En 1821 eut lieu dans la campagne anglaise un combat épique entre le Boucher de Bristol et le Gazier, deux pugilistes qui différaient tant par le style que par la stature. Plus de 20 000 amateurs y assistèrent, plus de 150 000 livres sterling changèrent de mains. Il fallut dix-sept rounds, âpres et sanglants, pour les départager. A l'époque, les matchs se disputaient sans gants et duraient parfois plusieurs heures, les rounds ne se terminaient que lorsqu'un des combattants tombait à terre et ne pouvait se relever, et les k. -o. se comptaient en trente secondes. Le pugilat était encore un spectacle héroïque et sanglant C'est à ce spectacle qu'accourt avec enthousiasme William Hazlitt, féru de boxe, de vaillance et de truculence populaire. La narration pleine d'esprit qu'il en fait, aussi subjectifve qu'instructive, demeure l'un des plus beaux textes jamais écrits sur l'art pugilistique. William Hazlitt (1778-1830) a laissé le souvenir d'un polémiste acerbe doublé d'un esthète érudit et éclectique, s'opposant aux castes qui gouvernaient alors le Royaume-Uni et y étouffaient l'esprit critique. Ses Propos de table et ses essais philosophiques révèlent une perspicacité psychologique singulière à l'aune des littérateurs de son temps. C'est ce discernement teinté d'ironie que l'on retrouve dans ses chroniques de la société anglaise au temps du romantisme et de la révolution industrielle, telles que Le Pugilat (1822). Cet ouvrage en quadrichromie est en outre assez richement illustré de gravures d'époque et précédé d'un avant-propos qui dresse un tableau de la boxe anglaise avant l'adoption des règles dites du marquis de Queensbury, lesquelles prévalent encore largement de nos jours. Ce petit récit malicieux intéressera autant les amateurs de littérature que les aficionados du noble art.
Nombre de pages
64
Date de parution
22/10/2020
Poids
148g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782376230083
Titre
Le pugilat
Auteur
Hazlitt William ; Mortimer Philippe
Editeur
INSOMNIAQUE
Largeur
150
Poids
148
Date de parution
20201022
Nombre de pages
64,00 €
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Figure à part dans le romantisme anglais, William Hazlitt (1778-1830) s'éveille à l'heure des grandes espérances suscitées par la Révolution Française, et reste fidèle aux idées de sa jeunesse dans un monde qu'il voit souillé par la trahison et les compromissions. Jacobin impénitent, admirateur de Bonaparte dans l'Angleterre d'après Waterloo, idéaliste amer et amoureux déçu, ses talents de styliste lui valent une place à lui dans les revues de l'après-guerre, où il exerce une sorte de magistère solitaire et subversif. Traversant les domaines les plus variés, du commentaire de l'actualité à la philosophie morale, de l'étude de la société à la critique littéraire et artistique, Hazlitt est l'un des grands essayistes de la tradition anglaise. Ce misanthrope est un polémiste incendiaire, qui ne cesse de brocarder le conformisme et la lâcheté de ses contemporains, et oppose à la complaisance bourgeoise, qu'elle soit conservatrice ou progressiste, d'infinies illustrations du mal radical qu'il perçoit comme inséparable de la nature humaine. Mais ce Saturne est aussi un Mercure. Sa politique du pire a pour complément une certaine idée de l'authenticité : celle des passions, du souvenir, de la pensée et du génie. Rejetant à la fois le rationalisme utilitariste et la religiosité de certains romantiques, il est l'apologiste du chatoiement de l'expérience vécue et de la fougue, dans la vie comme dans l'art. Son écriture, tour à tour proliférante et lapidaire, savante et cinglante, intime et analytique, est à l'image d'une pensée mouvante et irréductiblement singulière, l'une des premières sans doute à faire l'anatomie détaillée de la culture et de la société modernes, à scruter l'esprit des temps pour mieux en dénoncer l'appauvrissement et les impasses.
