Vingt ans après ce qui fut la première traduction française de cet ouvrage en 1999, Cori Shim & Jean-Yves Darsouze, qui en étaient les traducteurs, proposent cette nouvelle traduction intégrale et augmentée du chef-d'oeuvre poétique de Yi Sang, "Plan à vol de corbeau" ("Ogambo"), lequel comprend des poèmes publiés entre 1931 et 1956, soit presque 20 ans après sa mort au Japon en 1937 pour ces derniers. Né en 1910 à Séoul, année de l'annexion japonaise, toute sa vie durant, Yi Sang eut à subir l'occupation. Contraint de parler et d'écrire dans la langue japonaise imposée devenue officielle, il sut se l'approprier et la détourner. Diplômé d'architecture en 1929, cette influence est, parmi celle notamment des mathématiques (présence de chiffres, de séries, d'équations, mais aussi de lignes...), notoire dans certains de ses poèmes, comme bien sûr dans le titre même de cet ouvrage ("? Plan ? . ". .). Membre du groupe artistique "Le Cercle des neuf" qu'il intégra en 1934, Yi Sang, qui fut également peintre, publia dans le "Journal" éponyme de ce même groupe ("Pierres tombales" en papier et "Etat critique" y parurent notamment en 1936). Poète incontournable qualifié de "? Rimbaud coréen ? ", de nombreuses études et éditions nouvelles lui ont été consacrées, et un prix littéraire créé en 1977 porte son nom. "Sa poésie résolument moderne a parfois provoqué le scandale. Elle est torturée, loufoque [... ]. En exil dans une famille qui n'est pas directement la sienne, dans un pays qui n'appartient plus aux Coréens, dans une vie qui paraît condamnée par la maladie, Yi Sang bouleverse la phrase coréenne, utilise du vocabulaire étranger, des références scientifiques, et offre une vision déstructurée de la réalité, recomposée à travers une recherche de soi qui se perd aux limites du désespoir, de l'absurde et de la mort". (Jean-Yves Darsouze)
Nombre de pages
153
Date de parution
21/08/2019
Poids
265g
Largeur
151mm
Plus d'informations
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EAN
9782917504383
Titre
Plan à vol de corbeau
Auteur
Yi Sang ; Shim Cori ; Darsouze Jean-Yves ; Gallon
Editeur
BARQUE
Largeur
151
Poids
265
Date de parution
20190821
Nombre de pages
153,00 €
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Les Ailes, chef-d'?uvre incontesté de Yi Sang, met en scène un drôle de ménage : une femme aux m?urs légères mariée à un homme oisif. Calfeutré jusque-là dans sa chambre, le mari claustrophobe se risque enfin à en sortir... Les Ailes, qui fait songer à l'univers de Kafka, est ici suivi de deux autres nouvelles, écrites peu de temps avant la mort de l'auteur : Récit d'une rencontre et d'une séparation et Une fleur perdue. Trois variations sur l'étrange comportement des êtres face à l'amour, où dominent une désinvolture amusée et une puissante mélancolie.
Yi Sang ; Jaccard Roland ; Mihae Son ; Zubiate Jea
Yi Sang (1910-1937) est considéré comme le Rimbaud coréen pour la fulgurance de sa vie et la flamboyance de son écriture. Frère inconnu de Kafka, tuberculeux comme lui, il invente un nouveau souffle pour résister à l'absurdité du monde contemporain et trouver sa place dans une vie dont il n'a pas « passé le permis ».Ces Écrits de sang sont un vrai journal intime de cette lutte, une constellation de proses incisives qui parsèment les cinq années d'écriture d Yi Sang comme autant de cailloux jetés à l'aventure par ce petit Poucet rêveur, qui ne retrouvera jamais son chemin: arrêté par les colonisateurs japonais, il mourra à Tokyo en 1937.Rejeté de son vivant comme avant-gardiste, immoral, décadent, Yi Sang, icône de la modernité coréenne, a tout pour séduire le lecteur occidental d'aujourd hui, qui sera sensible à cet humour dans le désastre, à cette invention d'un « lointain intérieur » contemporain du premier Michaux, à cette déambulation de condamné à vivre. Pour cela, il fallait une traduction d'une grande hauteur de vue, qui retrouve le rythme, le phrasé, le regard d Yi Sang: c'est chose faite avec le remarquable travail de Son Mihae et Jean-Pierre Zubiate.
