Les limites de l'historicité. Continuité et transformations de la pensée
Skarga Barbara
BEAUCHESNE
57,00 €
Epuisé
EAN :9782701013336
La recherche de Barbara Skarga est consacrée aux limites de l'historicité et continue comme une reprise et une amplification de questions qui ont commandé à nombre de publications antérieures attachées à comprendre le mouvement et la vie de la pensée dans l'espace de la culture. Il est des silences qui, à trop se prolonger, deviennent des injustices qu'il faut savoir, un jour, réparer. Madame Barbara Skarga est, en Pologne, parmi les philosophes et les historiens de la culture, une des spécialistes les plus éminentes de la pensée française, particulièrement du XIXe et du XXe siècles. Mais il faut bien avouer qu'en France, elle demeure comme une inconnue ... puisqu'on ne peut la lire dans notre langue, faute de traduction de ses livres. Aussi est-ce pour réparer cette injustice qu'est présentée la traduction de l'un de ses derniers ouvrages : pour faire connaître un livre et, par là, un penseur qui compte en Pologne. François Chirpaz Au moment où la Pologne est mise à l'honneur par le Prix Nobel 1996, attribué à une polonaise, poète, ce livre est une véritable rencontre.
Nombre de pages
304
Date de parution
02/04/1996
Poids
1 101g
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EAN
9782701013336
Titre
Les limites de l'historicité. Continuité et transformations de la pensée
Auteur
Skarga Barbara
Editeur
BEAUCHESNE
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Poids
1101
Date de parution
19960402
Nombre de pages
304,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Barbara Skarga est aujourd'hui une philosophe connue en Pologne et à l'étranger. Etudiante et membre de la Résistance polonaise, elle fut arrêtée par le NKVD le 8 septembre 1944. Après treize mois d'interrogatoires dans les prisons de Wilno, un tribunal militaire soviétique la condamna à dix ans de camp suivis d'une relégation perpétuelle en Union soviétique. Elle purgea sa peine dans les camps de la région d'Oukhta aux limites de l'Oural polaire, puis à Balkhach au Kazakhstan dans un camp à régime particulièrement sévère destiné aux politiques. Sa "faute rachetée ", elle eut le "privilège " de travailler dans un kolkhoze de la région de Petropavlosk. La chance, les changements politiques, mais surtout son refus permanent et inconditionnel d'un système élaboré pour broyer tout individu libre, lui permirent de regagner son pays, la Pologne, en décembre 1955. Dans Une absurde cruauté, Barbara Skarga se refuse à retracer son périple, à raconter sa vie. Son histoire personnelle ne lui sert que de toile de fond pour évoquer une page d'histoire oubliée, rappeler le souvenir de ses compagnons disparus, signaler des faits qui ne furent jamais répertoriés, autoriser ses réflexions sur un système dont l'absurdité causa le malheur de millions d'hommes. Edité en samizdat pour la première fois à Paris en 1985, ce livre a circulé clandestinement en Pologne jusqu'à l'avènement de la démocratie. Il a reçu le prix Solidarnosc en 1987.
Barbara Skarga est aujourd'hui une philosophe connue en Pologne et à l'étranger. Etudiante et membre de la Résistance polonaise, elle fut arrêtée par le NKVD le 8 septembre 1944. Après treize mois d'interrogatoires dans les prisons de Wilno, un tribunal militaire soviétique la condamna à dix ans de camp suivis d'une relégation perpétuelle en Union soviétique. Elle purgea sa peine dans les camps de la régon d'Oukhta aux limites de l'Oural polaire, puis à Balkhach au Kazakhstan dans un camp à régime particulièrement sévère destiné aux politiques. Sa "faute rachetée", elle eut le "privilège" de travailler dans un kolkhoze de la région de Petropavlosk. La chance, les changements politiques, mais surtout son refus permanent et inconditionnel d'un système élaboré pour broyer tout individu libre, lui permirent de regagner son pays, la Pologne, en décembre 1955. Dans Une absurde cruauté, Barbara Skarga se refuse à retracer son périple, à raconter sa vie. Son histoire personnelle ne lui sert que de toile de fond pour évoquer une page d'histoire oubliée, rappeler le souvenir de ses compagnons disparus, signaler des faits qui ne furent jamais répertoriés, autoriser ses réflexions sur un système dont l'absurdité causa le malheur de millions d'hommes. Edité en samizdat pour la première fois à Paris en 1985, ce livre a circulé clandestinement en Pologne jusqu'à l'avènement de la démocratie. Il a reçu le prix Solidarnosc en 1987.
