L'Enfer de la IIIe République. Censeurs et pornographes (1881-1914)
Stora-Lamarre Annie ; Perrot Michelle
IMAGO
22,50 €
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EAN :9782902702572
Au début de la IIIe République, la pornographie, répandant le feu du désir pervers, représentait aux yeux d'une élite un redoutable poison menaçant de ronger de l'intérieur l'édifice social. L'alphabétisation, qui multiplie les lecteurs, la liberté de la presse et le développement de l'édition n'allaient-ils pas favoriser la diffusion des écrits obscènes ? Par-delà les clivages politiques ou religieux, de puissantes ligues de moralité se constituèrent, en France et à travers toute l'Europe, bien décidées à protéger le public "faible" et vulnérable - le peuple, les adolescents, et les femmes surtout - contre la suggestion du roman licencieux. Et faisant front contre le vice, la natalité déclinante et la décadence, les "entrepreneurs moraux" parvinrent, leur influence grandissant, à limiter la liberté d'expression. A partir de l'Enfer de la Bibliothèque nationale, où l'on rassemble alors les livres interdits, Annie Stora-Lamarre a mis au jour une culture soigneusement refoulée, et a analysé la lente métamorphose des thèmes occultés. Traçant le portrait d'éditeurs réprouvés, souvent liés aux milieux libertaires, ou de ligueurs - tel René Bérenger, le fameux "Père la Pudeur" - elle a finement observé le jeu complexe de la diffusion, avec ses réseaux clandestins, et de la répression des ouvrages érotiques : elle suit ainsi, de 1881 à 1914, la lutte des censeurs et des pornographes. Histoire des fantasmes sexuels, mais aussi des peurs et des intolérances d'une époque, histoire politique d'une morale, cet ouvrage novateur éclaire, d'une façon qui nous concerne toujours, les rapports paradoxaux de la démocratie et de la censure.
Nombre de pages
264
Date de parution
01/01/1990
Poids
367g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782902702572
Titre
L'Enfer de la IIIe République. Censeurs et pornographes (1891-1914)
Auteur
Stora-Lamarre Annie ; Perrot Michelle
Editeur
IMAGO
Largeur
140
Poids
367
Date de parution
19900101
Nombre de pages
264,00 €
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Annie Stora-Lamarre nous invite à ressentir la mémoire et la douleur de l'exil. La mémoire qu'elle questionne, c'est celle de ses années constantinoises ainsi que celle du Paris des années 1960 où elle décrit la relégation dans les banlieues et une impression de marginalisation. Sa traversée des mondes juifs séfarades et ashkénazes mobilise des sources diverses : archives policières, autobiographies, littérature... Aux questionnaires de naturalisation, les Juifs de la migration restent "bouche cousue" et ne dévoilent rien. De ces silences rusés surgissent mille façons flamboyantes d'être juif et juive. L'ouvrage entrecroise l'histoire des Juifs exilés, migrants ou français, celle des sensibilités du judaïsme et de ses courants avec celle de la politique migratoire de la 3e République. La rencontre de ces histoires donne pleinement voix au silence du migrant.
La République des faibles saisit une humanité affrontée au mal et au malheur au moyen de lois de nature pénale et civile promulguées à la fin du XIXe siècle. Ces lois privilégient l'examen des passions dans l'ordre de la sexualité, du crime, de l'amour et du désamour paternel, de la séduction: passions présentées dans le droit comme celles d'une humanité éternelle et sans histoire. Pourquoi faire des lois et d'où viennent-elles quand leurs promoteurs disent en ces temps positivistes se préoccuper de la subjectivité du sujet et de sa nature intime? Le croisement des matériaux fait apparaître les doctrines juridiques de Raymond Saleilles ou de Gabriel Tarde, les positions des philosophes catholiques comme le sénateur René Bérenger ou encore celles du libre-penseur Alfred Fouillée, Les positions de ces analystes de la société civile sont prises au tournant du siècle dans un contexte d'intenses échanges au sein de congrès internationaux où l'apport de la pensée juridique allemande apparaît capital. En fouillant les entrailles du droit républicain, les protagonistes parfois oubliés de ce chantier rendent compte d'une aspiration démocratique pour un homme doué de raison mais incapable, âme perdue ou malheureuse de la conscience républicaine dont l'histoire restait à faire.
Dans l'avion, au moment du décollage, j'observe les passagers. Certains pleurent. Les visages sont tristes, fatigués. Très vite, un grand silence s'installe. L'inquiétude, la violence de la situation écrasent tout désir de conversation. Puis, derrière les hublots, la nuit apparaît. Si soudainement que nous n'avons pu voir la terre algérienne s'éloigner. Il fait nuit, encore, lorsque nous arrivons à Orly. Nous étions en France et, à défaut de Ville Lumière, installé sur la banquette arrière, à travers la vitre de la voiture, je contemplais la noirceur du périphérique jusqu'à notre destination, Montreuil, en banlieue parisienne. . ". En une dizaine d'années, le jeune Benjamin Stora passe de l'enfance à l'âge adulte, de Constantine en guerre au Paris de Mai 68. Reprenant le travail d'exploration personnelle et théorique entrepris dans Les Clés retrouvées, il raconte sa propre histoire, celle d'un exil et de l'apprentissage d'un homme qui va embrasser une nouvelle vie.
