Antonio Gramsci (1891-1937) reste l'un des penseurs majeurs du marxisme, et l'un des plus convoqués. L'?uvre-vie aborde les différentes phases de son action et de sa pensée ? des années de formation à Turin jusqu'à sa mort à Rome, en passant par ses activités de militant communiste et ses années d'incarcération ? en restituant leurs liens avec les grands événements de son temps : la révolution russe, les prises de position de l'Internationale communiste, la montée au pouvoir du fascisme en Italie, la situation européenne et mondiale de l'entre-deux-guerres. Grâce aux apports de la recherche italienne la plus actuelle, cette démarche historique s'ancre dans une lecture précise des textes ? pour partie inédits en France ?, qui permet de saisir le sens profond de ses écrits et toute l'originalité de son approche.Analysant en détail la correspondance, les articles militants, puis les Cahiers de prison du révolutionnaire, cette biographie intellectuelle rend ainsi compte du processus d'élaboration de sa réflexion politique et philosophique, en soulignant les leitmotive et en restituant " le rythme de la pensée en développement ".Au fil de l'écriture des Cahiers, Gramsci comprend que la " philosophie de la praxis " a besoin d'outils conceptuels nouveaux, et les invente : " hégémonie ", " guerre de position ", " révolution passive ", " subalternes ", etc. Autant de concepts qui demeurent utiles pour penser notre propre " monde grand et terrible ".Table des matières : IntroductionPremière partieFormation d'un intellectuel socialiste (Turin, 1911-1919)Chapitre 1. Gramsci à TurinUne capitale ouvrière et universitaireScience du langage et philologieLa linguistique comme armeChapitre 2. Temps de guerre" Neutralité active et agissante "" Canis nationalis, asinus universalis ! " : pacifisme et antinationalismeProtectionnisme et libéralisme" Dans la guerre, nous voyons aussi les hommes "Chapitre 3. " Le socialisme, c'est-à-dire l'émancipation " : le rôle de la cultureL'influence de La VocePas de révolution sans formation culturelleLa culture et l'instruction à l'assaut de l'autoritarismeUn amour politique pour la musiqueLes subalternes doivent se réapproprier les traditions culturellesChapitre 4. Socialisme, morale et religion" Notre évangile est la philosophie moderne "La cité futureCombattre le fatalisme, " poids mort de l'histoire "Chapitre 5. Gramsci, philosophe idéaliste ?Idéalisme et immanentismeHistoricité de la philosophie, contemporanéité de l'histoireUn volontarisme exacerbéChapitre 6. Le tournant de la révolution russeLire Marx avec des lunettes néo-idéalistes" La révolution contre Le Capital "Intransigeance dans l'action et tolérance dans la discussionLa fin de la guerre : vers un nouvel ordre international bipolaire... et vers la révolutionDeuxième partieLe militant révolutionnaire (1919-1926)Chapitre 7. L'Ordine nuovo, Turin" Nous voulions faire, faire, faire "Des soviets à l'italienne : les commissions internesLes premiers conseils ouvriers : Fiat-Centro et BrevettiLe programme des délégués d'usineLa " scission d'avril " 1920L'occupation des usines (septembre 1920)" Pessimisme de l'intelligence, optimisme de la volonté "Le sentiment de la défaiteChapitre 8. Devenir un communiste de partiGramsci, directeur de L'Ordine nuovo quotidien (janvier 1921-mai 1922)La situation italienne : le fascisme, les luttes ouvrièresLe parti italien et l'InternationaleLes Arditi del popoloL'Alliance du travailChapitre 9. Gramsci au pays des soviets, entre amours et politiqueRencontres au sanatoriumÀ pied d'?uvre pour l'InternationaleÉchec du projet de fusion avec les socialistes italiensLes très chères camarades Eugenia et Giulia SchuchtChapitre 10. Vienne, Giulia et les camaradesPartir du mouvement spontané des massesL'hégémonie du prolétariat ou l'alliance nécessaire entre ouvriers et paysansChapitre 11. Le retour en Italie et l'affaire Matteotti" À bas le gouvernement des assassins ! "Secrétaire général du PCd'IRenforcer le parti sans ménager sa peineChapitre 12. Lutter pour organiser le