Les armées 1780-1830 sont marquées par un dérèglement général des esprits : du choc de la Révolution, qui bouleverse la perception du temps et le rapport à l'espace, aux déracinements multipliés par le passage des frontières ou les transferts de biens lors des guerres menées à l'intérieur comme à l'extérieur de la France, pas un domaine de l'existence n'échappe à la grande volte-face des prérogatives, des générations et des autorités qui caractérise l'entre-deux siècles. "Il y a une vie entière de réflexions sur le spectacle qu'ont donné ces deux années ", écrit Germaine de Staël le 16 septembre 1791, explicitant le caractère intense, à la fois stimulant et traumatisant, de cette séquence historique sans précédent. Rien d'étonnant dès lors si les désordres de la psyché s'imposent comme l'une des signatures de ces " temps insensés ", pour reprendre la formule de Louis-Sébastien Mercier dans l'Histoire de France qu'il publie en 1802. La périphrase circonscrit le singulier désordre moral qui expose l'individu et la nation au risque de succomber à la folie. Cette dernière, indépendamment de l'aliénisme qui déferle sur la scène médicale, court désormais les rues au point d'imprimer sa marque sur les imaginaires : de La Mère coupable de Beaumarchais jusqu'à Adieu de Balzac, " l'hôpital des fous " devient, en quelques années, le décor paradoxalement familier d'une littérature tout entière sous le signe de la démence. Le présent numéro entend explorer la spécificité de ces " temps insensés " leur rôle dans la création artistique et musicale du temps, leur lien avec la reconfiguration des places sociales et avec le traumatisme révolutionnaire, dans lequel Pinel diagnostique un substrat pathologique, particulièrement propice à l'éclosion des passions. Ne faut-il pas, au moment 1800, articuler les Lumières à la déraison ? Pourquoi la folie envahit-elle à cette échelle la scène et l'espace public ? Que nous dit-elle des affects du temps, dont la fiction devient désormais la langue naturelle ? Le numéro 21 de la revue Orages lève le voile sur la richesse et la complexité de ces " temps insensés " qui unissent Diderot à Balzac. Le cahier d'Orages accueille un entretien avec Anouchka Vasak autour de son dernier ouvrage, 1797. Pour une histoire météore.
Nombre de pages
250
Date de parution
25/07/2023
Poids
447g
Largeur
159mm
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EAN
9782350308746
Titre
Orages N° 21, décembre 2022 : Temps insensés
Auteur
Genand Stéphanie
Editeur
ATLANDE
Largeur
159
Poids
447
Date de parution
20230725
Nombre de pages
250,00 €
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Résumé : "Qu'ai-je donc fait pour souffrir si longtemps ? - Eh ! malheureux, ce que tu as fait ? Ne le vois-tu donc pas ? Tu vis trop". Donatien Alphonse François de Sade (1740-1814) passa vingt-sept ans de sa vie en prison ou en asile d'aliénés. Ecrivain, romancier, philosophe, homme politique, on ne retint longtemps de lui qu'un cortège de rumeurs et une liste d'ouvrages clandestins pour la plupart introuvables. Entrée depuis 1990 dans la Pléiade, son oeuvre est aujourd'hui en livre de poche, et tout un chacun peut lire Les Cent Vingt Journées de Sodome, La Philosophie dans le boudoir ou La Nouvelle Justine ou les Malheurs de la vertu. Mais Sade n'en reste pas moins un objet constant d'études et de questionnements. En 1818, un chirurgien, nourri de phrénologie, avait examiné son crâne. Entre surprise et déception, il en avait conclu que ce dernier "était en tous points semblable à celui d'un père de l'Eglise" . Sade ne serait-il donc qu'un homme ? Telle est la question.
