Le XVIIIe siècle s'est longtemps défini comme le temps descertitudes et des grandes idées: nature, bonheur, libertinage,Lumières et raison militante, autant d'étendards qui dessinentle visage d'une époque placée par la Révolution sous le doublesigne de la perfectibilité et de la philosophie. Cette lecture,fondée sur le programme de l'Encyclopédie et le triomphe dusavoir dans les années 1760, laisse pourtant dans l'ombrel'autre visage du siècle: celui qui élit la marge comme espacelégitime, il est des auteurs inclassables et des oeuvres quiéchappent aux codes de leur époque. Ce volume se proposed'examiner du XVIIIe siècle non plus ce qui se construit avecévidence, mais ce qui se défait; de privilégier sur laconstitution des savoirs leurs mutations, sur l'identité lemouvement, sur la certitude les dissolutions; d'explorer, aulieu des espaces familiers, les terres inconnues qui jouxtent lesfrontières. De la Régence, partagée entre l'autorité du Grandsiècle et la volonté de rupture, au Consulat, dont le monde enruines impose une refondation des modèles, de nouvellesfigures émergent, qui révèlent une prédilection pour lestrajectoires à l'écart. Les textes réunis dans cet ouvrageinterrogent, à partir de différents corpus (fictions, mémoires,dictionnaires, écrits sur l'art et la musique), ces parcoursdissidents du XVIIIe siècle.
Date de parution
18/11/2011
Poids
356g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782843211355
Titre
PARCOURS DISSIDENTS AU XVIIIE SIECLE
Auteur
GENAND STEPHANIE
Editeur
DESJONQUERES
Largeur
140
Poids
356
Date de parution
20111118
Disponibilité
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Qu'ai-je donc fait pour souffrir si longtemps ? - Eh ! malheureux, ce que tu as fait ? Ne le vois-tu donc pas ? Tu vis trop". Donatien Alphonse François de Sade (1740-1814) passa vingt-sept ans de sa vie en prison ou en asile d'aliénés. Ecrivain, romancier, philosophe, homme politique, on ne retint longtemps de lui qu'un cortège de rumeurs et une liste d'ouvrages clandestins pour la plupart introuvables. Entrée depuis 1990 dans la Pléiade, son oeuvre est aujourd'hui en livre de poche, et tout un chacun peut lire Les Cent Vingt Journées de Sodome, La Philosophie dans le boudoir ou La Nouvelle Justine ou les Malheurs de la vertu. Mais Sade n'en reste pas moins un objet constant d'études et de questionnements. En 1818, un chirurgien, nourri de phrénologie, avait examiné son crâne. Entre surprise et déception, il en avait conclu que ce dernier "était en tous points semblable à celui d'un père de l'Eglise" . Sade ne serait-il donc qu'un homme ? Telle est la question.
Je croyais connaître Germaine de Staël : la disciple de Rousseau, la théoricienne du progrès et l'adversaire acharnée de l'autoritarisme. Cette image a volé en éclats lorsque j'ai découvert ses premières nouvelles. Une autre Staël y surgit, loin de la femme des Lumières : une Staël folle ou attirée jusqu'au vertige par la folie. Qui ne compose plus des traités, mais le tableau d'une raison impuissante. Ses héroïnes, loin de briller dans les conversations, tiennent des propos aussi incohérents que les vies dont elles ont perdu le fil. Ses Folles ne sont pas des créatures monstrueuses : plutôt des jeunes femmes ordinaires, luttant pour avoir le droit de vivre et d'écrire. Nos soeurs de ténèbres qui nous aident à préférer, aux illusions des Lumières, la sympathie de la nuit". S. G.
La découverte du rhum a suivi celle de l'Amérique. Dès le XVIe siècle, les Espagnols, les Portugais puis les Français et les Anglais découvrent la possibilité d'obtenir à partir du jus de canne une boisson fortement alcoolisée. D'abord réservé à l'usage des Nègres, des boucaniers et de tous les rustres qui écument le Nouveau Monde, le rhum va connaître un succès grandissant, surtout en Europe et en Amérique. L'évolution de la production reste très liée aux bouleversements coloniaux.
Tel un prisme réfractant sa pensée et sa production ultérieures, les ?uvres de jeunesse de madame de Staël présentent à la fois des essais théoriques et de brefs romans. Parmi les premiers, les lettres sur les ouvrages et le caractère de Jean-Jacques Rousseau révèlent ses opinions philosophiques. Admiratrice du penseur genevois, elle établit avec lui un dialogue critique d'un genre nouveau, soumettant une à une les ?uvres du romancier-philosophe, et au premier chef les confessions, à une analyse pénétrante. L'essai sur les fictions résume quant à lui ses conceptions esthétiques en matière littéraire : elle privilégie " la seule peinture des mouvements du c'ur ", à l'instar de Rousseau, Fielding et Richardson. Loin de s'en tenir à ses théories, la fille de Necker les applique : elle n'avait pas vingt ans qu'elle avait déjà écrit ses nouvelles. Les principales se déroulent dans le cadre pré-romantique de lointains exotiques. Partout, dans ces récits tragiques d'aventure, de passion et de sacrifice, les héroïnes tombent, innocentes victimes d'un monde d'hommes qu'elles surmontent cependant grâce à leur grandeur d'âme. Dans ces premières ?uvres, c'est tout l'art et la pensée de l'inspiratrice de romantisme français qui déjà se révèle.