La nature, à y regarder de plus près, semble faite d'antipathies sans quelque chose à haïr, nousperdrions le ressort même de la pensée et de l'action. La vie se changerait en une marestagnante si elle n'était agitée par les intérêts discordants et les passions déréglées des hommes.
Une fois n'est pas coutume, La Petite Brute accueille une artiste, quoique très hors des normes... Andrée Acézat étudia aux Beaux-Arts de Bordeaux et se consacra ensuite à une peinture de genre plutôt rebattue - nus, paysages, natures mortes d'honnête facture mais sans génie. Cela dura jusqu'à ses 70 ans, lorsque - par un mystère encore non éclairci - elle rompit les ponts avec tout ce qu'elle avait pratiqué jusque-là. Elle se mit à dessiner comme une enfant un cortège de petits bonshommes croqués d'après ses rencontres, grosses têtes enflées vissées à des troncs d'un seul bloc, d'où des membres grêles peinent à s'extirper. Andrée Acézat ne voulait pas vendre. Ce dont elle se séparait, elle l'offrait. Dans la région de Bordeaux, on rencontre au hasard des brocantes quelques-unes de ces oeuvres expressives, d'une sincérité entière et malicieuse. C'est ce qui a incité Bruno Montpied, armé de son poignard subtil, à se lancer à la recherche de cette singulière anonyme...
Jacques Pimpaneau a consacré la majeure partie de sa vie à la Chine et s'est évertué à faire apprécier en France les subtilités sociales et culturelles du monde chinois. Ni autobiographie ni savant ouvrage, ce récit relate à petites touches un parcours singulier, commencé par l'étude du chinois à Paris et un séjour à Pékin à la fin des années 1950, lors du "Grand Bond en avant" et de la famine qu'engendra cette politique économique désastreuse. Ce cheminement a abouti à ce qui, somme toute, reste important aux yeux de l'auteur, ce qu'il a retenu de la culture chinoise après avoir tout oublié. "Sinologue m'a toujours paru une insulte, car se prétendre spécialiste de la Chine est ridicule ", proteste-t-il. Outre les anecdotes et réflexions dont regorge ce livre, l'auteur y évoque les écrivains et les artistes qu'il a connus - notamment ceux qui ont marqué son regard sur la Chine et à qui il doit de n'avoir été ni maolâtre ni "expert" ès-chinoiseries, mais simplement, comme s'en souviennent ses anciens étudiants, un professeur pas comme les autres, pour lequel "les différences entre les cultures sont bien moindres que celles qui existent partout entre classes sociales".
Bertrand André ; Schneider André ; Dumontier Pasca
En 1966, un groupe d'étudiants contestataires fut élu à la tête de l'AFGES (Association fédérative générale des étudiants de Strasbourg), alors branche locale de l'UNEF. Leurs sympathies allaient aux anarchistes, à Max Stirner, à Makhno et à Durruti, mais aussi aux surréalistes et aux dadaïstes. Les contacts pris par certains d'entre eux avec l'Internationale situationniste se concrétisèrent par la rédaction de l'emblématique pamphlet De la misère en milieu étudiant. Les prises de position publiques et les actions concrètes qui entourèrent la diffusion de ce brûlot ne laissaient aucun doute : ces étranges et dangereux élus syndicaux oeuvraient à la dissolution de leur syndicat après avoir dilapidé ses fonds en fêtes et en propagande subversive. Ils ne visaient rien d'autre qu'au renversement révolutionnaire de la société - dans le but de libérer la vie quotidienne de l'aliénation du travail salarié, pour "vivre sans temps mort et jouir sans entraves". Ces exigences élémentaires et leur début d'application causèrent un immense scandale, relayé largement par la presse de l'époque, tant en France qu'à l'étranger. On s'accorde à dire que ce scandale fut à la fois le prélude et le ferment des événements de Mai 68. Il est raconté ici pour la première fois en détail par deux de ses principaux acteurs. Les documents et les témoignages qui étayent leur récit dévoilent les dessous de cette aventure, qui propulsa les situationnistes - leur style et leur critique radicale - sur le devant de la scène médiatique.