Le politique par le bas en Afrique noire. Edition revue et augmentée
Bayart Jean-François ; Mbembe Achille ; Toulabor C
KARTHALA
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EAN :9782811100193
Dès le tout début des années 1980, les auteurs posaient le problème du politique par le bas en Afrique. Ils soulignaient le rôle des "petits", des "sans importance", des "en bas du bas" dans l'invention de formes originales de l'Etat, alors même que prévalaient au sud du Sahara des situations autoritaires. Mais ils s'interdisaient aussi de postuler l'existence d'une "culture populaire", en reprenant à leur compte les critiques formulées à l'encontre de cette notion. Ils proposaient pour leur part une problématique de l'énonciation du politique, seule à même de restituer l'historicité du politique dans sa complexité et son ambivalence. Leurs analyses ont marqué le renouvellement des études africaines et ont reçu une large audience bien au-delà de ces dernières. Réunies en 1992 dans un volume qui fit date mais qui était épuisé depuis plusieurs années, elles sont aujourd'hui reprises, alors que de nombreux travaux redécouvrent la portée de l'approche du "politique par le bas" et la mettent en perspective avec les subaltern studies indiennes, l'Alltagsgeschichte allemande, la microstoria italienne ou l'historiographie marxiste anglaise. Dans cette nouvelle édition augmentée, une préface inédite montre en quoi elle demeure utile pour comprendre le monde contemporain en dehors des facilités de pensée. A condition de voir qu'elle n'a jamais prétendu être une "école", mais un simple état d'esprit, une forme d'hétérodoxie par rapport aux courants établis des sciences sociales, une expression de cynisme heuristique vis-à-vis des croyances et des convenances académiques ou politiques. Biographie de l'auteur Jean-François Bayart est directeur de recherche au CNRS (Sciences Po/ CERI, Paris). Achille Mbembe est directeur de recherche au Witwatersrand Institute of Social and Economic Research (WISER, Université du Witwatersrand, Johannesburg). Comi Toulabor est directeur de recherche à la Fondation nationale des sciences politiques (CEAN/Institut d'études politiques de Bordeaux).
Nombre de pages
217
Date de parution
01/07/2007
Poids
320g
Largeur
135mm
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EAN
9782811100193
Auteur
Bayart Jean-François ; Mbembe Achille ; Toulabor C
Editeur
KARTHALA
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135
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20070701
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Emmanuel Macron est le plus jeune président de la 5ème République que la France s'est donné, Gabriel Attal son plus jeune Premier ministre. Mais, Parole d'évangile, "on ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres". L'Ecclésiaste nous avertit aussi : "Malheur à la ville dont le prince est un enfant". Nous y sommes. Et même au carré ! Un nouveau pamphlet ? Non. Une démonstration de sociologie historique et comparée du politique. Certes, l'auteur prend pour focale la personne et la politique d'Emmanuel Macron. Mais il s'attache à dégager les logiques de situation dont ce dernier est le jouet consentant, à les replacer sous l'éclairage de l'historicité propre de la société politique française, et à en souligner la comparaison avec d'autres situations, passées ou présentes. La France se pique d'universalité. En l'occurrence celle-ci prend surtout la forme de son ralliement à un mouvement de fond global, souvent qualifié d'"illibéral" ou, plus justement, de "libéral-autoritaire", de "national-libéral". Lequel parcourt la planète de la Chine et de l'Inde aux états-Unis et à l'Argentine en passant par la Russie, la Hongrie et un nombre croissant de démocraties européennes dites libérales. à son corps défendant Emmanuel Macron est en passe d'enclencher une révolution conservatrice à la française à force de dévitaliser les corps intermédiaires, de donner des gages à l'extrême-droite identitariste, d'adopter un ton belliqueux. "Nous ne céderons rien", répète-t-il à tout propos. Au risque de devoir céder l'élysée à Marine Le Pen.
