« Dans ma vie je n'ai connu aucune joie aussi limpide, transparente qu'en suivant du regard le vol d'un rapace, haut dans le ciel bleu (...), le dessin et les couleurs délicates d'une fleur, aussi modeste soit-elle, le bruissement des feuilles d'un arbre dans le vent... » écrit Mary T. dans son journal. Les textes inédits rassemblés dans ce livre par Emmanuelle Tabet, chercheuse au CNRS, témoignent d'une relation affective profonde à la nature et d'un regard très personnel porté sur le monde du vivant : celui d'une toute jeune enfant, d'une carnettiste poétesse, d'un berger émerveillé à chaque estive, d'un naturaliste mycologue et entomologiste, d'un diariste-carnettiste fasciné par « la révélation des feuilles, des eaux, des nuées » ou encore celui d'une diariste trouvant dans la contemplation du vivant un apaisement après la mort de son mari. Dans le contexte actuel de crise écologique, cette attitude d'attention aigüe à notre environnement et au vivant apparaît comme vitale. Elle nous fait ressentir qu'il n'y a pas de dehors et de dedans, que la nature fait partie intégrante d'un vaste tissage dont nous ne sommes, nous, les humains, que l'une des composantes. Ces merveilleux récits intimes, jamais publiés, qui s'inscrivent dans le sillage du mouvement littéraire Nature writing d'Henry David Thoreau ou de la poésie de Philippe Jacottet, ont été déposés dans le berceau d'archives de l'Association pour le Patrimoine Autobiographique (APA). Faire connaître ces « écritures ordinaires », c'est la mission que s'est donnée la collection Vivre/Écrire, dans laquelle s'inscrit ce 8e titre.
Nombre de pages
152
Date de parution
18/04/2025
Poids
182g
Largeur
135mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9791090566644
Titre
En nature. Journaux intimes et carnets
Auteur
Tabet Emmanuelle
Editeur
MAUCONDUIT
Largeur
135
Poids
182
Date de parution
20250418
Nombre de pages
152,00 €
Disponibilité
Sur commande en 4-6 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
La rhétorique est au programme de l'épreuve de français du baccalauréat. L'auteur rappelle de façon exhaustive les fondements de l'art oratoire et son apport à la littérature française du XVIIe siècle. Ce savoir-faire est un savoir-bien-parler, un héritage du monde antique. Convaincre, persuader, délibérer, ces points fondamentaux de la rhétorique sont abordés dans ce manuel, dans la partie cours puis analysés à travers les commentaires de textes et dissertations.
L'oeuvre de Chateaubriand est marquée par sa profonde fascination pour le XVIIe siècle. Le Génie du christianisme s'ouvre en effet sur l'éloquent éloge de la mémoire du Grand Siècle chrétien ; et ce dialogue constant se poursuit tout au long de l'oeuvre jusqu'à son ultime aboutissement, la Vie de Rancé, où le désert de La Trappe voit défiler les grandes figures du siècle. Cette étude ne nous informe pas seulement sur les positions de l'écrivain, mais elle propose plus largement, à travers son oeuvre, une véritable relecture du XVIIe siècle et un examen de ses survivances au XIXe. La mémoire du siècle classique fut en effet pour Chateaubriand non le signe d'un passéisme stérile mais une mémoire vivante qui devait informer tant son style que son imaginaire. L'auteur met ainsi en lumière la trace littéraire profonde qu'ont laissée la représentation racinienne des passions humaines, les descriptions féneloniennes d'une Antiquité religieusement païenne, le vaste "obituaire" des Mémoires de Saint-Simon, la méditation de Bossuet sur le néant des empires ou encore l'analyse du coeur humain développée par Massillon. L'apport de cet ouvrage est aussi de replacer dans le temps long de l'augustinisme littéraire certains des traits essentiels du romantisme : le "vague des passions" et la mélancolie devenue le signe d'un manque ontologique, d'un malheur naturel à l'homme ; l'inquiétude du moi incapable de trouver sa place dans le siècle ; la méditation angoissée sur un temps fragmentaire et discontinu ; la réflexion sur la Providence, infléchie en nécessité historique ; l'omniprésence du memento mori et des grandes figures de vanités littéraires.
« Accueillir le silence, s'ouvrir à l'infime, à un battement d'aile, au tremblement de l'herbe, au murmure des pins, à ce qui disparaît, à ce qui résiste. »Après avoir longtemps cheminé dans les carnets de notations, Emmanuelle Tabet propose un éloge de l'écriture carnettiste, une ode à cet « exercice d'attention » vécu comme une ouverture à la beautééphémère du monde et au secret de l'instant.Véritable herbier littéraire, ce livre offre une formidable moisson d'impressions et d'aphorismes, parfois recueillis chez des auteurs méconnus touchés par la grâce d'un frémissement de l'eau, l'énigme d'un papillon ou le souffle d'un nuage. Il nous enseigne à habiter notre demeure en l'effleurant avec légèreté, tout en résistant avec dignité à l'air chahuté d'une « civilisation du faux-fuyant », obtuse et brutale.
Résumé : Un cours, des commentaires de texte détaillés, des dissertations : dans un seul ouvrage, tout ce qu'il est nécessaire de posséder pour préparer dans les meilleures conditions l'épreuve anticipée de français. Dans ce volume consacré à la Rhétorique, cet " objet d'étude " défini par trois infinitifs évocateurs, " Convaincre, persuader, délibérer ", Emmanuelle Tabet rappelle de façon exhaustive les fondements de l'art oratoire et son apport à la littérature française : le XVIIe siècle, particulièrement, exploite de façon exceptionnelle ce savoir-faire, qui est un savoir-bien-parler, héritage du monde antique. Mais il n'est pas un grand écrivain qui n'ait été aussi d'abord un grand orateur. De La Fontaine à Antonin Artaud, l'itinéraire est étonnant qui nous révèle toute l'étendue du pouvoir des mots.
