Les mots et les images. "La peinture prise au mot" : préface d'Hubert Damisch
Schapiro Meyer ; Damisch Hubert ; Alféri Pierre
MACULA
25,00 €
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EAN :9782865890514
Science de l'interprétation des figures représentées, l'iconographie se réduit trop souvent à une manière de philatélie honnête et scrupuleuse qui clôt l'image sur elle-même et la dévitalise. L'objectif de Meyer Schapiro dans " Les Mots et les images " est de rendre à la description iconographique sa complexité, son ampleur. L'?uvre n'est plus la transposition figurée d'un " texte-source " dont l'artiste aurait suivi pas à pas les indications, les consignes. L'image ne restitue pas la narration, elle l'interprète : soit que l'artiste supplée aux lacunes du récit par une profusion de détails inventés ; soit que la même image, une gravure par exemple, illustre dans un ouvrage deux faits distincts et donne du même coup à chacun un sens second ; soit que l'image, épousant les traits distinctifs d'un épisode ancien (Moïse aux bras tendus pendant une bataille, Isaac sacrifié), fasse de celui-ci la préfiguration, l'anticipation d'une scène chrétienne (la Crucifixion, la montée au calvaire). Pour Schapiro, comme l'explique Hubert Damisch dans sa préface, il n'y a d'image qu'inscrite dans un réseau d'autres images. Au Moyen Age, et peut-être jusqu'à nos jours (voyez Picasso et Matisse, Pollock et Newman), tout tableau est pris dans un système d'oppositions, dans une polarité, un couplage, toute image est polémique, elle se nourrit d'antagonismes religieux, culturels, politiques, sexuels, formels... Nature agonistique de l'image qui ne prend sens que de ce qu'elle conteste, dévoie, pervertit, censure. Sens toujours différé qui ne s'éclaire qu'à considérer en miroir l'image antagonique. Voici l'artiste en position de joueur d'échecs, de stratège - et Schapiro de nous montrer la longue lutte qui opposa au coup par coup, de siècle en siècle, juifs et chrétiens dans la figuration de tel ou tel épisode sacré. Un second texte, inédit, " L'écrit dans l'image ", examine, de l'Antiquité grecque à l'art moderne, l'intrusion paradoxale des mots dans l'?uvre peinte. Mots à l'envers, mots tournés vers Dieu, vers le spectateur, vers le personnage figuré, blocs de texte indépendants de leur cadre livresque, signatures en perspective, rouleaux vierges d'inscription pour signifier l'échange verbal - autant d'observations pénétrantes rassemblées par Schapiro au long d'une vie tout entière vouée à la pensée visuelle.
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Nombre de pages
207
Date de parution
01/02/2000
Poids
420g
Largeur
160mm
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EAN
9782865890514
Titre
Les mots et les images. "La peinture prise au mot" : préface d'Hubert Damisch
Auteur
Schapiro Meyer ; Damisch Hubert ; Alféri Pierre
Editeur
MACULA
Largeur
160
Poids
420
Date de parution
20000201
Nombre de pages
207,00 €
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Freud a-t-il bien fait d'interpréter comme on sait le «souvenir» de Léonard ? Heidegger a-t-il lu comme il faut le message mystérieux de Van Gogh peignant des chaussures ? Fromentin a-t-il été porteur de modernité ou frappé de timidité artistique ? De quoi parle le retable de Mérode ? Que signifient les pommes chez Cézanne, et comment ce grand constructeur a-t-il rêvé ? Le peuple n'a-t-il pas parlé à Courbet par son imagerie de prédilection ? Pourquoi, comment l'Amérique a-t-elle découvert l'art moderne européen ? Et qu'est-ce au fond qu'un style ?
En 1930 à la demande de l'éditeur Amboise Vollard, Marc Chagall commence à illustrer la Bible. Il produit d'abord des gouaches préparatoires, puis des eaux-fortes. Ce travail se poursuit de 1934 à 1956. La Bible illustrée par Chagall ne fut pas publiée par Vollard mais par Tériade en 1956, et comporte 105 planches gravées. La même année, Tériade reproduit dans Verve la totalité des illustrations et l'accompagne d'un texte qu'il demande à Meyer Shapiro. C'est ce texte, dans sa version originale anglaise et sa traduction française, qui est présenté. Une sélection de 12 planches est reproduite parmi les 105 planches gravées.
