Les mots et les images. "La peinture prise au mot" : préface d'Hubert Damisch
Schapiro Meyer ; Damisch Hubert ; Alféri Pierre
MACULA
24,99 €
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EAN :9782865890514
Science de l'interprétation des figures représentées, l'iconographie se réduit trop souvent à une manière de philatélie honnête et scrupuleuse qui clôt l'image sur elle-même et la dévitalise. L'objectif de Meyer Schapiro dans " Les Mots et les images " est de rendre à la description iconographique sa complexité, son ampleur. L'?uvre n'est plus la transposition figurée d'un " texte-source " dont l'artiste aurait suivi pas à pas les indications, les consignes. L'image ne restitue pas la narration, elle l'interprète : soit que l'artiste supplée aux lacunes du récit par une profusion de détails inventés ; soit que la même image, une gravure par exemple, illustre dans un ouvrage deux faits distincts et donne du même coup à chacun un sens second ; soit que l'image, épousant les traits distinctifs d'un épisode ancien (Moïse aux bras tendus pendant une bataille, Isaac sacrifié), fasse de celui-ci la préfiguration, l'anticipation d'une scène chrétienne (la Crucifixion, la montée au calvaire). Pour Schapiro, comme l'explique Hubert Damisch dans sa préface, il n'y a d'image qu'inscrite dans un réseau d'autres images. Au Moyen Age, et peut-être jusqu'à nos jours (voyez Picasso et Matisse, Pollock et Newman), tout tableau est pris dans un système d'oppositions, dans une polarité, un couplage, toute image est polémique, elle se nourrit d'antagonismes religieux, culturels, politiques, sexuels, formels... Nature agonistique de l'image qui ne prend sens que de ce qu'elle conteste, dévoie, pervertit, censure. Sens toujours différé qui ne s'éclaire qu'à considérer en miroir l'image antagonique. Voici l'artiste en position de joueur d'échecs, de stratège - et Schapiro de nous montrer la longue lutte qui opposa au coup par coup, de siècle en siècle, juifs et chrétiens dans la figuration de tel ou tel épisode sacré. Un second texte, inédit, " L'écrit dans l'image ", examine, de l'Antiquité grecque à l'art moderne, l'intrusion paradoxale des mots dans l'?uvre peinte. Mots à l'envers, mots tournés vers Dieu, vers le spectateur, vers le personnage figuré, blocs de texte indépendants de leur cadre livresque, signatures en perspective, rouleaux vierges d'inscription pour signifier l'échange verbal - autant d'observations pénétrantes rassemblées par Schapiro au long d'une vie tout entière vouée à la pensée visuelle.
Nombre de pages
207
Date de parution
01/02/2000
Poids
420g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782865890514
Titre
Les mots et les images. "La peinture prise au mot" : préface d'Hubert Damisch
Auteur
Schapiro Meyer ; Damisch Hubert ; Alféri Pierre
Editeur
MACULA
Largeur
160
Poids
420
Date de parution
20000201
Nombre de pages
207,00 €
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Freud a-t-il bien fait d'interpréter comme on sait le «souvenir» de Léonard ? Heidegger a-t-il lu comme il faut le message mystérieux de Van Gogh peignant des chaussures ? Fromentin a-t-il été porteur de modernité ou frappé de timidité artistique ? De quoi parle le retable de Mérode ? Que signifient les pommes chez Cézanne, et comment ce grand constructeur a-t-il rêvé ? Le peuple n'a-t-il pas parlé à Courbet par son imagerie de prédilection ? Pourquoi, comment l'Amérique a-t-elle découvert l'art moderne européen ? Et qu'est-ce au fond qu'un style ?
En 1930 à la demande de l'éditeur Amboise Vollard, Marc Chagall commence à illustrer la Bible. Il produit d'abord des gouaches préparatoires, puis des eaux-fortes. Ce travail se poursuit de 1934 à 1956. La Bible illustrée par Chagall ne fut pas publiée par Vollard mais par Tériade en 1956, et comporte 105 planches gravées. La même année, Tériade reproduit dans Verve la totalité des illustrations et l'accompagne d'un texte qu'il demande à Meyer Shapiro. C'est ce texte, dans sa version originale anglaise et sa traduction française, qui est présenté. Une sélection de 12 planches est reproduite parmi les 105 planches gravées.
L'art abstrait ne naît pas de l'art mais d'un contexte. Il émerge au moment où les conditions matérielles et psychologiques de la culture moderne connaissent une profonde mutation, l'ère de la machine et du capitalisme. Pour Schapiro, l'abstraction n'est pas une révolte contre les tendances artistiques précédentes, mais une réaction, entre autres, aux transformations technologiques. Le futurisme est à cet égard paradigmatique. Puisant ses exemples dans différents courants artistiques, de l'impressionnisme aux avant-gardes historiques, Schapiro met au jour des aspirations humaines fondamentales, intimement liées à l'histoire. Cet érudit professe ici une leçon magistrale et prend le contre-pied des promoteurs du critère de la nouveauté en art et du dualisme abstraction/figuration.
