Au cours de la décennie et demie qui a suivi la fin de la Guerre froide, l'Afrique a connu des changements considérables qui ont également influencé les sociétés musulmanes et la pratique de l'islam à un degré dont la mesure n'a peut-être pas encore été totalement prise. C'est à ce phénomène que s'intéresse ce livre, dont les auteurs tentent d'explorer les dynamiques croisées de l'islam, de la société et de l'Etat en Afrique subsaharienne. Ils espèrent combler partiellement certaines lacunes de notre compréhension de l'Afrique contemporaine et incitent à remettre en question beaucoup d'idées reçues, sinon de préjugés concernant l'islam et les sociétés musulmanes en Afrique et ailleurs dans le monde. Se concentrant sur les récents défis et situations difficiles que les Africains et les musulmans africains, en particulier, ont rencontrés, l'ouvrage s'interroge sur la façon dont la pratique de l'islam est en train de se recomposer, notamment après le 11 septembre 2001, dans un monde en voie de globalisation. Il privilégie une acception assez large de la notion de politique, englobant la politique formelle des partis politiques, des élections et du gouvernement, aussi bien que la politique du quotidien, a d'en bas ". Sont donc pris en compte les arènes formelles et informelles de l'action politique, les nouveaux espaces et opportunités de débat dans l'espace public qui s'est élargi considérablement depuis les années 1990. Cet ouvrage met également au premier plan les interconnexions complexes et changeantes entre l'Afrique et le reste du monde, qui ont influencé le rapport à la politique en Afrique. Il met en scène des musulmans impliqués de différentes façons dans le débat politique: politiciens, fonctionnaires, jeunes activistes, étudiants, lettrés, prédicateurs et fournisseurs de services sociaux, etc. Ce sont ces acteurs qui font" l'islam mondain "compris comme l'islam dans le monde actuel ou dans des sociétés séculières contemporaines."
Nombre de pages
521
Date de parution
09/11/2009
Poids
750g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782811102494
Auteur
Otayek René ; Soares Benjamin ; Toulabor Comi
Editeur
KARTHALA
Largeur
160
Date de parution
20091109
Nombre de pages
521,00 €
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S'inscrivant résolument en faux contre les préjugés culturalistes, prompts à interpréter les conflits identitaires comme des chocs de cultures, immanentes, figées sur elles-mêmes et étrangères à la modernité, cet ouvrage propose une remise en perspective critique du débat sur les identités en politique. René OTAYEK conteste en particulier la primauté qui a été constamment accordée, dans les études françaises sur l'identité, à la nation, qui "irait dans le sens de l'histoire", au détriment de l'ethnie, délégitimée car "régressive par essence [en tant que] réminiscence du passé". Prenant délibérément le parti de considérer la revendication identitaire comme un phénomène ancré dans la modernité, l'auteur cherche à comprendre comment se fabriquent les identités collectives, pourquoi elles sont si facilement mobilisées et enfin, pourquoi elles mobilisent si massivement. Ainsi, il montre que les revendications identitaires (et parmi elles, l'ethnicité), loin d'avoir des effets centrifuges et d'exprimer un refus de l'Etat, sont bien souvent l'expression d'un besoin de celui-ci, et partant, un instrument légitime d'accès à la citoyenneté, à l'espace public, et d'intégration politique. L'auteur considère finalement que la construction de la démocratie dans les pays en développement passe impérativement par l'existence d'un Etat fort (ne pas lire "autoritaire"), nécessaire en tant qu'instance d'orientation et de régulation d'un multiculturalisme équilibré, "aussi éloigné du communautarisme absolu que de l'individualisme radical", mais seul en mesure de préserver le pluralisme en démocratie, à la fois affirmation des droits particuliers et préservation de la vie collective. Si René Otayek s'appuie volontiers sur l'Afrique dans sa démonstration, son terrain de recherche privilégié depuis vingt ans, cette étude n'en a pas moins une ambition comparatiste plus large, où l'Afrique n'est que le révélateur et l'amplificateur de dynamiques globales qui se retrouvent ailleurs, et auxquelles le Nord lui-même n'échappe pas. -- Marc Valeri
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