Frappier Alain ; Frappier Désirée ; Stora Benjamin
Maryse, une jeune lycéenne de 17 ans, décide de participer avec ses copains de lycée à une manifestation contre le fascisme et pour la paix en Algérie. Nous sommes à Paris, en 1962. Après 8 ans de guerre, l'indépendance de l'Algérie devient inéluctable. L'OAS, regroupant dans ses rangs les fervents défenseurs du dernier bastion d'un empire colonial agonisant, multiplie les attentats à la bombe sur la capitale. Le 8 février, après 14 attentats, dont un blessant grièvement une petite fille de quatre ans, des manifestants se regroupent dans Paris aux cris de " OAS assassins ", " Paix en Algérie ". La manifestation organisée par les syndicats est interdite par le préfet Maurice Papon. La répression est terrible. La police charge avec une violence extrême. Prise de panique, Maryse se retrouve projetée dans les marches du métro Charonne, ensevelie sous un magma humain, tandis que des policiers enragés frappent et jettent des grilles de fonte sur cet amoncellement de corps réduits à l'impuissance. Bilan de la manifestation : 9 morts, dont un jeune apprenti, et 250 blessés. 50 ans plus tard, Maryse Douek-Tripier, devenue sociologue, profondément marquée par ce drame dont elle est sortie miraculeusement indemne, livre son témoignage à Désirée Frappier. C'est une véritable histoire dans l'Histoire à laquelle nous invite l'auteur, restituant ce témoignage intime dans son contexte historique et tragique, tout en nous immergeant dans l'ambiance des années soixante : flippers, pick-ups, surboums, Nouvelle Vague, irruption de la société de consommation.
Paris douzième, génération spontanée, un peu court. Manquent des racines, des liens, des souvenirs de famille, un bric-à-brac avec des odeurs et des saveurs sentimentales. Du rance, du rouillé, du périmé, du kitsch, du joli. Un arrière-pays affectueux, peuplé de gens chair et os. Une saga familiale, légitime, universelle. À la place, je possède les riches heures des magazines internationaux : Life, and death. Photos de corps décharnés et nus, en tas ou épars, hommes en pyjamas rayés, crânes rasés, femmes aux yeux sans regard. Parfois je me surprends à dévisager les êtres sur la photo, morts ou vifs, tremblant d'y reconnaître l'un des nôtres. Manquent désespérément mes grands-mères et leurs pâtisseries. Dans la famille de Nénesse et Lili, je réclame les grands-parents. Mais où se trouve le bureau des réclamations ? A qui adresser la lettre ? Je supplie Livia de remettre la chair autour des os. De substituer sa mémoire à celle des magazines, de me refaire un arbre généalogique feuillu, avec bruit du vent qui passe et racines noueuses. Finalement, quarante-cinq ans après ma naissance, quarante-neuf après Auschwitz, elle promet de parler.
Il s'agit d'un autoportrait où, pour la première fois, le romancier Serge Filippini se livre à un exercice personnel. Né à Pontarlier en 1950, dans un milieu modeste aux origines italiennes et espagnoles, il tire les fils qui continuent de le rattacher à cet univers- le père projectionniste, la mère ouvreuse, la famille italienne sur laquelle le vingtième siècle semble n'avoir pas prise... Il essaie d'y distinguer les linéaments de l'être qu'il est devenu : pourquoi les livres sont entrés dans sa vie par le truchement de romans d'espionnage et d'une bible oubliée un jour par des visiteurs ? Quelle vision du cinéma se forge un enfant qui baigne dans les salles obscures depuis l'âge de sept ans ? quelle géographie, quels événements, parfois fugaces, souvent ordinaires, ont formé le futur écrivain ? Ce texte littéraire s'accompagne d'images qui ne sont pas des illustrations mais un contrepoint visuel renvoyant à des thèmes présents dans le livre. Ce choix renvoie plus ou moins au Nadja d'André Breton - un " roman " avec images dont l'incipit bien connu est : Qui suis-je ...
Une jeune femme de 33 ans, brûlée et défigurée dans un accident de voiture, découvre la double peine qui lui est infligée : la mutilation physique, irrémédiable, mais aussi l'assignation par les autres à la monstruosité et au renoncement à vivre "normalement". Animée d'une détermination implacable, elle parvient à reconstruire sa vie, entre à l'université, développe des talents de conteuse et d'écrivaine. Tout cela au prix d'un long calvaire et d'une lutte de tous les instants pour affronter le regard de l'autre, souvent scandalisé qu'une femme autant handicapée sorte de la voie que le destin lui a tracée. C'est ce parcours étonnant, cette résilience que Pauline Picquet raconte dans son livre, choisissant de composer des fragments et de les présenter sous la forme d'un abécédaire dans lequel le lecteur est happé comme dans un roman. Ce récit, cru et violent, a été refusé par plusieurs éditeurs qui l'ont jugé trop dur, dérangeant, voire culpabilisant. Les éditions du Mauconduit estiment au contraire que la force et la dignité de ce témoignage l'emporte sur l'horreur, qu'il questionne tout un chacun sur sa propre force de vie et sur sa relation à l'humain.