S'inscrivant résolument en faux contre les préjugés culturalistes, prompts à interpréter les conflits identitaires comme des chocs de cultures, immanentes, figées sur elles-mêmes et étrangères à la modernité, cet ouvrage propose une remise en perspective critique du débat sur les identités en politique. René OTAYEK conteste en particulier la primauté qui a été constamment accordée, dans les études françaises sur l'identité, à la nation, qui "irait dans le sens de l'histoire", au détriment de l'ethnie, délégitimée car "régressive par essence [en tant que] réminiscence du passé". Prenant délibérément le parti de considérer la revendication identitaire comme un phénomène ancré dans la modernité, l'auteur cherche à comprendre comment se fabriquent les identités collectives, pourquoi elles sont si facilement mobilisées et enfin, pourquoi elles mobilisent si massivement. Ainsi, il montre que les revendications identitaires (et parmi elles, l'ethnicité), loin d'avoir des effets centrifuges et d'exprimer un refus de l'Etat, sont bien souvent l'expression d'un besoin de celui-ci, et partant, un instrument légitime d'accès à la citoyenneté, à l'espace public, et d'intégration politique. L'auteur considère finalement que la construction de la démocratie dans les pays en développement passe impérativement par l'existence d'un Etat fort (ne pas lire "autoritaire"), nécessaire en tant qu'instance d'orientation et de régulation d'un multiculturalisme équilibré, "aussi éloigné du communautarisme absolu que de l'individualisme radical", mais seul en mesure de préserver le pluralisme en démocratie, à la fois affirmation des droits particuliers et préservation de la vie collective. Si René Otayek s'appuie volontiers sur l'Afrique dans sa démonstration, son terrain de recherche privilégié depuis vingt ans, cette étude n'en a pas moins une ambition comparatiste plus large, où l'Afrique n'est que le révélateur et l'amplificateur de dynamiques globales qui se retrouvent ailleurs, et auxquelles le Nord lui-même n'échappe pas. -- Marc Valeri
Nombre de pages
228
Date de parution
18/10/2000
Poids
306g
Largeur
135mm
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EAN
9782724608298
Titre
Identité et démocratie dans un monde global
Auteur
Otayek René
Editeur
SCIENCES PO
Largeur
135
Poids
306
Date de parution
20001018
Nombre de pages
228,00 €
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Vue d'Occident, la femme arabe ou musulmane ne peut être que soumise, recluse et voilée, vouée à procréer et à s'occuper de son univers familial. Le constat n'est guère meilleur s'agissant des sociétés arabes et musulmanes où le déclin des idéologies séculières et la large diffusion de modèles religieux fondamentalistes alimentent les discours et pratiques de subordination des femmes. De part et d'autre, on semble ainsi avoir oublié que ces sociétés ont vu, dès la seconde moitié du XIXe siècle, émerger des figures féminines engagées dans la lutte pour les droits des femmes. Cette dynamique a été particulièrement forte au Levant, avec les combattantes hors du commun, musulmanes ou chrétiennes, que furent les Egyptiennes Houda Chaaraoui, Malak Hifni Nassif, Nabawiyya Musa, et les Libanaises ou Syro-Libanaises Marie Ajami, Zaynab-Fawwaz, Maryana Marrach, May Ziadé, Afifa Karam. A ces pionnières a succédé une nouvelle génération de féministes levantines, comme les Palestiniennes Fadwa Tougan et Mai Masri, l'Egyptienne Nawal al-Saadaoui, les Libanaises Anbara Salam Khalidi, Laure Moghaizel et Jocelyne Saab, la Syrienne Nazik al-Abid et l'Irakienne Nazik al-Malaika. L'Histoire a retenu les noms de certaines parmi elles, mais en a oublié bien d'autres. Ce livre, le premier à proposer un aussi large éventail de biographies - seize au total -, se veut un rappel contre cette amnésie collective. Il est aussi un hommage à ces femmes libres qui ont bousculé l'ordre patriarcal au Levant
Au cours de la décennie et demie qui a suivi la fin de la Guerre froide, l'Afrique a connu des changements considérables qui ont également influencé les sociétés musulmanes et la pratique de l'islam à un degré dont la mesure n'a peut-être pas encore été totalement prise. C'est à ce phénomène que s'intéresse ce livre, dont les auteurs tentent d'explorer les dynamiques croisées de l'islam, de la société et de l'Etat en Afrique subsaharienne. Ils espèrent combler partiellement certaines lacunes de notre compréhension de l'Afrique contemporaine et incitent à remettre en question beaucoup d'idées reçues, sinon de préjugés concernant l'islam et les sociétés musulmanes en Afrique et ailleurs dans le monde. Se concentrant sur les récents défis et situations difficiles que les Africains et les musulmans africains, en particulier, ont rencontrés, l'ouvrage s'interroge sur la façon dont la pratique de l'islam est en train de se recomposer, notamment après le 11 septembre 2001, dans un monde en voie de globalisation. Il privilégie une acception assez large de la notion de politique, englobant la politique formelle des partis politiques, des élections et du gouvernement, aussi bien que la politique du quotidien, a d'en bas ". Sont donc pris en compte les arènes formelles et informelles de l'action politique, les nouveaux espaces et opportunités de débat dans l'espace public qui s'est élargi considérablement depuis les années 1990. Cet ouvrage met également au premier plan les interconnexions complexes et changeantes entre l'Afrique et le reste du monde, qui ont influencé le rapport à la politique en Afrique. Il met en scène des musulmans impliqués de différentes façons dans le débat politique: politiciens, fonctionnaires, jeunes activistes, étudiants, lettrés, prédicateurs et fournisseurs de services sociaux, etc. Ce sont ces acteurs qui font" l'islam mondain "compris comme l'islam dans le monde actuel ou dans des sociétés séculières contemporaines."
