Révéré par Stevenson, Dickens ou, plus près de nous, par Virginia Woolf, William Hazlitt (1778-1830) est avec de Quincey le grand essayiste de l'Angleterre romantique. Ses prises de position intransigeantes l'ont néanmoins tenu à la marge de ses contemporains : défenseur de la Révolution française, que ses compatriotes tenaient le plus souvent pour un péril, pourfendeur d'une "bonne société" qu'il juge hypocrite et sans talent, ennemi farouche de la philosophie utilitariste alors en vogue, Hazlitt conçoit l'essai comme un exercice d'admiration, mais aussi de critique. Sur l'amour de la vie et autres essais rassemble des textes, pour la plupart inédits en français, aux thèmes variés, de l'art du voyage à celui de vivre pour soi-même, en passant par la vanité de la vie politique, les plaisirs de la vie dans la nature, la critique d'art (Hogarth, Poussin, Rembrandt et bien d'autres), les ressorts du sentiment nostalgique ou encore la littérature de son temps (Coleridge, Wordsworth...). Si son humour implacable nous vaut le bonheur de voir épinglés les bourgeois "ayant plus de gravité que d'intelligence", les bigots "qui ont une égale facilité à pêcher et à se repentir", ou encore le politicien "faiseur de guerre plein d'humanité", Hazlitt n'est pas seulement un satiriste : c'est aussi un enthousiaste, un chercheur de vérité qui, rompant avec les règles et les conventions néoclassiques, adopte ce style franc, presque familier, qui donne à la lecture de ses textes le charme de la plus déliée des conversations.
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Nombre de pages
492
Date de parution
15/02/2018
Poids
660g
Largeur
166mm
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EAN
9782358211222
Titre
Sur l'amour de la vie et autres essais
Auteur
Hazlitt William ; Bonnecase Denis
Editeur
SANDRE
Largeur
166
Poids
660
Date de parution
20180215
Nombre de pages
492,00 €
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Figure à part dans le romantisme anglais, William Hazlitt (1778-1830) s'éveille à l'heure des grandes espérances suscitées par la Révolution Française, et reste fidèle aux idées de sa jeunesse dans un monde qu'il voit souillé par la trahison et les compromissions. Jacobin impénitent, admirateur de Bonaparte dans l'Angleterre d'après Waterloo, idéaliste amer et amoureux déçu, ses talents de styliste lui valent une place à lui dans les revues de l'après-guerre, où il exerce une sorte de magistère solitaire et subversif. Traversant les domaines les plus variés, du commentaire de l'actualité à la philosophie morale, de l'étude de la société à la critique littéraire et artistique, Hazlitt est l'un des grands essayistes de la tradition anglaise. Ce misanthrope est un polémiste incendiaire, qui ne cesse de brocarder le conformisme et la lâcheté de ses contemporains, et oppose à la complaisance bourgeoise, qu'elle soit conservatrice ou progressiste, d'infinies illustrations du mal radical qu'il perçoit comme inséparable de la nature humaine. Mais ce Saturne est aussi un Mercure. Sa politique du pire a pour complément une certaine idée de l'authenticité : celle des passions, du souvenir, de la pensée et du génie. Rejetant à la fois le rationalisme utilitariste et la religiosité de certains romantiques, il est l'apologiste du chatoiement de l'expérience vécue et de la fougue, dans la vie comme dans l'art. Son écriture, tour à tour proliférante et lapidaire, savante et cinglante, intime et analytique, est à l'image d'une pensée mouvante et irréductiblement singulière, l'une des premières sans doute à faire l'anatomie détaillée de la culture et de la société modernes, à scruter l'esprit des temps pour mieux en dénoncer l'appauvrissement et les impasses.
La nature, à y regarder de plus près, semble faite d'antipathies sans quelque chose à haïr, nousperdrions le ressort même de la pensée et de l'action. La vie se changerait en une marestagnante si elle n'était agitée par les intérêts discordants et les passions déréglées des hommes.
