Que des illusions, des mensonges, des croyances erronées et tous les produits d'une imagination des plus fantaisistes puissent exercer une influence majeure, bonne ou mauvaise, sur le cours du monde, ne fait plus l'ombre d'un doute aujourd'hui. Préparé par les bouleversements épistémologiques du XIXe ? siècle, rendu manifeste au siècle des idéologies et de la propagande, et triomphant à notre époque de post-vérité, de fake news et de réalité virtuelle, ce qui fut considéré comme un véritable scandale et comme un problème à résoudre jusqu'à une date assez récente dans l'histoire de l'humanité, s'est peu à peu imposé comme un truisme, dispensant parfois d'en questionner la portée. Les contributions de cet ouvrage répondent à un double enjeu ? : d'une part, elles interrogent la propension généralisée qu'ont les êtres humains, individuellement et collectivement, à se bercer d'illusions et à se raconter des histoires, à eux-mêmes et à autrui, sur eux-mêmes et sur le monde, volontairement ou non ? ; d'autre part, l'omniprésence de ces représentations illusoires implique d'étudier également leurs effets réels sur la pensée et le comportement des êtres humains, du simple fait qu'elles sont crues et diffusées. A rebours d'une très longue tradition philosophique valorisant la quête rationnelle de vérité et disqualifiant l'illusion, les chapitres de ce livre ont vocation à reconnaître l'ampleur de celle-ci et à en comprendre les effets. Le but n'est autre que de jeter les bases d'une archéologie du régime épistémologique de notre temps à partir de son origine, par hypothèse au XIXe ? siècle. Les différentes disciplines qui émergent alors et prétendent toutes au statut de science de l'homme entérinent en effet le déclin de la métaphysique, donnant lieu à un foisonnement de conceptions philosophiques inédites et livrant une toute nouvelle image de la nature humaine et de ce qu'elle peut connaître. Nous n'avons pas fini de tirer les enseignements d'un tel bouleversement.
Nombre de pages
352
Date de parution
21/11/2025
Poids
460g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9782380721836
Auteur
Simonin David
Editeur
KIME
Largeur
145
Date de parution
20251121
Nombre de pages
352,00 €
Disponibilité
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C'est de la dynamite !Dieu est-il mort à cause de la technique?? La volonté de puissance est-elle synonyme d'arraisonnement technique de la nature et d'exploitation de l'homme par l'homme?? Nietzsche a philosophé à coups de marteau et qualifié sa personne de dynamite?; il voyait l'homme comme un pont vers le surhomme, attendait avec impatience d'emprunter le tunnel du Saint-Gothard nouvellement percé et s'est imaginé «?aéronaute de l'esprit?». Avec une conscience aiguë des potentialités et des dangers de la révolution industrielle, Nietzsche a non seulement pensé la technique, mais il en a aussi incorporé les enjeux à sa philosophie. Rares sont les aspects de son ?uvre qui sortent indemnes de cette confrontation directe du philosophe avec son temps ? qui est aussi le nôtre ?, et que l'on aurait tort de réduire trop rapidement à sa critique de la «?civilisation de la machine?» ou à sa fascination pour le déchaînement d'une puissance prométhéenne. Cet ouvrage interroge les rapports entre technique, puissance, nature et vie, et permet de situer Nietzsche au milieu de ses machines et d'autres grands philosophes de la technique, tels que Marx ou Heidegger.
. "Il est grand temps que je revienne au monde en tant que Français ", déclarait Friedrich Nietzsche en 1888. Agacé par la posture moralisante de ses contemporains allemands, Nietzsche était au contraire fasciné par l'" esprit français ". S'il décriait ceux qui prétendent savoir ce qui est bien et ce qui est mal, il appréciait l'analyse sèche et désenchantée des grands moralistes français, de Montaigne à Voltaire. À partir de 1883, il a tissé un dialogue profond et constant avec les ?uvres des écrivains, critiques, historiens et philosophes représentants de la culture française de la décadence : Baudelaire, Bourget, Renan, Taine, les Goncourt. Analysant les multiples facettes de cette sensibilité hexagonale, ce livre propose d'éclairer non seulement le nietzschéisme, mais aussi sa fulgurante diffusion en France puis en Europe dès les années 1890. Car, si Nietzsche a aimé la France, la France aura aussi ? tout au long du XXe siècle ? aimé et discuté Nietzsche. Les différents moments de sa réception sont scandés par les noms de Bataille dans les années 1930, de Camus ensuite, puis de Deleuze, Foucault et Derrida lors de la " Nietzsche Renaissance " de l'après-guerre. Un éclairage contextuel sans lequel on ne saurait comprendre à la fois les références, les inspirations et les enjeux de la pensée du philosophe.
Autissier David ; Simonin Blandine ; Thibault Alai
Cinquième de la collection "Les baromètres de la performance", cet ouvrage propose aux dirigeants d'entreprise, responsables RH, contrôleurs de gestion et consultants, une méthode inédite et outillée pour mesurer la performance de la fonction ressources humaines et son évolution dans le temps. Grâce à cet ouvrage, le lecteur sera capable de répondre aux questions suivantes: La fonction ressources humaines est-elle bien dimensionnée? La fonction ressources humaines coûte-t-elle trop cher? La fonction ressources humaines sait-elle répondre aux besoins stratégiques de l'entreprise? La fonction ressources humaines sait-elle traiter les nouvelles demandes des salariés...