Arbre Nakamura Minoru Édition bilingue Nakamura Minoru publie son premier recueil, "Mugonka" ("Romances sans paroles"), en 1950. Dès cette ?uvre initiale, son style est parfaitement défini. Dans la forme d'un sonnet non rimé de quatorze vers, il dépeint sur un ton introspectif des paysages mentaux qui évoquent l'angoisse de la jeunesse et les tourments d'un intellectuel vivant dans l'époque terrible de l'après-guerre. En évitant tout ornement ostentatoire, la rigueur du sonnet permet au poète de contenir le flot des émotions et de donner naissance à un lyrisme serein et digne, en relation directe avec l'hommage que les survivants devaient aux défunts. S'inscrivant dans cette continuité, ce second recueil ? "Ki" ("Arbre" (1954)) composé de seulement dix poèmes ? établit Nakamura Minoru comme un poète incontournable de la scène contemporaine. Tout en héritant de la vision introspective du premier livre, le regard s'ouvre sur le monde extérieur. On y observe une volonté de saisir le sentiment de la vie à travers la relation avec la nature et les autres. L'évolution de la forme vers des vers plus libres reflète cette nécessité de dialoguer avec le monde. Écrit durant une période historique de transition ? entre la fin de l'occupation américaine (1952) et le début du « miracle économique » ?, "Arbre" offre ainsi une perspective complexe et particulièrement éclairante pour le public francophone. Ce recueil est aussi celui qui contient le célèbre poème intitulé « Tako » (« Le cerf-volant ») toujours proposé dans les manuels de l'enseignement public pour illustrer la poésie contemporaine. "Arbre" est le premier livre de Nakamura Minoru à paraître en France.
Monteiro João César ; Gallon Olivier ; Delgado Pie
Pour la première fois en France, se trouvent réunis dans un livre un ensemble de textes du cinéaste portugais João César Monteiro, disparu en février 2003. Il aura laissé une vingtaine de films, entre 1968 et 2003. « Cinéaste » vient-il précisément d'être dit, s'agissant aussitôt de l'adjoindre à « écrivain » : ce que cet ouvrage démontrera sans peine. D'une exigence poétique, éthique, autant que politique, João César Monteiro est égal à lui-même : rigoureux excentrique (en dehors du centre), il donne tout autant du fil à retordre que de la tendresse ; une implacable franchise, du plus drôle au plus grave.
Avec une approche singulière du cinéma, Jacques Sicard nous livre depuis une quinzaine d'années des proses sous forme de "ciné-poèmes", dont se trouve réunie ici une large sélection taillée dans l'ensemble considérable de ce qui constitue un Journal intime ? « Journal, selon les mots de l'auteur, on ne peut plus réel, parce que seules (ou presque) les images témoignent ici d'une existence, parce qu'il a la matérialité des choses et parce qu'il reste ouvert ». De la même façon que ce livre se devait lui aussi de « rester ouvert », de même le seul ordre alphabétique des auteurs-cinéastes par lequel il s'ouvre n'aurait pu, par son systématisme ? le nivellement du temps d'une lettre à l'autre de l'alphabet ? accueillir sincèrement ces quelque 150 proses. C'est pourquoi, une fois la dernière lettre atteinte, succèdent ainsi cinq ensembles, selon la résonance des textes entre eux pour les trois triptyques et la « brève séquence somnambulo-insomniaque », et selon une chronologie plus ou moins rigoureuse des frères Lumière à nos jours pour la « Suite monochrome ». Envoyées au fil des jours et des années par leur auteur, ces proses ont peu à peu suscité ce livre.