Dans l'Eglise du Moyen Age central, l'inspiration charismatique n'est pas antinomique de la bureaucratisation : elle en est la condition nécessaire. C'est ce que montre cette étude des mobilisations ecclésiologiques de la référence à l'Esprit. Loin d'oublier l'Esprit dans la routine d'une bureaucratie sans âme, les agents de l'institution de l'appareil ecclésial sont les premiers à y faire référence pour opérer, à partir du milieu du XIe siècle, une centralisation pontificale des différentes tendances réformatrices. La monopolisation pontificale de la référence légitime à l'Esprit permet à la fois d'affirmer l'autonomie - la théonomie - de l'appareil ecclésial et d'en suspendre les règles ordinaires. L'appropriation de ce discours ecclésiologique par les chroniqueurs et réformateurs du XIIe siècle va conduire à une nouvelle perception de l'histoire, fondée sur l'idée d'un progrès inspiré et mené par des hommes spirituels. Moines charismatiques et administrateurs peuvent ainsi s'associer autour du fragile malentendu d'une institution spirituelle. Lorsque celui-ci se délite, les discours prophétiques en font l'aune à laquelle juger le présent ou un projet d'avenir. Au cours des XIIIe et XIVe siècles, ce modèle d'une bureaucratie charismatique se dissocie en conceptions antagonistes de la référence à l'Esprit : un usage intégré dans les rouages de l'administration, qui n'apparaît explicitement que dans les périodes de crise, et une référence de plus en plus eschatologique visant à condamner tous ceux qui persécutent les "spirituels".
Scolastique : dérisoire ou sérieuse ? Savante ou bornée ? Ratiocination ou perfection rationnelle de l'investigation universelle ? Virtuosité intellectuelle ou figement formel ? Peu de mots, assurément, résonnent de manière aussi contradictoire dans notre chambre cognitive. Faut-il s'en étonner ? La scolastique, avec le Sic et non d'Abélard au XIIe siècle, se construit sur l'exploration inextinguible de la contradiction. Elle progresse vers la vérité grâce au kaléidoscope des possibles logiques. En son âge d'or, du XIIIe au XVe siècle, auxquels est consacré ce volume, elle ne structure pas seulement la pensée des intellectuels. Imprimant sa forme et ses processus heuristiques à la littérature - latine ou romane - qu'elle érige en son extension, elle trouve en celle-ci non seulement un réceptacle et un lieu de diffusion, mais un révélateur. Codifiée mais libre comme une forme fixe, elle est littérature à part entière, partageant avec elle les ambitions et les modalités protéiformes d'une architectonique savante dévouée à l'éveil de l'esprit. Les vingt-quatre contributions ici réunies sondent la manière dont la littérature médiévale, tirant partie de sa propre diversité, sérieuse, comique, savante, ambiguë ou critique, s'est emparée de la scolastique pour faire d'un phénomène social qui aurait pu devenir un puissant outil de contrôle, un formidable moteur d'émancipation individuelle.
Une exclamation d'Origène (empruntée à Jérémie) : Tu m'as trompé, Seigneur ! Une autre de saint Anselme : Seigneur, je cherche ton visage ! L'une et l'autre nous a paru valoir d'être scrutée, comme introduisant à une demarche de pensée qui caractérise chacun de ces deux grands esprits, et plus encore au mouvement foncier de leur âme. Deux exemples, propres à faire voir, à travers les différences de deux époques aussi bien que de deux individualités, une parenté plus essentielle. Et nous encore, "nous sommes de leur race" . Tous ceux que nourrit de sa substance indéfiniment féconde une même grande tradition, sont frères. Pour compléter ce sentiment de l'unité dans un incessant pluralisme, nous avons cru pouvoir proposer un troisième exemple, pris à notre siècle même, celui du débat qui fut institué, au cours des années trente, sur les rapports de la foi chrétienne, et de la philosophie. Le lecteur verra de lui-même, sans qu'il soit besoin d'instituer parallèles ou contrastes, combien les questions qui agitaient ce débat sont encore aujourd'hui les nôtres.
En octobre 1703, Claude Poullart des Places, un jeune Rennais, arrive à Paris sans autre intention que de faire sa théologie au collège Louis le Grand. Un an plus tard, simple tonsuré, il fonde un séminaire pour les pauvres écoliers, ces aspirants au sacerdoce dont la misère, par ses conséquences, est la plaie majeure de l'Eglise de France. Il assure à ses élèves une longue et solide formation théologique et sait leur communiquer sa mystique de pauvreté et sa hantise des âmes abandonnées. Il meurt en 1709, prêtre depuis moins de deux ans. Il laisse soixante-dix séminaristes et une petite équipe de directeurs, noyau de cette congrégation du Saint-Esprit qui compte aujourd'hui 4 000 religieux. La Compagnie de Marie de son ami Grignion de Montfort ne voit le jour et ne survit jusqu'à la Révolution que grâce à son affiliation à la congrégation du Saint-Esprit ; pendant près d'un siècle et demi, ses membres se font appeler Prêtres missionnaires du Saint-Esprit. Quant aux Filles du Saint-Esprit, la plus florissante des congrégations bretonnes, elle doit son existence à l'un des premiers disciples de Poullart des Places qui leur forma un règlement sur le modèle de celui qui s'observait au Séminaire du Saint-Esprit. Poullart des Places est le plus jeune fondateur d'ordre et aussi celui qui disposa du délai le plus court pour consolider son oeuvre. Son histoire était une énigme que, grâce aux archives de l' Aa, une congrégation secrète de piété, Joseph Michel réussit à élucider. La cause de canonisation de Poullart des Places a été introduite en 1989.