L'Occident impose-t-il au reste du monde sa propre définition des droits de l'homme et de la démocratie ? La globalisation menace-t-elle l'identité française ? Le confucianisme est-il vraiment le moteur de la réussite économique de l'Asie ? La culture africaine est-elle compatible avec le multipartisme ? L'islam est-il un obstacle insurmontable à l'intégration des Maghrébins et des Turcs en Europe de l'Ouest ? Autant d'incertitudes, ou plutôt de trop grandes certitudes sur lesquelles nous butons constamment et qui tiennent pour acquise la permanence des cultures. Or, c'est paradoxalement l'idée même de culture qui nous empêche de saisir la dimension culturelle de l'action politique ou du développement économique. Car la formation de l'Etat met en jeu des conceptions esthétiques et morales ; elle est aussi affaire de pratiques sexuelles, alimentaires, vestimentaires ou pileuses. Au terme d'une pérégrination ironique - et souvent drôle - dans les imaginaires et les passions politiques du monde contemporain, cet ouvrage décapant invite le lecteur à réinventer l'universel démocratique pour mieux s'opposer aux tenants du "combat identitaire". Les conflits qui font l'actualité - les guerres de Yougoslavie, du Caucase, d'Algérie, d'Afrique noire, ou les affrontements communalistes en Inde - tirent leur force meurtrière de la supposition qu'à une prétendue "identité culturelle" correspond une "identité politique", en réalité tout aussi illusoire. Dans les faits, chacune de ces identités est une construction, souvent récente. Il n'y a pas d'identité "naturelle" qui s'imposerait à nous par la force des choses. Il n'y a que des stratégies identitaires, rationnellement conduites par des acteurs identifiables, et des rêves ou des cauchemars identitaires auxquels nous adhérons parce qu'ils nous enchantent ou nous terrorisent. Mais nous ne sommes pas condamnés à demeurer prisonniers de tels sortilèges. Le "choc des civilisations" n'est pas une fatalité.
Biographie de l'auteur Directeur de recherche au CNRS, professeur à l'Institut d'études politiques de Paris, Jean-François Bayart est un spécialiste de politique comparée. Il est l'auteur de plusieurs essais, dont L'Etat en Afrique. La Politique du ventre (Fayard, 1989) et L'Illusion identitaire (Fayard, 1996).
L'opinion occidentale reste gorgée de stéréotypes sur le pouvoir et l'Etat en Afrique, en particulier quant au rôle privilégie que la corruption et le tribalisme sont censés jouer au sud du Sahara. Certes, les Africains parlent eux-mêmes à ce propos de "politique du ventre". Mais l'expression renvoie, aussi bien qu'aux nécessités de la survie et de l'accumulation, à des représentations culturelles complexes, notamment celles du monde de l'"invisible", de la sorcellerie. En d'autres termes, la "politique du ventre" témoigne d'une trajectoire africaine du pouvoir qu'il faut comprendre a la lumière de la longue durée. L'analyse des groupes sociaux qui se disputent l'Etat post colonial et des différents scénarios qui ont prévalu depuis la proclamation des indépendances permet d'avancer des hypothèses neuves sur la formation d'une classe dominante, sur la dépendance des sociétés africaines vis-à-vis de leur environnement international, sur la place déterminante en leur sein des stratégies individuelles et des modes populaires d'action politique, sur l'importance des réseaux d'influence et des terroirs historiques dans le déroulement des conflits, sur la récurrence des conduites - souvent religieuses - de dissidence sociale, sur l'émergence de cultures politiques originales. En définitive, cet essai, devenu un classique en sociologie de l'Etat, propose une lecture à la fois provocante et nuancée de ce qu'il est convenu de nommer le "développement". Il ouvre aussi la voie à une réflexion plus générale sur l'invention du politique dans les sociétés d'Afrique et d'Asie. Biographie de l'auteur Directeur de recherche au CNRS, ancien directeur du Centre d'études et de recherches internationales de Sciences-Po, professeur invité à l'université de Turin, Jean-François Bayart est un spécialiste de politique comparée. Il est l'auteur de plusieurs essais, dont l'Illusion identitaire (Fayard, 1996) et Le Gouvernement du monde (2004).
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.
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