Le Ghana de J-J Rawlings. Restauration de l'Etat et renaissance du politique
Toulabor Comi-Molevo
KARTHALA
27,00 €
Epuisé
EAN :9782845860285
Lorsque le lieutenant d'aviation Jerry Rawlings prit le pouvoir à la suite du coup d'Etat du 31 décembre 1981, l'Etat ghanéen était en situation de banqueroute avancée et incapable d'assumer ses fonctions primaires de souveraineté. Restaurer l'Etat et reconstituer ses bases économiques représentaient la tâche urgente qui attendait le nouveau pouvoir. Pour mener à bien cette entreprise de modernisation, il disposa de deux ressources essentielles : d'une part, le fusil comme figure tutélaire de la force, de la répression et de l'arbitraire, mais aussi comme symbole de protection, d'autorité et de sécurité, et d'autre part, un discours à substrat biblique où responsabilité (accountability), justice sociale, pouvoir au peuple, travail, probité, bien-être général, etc., étaient élevés en valeurs cardinales. L'alliance entre ces deux ressources déboucha sur une révolution morale qui marqua profondément le régime ghanéen, notamment dans sa lutte contre la corruption considérée comme le grand fléau. A coups de décrets, marqués d'un volontarisme farouche mais dévoreurs de libertés publiques et individuelles, Jerry Rawlings a " recréé " l'Etat ghanéen, après des décennies d'insécurité et d'incrédibilité institutionnelles et juridiques. Celui-ci semble avoir recouvré une certaine efficacité, c'est-à-dire la capacité à réaliser globalement des objectifs préalablement fixés. Rawlings et son équipe ne s'étaient pas posé la question de l'Etat en termes d'alternative de " plus d'Etat " ou " moins d'Etat ", mais en termes existentiels et qualitatifs, à savoir que le Ghana a besoin d'Etat et surtout de mieux d'Etat qui reste encore à consolider à tous les niveaux. Pays le plus important dans la sous-région ouest-africaine après le Nigeria par la taille de sa population et ses potentialités économiques, le Ghana offre un cas d'étude particulièrement intéressant à suivre quant à son effort de modernisation.
Nombre de pages
324
Date de parution
01/11/2003
Poids
560g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782845860285
Auteur
Toulabor Comi-Molevo
Editeur
KARTHALA
Largeur
160
Date de parution
20031101
Nombre de pages
324,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Au cours de la décennie et demie qui a suivi la fin de la Guerre froide, l'Afrique a connu des changements considérables qui ont également influencé les sociétés musulmanes et la pratique de l'islam à un degré dont la mesure n'a peut-être pas encore été totalement prise. C'est à ce phénomène que s'intéresse ce livre, dont les auteurs tentent d'explorer les dynamiques croisées de l'islam, de la société et de l'Etat en Afrique subsaharienne. Ils espèrent combler partiellement certaines lacunes de notre compréhension de l'Afrique contemporaine et incitent à remettre en question beaucoup d'idées reçues, sinon de préjugés concernant l'islam et les sociétés musulmanes en Afrique et ailleurs dans le monde. Se concentrant sur les récents défis et situations difficiles que les Africains et les musulmans africains, en particulier, ont rencontrés, l'ouvrage s'interroge sur la façon dont la pratique de l'islam est en train de se recomposer, notamment après le 11 septembre 2001, dans un monde en voie de globalisation. Il privilégie une acception assez large de la notion de politique, englobant la politique formelle des partis politiques, des élections et du gouvernement, aussi bien que la politique du quotidien, a d'en bas ". Sont donc pris en compte les arènes formelles et informelles de l'action politique, les nouveaux espaces et opportunités de débat dans l'espace public qui s'est élargi considérablement depuis les années 1990. Cet ouvrage met également au premier plan les interconnexions complexes et changeantes entre l'Afrique et le reste du monde, qui ont influencé le rapport à la politique en Afrique. Il met en scène des musulmans impliqués de différentes façons dans le débat politique: politiciens, fonctionnaires, jeunes activistes, étudiants, lettrés, prédicateurs et fournisseurs de services sociaux, etc. Ce sont ces acteurs qui font" l'islam mondain "compris comme l'islam dans le monde actuel ou dans des sociétés séculières contemporaines."