Il y a exactement deux siècles, en 1821, Charles Nodier inventait l'appellation "genre frénétique" pour désigner la face sombre du romantisme, sa part d'horreur et d'excès, et il fustigeait l'immoralité du genre tout en reconnaissant les séductions sulfureuses que celui-ci exerce sur le lecteur. Alors que la critique du XXe siècle, des surréalistes à Annie Le Brun et Jean-Luc Steinmetz, a retourné la condamnation moralisatrice du XIXe siècle en faisant l'éloge de la portée subversive de ces oeuvres qui structurent leurs intrigues autour du conflit entre le bien et le mal, il est temps d'adopter une approche dépassionnée des morales du romantisme noir. Si les oeuvres noires, comme on le leur a parfois reproché, se caractérisent par leur manichéisme, celui-ci peut prendre des formes variées. Les romans valorisant la vertu et l'innocence de l'héroïne s'opposent ainsi aux récits sadiens faisant goûter au lecteur les délices vertigineuses de la cruauté. Dès l'époque romantique se multiplient les oeuvres ambivalentes, qui, infusant l'ironie dans le modèle du roman noir, rendent plus incertaine la frontière entre bien et mal. Quelles sont les valeurs défendues dans ces fictions ? Les variations morales dessinent-elles une évolution historique ? Sont-elles corrélées à des tendances esthétiques particulières ? Les études réunies ici proposent quelques réponses à ces questions, à travers l'analyse de l'axiologie du romantisme noir de Ducray-Duminil à Gaston Leroux, en passant par Nodier, George Sand, Balzac ou Pétrus Borel.
Le numéro du Bulletin de la SHESVIE 28-2 sera consacré à un dossier spécial sur "Les classifications zoologiques d'Aristote à Linné. Approches historiques et lexicologiques" . Les éditeurs scientifiques en sont Meyssa Ben Saâd, Simon Thuault, Yoan Boudes et Axelle Brémont. Il sera découpé en cinq passionnants articles dont le premier explorera "La classification zoologique dans la civilisation arabe classique : approche lexicologique et épistémologique" (Philippe Provençal), puis les lecteurs pourront appréhender la richesse du " lexique de l'échelle des êtres dans le Traité des animaux d'Aristote et le De animalibus d'Albert le Grand" (Grégory Cless) avant de se pencher sur l'histoire du "Genre, maître mot du classement" (Philippe Lherminier) ainsi que sur "Les traités d'Ichtyologie vers 1555- La naissance de la "peinture scientifique" " (Katharina Kolb). Enfin, un groupe de jeunes chercheurs nous proposera une "Etude du lexique et des catégories zoologiques en vietnamien" (Phuong Duyen Nguyen, Arnaud Zucker, Danh Thành Do-Hurinville).
Comment des écrivains qui n'ont pas vécu la Shoah racontent-ils cet événement ? En France, cette question s'est posée de manière polémique à la parution des Bienveillantes de Jonathan Littell (2006) et de Jan Karski de Yannick Haenel (2009). Cet essai est consacré à l'ensemble de la littérature écrite en français par la génération des petits-enfants, soit par vingt-deux auteurs, qu'il s'agisse de descendants de victimes de la Shoah ou d'auteurs qui se sentent héritiers de cette mémoire. L'analyse de ces oeuvres permet de se pencher sur des questions très actuelles, comme la délicate appropriation d'un héritage, les supposés dangers de la fiction, ou encore l'utopie qui consiste à croire que l'on peut se faire témoin du témoin ou réparer le passé.
Si la plus importante figure philosophique du vingtième siècle était une femme, ce serait Simone Weil (1909-1943), comme on commence à le discerner aujourd'hui. En parcourant les lieux par où elle est passée, ce livre tente de reconstituer le chemin intellectuel et spirituel de Simone Weil. A chaque lieu, qui constitue un moment mental, est attaché un questionnement majeur de son oeuvre, si bien qu'à la fin la pensée de la philosophe apparaît dans sa globalité : c'est d'abord une philosophie de l'esprit où le miracle de la pensée tient dans le mystère des inspirations qui nous traversent. Mais Simone Weil ne peut suivre le fil de ses pensées que si elle se confronte à l'actualité de son époque, de 1929 à 1943, et qu'à travers les milieux sociaux très différents où elle sème le trouble (du syndicalisme à la France libre de Londres, en passant par le monde des usines, la guerre d'Espagne, l'exode de Juifs français) et les rencontres qu'elle fait. C'est une pensée à la fois très intérieure (mystique même) et complètement ouverte aux problèmes économiques, sociaux et politiques d'une tranche d'Histoire que ces pages essaient de reconstruire à partir de la géographie concrète que sa vie dessine. Cependant, l'ouvrage refuse d'enfermer Simone Weil en son temps et prend le risque d'actualiser sa pensée en interrogeant ce que sont devenus les campagnes, les villes et les pays qu'elle a traversés, jusqu'à faire un état des lieux de la France d'aujourd'hui. Une lecture des lieux à partir de sa pensée ; une lecture de sa pensée à travers les lieux.