LA COLLECTION : VINGT CHEF-D'OEUVRE DE LA LITTERATURE LIBERTINE ET EROTIQUE : Ces textes célèbrent tous, et avec quelle vivacité, l'amour, le plaisir et les sens. Ils prônent un authentique savoir-vivre libertin. Objets de scandale à leur époque, ils ont circulé sous le manteau, et certains ont même valu à leur auteur les cachots de la Bastille. Mais loin de se limiter à cette dimension licencieuse, ces oeuvres littéraires, dont les audaces sont transfigurées par un style et un esprit étincelants, sont porteuses d'une formidable volonté d'émancipation. La morale, les dogmes, les interdits sont battus en brèche par des auteurs qui, à quelques années de la Révolution française, prêchent l'impatience et la révolte. Diderot, Sade, Casanova, Rétif de la Bretonne, Mirabeau, Laclos, parmi d'autres auteurs moins connus, mais tout aussi importants pour la compréhension de l'histoire des moeurs et des idées, représentent une génération insolente et turbulente dont les écrits n'ont rien perdu de leur force et de leur éclat pour le lecteur d'aujourd'hui. "Enfer", mais aussi envers de notre littérature : ces titres invitent les lecteurs à découvrir, pour leur plus grand plaisir, un pan caché de l'histoire littéraire française qu'ils n'ont jamais étudié à l'école. Chacune de ces oeuvres rares, préfacée et annotée par l'un des meilleurs spécialistes de l'auteur, est présentée dans une édition luxueuse comportant un cahier de documents et de gravures d'époque. UNE COLLECTION SOUS LA DIRECTION ARTISTIQUE DE NATHALIE RYKIEL La direction artistique de cette collection a été confiée à Nathalie Rykiel, figure éminente de l'élégance parisienne et de la féminité. La créatrice a prêté son talent et son imagination pour faire de chacun de ces ouvrages un objet raffiné.
Le XVIIIe siècle s'est longtemps défini comme le temps descertitudes et des grandes idées: nature, bonheur, libertinage,Lumières et raison militante, autant d'étendards qui dessinentle visage d'une époque placée par la Révolution sous le doublesigne de la perfectibilité et de la philosophie. Cette lecture,fondée sur le programme de l'Encyclopédie et le triomphe dusavoir dans les années 1760, laisse pourtant dans l'ombrel'autre visage du siècle: celui qui élit la marge comme espacelégitime, il est des auteurs inclassables et des oeuvres quiéchappent aux codes de leur époque. Ce volume se proposed'examiner du XVIIIe siècle non plus ce qui se construit avecévidence, mais ce qui se défait; de privilégier sur laconstitution des savoirs leurs mutations, sur l'identité lemouvement, sur la certitude les dissolutions; d'explorer, aulieu des espaces familiers, les terres inconnues qui jouxtent lesfrontières. De la Régence, partagée entre l'autorité du Grandsiècle et la volonté de rupture, au Consulat, dont le monde enruines impose une refondation des modèles, de nouvellesfigures émergent, qui révèlent une prédilection pour lestrajectoires à l'écart. Les textes réunis dans cet ouvrageinterrogent, à partir de différents corpus (fictions, mémoires,dictionnaires, écrits sur l'art et la musique), ces parcoursdissidents du XVIIIe siècle.
Résumé : "Je croyais connaître Germaine de Staël : la disciple de Rousseau, la théoricienne du progrès et l'adversaire acharnée de l'autoritarisme. Cette image a volé en éclats lorsque j'ai découvert ses premières nouvelles. Une autre Staël y surgit, loin de la femme des Lumières : une Staël folle ou attirée jusqu'au vertige par la folie. Qui ne compose plus des traités, mais le tableau d'une raison impuissante. Ses héroïnes, loin de briller dans les conversations, tiennent des propos aussi incohérents que les vies dont elles ont perdu le fil. Ses Folles ne sont pas des créatures monstrueuses : plutôt des jeunes femmes ordinaires, luttant pour avoir le droit de vivre et d'écrire. Nos soeurs de ténèbres qui nous aident à préférer, aux illusions des Lumières, la sympathie de la nuit". S. G.
