
Soleil dans une pièce vide. Scénographies d'Edward Hopper
Soleil dans une pièce vide est un voyage unique dans la peinture d'Edward Hopper. Un voyage à la fois étrange et familier, tant les tableaux du peintre américain ont imprégné la culture populaire, dont les images fortes font aujourd'hui partie d'un patrimoine commun. Claude Esteban opère avec cette succession de courtes scènes une approche à rebours du regard critique, on pourrait au contraire dire qu'elle ressemble ? à sa façon ? à l'approche des objectivistes américains : il s'agit plus de décrire que d'imaginer, ou plus précisément d'imaginer par la description. Il s'agit d'être attentif à un détail, un vêtement, une atmosphère, une expression, une lumière, aux contours des êtres ? et d'atteindre ainsi l'intériorité par le contour. En approches successives, délicates, comme des touches de peinture, mais par les mots. On se promène dans cette cinquantaine de tableaux familiers en revisitant la mythologie américaine du XXe siècle, des polars de Dashiell Hammett aux vedettes hollywoodiennes des années 1950, on passe du sud rural aux lumières de Broadway, avec cet homme et cette femme accoudés en oiseaux de nuits au comptoir d'un café, ce couple qui s'explique sous la lampe blafarde d'une terrasse en bois, ces deux femmes qui partagent un chop suey au restaurant, ou la lumière du soleil qui vient traverser une pièce vide. Le paradoxe de ce livre est que les images suffisent, et que c'est précisément parce qu'elles suffisent qu'elles possèdent la charge suffisante d'émotion, de suggestion, de réalité, pour passer dans les mots, pour devenir avec les mots ce que la peinture fait d'elles : des histoires. Esteban fait vivre ces personnages, il révèle ce qu'il se passe au moment de la toile, met à jour ce qui précède et ce qui va suivre, dans la saisie de l'instant. Il trouve des gestes, des habitudes, des émotions à ces hommes et femmes. Tout, le décor, les vêtements, les objets, participe d'une attention aux êtres qui vient souligner avec une grande prévenance leur solitude. En leur donnant des mots, il leur donne une épaisseur, une vie insoupçonnée. Il soulève simplement le voile d'évocation des images pour révéler tout leur drame, tout le mystère de leur présence. Claude Esteban nous restitue le mystère des êtres, nous y donne accès sans pourtant jamais le révéler tout à fait dans un jeu merveilleux d'ombre et de lumière.
| Nombre de pages | 170 |
|---|---|
| Date de parution | 16/01/2026 |
| Poids | 330g |
| Largeur | 151mm |
| EAN | 9782877043083 |
|---|---|
| Auteur | Esteban Claude |
| Editeur | UNES |
| Largeur | 151 |
| Date de parution | 20260116 |
| Nombre de pages | 170,00 € |
| Disponibilité | En stock |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-

Le Partage des mots
Esteban ClaudeJ'avais une conscience exacerbée des deux idiomes entre lesquels il me fallait me partager ou plutôt me disjoindre. Mais cette conscience ne relevait pas de la grammaire particulière à l'une ou à l'autre langue, au vocabulaire, à la syntaxe qui les distinguait. Les difficultés dont j'étais conscient ressortissaient, manifestement, à un autre domaine que celui de l'appropriation matérielle, mécanique, d'une langue. Ce qui m'avait frappé lors de ma petite enfance m'apparaissait maintenant en toute clarté : à savoir qu'il est illusoire de penser qu'on maitrise véritablement un idiome lorsqu'on se contente de l'appréhender comme un processus de communication et d'échange. Quelque chose de plus subtil relie la saveur du monde et les signes. C.E.Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER19,30 € -

Morceaux de ciel, presque rien
Esteban ClaudeToi qui marches, qui ne veux pas voir descends, descends toujours jusqu'aux royaumes de l'infertile là tout un peuple bouge, ombres des pères que les fils bafouent, reines qui dansent dans leur délire et loin, très loin sur une falaise un homme qui regarde la mer et qui murmure, montagnes de l'écume, rendez-la-moi.Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER15,90 € -

Le jour à peine écrit (1967-2002)
Esteban ClaudeQui songerait, même au soir de la plus vive attente, à reconnaître dans ses mots un sillage de ce qui fut? A peine écrit, le jour appelle un autre jour et nous distance. Sur les pouvoirs de la parole, trop de soupçons, depuis longtemps, ont pesé. Il faut vivre avec eux. Mais le matin est là, l'heure nouvelle est urgente. A tous ces riens de l'air, à ces présences sans profil, il faut un corps qui les accueille, un nom aussi, par-delà tous les signes effacés. C.E.Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER22,50 €
Du même éditeur
-

Espaces blancs
Auster Paul ; Laroque Françoise deUn homme se met en route pour un lieu qu'il ne connaît pas. Un autre revient. Un homme arrive dans un lieu sans nom, sans indication pour lui dire où il est. Un autre décide de revenir. Un homme écrit des lettres de nulle part, depuis l'espace blanc qui s'est ouvert dans son esprit. Les lettres n'arrivent pas à destination. Les lettres ne sont jamais envoyées.Sur commande en 4-6 joursCOMMANDER12,00 € -

