement le 2 septembre 2020, aura marqué son époque par sa créativité scientifique et ses apports originaux à des débats publics majeurs. A travers une anthropologie que l'on peut qualifier de politique, il a montré que la diversité des organisations sociales révélées par les enquêtes ethnographiques ouvre sur l'idée d'une pluralité des possibles et ainsi sur la perspective d'une société plus égalitaire et plus démocratique. Théoricien de la pensée libertaire nord-américaine, il est devenu une figure de proue du mouvement "Occupy Wall Street" et une figure intellectuelle majeure de la gauche libertaire. David Graeber était un passeur. Entre les disciplines d'abord : il a notamment démontré comment l'anthropologie pouvait nourrir d'autres disciplines, telles les sciences économiques, la sociologie ou la science politique notamment. Il était aussi un passeur entre action et réflexion : selon lui, la connaissance produite par les sciences sociales doit constituer une force imaginative et transformatrice en faveur d'une société réellement démocratique. C'est ce que se sont employés à démontrer les contributeurs à cet ouvrage issu d'un colloque tenu à l'université Lumière Lyon 2 en juillet 2022.
Graeber David ; Dubrovsky Nika ; Dutraive Véroniqu
Pourquoi les classes populaires américaines votent-elles pour des candidats républicains a priori peu favorables à leurs intérêts économiques ? Pour le comprendre, David Graeber mène ici une réflexion sur la notion de "valeur" dans la démocratie contemporaine. L'anthropologue affirme que les classes populaires ne votent pas seulement en fonction de leur intérêt économique (" la " valeur), mais aussi selon leur souhait de vivre pour quelque chose de " plus grand que soi " (" les " valeurs sociales, auxquelles chaque humain aspire). Dans une société où la mobilité sociale semble durablement grippée, les plus défavorisés se tournent ainsi vers les promesses conservatrices : l'enrichissement personnel qui permet de " faire le bien " ou la défense de la nation. La démocratie devient alors une valeur résiduelle et menacée. Plus que jamais d'actualité, la pensée anarchiste de David Graeber est ici présentée par Véronique Dutraive, qui en souligne l'originalité en la confrontant notamment à des recherches économiques récentes. Dans sa postface, Nika Dubrovsky, qui fut la conjointe de David Graeber, évoque leurs réflexions communes sur l'art, la littérature et leurs enjeux démocratiques, éclairant ainsi d'un jour nouveau les travaux de cet intellectuel majeur du XXIe siècle.
Bourdieu Pierre ; Quijoux Maxime ; Siméant-Germano
Résumé : Conçu comme une porte d'entrée sur l'oeuvre de Pierre Bourdieu, ce bref ouvrage remet au jour un texte important qui souligne en quoi la sociologie, outil de dévoilement social, peut contribuer à renforcer la démocratie. Replacé en préface dans le contexte intellectuel et politique de sa parution, il est complété par une postface qui propose une vision actuelle de ses analyses.
Ce bref ouvrage instaure un dialogue entre deux historiens majeurs du XXe siècle, Marc Bloch (1886-1944), pionnier de l'histoire critique, et Carlo Ginzburg (1939-), maître de la microhistoire. Dans un parcours articulé autour de trois textes signés Carlo Ginzburg (1965, 1973 et 2024), ce livre montre comment Bloch a jeté les bases d'une approche critique de l'histoire et témoigne du rapport de Carlo Ginzburg à l'oeuvre de cet historien majeur. Dans les trois textes réunis ici, Carlo Ginzburg explore la pensée de Marc Bloch : sa genèse, son évolution et la construction de sa méthodologie. Il revient également sur l'influence des travaux de Bloch sur ses propres recherches. Ginzburg explicite ainsi la " scientificité de l'histoire " propre à Bloch, laquelle repose sur la critique du témoignage (par opposition aux sciences de la nature reposant sur des expériences) et les relations qu'elle entretient avec la psychologie et la sociologie. Bloch revendique en effet la possibilité d'une connaissance scientifique des faits historiques singuliers. Il s'attache à l'étude des fausses nouvelles (dans un premier temps celles qui circulent dans les tranchées de la Première Guerre mondiale où il combattit), ce qui le mène à l'écriture de son célèbre ouvrage " Les Rois thaumaturges " en 1924, dans lequel il étudie la croyance dans le pouvoir royal de soigner les écrouelles par le toucher. Bloch montre qu'au-delà de la légende, on puise à une vérité plus profonde, celle des représentations collectives. Au début du XXe siècle comme aujourd'hui, l'importance de cette recherche suscite l'éloge de nombreux chercheurs et peut être considérée comme une ancêtre de la microhistoire : une étude de cas qui pose la question de sa généralisation en reliant une " anomalie ridicule " aux " tendances générales de la conscience collective ". Si Les Rois thaumaturges est un classique, nous dit aussi Carlo Ginzburg, c'est parce qu'aujourd'hui, à un siècle de distance et dans un monde profondément différent de celui dans lequel il fut publié, il nous offre des instruments pour réfléchir à des phénomènes dans lesquels nous nous trouvons tous immergés, à commencer par celui des fake news.