Deux paysages peuplent ce livre, un bord de mer, ses vagues, sa plage, ses nuits, et Mihubi, une montagne où s'accrochent quelques maisons, des sentiers et des torrents, des murs effondrés, des moutons. Tout semble cerné de brumes, d'obscurité, et une voix nous parle à travers l'épaisseur d'un rêve. Rêve murmuré par une langue souple, qui passe entre les vagues, les buissons, les racines, les bêtes. Une langue qui tisse ses motifs, avance en glissant doucement, langue-barque en dérive circulaire qui fend la forêt, de bivouac en bivouac, vers de vieilles pierres, de vieux sanctuaires de rois. Quelle fantasmagorie traversons-nous dans ces pages ? Un royaume d'anciens échos qui bruissent autour de la maison vide ? Ou bien de simples entrelacements de branches, de simples souvenirs autour du feu ? C'est le livre du bois, des formes hantées du bois, fantômes revenus dans le ressac, mais de quel naufrage ? D'étranges êtres habitent le bord des vagues, remontant le bois dans leurs filets, sa face blanche, c'est-à-dire son visage. Bruits d'animaux dans la nuit, les chiens rôdent, le bois encercle la maison. Il y a là une matière de conte, de peste, de vent, de nuit et de magie. Une histoire soufflée entre les arbres. Mais un conte sans héros, fait de gestes simples, de silhouettes réunies pour la veillée. Pas de sorcières, juste des amitiés, des rencontres, et le vent qui transporte l'imagination. Tout fait conte, tout est magie, tout est bruissement d'enfance, de vieilles histoires, de vieux craquements ; Mihubi défie la pesanteur des pierres. Dans ce premier livre, Valentin Degueurce fait "rêver seul" , à travers la fièvre, des bêtes et des hommes réunis sur une bordure de mer ou dans un lieu isolé, sec, retiré. Il fait rêver ces silhouettes folles du bois et du refuge de montagne. Comme si pour soulever le réel le plus nu, le plus ordinaire, Degueurce buvait un philtre et enfilait les gants de la magie, le temps d'une excursion sur les pentes arides, le temps d'un départ. Etranges mains gantées du poème qui tissent un monde entre les mondes, un onirisme glissé entre la nuit et la présence nette des choses. Il n'y a qu'une réalité semble-t-il nous dire, et comment l'inventer ?
Nombre de pages
48
Date de parution
04/02/2022
Poids
126g
Largeur
152mm
Plus d'informations
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EAN
9782877042390
Titre
Mihubi
Auteur
Degueurce Valentin
Editeur
UNES
Largeur
152
Poids
126
Date de parution
20220204
Nombre de pages
48,00 €
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Les univers de Valentin Degueurce naissent de détails, d'éléments simples qui sont autant de points d'ancrage de la réalité sur le rêve. Une chambre, un morceau de plexi, une flaque d'eau en bas de l'immeuble, qui à force de boucles, de reprises, deviennent des ouvertures, des points de passage entre la réalité et la fantasmagorie. 7 h du matin, 5 cm d'eau, 1 poème : talismans qui ouvrent "un trou vers la ville" , qui transforment quelques centimètres d'eau en un naufrage de ville, une atlantide peuplée de fantômes, de reflets, de vents tournoyants, d'animaux à demi immergés dans les faux reflets de l'eau chimérique. On ouvre des portes sur une nuit de tempête, on descend degré par degré dans une eau de plus en plus sale, commence une dérive hallucinée de pluie, une longue glissade éberluée dans une double ville qui serait Marseille et la Marseille submergée par le poème, inondée de répétitions, de cascades de mots, d'adjectifs accumulés pour colmater la stupéfaction de l'eau. Degueurce, au centre de mondes incertains, plante des mots dans l'eau comme des balises, il cherche un passage, un gué, dans une spirale, mais pour traverser quoi, pour franchir quelle limite ? Le poème suit la ligne des plages où la solitude multipliée des êtres disparaît dans la lumière, on passe par les tours d'habitation du Pharo et la plage des Catalans, dans une démultiplication des rêves et des métamorphoses qui s'étirent de la cage d'escalier à la mer. Avant le retour au refuge d'une bibliothèque hachée on l'on peut passer entre les mondes, toucher les périphéries, échapper à cette forme d'assignation qui nous cloue au réel, sortir de la cage de la pluie comme les oiseaux, transgresser seul la limite des grillages, suivre les traces d'une chimère évanescente et rentrer après les déluges rapporter "sa part réelle" . Avec le souvenir des villes perdues comme l'eau doucement vient battre au pied du lit, emportant dans son sommeil le mystère des frontières et des déluges. Les jours tournent dans le vent. A-t-on rêvé ? A-t-on fini par jeter un seau d'eau croupie dans la nuit ?