L'art abstrait ne naît pas de l'art mais d'un contexte. Il émerge au moment où les conditions matérielles et psychologiques de la culture moderne connaissent une profonde mutation, l'ère de la machine et du capitalisme. Pour Schapiro, l'abstraction n'est pas une révolte contre les tendances artistiques précédentes, mais une réaction, entre autres, aux transformations technologiques. Le futurisme est à cet égard paradigmatique. Puisant ses exemples dans différents courants artistiques, de l'impressionnisme aux avant-gardes historiques, Schapiro met au jour des aspirations humaines fondamentales, intimement liées à l'histoire. Cet érudit professe ici une leçon magistrale et prend le contre-pied des promoteurs du critère de la nouveauté en art et du dualisme abstraction/figuration.
Plus de soixante-dix ans après sa mort, les propos de Cézanne restaient dispersés dans des publications inaccessibles : journaux d'époque, mémoires, plaquettes épuisées.Propos tenus devant des visiteurs français ou étrangers, peintres, poètes, critiques. Il y est question de Poussin et d'Holbein, de Véronèse et de Chardin, de Monet, Renoir, Pissarro et Gauguin. Mais surtout nous saisissons sur le vif les opinions de Cézanne sur sa propre peinture : éclats d'une langue inimitable, nourrie de concision latine, et comme épousant, dans sa brièveté, le mouvement de la touche.Ces textes sont rassemblés pour la première fois dans ce volume. Ils sont présentés et annotés par Michael Doran, bibliothécaire du Courtauld Institute of Art de Londres, et spécialiste de la littérature cézannienne.
Ce livre raconte et interroge les pratiques qui se firent jour à la Salpêtrière, du temps de Charcot, autour de l'hystérie. A travers les procédures cliniques et expérimentales, à travers l'hypnose et les "présentations" de malades en crise (les célèbres "leçons du mardi"), on découvre l'espèce de théâtralité stupéfiante, excessive, du corps hystérique. On la découvre ici à travers les images photographiques qui nous en sont restées, celles des publications, aujourd'hui rarissimes, de l'Iconographie photographique de la Salpêtrière. Mais l'analyse de ces images révèle aussi l'acte de mise en scène dont les hystériques furent l'objet de la part des médecins. Charcot fut là un "artiste", mais dans quel sens? C'est à quoi ce livre introduit. Freud fut le témoin de tout cela, et son témoignage devint la confrontation d'une écoute toute nouvelle de l'hystérie avec ce spectacle de l'hystérie que Charcot mettait en oeuvre. Témoignage qui nous raconte les débuts de la psychanalyse sous l'angle du problème de l'image.
Véritable «usuel» dans les pays anglo-saxons (neuf éditions en langue anglaise), publié par la célèbre collection the Pelican History of Art (Penguin Books), «le Blunt» est le seul ouvrage à présenter dans un format maniable toute l'histoire de l'art français - architecture, sculpture, peinture - de la fin de l'époque gothique à la mort de Louis XIV.Ce livre nous décrit la conquête d'une hégémonie : pendant deux siècles, des Valois aux Bourbons, tous les responsables du pouvoir vont poursuivre méthodiquement le même objectif : faire de Paris, bientôt de Versailles, le centre de la civilisation européenne.La splendeur de Chambord et des châteaux de la Loire, la politique d'importation culturelle de François Ier, l'école de Fontainebleau, Henri IV et l'urbanisme parisien, l'apogée du classicisme, le magistère de Colbert et Le Brun font l'objet de descriptions entrêmement précises. Les analyses consacrées à Philibert de l'Orme, Primatice, Goujon, Pilon, Salomon de Brosse, Mansart, Le Vau, le long chapitre consacré aux Le Nain, à La Tour, Champaigne, Le Lorrain, et surtout Poussin, comptent parmi les points forts de l'ouvrage. Celui-ci est également précieux par l'abondance de ses notes, chaque nom propre s'accompagne de références bibliographiques constamment remises à jour.
Monographie: présentation organique (c´est-à-dire chronologique) de l´oeuvre dont l´architecture ne peut se comprendre qu´à la lumière de la sculpture.