PartiLe " Sarde bossu " face aux fascistesLuttes intestines au PCd'IGiulia, Delio et Eugenia à RomeSuccès et innovations au IIIe congres du PCd'I organisé dans la clandestinitéChapitre 13. Faire le point avant la tempêteLa lettre au comité central du parti soviétiqueLes Notes sur le problème méridionalL' " hégémonie du prolétariat ", ou comment s'allier avec la paysannerie8 novembre 1926 : l'arrestationTroisième partieLe prisonnier (1926-1937)Chapitre 14. De l'arrestation au procèsQuarante-quatre jours à UsticaMilan : l'instruction du procèsFin septembre 1927, l'hypothèse d'un échangeChapitre 15. " Une étrange lettre " et ses conséquences" Onorevole Gramsci, vous avez des amis qui certainement désirent que vous restiez un bout de temps en prison "L'hypothèse d'un échange d'État à ÉtatTenir le parti italien à l'écart des tractationsChapitre 16. Le procès contre les dirigeants communistesLa partie est jouée d'avanceVingt-cinq ans de prison requis contre " l'âme de tout le mouvement "Un procès purement politiqueChapitre 17. Matricule 7047, maison pénale de TuriTania, courroie de transmission avec l'extérieur et le partiUn programme intensif de lectures littéraires et linguistiques" Esprit populaire créateur " et " conception complexe " du temps (19 mars 1927)Etudier et " mettre de l'ordre dans ses idées " (1927-1929)Croce, Marx, BoukharineRéflexion sur l'américanisme et le fordismeChapitre 18. L'atelier des CahiersUne structure mosaïqueTerminologie, censure et autocensureLe déclenchement de la pensée : les notes 43 et 44 du cahier 1 (février-mars 1930)Chapitre 19. Les paroles de Gennaro, le silence de GiuliaGennaro Gramsci à Turi, d'étranges retrouvaillesLe silence de Giulia : " l'autre prison "Interférences soviétiquesChapitre 20. Faire retour à Marx pour repenser la philosophie marxistePour Marx et Labriola, contre Boukharine et Croce : les premières Notes de philosophie (mai-aout 1930)" C'est seulement quand on crée un État qu'il est véritablement nécessaire de créer une haute culture "Opposer un " centralisme démocratique " au " centralisme organique "Repenser le rapport structure/superstructuresDu matérialisme historique à la philosophie de la praxis (septembre-novembre 1930)Chapitre 21. Assemblée constituante et " guerre de position "" Le coup de poing dans l'?il "Transformer la conscience historique et politique du peupleUn profond désaccord avec la ligne du partiUne stratégie alternative : la " guerre de position "Chapitre 22. Les concepts politiques : l'hégémonie et ses harmoniques" S'élever à la phase d'hégémonie politico-intellectuelle "La fonction des intellectuelsL'État " dans sa signification intégrale "Hégémonie de la bourgeoisie : un processus historique" L'appareil hégémonique ", " l'exercice normal de l'hégémonie " et la " crise d'hégémonie "Machiavel et le " Prince moderne "" La guerre de position, en politique, c'est le concept d'hégémonie "Hégémonie et démocratieChapitre 23. Pour une philosophie de la praxisLe congrès d'OxfordL'unité de la théorie et de la pratiqueFace à l'évolution de la " discussion philosophique " en Union soviétiqueTous philosophes : vers un nouveau sens communChapitre 24. De l'Anti-Croce au " philosophe démocratique "L'histoire " éthico-politique "TraductibilitéLa traductibilité en acte : la religion, le langage et le philosophe démocratique (cahiers 10 et 11, été 1932)Chapitre 25. Penser l'état du monde" Révolution passive " et " guerre de position "" Américanisme "" Le nouvel industrialisme " et la stratégie des subalternesFascisme et URSS : deux régimes " qui se posent comme totalitaires "L'Union soviétique peut-elle sortir de " la phase de primitivisme économico-corporatif " ?Sur Staline et TrotskiChapitre 26. " La volonté de résister "Le transfert à FormiaLa " grande tentative " et la liberté surveilléeRevoir GiuliaÀ bout de forces" Tout un cycle de ma vie se terminera peut-être définitivement "ConclusionPrésentation des sources et abréviationsRepères chronologiquesBibliographie essentielle en françaisIndex des noms de personnes.