On croit que ça ira mieux quand. Quand on aura coché toutes les cases, qu'on sera reconnu, validé, visible. Alors on avance, on prouve, on grimpe avec, parfois, l'impression de courir à côté de soi. Et un jour, ça flanche. La motivation fatigue, le sens s'effrite, et une question monte — claire, implacable, un peu vertigineuse : " Tout ça... pour quoi, exactement ? " Le mirage de la réussite parle de ce moment-là. Pas d'un échec. D'un réveil. Celui qui surgit quand l'extérieur ne suffit plus à apaiser l'intérieur. Quand le désir d'être " à la hauteur o se révèle pour ce qu'il est : un contrat invisible, fondé sur la peur de ne pas être assez. Ce texte court ne condamne pas la réussite. Il en dévoile les dessous, le manque qu'elle tente de combler, la valeur qu'on croit devoir mériter, la tension d'un moi toujours à défendre. Il n'offre pas de réponse, mais ouvre une brèche. Celle où l'on dépose les armes et où l'on découvre que ce qu'on cherchait n'était jamais " au bout ", mais déjà là.
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Depuis les temps immémoriaux des dissections sacrées, savants et artistes se sont penchés sur le corps ouvert de l'animal pour comprendre les ressorts cachés de la nature. De l'Antiquité, avec Galien, jusqu'à Buffon au XVIIIe siècle, l'anatomie a fait la conquête du corps animal, ouvrant la voie à la science moderne. Des artistes tels que Titien ou Léonard de Vinci ont illustré ces découvertes par des gravures et des dessins. Les enjeux propres à l'art se sont épanouis dans l'observation fascinante des Beautés intérieures : la justesse de la représentation animale a fait l'objet, jusqu'au XIXe siècle, d'admirables études anatomiques, comme celles de Delacroix ou de Géricault. Et l'essor des arts appliqués a fourni à l'anatomie des moyens ingénieux de reproduction en trois dimensions. Bien loin des défis de la science, les artistes de notre époque entendent encore la leçon magistrale de Rembrandt dans son célèbre Boeuf écorché, et participent à sa profonde compassion pour la condition mortelle que partagent l'homme et la bête. Une longue lignée d'artistes ont choisi cette oeuvre comme emblème des souffrances de notre temps et ce livre nous invite à partager leur méditation : Chaïm Soutine, Jean Fautrier, Marc Chagall, Francis Bacon, Lovis Corinth, Philippe Cognée, Anne Ferrer, Mona Hatoum et Damien Hirst.
Quelqu'un regarde un tableau. Il aime tellement ce tableau qu'il voudrait, Dieu sait pourquoi, ne plus le contempler seulement, mais se trouver à l'intérieur de la scène, comme un personnage, comme un livre posé sur une table. Il n'y parvient pas. Alors il se met à regarder tous les autres tableaux de ce peintre, un par un, dans les musées - et le même phénomène se produit. Le peintre s'appelle Edward Hopper. Il a représenté des rues désertes, des femmes dans une chambre d'hôtel, des bureaux, des gares où pas un train ne passe. L'homme qui regarde comprend qu'il ne pourra jamais habiter chacune de ces images, qu'elles sont là et qu'elles lui échappent. Il décide donc de vivre à côté d'elles avec des mots, des mots qui, peu à peu, se transforment en une histoire, celle du peintre peut-être, la sienne aussi, bien que l'Amérique lui soit presque étrangère. A la fin, il lui semble avoir vécu tout cela, et lorsque le soleil, un après-midi d'été, traverse une pièce vide, il devine que le peintre va mourir et qu'il lui faut, tel Bartleby le copiste, écrire, lui, la dernière phrase du livre, poser la plume et s'effacer. " C.E.
Un homme se met en route pour un lieu qu'il ne connaît pas. Un autre revient. Un homme arrive dans un lieu sans nom, sans indication pour lui dire où il est. Un autre décide de revenir. Un homme écrit des lettres de nulle part, depuis l'espace blanc qui s'est ouvert dans son esprit. Les lettres n'arrivent pas à destination. Les lettres ne sont jamais envoyées.
Jamais auparavant Alvaro de Campos n'avait poussé si loin cet acharnement contre soi-même, cette rage destructrice à laquelle rien ne résiste, pas même sa dignité d'homme souffrant. Cette histoire est la revanche du poète réel sur le vivant imaginaire, la suprême comédie si l'on veut du comédien, mais comédie jouée jusqu'au bout avec la plus grande virtuosité. Alvaro de Campos a sans doute raté sa vie, mais Pessoa, qui écrit sous son nom, n'a pas raté son oeuvre.