Quatrains
Pessoa Fernando ; Deluy Henri ; Hourcade Rémy ; HoDans la mythique malle de Pessoa retrouvée après sa mort, parmi les milliers de manuscrits, une enveloppe, sur laquelle il est simplement écrit « Quatrains ». À l'intérieur de l'enveloppe, 325 poèmes. Les premiers datent de 1907 et 1908, et sont les tout premiers que Pessoa, âgé de 20 ans, écrit en portugais. Avant cela, il n'avait publié que quelques poèmes en anglais. Un acte de naissance donc, dans sa langue maternelle, pour celui qui a passé une grande partie de son enfance en Afrique-du-Sud, et qui dira plus tard que sa « patrie est la langue portugaise ». Mais la grande majorité des quatrains sont rédigés entre juillet 1934 et août 1935, soit à la toute fin de sa vie, Pessoa disparaissant en novembre 1935 à l'âge de 47 ans. Quatrains donc, tout simplement, et non pas « au goût populaire », sous-titre ajouté artificiellement par les éditeurs de la première édition portugaise, Georg Rudolf Lind et Jacinto do Pradho Coelho, et repris depuis. Précision inutile, dans le quatrain est constitutif de la culture portugaise. Pessoa le dit lui-même en 1914 : « qui fait des quatrains portugais communique avec l'âme du peuple ». Le mètre court, la rime, autant que le sujet, volontiers courtois, ancrent le quatrain dans la tradition de la « romance » et de la poésie des troubadours, « orale ou écrite, savante ou naïve », comme le souligne Henri Deluy dans sa préface. Pessoa s'inscrit donc ici dans une histoire ancienne, où s'épanouit toute la variété de son écriture. Dans ces poèmes où il apparaît et disparaît tour à tour, Pessoa joue avec une virtuosité absolue de la « gravité dans la légèreté » selon Deluy, brodant et répétant à l'infini les thèmes traditionnels de l'amour éconduit, des ?illets accrochés à la poitrine, des pots de basilic aux fenêtres, des peignes oubliés, des signes de la main restés sans réponse, des baisers refusés. Tout est vrai et tout est faux, la simplicité est complexe, la naïveté surjouée, la complainte se pare de mauvaise foi, on retrouve le goût de l'illusion cher à l'auteur aux multiples hétéronymes, qui sans cesse s'efface derrière son ?uvre, allant jusqu'à rejeter ici l'intime pour se fondre dans le grand mouvement collectif de l'identité portugaise. Poèmes d'amour, ces Quatrains sont avant tout un espace de jeu, où la beauté formelle, la mélodie, permettent seules de capturer la volatilité du sens, rejoignant là l?« Éventail » de Mallarmé. C'est comme danser autour de rien, « rien » qui est chez Pessoa, nous le rappelle Henri Deluy, « source et fin de toute chose ».PréventePRÉCOMMANDER22,00 € -

Considérant la maison
Knibbe Hester ; Andringa Kim ; Cunin DanielComment se comprendre ? C'est la question que pose Hester Knibbe livre après livre. Par les mots, par les gestes, par le temps. Par l'observation des silhouettes dans la foule humaine, chaque être dans son destin, ses mouvements, sa douleur. Par intimité corporelle, par intimité du foyer. Par l'histoire, les coutumes et les pierres. En une suite de séquences qui sont autant d'approches d'une humanité infirme, Considérant la maison tente de frayer un chemin à travers le « multiple inintelligible » qui nous entoure, fait de ruines, de multitude, de symboles des plus anciens aux plus immédiats. Sourds et aveugles, chacun dans sa poussière ou son fardeau, nous cherchons « comment faire langue », inventons des jargons, nous approchons à tâtons, créons des espaces de proximité pour se comprendre, se déchiffrer, s'appréhender. Knibbe observe nos intimités de son regard qui se tient comme toujours dans son ?uvre sur une ligne de tension entre violence et douceur, entre tendresse et dureté. Ses poèmes portent une densité archaïque, tout ici est toujours très ancien, hérité des gestes des bergers, des artisans, des pêcheurs et des moines. La profondeur du passé transparaît dans les gestes les plus simples, dont la simplicité n'est pas altérée par le temps, alors que nous sommes soumis à la brutalité et à la soudaineté des départs, des disparitions, que la permanence du temps même ne peut empêcher. Au milieu de l'abandon et du silence, du danger et de la peur, la maison du titre apparaît comme un refuge précaire contre la cacophonie d'un monde qui compte « trop peu de bonheur pour chacun », où l'amour apparaît dans toute sa porosité, et sa corporéité, tant le rapport à l'autre est matière corporelle, entre contamination et sécrétion. Dans toute cette pesanteur du temps et des corps, la légèreté vient du rêve, et de cette drôle de distance entre l'âme et la chair, et si le rêve ne résout rien de l'énigme de vivre, il contribue à nouer « une alliance entre ce qui est et ce qui n'est pas écrit ». « Mon amour nous sommes sans réponse », dit Hester Knibbe, et c'est vrai. Mais dans cette succession infinie d'humains et d'animaux, de pierres et d'histoires, de vivants et de morts, l'amour est peut-être une réponse, l'amour est peut-être une maison.Sur commande en 4-6 joursCOMMANDER19,00 € -