Sander, Evans : ils ont produit quelques-unes des icônes du XXème siècle tout en prétendant n?y être pour rien. Le «Style documentaire» (la formule est d?Evans, 1935) relève du paradoxe. Par quel miracle ces photographes qui présentent leur oeuvres comme des duplications du monde, de purs reflets, qui assurent que c?est le motif qui fait la photo, que c?est le modèle qui dicte l?image, par quel miracle ces réductionnistes, ces objectivistes ont-ils non seulement engendré une suite infinie de disciples mais aussi fourni les témoignages les plus durables sur l?Allemagne de Weimar (Sander) et sur l?Amérique de la Dépression (Evans) ? Comment interpréter cette «neutralité» efficace ? Comment cette «absence» supposée de l?auteur a-t-elle suscité l?excès de présence des oeuvres ? Par quelle alchimie l?«effacement» radical de l?artiste a-t-il pu devenir le comble de l?art ? Olivier Lugon a consacré plusieurs années au Style documentaire, tant aux Etats-Unis qu?en Allemagne. Il a travaillé à Berlin (en particulier sur le fonds Sander), dépouillé à New York les archives de la FSA (Farm Security Administration), interrogé les survivants. Il a lu les périodiques, les correspondances, les catalogues, les livres de l?entre-deux guerres. Il a rassemblé une masse d?informations sans équivalent dans l?édition française et internationale. Le paradoxe du Style documentaire ne pouvait s?éclairer que par l?analyse du contexte institutionnel, esthétique et politique de la période. Il fallait reprendre de fond en comble l?histoire de la photographie entre 1920 et 1945. Olivier Lugon nous décrit le rôle et l?accrochage des grandes expositions internationales en Allemagne, l?activité des premières galeries, les fluctuations de la FSA pendant le New Deal, les rapports de Sander avec le groupe des Artistes progressistes de Cologne ; il nous révèle la qualité et l?ardeur polémique d?une prose critique souvent rédigée par les photographes eux-mêmes (W. Evans, B. Abbott, A. Renger-Patzsch, R. Hausmann) ou par des théoriciens : W. Petry, W. Benjamin, S. Kracauer en Allemagne, L. Kirstein ou E. MacCausland aux Etats-Unis. Ceux-là s?interrogent sur l?impersonnalité comme valeur, sur les notions de vérité et de témoignage, sur la spécificité supposée du médium, sur la pertinence de la série et de la séquence, sur le statut de la légende, sur le portrait avec et sans pose, sur la photo de famille, sur la prise de vue à l?aveugle, etc. Du même coup, les photographes du Style documentaire inventent leur passé en sortant de l?oubli les grandes figures qui les ont précédés : Eugène Atget (dont Berenice Abbott acquiert le fonds), Lewis Hine, Mathew Brady, Julia Cameron... Ils promeuvent la carte postale, les clichés anonymes, en appellent aux photographes amateurs. Au tournant des années quarante, un fantasme d?exhaustivité mobilise les photographes du Style documentaire et leurs suiveurs. Déjà Sander, en 1931, se donnait comme programme «une vision d?ensemble des habitants de la Terre» et B. Abbott, en 1937, prétendait «représenter le monde entier». Désormais, il s?agit de tout montrer, de tout conserver pour l?avenir, de fixer chaque maison, chaque quartier, chaque ville, chaque métier, chaque paysage... Ces images qui affluent par millions posent dans l?urgence la question de l?archivage. Que conserver ? et comment ? selon quelle taxinomie ? et même : avec quels fichiers, quels classeurs, quel mobilier, quelles institutions ? Cette prolifération incoercible, et une vision jugée trop neutre, trop froide de la réalité en un temps, celui de la guerre, où s?activent les propagandes, entraînent dans les années quarante l?éclipse du Style documentaire. Il ressurgira vingt ans plus tard, suscitant d?innombrables disciples : Diane Arbus, Lee Friedlander, Garry Winogrand, Bernd et Hilla Becher, ainsi que leurs élèves : Thomas Ruff, Thomas Struth, Andreas Gursky - et fournira une grille de lecture pour l?ensemble de la production. Mais le rayonnement de ces images ne se limite pas à la photo. Le Style documentaire - en premier lieu le travail de W. Evans - influencera durablement l?art américain d?après-guerre : du pop art au minimalisme, de Jasper Johns à l?art conceptuel. Jamais le rôle fondateur de la photographie dans l?histoire de la représentation figurative n?aura été à ce point manifeste.
Plus de soixante-dix ans après sa mort, les propos de Cézanne restaient dispersés dans des publications inaccessibles : journaux d'époque, mémoires, plaquettes épuisées.Propos tenus devant des visiteurs français ou étrangers, peintres, poètes, critiques. Il y est question de Poussin et d'Holbein, de Véronèse et de Chardin, de Monet, Renoir, Pissarro et Gauguin. Mais surtout nous saisissons sur le vif les opinions de Cézanne sur sa propre peinture : éclats d'une langue inimitable, nourrie de concision latine, et comme épousant, dans sa brièveté, le mouvement de la touche.Ces textes sont rassemblés pour la première fois dans ce volume. Ils sont présentés et annotés par Michael Doran, bibliothécaire du Courtauld Institute of Art de Londres, et spécialiste de la littérature cézannienne.