Quels sont les facteurs de la croissance urbaine ? Pourquoi certaines villes se développent-elles plus que d'autres ? Comment explique-t-on qu'une population cesse d'augmenter ? Autant de questions, propres aux sciences sociales modernes, qui dès 1588 orientent la réflexion de Botero dans ce petit livre, chef-d'oeuvre de la géographie et de la pensée urbaine. Nourri de l'information produite par l'extension considérable du monde connu au XVIe siècle et d'une forme nouvelle de comparatisme, il témoigne d'une approche déjà "globale" et présente une idée neuve de la ville.
Présentation de l'éditeur L ouvrage de référence sur l un des plus grands designers français, célébré et exposé dans le monde entier, et dont les uvres font partie de notre imaginaire collectif.Pierre Paulin est la figure de proue du design français. La Langue est l une des formes emblématiques du monde contemporain. Elle concentre tout son art. Nombre de ses créations - le fauteuil Ruban, le Champignon, le Globe - ont bouleversé nos environnements et la manière de les habiter. Mais son influence va au-delà du design. Soucieux des couleurs, des formes et des matériaux, il a inventé et décliné de nouvelles harmonies. Passionné par les technologies et les innovations qui les rendent possibles, il n a cessé d évoluer et d étonner par des choix et des revirements inattendus. Il inspira dès les années 50 d innombrables créateurs de mobilier. Mais sa réserve naturelle et son isolement volontaire expliquent peut-être qu un tel livre n avait pas encore été publié sur cet homme secret et rare.Une iconographie exceptionnelle, tirée des archives personnelles de Pierre Paulin, complétée de photographies inédites de Benjamin Chelly.
Nul n'est plus français que celui qui le devient volontairement. Né à Bruxelles, un adolescent d'origine anglo-belge par sa mère et française par son père choisit à l'âge de 18 ans d'être français à l'exclusion de toute autre nationalité. Mais l'ombre de la Deuxième Guerre mondiale rôde.
Né à Meknès, Mohammed Kacimi (1942-2003) est l'un des plus importants plasticiens du Maroc d'après-guerre. Très influencé par la mer, le désert et ses origines, il fait de l'art marocain quelque chose d'entièrement nouveau. Après avoir emprunté, des le début des années 1970, les pistes de la peinture occidentale et de l'abstraction, il se tournera vers le continent africain, comme source de son originalité et garant d'une expression nouvelle, personnelle et sans contrainte. Peinture, sculpture, performance, théâtre, danse, musique, installation in situ, Kacimi se démultiplie tout au long de son parcours. Ces différentes "phases", avec d'abord les Marches et la quête d'une abstraction originale, puis les Océanides, les Traversées, la série Shéhérazade, jusqu'au Temps des conteurs et autres expériences africaines, constituent à chaque fois une aventure originale. Artiste de la transition, ses voyages entre son pays, le Maghreb, le Machrek, l'Europe et l'Afrique, ainsi que ses passages d'une discipline à l'autre, le mènent rapidement à une notoriété internationale. Peintre de la couleur, chantre du bleu et de l'ocre, tenté par le noir, Mohammed Kacimi s'inscrit dans l'histoire de l'art comme un interprète de l'existence et de notre condition humaine. Il a recherché dans ses oeuvres la réconciliation entre une vision tragique de son époque et son appétence au bonheur.
De la fin des années 1990 jusqu'au milieu des années 2000, les mondes du cinéma, de la télévision, de l'art, de la mode et de l'édition s'enthousiasment pour le sexe explicite : c'est la période du " porno chic ". Durant cette poignée d'années, des cinéastes, hommes comme femmes, introduisent des scènes pornographiques dans leurs films. Des directrices de casting écument les clubs échangistes et les soirées BDSM. Les artistes inondent les galeries d'oeuvres pornographiques. Les marques font appel aux égéries de films pour adultes pour leurs campagnes de pub. Le public découvre, éberlué, l'arrivée de la téléréalité et le sexe en direct. Les textes explicites écrits par des femmes battent tous les records de vente. Il ne se passe pas une semaine sans qu'une star du X soit invitée sur un plateau TV. C'est ainsi que des mondes qui n'auraient jamais dû se côtoyer ont fini par fusionner. Ovidie a participé à cette parenthèse du porno chic, un moment charnière antérieur à internet qui a inspiré ce que les millenials nommeront plus tard la " culture porn ". Mais tout change en octobre 2017, lorsque #MeToo vient bouleverser nos regards en nous amenant à relire ces années à travers le prisme des discriminations sexistes et sexuelles. Et, pour une fois, l'industrie du X n'est pas la seule sur le banc des accusés. Car derrière la starification des actrices, il y a eu la stigmatisation, le jugement, le slut shaming. Dans cet ouvrage qui mêle récit intime et réflexions politiques, Ovidie décrypte ce mécanisme marquant au fer rouge les femmes qui, à un moment ou à un autre de leur vie, ont été sexualisées - et l'ont payé très cher.