Lieux exemplaires. Précis du silence et du bruit suivi de Les véhicules d'esprit
Bonfanti Flora?Dans les temps éloignés, les hommes avaient six doigts. Le sixième était toujours en feu. Il suffisait de toucher du doigt les choses.Sur commande en 4-6 joursCOMMANDER18,00 €
De la même catégorie
-

Les couleurs expliquées en images
Pastoureau Michel ; Simonnet DominiqueCe n'est pas un hasard si nous voyons rouge, rions jaune, devenons verts de peur, bleus de colère ou blancs comme un linge. Les couleurs ne sont pas anodines. Elles véhiculent des tabous, des préjugés auxquels nous obéissons sans le savoir, elles possèdent des sens cachés qui influencent notre environnement, nos comportements, notre langage, notre imaginaire. Les couleurs ont une histoire mouvementée qui raconte l'évolution des mentalités. L'art, la peinture, la décoration, l'architecture, la publicité, nos produits de consommation, nos vêtements, nos voitures, tout est régi par ce code non écrit.Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER29,00 € -

L'art urbain
Gzeley Nicolas ; Laugero-Lasserre Nicolas ; LemoinRésumé : L'art urbain est le courant artistique majeur du XXIe siècle. En quelques décennies, ce mouvement, soucieux de réconcilier l'art avec le public, a transformé la rue, son support d'expression originel, en un véritable musée à ciel ouvert. Pratiqué par de nombreux artistes engagés et en phase avec leur époque, l'art urbain fait aujourd'hui l'objet d'un engouement international. Si ce sont les élites qui ont donné leurs lettres de noblesse à la plupart des artistes et des mouvements représentatifs de l'art urbain (Street Art, muralisme, graffiti...), son succès lui vient aussi et surtout de la rue, du peuple. Dans ce manifeste unique en son genre, quatre auteurs reviennent sur les origines graffiti de ce mouvement underground jusqu'à son entrée dans le marché de l'art et son intégration dans les politiques culturelles de nos villes. Quatre regards complémentaires portés sur un mouvement hétérogène, parce que ouvert à tous.EpuiséVOIR PRODUIT9,00 € -

Faussaires illustres
Bellet Harry40 % des oeuvres du Metropolitan Museum de New York sont des faux. C'est du moins l'opinion de son ancien directeur, Thomas Hoving. Après enquête, on se demande s'il n'est pas en-deçà de la vérité. Huit scandales mettant en scène de tristement célèbres faussaires sont racontés ici, pour lutter contre deux idées : non, il n'existe pas de "génie" du faux (sauf ceux qu'on n'a pas attrapés) ; oui, il y en a partout, et ils sont très difficilement détectables...4e de couverture : 40 % des oeuvres du Metropolitan Museum de New York sont des faux. C'est du moins l'opinion de son ancien directeur, Thomas Hoving. Après enquête, on se demande s'il n'est pas en-deçà de la vérité. Huit scandales mettant en scène de tristement célèbres faussaires sont racontés ici, pour lutter contre deux idées : non, il n'existe pas de "génie" du faux (sauf ceux qu'on n'a pas attrapés) ; oui, il y en a partout, et ils sont très difficilement détectables...Notes Biographiques : Né en 1960, Harry Bellet a étudié l'histoire de l'art avant de travailler pour le Centre Pompidou et la fondation Maeght à Saint-Paul de Vence. Depuis 1998, il est journaliste au service culturel du «Monde». Hormis des catalogues d'exposition, il a publié différents ouvrages, notamment trois romans policiers et deux romans historiques centrés autour du peintre Hans Holbein, «Les Aventures extravagantes de Jean Jambecreuse» :« Artiste et bourgeois de Bâle» (2013) et «Au temps de la révolte des Rustauds (2018). »Il est également l'auteur de «Faussaires illustres» (2018).EpuiséVOIR PRODUIT18,00 € -

Visions de Goya. L'éclat dans le désastre
Lambert StéphaneDeux siècles après leur composition (1819-1823), dans un monde confronté à de nouveaux enjeux de taille, Stéphane Lambert se penche sur l'extraordinaire cycle des peintures noires de Goya pour sonder leur inépuisable actualité. Par cette plongée dans l'imaginaire de ses hantises les plus entêtantes, le peintre espagnol avait transfiguré tous les genres picturaux de l'époque et bouleversé durablement la vision de notre humanité. Goya (1746-1828) a tout traversé, les humiliations et les honneurs, les assauts de la maladie, la guerre et les remous de l'Histoire, avec le fabuleux don de transformer les ravages en occasions de révolutionner son art. Revenant sur le riche et long parcours d'un artiste de génie, le livre prend la forme d'un voyage à travers une oeuvre professant la vitalité inébranlable de la création face à la menace du chaos.EpuiséVOIR PRODUIT17,00 €