Wing Susanna D. ; Toulabor Comi ; Balans Jean-Loui
Depuis qu'en 1989 une vague démocratique a commencé à balayer l'Afrique, 57 nouvelles Constitutions ont été adoptées dans 41 pays africains. Une poignée d'entre elles, seulement, a permis de jeter les bases d'Etats réellement plus démocratiques. l e succès des transitions démocratiques ne tient pas seulement à la transformation des règles de la gouvernance sociétale, objet de l'écriture de nouvelles Constitutions, mais aussi au renforcement de la légitimité des gouvernements et des institutions. Après des années de pouvoir excessif et centralisé, la construction d'Etats postcoloniaux démocratiques demeure toujours un immense défi. A propos du Mali, ce livre se propose de montrer comment "délibération" et constitutionnalisme" peuvent être mis en oeuvre dans une société en transition, et comment un processus de constitutionnalisme est essentiel pour assurer la légitimité des institutions et du pouvoir. Pour la période 1990-2011, la République du Mali a été un des exemples les plus cités d'une démocratie réussie. Ce pays pauvre, ethniquement divisé, essentiellement musulman, semblait cumuler toits les obstacles. Pourtant, le dialogue constitutionnel y a servi de laboratoire à une démocratie délibérative. L'entrée en crise du Mali au cours de l'année 2012, puis l'aggravation du conflit dans la région Nord du pays début 201.3 n'effacent pas l'intérêt de l'ouvrage de Suzanne Wing sur l'expérience des années étudiées. Il reste au contraire utile pour affronter les nouveaux défis. Comme l'écrit Comi Toulabor : "Les acteurs sont préoccupés par le Mali post-conflit, mais ils n'ouvrent aucun débat public sur la dimension constitutionnelle qui a généré la crise. Tout se passe comme si la reconduction de la Constitution du 25 février 1992 suffisait à conjurer les mauvais sorts de son inobservance. Pour éviter de recourir à de vieilles recettes, le nouveau dialogue doit avoir le courage de se pencher sur les pratiques constitutionnelles, et le citoyen malien doit pouvoir se constituer en associations indépendantes qui veillent à ce que la Constitution de la République ne soit pas une fiction couchée sur du papier glacé, mais devienne une réalité vivante".
Les sociétés africaines sont en mutations rapides. L'urbanisation, l'expansion de l'éducation et de la formation à tous les niveaux, l'augmentation tendancielle du niveau de vie depuis les années 1980, une confrontation constante au reste du monde et à ses modes de vie via les medias et la jeunesse de la population, affectent la structure sociale et notamment urbaine des sociétés africaines et redessinent leurs potentiels de marché. De nouvelles dynamiques sociales et économiques, massives et collectives, sont à l'oeuvre. L'expression "classes moyennes" popularisée dans les médias ne parvient pas à en saisir la complexité et les enjeux, notamment au niveau de prospérité le plus modeste. Elle permet cependant d'attirer l'attention sur ces évolutions, de constater qu'au-delà du poids considérable de la grande pauvreté et de la captation des richesses par un tout petit nombre d'élites, près de 350 millions d'Africains sortent de la pauvreté, se structurent et développent des stratégies et des actions de promotion sociale. Les enjeux de ces mutations sociales massives sont considérables en termes de marché, mais aussi d'effets politiques pour les régimes en place et de système de gouvernance à développer pour répondre aux nouveaux besoins et aux nouvelles demandes urbaines. A partir de cas nationaux et sectoriels, cet ouvrage interroge précisément ces enjeux et les risques politiques que portent ces recompositions, notamment en matière de mobilisations sociales, de stabilité politique et de procédures de gouvernance.
Bayart Jean-François ; Mbembe Achille ; Toulabor C
Dès le tout début des années 1980, les auteurs posaient le problème du politique par le bas en Afrique. Ils soulignaient le rôle des "petits", des "sans importance", des "en bas du bas" dans l'invention de formes originales de l'Etat, alors même que prévalaient au sud du Sahara des situations autoritaires. Mais ils s'interdisaient aussi de postuler l'existence d'une "culture populaire", en reprenant à leur compte les critiques formulées à l'encontre de cette notion. Ils proposaient pour leur part une problématique de l'énonciation du politique, seule à même de restituer l'historicité du politique dans sa complexité et son ambivalence. Leurs analyses ont marqué le renouvellement des études africaines et ont reçu une large audience bien au-delà de ces dernières. Réunies en 1992 dans un volume qui fit date mais qui était épuisé depuis plusieurs années, elles sont aujourd'hui reprises, alors que de nombreux travaux redécouvrent la portée de l'approche du "politique par le bas" et la mettent en perspective avec les subaltern studies indiennes, l'Alltagsgeschichte allemande, la microstoria italienne ou l'historiographie marxiste anglaise. Dans cette nouvelle édition augmentée, une préface inédite montre en quoi elle demeure utile pour comprendre le monde contemporain en dehors des facilités de pensée. A condition de voir qu'elle n'a jamais prétendu être une "école", mais un simple état d'esprit, une forme d'hétérodoxie par rapport aux courants établis des sciences sociales, une expression de cynisme heuristique vis-à-vis des croyances et des convenances académiques ou politiques. Biographie de l'auteur Jean-François Bayart est directeur de recherche au CNRS (Sciences Po/ CERI, Paris). Achille Mbembe est directeur de recherche au Witwatersrand Institute of Social and Economic Research (WISER, Université du Witwatersrand, Johannesburg). Comi Toulabor est directeur de recherche à la Fondation nationale des sciences politiques (CEAN/Institut d'études politiques de Bordeaux).
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.