La vie de Frantz Fanon se lit comme un thriller de la décolonisation et de la guerre froide. Elle est aussi un témoignage essentiel des bouleversements politiques et intellectuels du XXe siècle. Après avoir combattu dans les rangs de la France libre pendant la Seconde Guerre mondiale, Fanon, jeune psychiatre martiniquais charismatique et talentueux, publie à 27 ans Peau noire, masques blancs , ouvrage prophétique qui s'imposera avec le temps comme un classique. Il approfondit son expérience clinique au centre hospitalier de Saint-Alban (Lozère), berceau d'innovations thérapeutiques qui marqueront profondément sa recherche d'une psychiatrie désaliénée au service des humiliés. Cette quête de la désaliénation, il la met à l'épreuve de la situation coloniale lorsqu'il est muté en Algérie, à la veille de la guerre de libération. Il s'engage corps et âme dans le combat anticolonial, d'abord à Tunis où il met ses compétences médicales au service du Front de libération nationale (FLN), puis comme ambassadeur itinérant du mouvement en Afrique subsaharienne. Fauché par une leucémie foudroyante au moment même où paraît son livre le plus célèbre, Les Damnés de la terre , Fanon meurt le 6 décembre 1961, laissant derrière lui une oeuvre qui suscite depuis soixante ans une multitude d'interprétations et d'appropriations créatrices dans le monde entier. Servie par la plume élégante d'Adam Shatz, cette biographie politique et intellectuelle s'impose comme un ouvrage de référence.
L'extrême droite est aux portes du pouvoir et le patronat français, loin de s'opposer à cette issue, se prépare à collaborer avec elle. Enquête inédite sur ces complicités idéologiques et financières et comment certains milieux d'affaires - des hautes sphères du CAC40 aux simples PME - oeuvrent, ou se résolvent avec enthousiasme, à l'ascension d'un pouvoir toujours plus autoritaire et ultralibéral. Une partie des élites économiques françaises tisse depuis quelques années des liens avec l'extrême droite, jusqu'à s'y rallier parfois ouvertement. Depuis la dissolution de l'Assemblée en juin 2024, ce mouvement s'accélère : des chefs d'entreprise, grands et petits, renoncent au " barrage républicain " et se préparent à collaborer avec le RN et ses alliés. Laurent Mauduit lève le voile sur ces complicités qui, discrètes hier encore, sont aujourd'hui de plus en plus souvent assumées. Rencontres en coulisse, alliances d'intérêts, fascination pour le capitalisme autoritaire et libertarien promu par Trump, Musk ou Milei... L'auteur décrypte cette dynamique inquiétante où les milieux d'affaires trouvent dans l'extrême droite une opportunité pour imposer leur agenda. Si les positions de Bernard Arnault, Charles Beigbeder, Vincent Bolloré ou Pierre-Edouard Stérin, sont désormais publiques, nombre d'autres patrons, plus discrets, mus par des intérêts purement mercantiles, leur emboîtent le pas et participent aujourd'hui activement à la montée d'un projet politique raciste et liberticide. Dans cette enquête inédite, Laurent Mauduit nous entraîne des salons feutrés de l'Ouest parisien, où évoluent les grands patrons, jusqu'aux PME de province, dévoilant un processus en cours qui fait écho aux heures les plus sombres de notre histoire. Comment ne pas penser, comme le montre l'auteur, aux années 1930, lorsque le patronat, déjà, jouait un rôle majeur dans l'accession au pouvoir des régimes fascistes et nazi ? Aujourd'hui, alors que le capitalisme traverse une crise prolongée, les milieux d'affaires sont à nouveau des acteurs pleinement engagés dans la montée de l'extrême droite.