En 1821 eut lieu dans la campagne anglaise un combat épique entre le Boucher de Bristol et le Gazier, deux pugilistes qui différaient tant par le style que par la stature. Plus de 20 000 amateurs y assistèrent, plus de 150 000 livres sterling changèrent de mains. Il fallut dix-sept rounds, âpres et sanglants, pour les départager. A l'époque, les matchs se disputaient sans gants et duraient parfois plusieurs heures, les rounds ne se terminaient que lorsqu'un des combattants tombait à terre et ne pouvait se relever, et les k. -o. se comptaient en trente secondes. Le pugilat était encore un spectacle héroïque et sanglant C'est à ce spectacle qu'accourt avec enthousiasme William Hazlitt, féru de boxe, de vaillance et de truculence populaire. La narration pleine d'esprit qu'il en fait, aussi subjectifve qu'instructive, demeure l'un des plus beaux textes jamais écrits sur l'art pugilistique. William Hazlitt (1778-1830) a laissé le souvenir d'un polémiste acerbe doublé d'un esthète érudit et éclectique, s'opposant aux castes qui gouvernaient alors le Royaume-Uni et y étouffaient l'esprit critique. Ses Propos de table et ses essais philosophiques révèlent une perspicacité psychologique singulière à l'aune des littérateurs de son temps. C'est ce discernement teinté d'ironie que l'on retrouve dans ses chroniques de la société anglaise au temps du romantisme et de la révolution industrielle, telles que Le Pugilat (1822). Cet ouvrage en quadrichromie est en outre assez richement illustré de gravures d'époque et précédé d'un avant-propos qui dresse un tableau de la boxe anglaise avant l'adoption des règles dites du marquis de Queensbury, lesquelles prévalent encore largement de nos jours. Ce petit récit malicieux intéressera autant les amateurs de littérature que les aficionados du noble art.
Cet essai pose la question de notre condition géographique à la faveur de la redécouverte de deux figures de l'Angleterre du premier XIXe siècle : William Gilpin (1724-1804) et John Thelwall (1764-1834). Le premier, qui, avec sa théorie de la beauté pittoresque, cherche à faire valoir l'atmosphère des sites tourmentés, influença Thoreau et les peintres américains de la nature. Le second, lecteur de Gilpin, marqua la sensibilité romantique anglaise, notamment ses compagnons Coleridge et Wordsworth. Si Gilpin inaugure une nouvelle façon de considérer l'espace, lequel cesse de n'être qu'un panorama — l'émotion naît du contact physique avec la nature et non plus seulement de sa représentation artistique —, Thelwall insuffle une dimension supplémentaire : ses observations, à la fois sensibles à la nature et attentives à ceux qui l'habitent, conduisent ce poète-paysan excentrique à développer une perception où philosophie de la nature et philosophie sociale sont inséparables.
Le monde de Philippe Delessert "est bien un monde poétique, c'est-à-dire un monde vrai, dangereusement vrai, merveilleux ou sorcier : un monde dont nous aurions pu et dont nous ne pouvons plus être les maîtres". (Ionesco)
On disait alors : Philippe est un saboteur. Mais c'était faux. Il fallait y voir de plus près. Philippe était un farceur. Un farceur assez inquiétant et d'espèce métaphysique." (Claude Frochaux)
Depuis le début des années 1960, l'oeuvre protéiforme de Michael Lowy constitue un ensemble considérable, multiple et pourtant unitaire. Elle se fait tour à tour philosophique, sociologique et historienne, n'hésitant pas à transgresser les frontières disciplinaires. ?uvre singulière, à l'image de son auteur érudit et polyglotte, brésilien et français, issu de la culture juive d'Europe centrale, marxiste hétérodoxe et surréaliste. Michael Lowy aura étudié de façon approfondie la culture juive d'Europe centrale, les révolutions européennes, les utopies latino-américaines, les écrits politiques de Che Guevara, le romantisme, le surréalisme, le marxisme libertaire, la sociologie de Max Weber, le christianisme de la Libération, l'oeuvre de Franz Kafka... C'est aussi un parcours " transfrontalier " qui traverse le Brésil, l'Amérique hispanophone, l'Europe centrale, la France, Haïti. Oeuvre voyageuse, fruit d'une infatigable curiosité, elle est travaillée par les concepts d'utopie et de messianisme, à la fois objets de pensée et ferments de transformation sociale. En sorte que cette oeuvre, si peu académique mais toujours rigoureuse, témoigne aussi d'un engagement militant.