Une histoire de la presse parisienne venue d'ailleurs Paris est une ville-monde. Nulle part ailleurs, la presse en langue étrangère n'a été aussi foisonnante qu'à Paris. Seules aujourd'hui peuvent se comparer Londres et New York. Elle n'a jamais été étudiée en tant que telle. Paris, capitale polyphonique est le fruit de douze ans de travail, celui du réseau Transfopress qui recense la presse allophone à travers le monde. Ici seize langues sont convoquées : anglais, arabe, chinois, espagnol, géorgien, grec, hébreu, hongrois, italien, khmer, polonais, portugais, russe, tamoul, tchèque et yiddish. Plusieurs titres sont concernés dans chacune, du XIXe au XXIe siècle. Richement illustré, l'ouvrage regorge d'histoires méconnues, d'anecdotes, de parcours de vie, de lutte, de témoignages d'acculturation et de métissage mais aussi de rejets et de drames. A un moment où l'identité plurielle de la France est remise en cause et où le sens de l'assimilation est questionné, cette mosaïque apporte une réflexion salutaire et un éclairage inédit tant sur l'histoire de l'immigration que sur celle de la ville-lumière.
Novembre 1918. Alors que l'armistice se prépare entre la France et l'Allemagne, outre-Rhin, la révolution gronde. Le pays se couvre de Conseils ouvriers dans l'euphorie et, le 9 novembre, la République est proclamée. L'embrasement semble toutefois de courte durée. Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, les deux principales figures de la révolution spartakiste, sont assassinées dès janvier 1919. La révolte de Berlin dont ils étaient le fer de lance est réprimée dans le sang. Elle aura duré une semaine. Décapitée, la révolution allemande ? Loin s'en faut. Alors qu'elle est souvent réduite par les historiens à une insurrection de quelques semaines, Anne Deffarges lui redonne toute son ampleur. Son ouvrage déploie ainsi une histoire longue où l'intensité des sursauts - proclamation de la République des Conseils de Bavière, grandes grèves de 1920 - n'a d'égale que la férocité de la répression, implacable de bout en bout. Ce travail, inédit dans l'historiographie française, redonne également aux femmes toute leur place dans la structuration des actions révolutionnaires, souvent résumée à la figure de Rosa Luxembourg. Sources à l'appui, Anne Deffarges démontre que l'échec de la révolution allemande est aussi dû à la trahison des sociaux-démocrates du SPD, un parti jusque-là révolutionnaire qui, dès 1914 et plus encore après novembre 1918, change son fusil d'épaule pour s'associer à l'armée et aux bandes paramilitaires d'extrême-droite. En poursuivant son ouvrage jusqu'en 1923, "année inhumaine" de montée du fascisme et de la tentative de coup d'Etat d'Adolf Hitler, elle tisse des liens particulièrement frappants entre reculs révolutionnaires et montée des nationalismes les plus extrémistes. Si l'histoire ne se répète pas, comprendre les mécanismes à l'oeuvre il y a un siècle est précieux pour s'orienter dans notre propre époque, également grosse de bouleversements.
100 cartes historiques, politiques, économiques, sociologiques et futuristes accompagnées chacune d'un texte, le tout complété par une galerie de portraits des pays de la région.
Atlande réédite un ouvrage fondamental sur la Révolution française, la seule histoire " populaire " de la révolution, c'est-à-dire relatée du point de vue du peuple, débarrassée de ses mystifications sur le 14 juillet ou la nuit du 4 août : un texte qui tranche avec l'histoire traditionellement " bourgeoise " de la Révolution. Originellement paru en 1909, de façon concomitante à Paris, Londres, Leipzig, Rome et New York, ce texte, révolutionnaire en lui-même, est l'oeuvre d'un aristocrate russe exilé à Paris car il a épousé la cause du peuple, d'un historien hors pair et d'un visionnaire. Kropotkine est largement oublié de nos jours ; rappelons simplement qu'une chaîne de montagnes porte son nom en Sibérie, qu'il fut le page de la tsarine aussi bien que l'interprète de Louise Michel en Angleterre, l'intime d'Elisée Reclus et d'Octave Mirbeau et que tant Victor Hugo qu'Ernest Renan le défendirent ardemment quand il fut poursuivi par les autorités françaises. Le texte intégral est ici éclairé par une kyrielle de notes d'Arno Lafaye-Moses qui propose également une galerie des personnages cités ainsi qu'un glossaire. Signe de sa résonnance aujourd'hui, il est préfacé par François Ruffin.