La plupart des études menées à ce jour sur les mouvements religieux en Afrique de l'Ouest ont un cadre d'étude monographique qui privilégie l'entrée par une région ou un pays, alors que les Eglises, les associations islamiques, et mêmes les confréries, développent un prosélytisme à l'échelle de la région, du continent, voire de la planète. L'objet spécifique de cet ouvrage porte sur l'analyse comparative des réseaux transnationaux tissés par de nouveaux acteurs religieux : docteurs, prédicateurs et entrepreneurs. Il fait d'abord place à la variété des formes que prennent les réseaux religieux : entreprises missionnaires supranationales, voire centralisées, associations nationales et réseaux transfrontaliers informels, ou encore diasporas religieuses, migrantes ou commerçantes.
Ce numéro a pour thème la fabrique du besoin éducatif qui accompagne le développement de politiques éducatives visant l'accessibilisation des systèmes scolaires. Il associe l'institutionnalisation de cette notion à la redéfinition du rôle de l'élève et de l'enseignant liée à des politiques éducatives promouvant l'efficacité du l'institution scolaire. Il porte par ailleurs le regard sur le rôle joué par la généralisation de dispositifs de soutien ciblant les élèves à risque d'échec scolaire. Il s'intéresse enfin aux conventions développées par les acteurs de l'école pour mettre en sens et en scène les principes revendiqués par l'école inclusive tels que la différentiation pédagogique ou les pratiques collaboratives.
Monique Dagnaud est sociologue au CNRS, enseignante à l'EHESS et à l'INA. Sociologue des médias, elle a publié de nombreux ouvrages dont Les Artisans de l'imaginaire, La Teuf, Essai sur le désordre des générations.
Le rejet du Traité constitutionnel européen en 2005 par les peuples français et néerlandais, suivi du "non" irlandais de 2008 et du Brexit de 2016, a plongé l'Union européenne dans une crise grave. II a fait resurgir doutes et incertitudes quant à sa nature institutionnelle, à la répartition des pouvoirs, à la place des citoyens et des opinions et à sa capacité à faire face aux enjeux mondiaux actuels. Comprendre cette crise, et ses répercussions profondes sur la politique des Etats membres, exige d'affronter la complexité de l'Union, sans en exagérer la portée. Ce livre a pour ambition de mettre en évidence la cohérence et l'originalité du régime politique européen. Il analyse la nature de la "fédération d'Etats" et montre comment les conflits de compétence sont résolus en son sein. Il revient sur l'équilibre institutionnel original du "modèle communautaire" et sur les mécanismes de décision qu'il génère. Il se penche sur la "vie politique" qui s'ébauche dans l'Union et s'interroge sur la manière dont cette fédération d'Etats peut devenir pleinement démocratique. Dépassant les dichotomies classiques et posant le compromis comme principe constitutif de la vie politique européenne, cet ouvrage constitue une véritable référence qui permet de mieux saisir les enjeux de l'Union européenne.
La crise des réfugiés qui secoue l'espace européen depuis 2015 a mis en lumière l'incapacité des institutions politiques à fournir des réponses satisfaisantes à tous les profils de migrants. Fruits de globalisations contradictoires, les flux migratoires s'accélèrent à travers le monde. Alors même que des frontières se ferment et que des murs s'érigent, les catégories de migrants et de réfugiés se brouillent, les pays de départ deviennent pays de transit et d'accueil et inversement, le contenu de la citoyenneté se diversifie, l'expression d'un droit à la mobilité des personnes émerge partout dans le monde. Réel enjeu planétaire, longtemps oubliées des grandes questions mondiales, les migrations transforment et affectent les relations internationales, redéfinissent la souveraineté des Etats. Elles disent surtout l'urgence d'une diplomatie nouvelle intégrant leur gouvernance mondiale et régionale.