De Caïn à Esaü, de Judas au Diable, des rouquines fatales aux rousseaux historiques, du goupil aux grands fauves, avec la rousseur, nous pénétrons dans une galaxie de feu et de lumière. Car elle est bien plus qu'une couleur, elle est embrasement. On ne peut pas ne pas la voir, mieux, on ne voit qu'elle ! A cette affaire de chevelures, de poils et de taches de son constellées sur une peau laiteuse, impossible de rester indifférent. La rousseur, soit on l'abhorre, soit on l'adore. Si elle souffre de préventions négatives séculaires, elle n'en exerce pas moins par son éclat un irrésistible attrait. De l'Antiquité à nos jours, écrivains, peintres et savants se sont penchés, chacun à sa manière, sur ce mystère qui, aux temps venus des rouilles automnales, semble relier la vie à la mort. Explorant, à travers les siècles, les diverses valeurs de cette riche gamme chromatique, Karin Ueltschi nous dévoile ainsi, avec talent et subtilité, le symbolisme complexe d'une couleur ambivalente, infiniment inspirante.
Qu'il saisisse un paysage, un portrait ou un nu, Egon Schiele (1890-1918) est un peintre de l'âme et du désir. Confiant en son talent, affirmant d'emblée sa vocation, il est reçu dès seize ans à l'Académie des Beaux-Arts de Vienne. Salué en son temps par Klimt - chef de file de l'avant-garde viennoise -, il réalise durant sa brève existence environ trois cents huiles sur toile et plus de trois mille oeuvres sur papier, à l'aquarelle ou à la gouache. Entre Art nouveau et expressionnisme, Schiele fait du corps dénudé son champ d'expression privilégié. Corps d'adultes - dont le sien - mais aussi corps d'enfants, ce qui lui vaudra un procès et une brève incarcération. Toutefois, son oeuvre ne saurait se réduire à une inspiration sulfureuse ou à un goût du macabre et de la putréfaction. Christophe Danvers retrace avec brio la vie d'Egon Schiele en s'appuyant sur des archives inconnues du public français : fragments autobiographiques, abondante correspondance avec son épouse, ses amis, ses mécènes, ses galeristes... Il nous permet ainsi de suivre le fascinant parcours de cet artiste inclassable, génie météore qui, victime de la grippe espagnole, décédera à l'âge de vingt-huit ans.
Résumé : Pour Jung comme pour Freud, le rêve est la voie royale d'accès à l'inconscient. Mais pour le grand psychologue zurichois, il en est une autre, celle de l'imagination active, dont il fera l'expérience dans ses éprouvantes années 1913-1916 - après sa rupture avec le père de la psychanalyse - et qu'il consignera dans le célèbre Livre rouge. Fixer les images qui nous traversent, laisser advenir un affect ou un fantasme permet, toujours sous la vigilance du conscient, de dialoguer avec les figures intimes de notre âme et d'enrichir notre vie intérieure. Une telle écoute, aux effets parfois surprenants, restaure le lien avec notre part la plus profonde, et offre ainsi un précieux soutien thérapeutique. Illustrant son propos par de nombreuses vignettes cliniques, Jean-François Alizon décrit avec précision la pratique de l'imagination active au cours de la cure. En la resituant dans l'histoire de la culture, il révèle combien, au cours des siècles, elle fut familière à maints artistes, philosophes et poètes.
Aharon Appelfeld (1932-2018), né en Roumanie, connut un destin peu commun. Alors que sa mère est assassinée, en 1940, par le régime allié d'Hitler, il subit l'enfermement du ghetto, puis la déportation avec son père. A huit ans, il s'évade seul du camp où il est détenu et se cache dans les forêts pendant trois longues années, vivant en compagnie de fugitifs ou de marginaux. En 1946, grâce à une Association juive, il s'embarque clandestinement pour la Palestine. Son enfance dans les Carpates, le souvenir douloureux de ses parents, l'indicible de la Shoah constituent le coeur de ses romans. Le recours à la fiction, où le vécu le plus tragique se mêle à l'onirisme, le difficile abandon de sa langue maternelle - l'allemand - et le choix de l'hébreu pour la création littéraire lui seront nécessaires pour renaître à la vie. Dans cet ouvrage à plusieurs voix, Renée Adjiman et Valérie Pera Guillot réunissent les contributions de psychanalystes, de cinéastes, de journalistes, et d'universitaires qui reviennent sur leur rencontre décisive avec Aharon Appelfeld. L'enfant naguère condamné par la barbarie nazie est aujourd'hui devenu un immense écrivain, dont l'oeuvre touche à la fois l'intime et l'universel.