Fanon Frantz ; Sartre Jean-Paul ; Cherki Alice ; H
Publié en 1961, à une époque où la violence coloniale se déchaîne avec la guerre d'Algérie, saisi à de nombreuses reprises lors de sa parution aux Éditions François Maspero, le livre Les Damnés de la terre, préfacé par Jean-Paul Sartre, a connu un destin exceptionnel. Il a servi ? et sert encore aujourd'hui ? d'inspiration et de référence à des générations de militants anticolonialistes. Son analyse du traumatisme du colonisé dans le cadre du système colonial et son projet utopique d'un tiers monde révolutionnaire porteur d'un " homme neuf " restent un grand classique du tiers-mondisme, l'?uvre capitale et le testament politique de Frantz Fanon.Dans cette édition, la préface d'Alice Cherki, psychiatre et psychanalyste, auteur du Portrait de Frantz Fanon (Le Seuil, 2000), et la postface de Mohammed Harbi, combattant de la première heure pour la libération de son pays et historien de l'Algérie contemporaine, auteur de Une vie debout. Mémoires politiques 1945-1962 (La Découverte, 2001), restituent l'importance de la pensée de Frantz Fanon.Table des matières : Préface à l'édition de 2002, par Alice CherkiPréface à l'édition de 1961, par Jean-Paul Sartre1. De la violenceDe la violence dans le contexte international2. Grandeur et faiblesses de la spontanéité3. Mésaventures de la conscience nationale4. Sur la culture nationaleFondements réciproques de la culture nationale et des luttes de libération5. Guerre coloniale et troubles mentauxSérie ASérie BSérie CSérie DDe l'impulsivité criminelle du Nord-Africain à la guerre de Libération nationaleConclusionPostface à l'édition de 2002, par Mohammed Harbi.
Chef-d'oeuvre précoce de Marx et Engels, le Manifeste marque un tournant dans l'histoire du mouvement ouvrier : retraçant brièvement la genèse de la lutte des classes, Marx et Engels voulaient aussi doter la classe ouvrière d'un programme donnant des fondements scientifiques et durables à toute action révolutionnaire. Le résultat fut cette oeuvre brève, mondialement diffusée et dont la première édition vit le jour en 1848. Le présent volume comporte, outre le texte du Manifeste, un dossier qui inclut les préfaces des différentes éditions et des extraits de la correspondance entre Marx et Engels.
J'étudie dans cet ouvrage le mode de production capitaliste et les rapports de production et d'échange qui lui correspondent. II ne s'agit point ici du développement plus ou moins complet des antagonismes sociaux qu'engendrent les lois naturelles de la production capitaliste, mais de ces lois elles-mêmes, des tendances qui se manifestent et se réalisent avec une nécessité de fer. Au premier abord, la marchandise nous est apparue comme quelque chose à double face, valeur d'usage et valeur d'échange. Ensuite nous avons vu que tous les caractères qui distinguent le travail productif de valeurs d'usage disparaissent dès qu'il s'exprime dans la valeur proprement dite. J'ai le premier mis en relief ce double caractère du travail représenté dans la marchandise. Tant qu'elle est bourgeoise, c'est-à-dire tant qu'elle voit dans l'ordre capitaliste, non une phase transitoire du progrès historique, mais bien la forme absolue et définitive de la production sociale, l'économie politique ne peut rester une science qu'a condition que la lutte des classes demeure latente ou ne se manifeste que par des phénomènes isolés
Pourquoi devons-nous travailler ? Paul Lafargue (1842-1911), penseur socialiste, tente de comprendre l'amour absurde du travail, "cette étrange folie qui possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste". Relire Le Droit à la paresse nous rappelle que la liberté d'employer le temps est fondamentale.
Résumé : Pourquoi les Cahiers de prison d'Antonio Gramsci sont-ils si souvent cités et pourtant toujours si peu lus ? La cause est-elle à chercher dans leur caractère fragmenté et volumineux à la fois ? Tient-elle à l'oubli des références qui sont celles de la culture de Gramsci ? Se comprend-elle par le peu de connaissance que nous avons de la vie de cet intellectuel engagé dans les combats de son temps ? S'explique-t-elle par un message philosophique et politique aujourd'hui moins audible ? Peut-être... mais il semble avant tout que l'oeuvre majeure de Gramsci pâtisse de la surimposition des interprétations aux dépens de la lecture directe des textes. L'objectif de cette anthologie est de remédier à cette difficulté en permettant une saisie plus facile, plus immédiate et surtout la plus complète de la pensée gramscienne affranchie des gloses qui l'entourent et qui parfois la dénaturent ainsi que des réductions à quelques formules répétées à l'envi.