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Homesman
Swarthout Glendon ; Derajinski Laura
GALLMEISTER
23,10 €
Épuisé
EAN :9782351780763
Extrait S.E. 2, section 10, Commune 8, Terrain 4E. À la fin de l'été, Line lui apprit qu'elle était enceinte de deux mois. Encore une bouche à nourrir. Et puis, dit-elle, elle était trop vieille à quarante-trois ans. Il aurait une tête comme un melon, dit-elle, ou un bec-de-lièvre, ou il serait infirme car Dieu devait être en colère après eux, après tout, voyez ce qui leur était déjà arrivé cette année. Au printemps, la maladie du charbon avait emporté tout leur troupeau, à l'exception d'une vache et de son veau. A la même époque, Virgil, leur unique fils de seize ans, un garçon débordant d'ambition, s'était enfui pour aller chercher de l'or et de la pyrite en Californie. La grêle de juillet avait détruit leur blé et en août, alors que le maïs sortait de terre, deux semaines d'un vent venu tout droit de l'enfer en avaient brûlé tant qu'une fois l'automne venu ils avaient décroché les maigres petits épis à la main avant de les décortiquer plutôt que de s'embarrasser à les porter jusqu'au moulin. Huit hectares de blé anéantis et douze de maïs. Des récoltes pour subvenir à leurs besoins. Dieu faisait la pluie et le beau temps, disait Vester. C'était le mois de mars, à présent, et Line continua à lister leurs malheurs comme un enfant récite un poème, et il l'écouta jusqu'au bout car elle parlait peu, ces derniers temps, et cela la soulagerait peut-être. Avant les premières neiges, quand ils avaient compris qu'il serait trop compliqué de se nourrir pendant l'hiver, ils avaient envoyé Loney, leur aînée, à vingt kilomètres pour trimer au service d'une famille bien mieux lotie. Pour le gîte dans un lit partagé à trois et le couvert, la pauvre enfant. Un de leurs boeufs avait attrapé le varron, des vers lui grouillaient sous la peau. On pouvait entailler une boursouflure et tuer les vers en les aspergeant d'huile de charbon si l'on possédait de l'huile de charbon. Au lieu de quoi, les vers dévoreraient le boeuf jusqu'à l'âme, Line en était certaine, et une fois le printemps arrivé, on lui passerait le joug et il tomberait raide mort au beau milieu du champ, le pauvre animal. Et pour finir, cet hiver infernal. Avaient-ils tant péché ? Il faisait si froid qu'ils étaient arrivés à court de bois et d'épis de maïs dès la fin janvier, et qu'ils avaient dû se chauffer et cuisiner avec leurs réserves de foin. À deux reprises, alors que la température était tombée à -40 °C, ils avaient dû faire rentrer les deux cochons dans la maison la nuit pour éviter qu'ils ne meurent de froid, mais ils les avaient oubliés un soir et une meute de loups les avaient dévorés jusqu'aux os. Les blizzards étaient si violents que l'on ne voyait pas à plus de dix mètres de la porte. Il leur fallait tendre une corde de la porte à l'étable, puis une deuxième vers les toilettes extérieures pour ne pas se perdre. Le révérend Dowd leur avait rendu visite en janvier, durant un court dégel, tout comme Mary Bee qui était venue depuis ses terres, en février, pour leur apporter à manger. À l'exception de ces deux-là - le pasteur itinérant et leur plus proche voisine -, la famille n'avait posé les yeux sur aucun autre être humain en cinq mois. La neige rendait l'école-église inaccessible, personne ne hurlait jamais un salut cordial et ils se languissaient d'entendre l'archet courir sur un violon. Père, mère et les trois filles frissonnaient, ils étaient malades et buvaient dans la même louche. Et un bébé, à présent, conclut Line. Vester avait quarante-quatre ans. Il posa la main sur le ventre de sa femme et lui dit que le bébé n'était pas de sa faute. L'homme avait des besoins, dit-il, et le Seigneur avait créé la femme pour les assouvir.
Résumé : En mars 1916, une troupe de cavalerie sous le commandement du chef révolutionnaire mexicain Pancho Villa franchit la frontière des Etats-Unis, attaqua la ville de Colombus, dans le Nouveau Mexique, tua quelques hommes, militaires et civils. En représailles, le président Wilson ordonna une expédition punitive contre le Mexique. Elle fut commandée par le général Pershing, dura onze mois et détruisit les forces de Villa, sans toutefois pouvoir se saisir du général mexicain. Tel est le contexte historique où prend place l'histoire du major Thorn et des cinq hommes proposés pour la Médaille d'Honneur, qu'il a reçu mission d'escorter à travers le désert de Chihuahua jusqu'à Cordura. Une femme, espionne présumée, fait partie de la troupe, et sa présence est l'occasion de conflits qui ne font qu'accroître les conditions périlleuses du voyage. Or le major Thorn a eu une conduite déplorable au cours d'un combat ; c'est un lâche, et il le sait. Il y a donc un paradoxe à ce que ce soit lui qui ait été chargé de conduire les cinq héros en lieu sûr. Le sujet de ce très beau roman n'est autre que le drame d'un lâche qui s'interroge sur le courage. Fasciné par les hommes qu'il conduit, Thorn leur voue une sorte de culte. Ils se conduisent brutalement, presque bestialement tout le long de la route, obsédés par la faim, la soif, la luxure, la fièvre et la peur. Il ne s'en sent pas moins le devoir de les conduire sains et saufs à Cordura, où ils recevront la récompense promise pour leur conduite magnifique. Thorn remplit sa mission, mais lui-même n'atteindra pas Cordura. Ce roman d'aventure, qui est aussi une admirable étude psychologique, a connu aux Etats-Unis un immense succès et fait l'objet d'un film important.
Au tournant du XXe siècle, John Bernard Books est l'un des derniers survivants de la conquête de l'Ouest. Après des années passées à affronter les plus grandes gâchettes du Far West, il apprend qu'il est atteint d'un cancer incurable : il ne lui reste que quelques semaines à vivre. Les vautours se rassemblent pour assister au spectacle de sa mort, parmi lesquels un joueur, un voleur de bétail, un pasteur, un croque-mort, une de ses anciennes maîtresses, et même un jeune admirateur. Mais Books refuse de disparaître sans un dernier coup d'éclat et décide d'écrire lui-même l'ultime chapitre de sa propre légende. À l'instar de Larry McMurtry avec Lonesome Dove, Glendon Swarthout signe avec Le Tireur un western incontournable.
Il pensa: Quand j'arriverai là-bas, personne ne croira jamais que j'ai réussi un tel voyage à cheval et, Dieu m'en est témoin, je n'y croirai pas non plus.Il était midi en cette journée maussade. Le soleil était pareil à un oeil injecté de sang dans la poussière. Son cheval souffrait d'une fistule. Une friction entre la selle et la couverture, une épine, un caillou ou un noeud de ficelle avait créé un abcès au niveau du garrot, profond et purulent, et l'unique traitement, il le savait, aurait été de cautériser la plaie et de la laisser sécher à l'air libre sans remonter sur l'animal, mais il ne pouvait pas s'arrêter. Si le cheval souffrait, l'homme souffrait davantage encore. C'était son neuvième jour de voyage, et le dernier.Il arborait un Stetson gris, une redingote noire, un gilet et un pantalon gris, une chemise blanche, une cravate grise et des bottes en lézard noires.Entre le cuir de la selle et son arrière-train, il avait calé un coussin moelleux en velours écarlate orné de glands dorés. Il n'aurait pas supporté le voyage sans ce coussin. Il l'avait volé dans un bordel de Creede, au Colorado.Il chevauchait au pied des Organ, une chaîne de montagnes désolée qui s'étendait au sud et à l'est à travers des plateaux sablonneux ridés de vaguelettes desséchées. Il avait fixé à l'arrière de sa selle une valise noire et une cafetière en porcelaine. Le couvercle avait émis un claquement monotone toute la matinée. Il s'arrêta et, pivotant lentement, il détacha la cafetière, se tourna à nouveau et la lança aussi haut qu'il put dans les airs. Il comptait dégainer et tirer pour la cribler de balles avant qu'elle ne touche terre, mais l'effort de son lancer lui provoqua une telle douleur dans l'aine qu'il ne parvint pas à dégainer. Il s'affala, agrippa le pommeau de sa selle et la cafetière heurta le sol, roulant au bas d'une vaguelette de sable, claquant et claquant encore.Il y avait désormais de nombreux basques, ou bosquets, qu'il contournait. Mais le sentier l'obligea à passer entre deux arbustes, et alors qu'il s'y employait, un homme surgit d'un buisson et, braquant un revolver antique à barillet, lui croassa de jeter son portefeuille à terre. L'homme était mince et âgé, évoquant au cavalier son propre grand-père qui avait été parfois poussé à commettre des actes désespérés. Il avait la main gauche en griffe, pliée en permanence au niveau du poignet, les doigts raides et écartés. Serrant les rênes, le cavalier fouilla dans sa redingote. Main Tordue agita son revolver en guise d'avertissement.- Je ne suis pas armé, lui assura le cavalier. Fais attention avec ce revolver.Il sortit le portefeuille de sa redingote et le lança. Le regard du vieil homme en suivit la trajectoire et il n'aperçut pas l'arme dans la main du cavalier, apparue aussi soudainement qu'une vague de sable soufflée par le vent, ni n'entendit la détonation de la balle qui explosa dans son abdomen, perfora ses organes vitaux et, déviée par la colonne vertébrale, vint se loger et terminer sa course dans la cavité de la hanche gauche. Il lâcha son arme et tomba à genoux, couinant comme un cochon qu'on égorge.
Birdie élève seule sa fille de deux ans, Emaleen, en Alaska. Un jour où la fi llette se perd dans les bois, elle est secourue par Arthur, un homme taciturne qui vit en ermite dans une cabane et que la plupart des gens évitent. En dépit des avertissements, Birdie décide de s’installer avec sa fi lle chez Arthur. Mais peu à peu, Arthur adopte un comportement étrange : il disparaît sans prévenir, ne revient parfois pas avant plusieurs jours. Birdie comprend alors qu’un sombre secret régit sa vie, un secret qui fait écho à la nature sauvage de l’Alaska, aussi dangereuse que magnifique.
Comment choisir sa voie quand on est à l’aube de l’âge adulte, en Amérique ? Dan et Tamma, inséparables depuis l’enfance, ont grandi dans des milieux socio-culturels différents et éprouvent pourtant tous les deux de grandes difficultés à accomplir leurs rêves, malgré une motivation sans bornes.C’est le revers de la médaille du « self-made man » américain, quand les jeunes doivent choisir entre payer leurs études ou les soins de santé de leurs proches.Et pourtant, cette indéfectible amitié m’a collé le sourire tout du long.