Henri Herz, magnat de piano. La vie musicale en France au XIXe siècle (1815-1870)
Schnapper Laure
EHESS
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EAN :9782713222795
Qui se souvient d'Henri Herz (1803-1888), figure célèbre du monde musical au XIXe siècle? Pianiste virtuose, compositeur prolifique, professeur acharné, facteur de pianos renommé et propriétaire, avant Pleyel, d'une salle de concert des plus courues: rarement notoriété si grande chuta de façon aussi spectaculaire. L'itinéraire de cet immigré plein d'humour, qui désirait par-dessus tout gravir les échelons de la société, témoigne des goûts et des pratiques d'une époque. S'il connut gloire et prospérité, il subit aussi les foudres des artistes qui l'accusaient de flatter le nouveau maître, le public. Ainsi, après une carrière fulgurante qui le conduisit des salons parisiens à la conquête des Amériques, Herz fut détrôné par la figure émergente de l'artiste d'exception, le génie romantique qu'illustraient ses contemporains Liszt et Chopin. À une période charnière où les tensions se cristallisent autour d'une nouvelle conception de l'art et de l'artiste, entre "musique d'art" et "musique d'industrie", le parcours de ce musicien polyvalent fournit un matériau historique précieux sur la vie musicale et, bien avant les premiers enregistrements, sur l'activité des pianistes virtuoses. En s'intéressant à cet artiste-entrepreneur, Laure Schnapper éclaire un versant oublié de la vie culturelle et musicale en France. Enrichie de commentaires de partitions et d'extraits des journaux d'époque, cette étude contribue à renouveler, à travers le destin de ce magnat du piano, les relations entre histoire, musicologie et sciences sociales.
Nombre de pages
317
Date de parution
17/03/2011
Poids
612g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782713222795
Titre
Henri Herz, magnat de piano. La vie musicale en France au XIXe siècle (1815-1870)
Auteur
Schnapper Laure
Editeur
EHESS
Largeur
160
Poids
612
Date de parution
20110317
Nombre de pages
317,00 €
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S'il existe un principe constitutif de la musique qui puisse être considéré comme quasiment universel, c'est bien celui de l'ostinato, puisqu'on le retrouve aussi bien dans les musiques savantes de l'Occident (où il est attesté depuis le XIIIe siècle jusqu'à l'époque contemporaine) que dans pratiquement toutes les traditions musicales populaires recensées à ce jour, indépendamment de leur origine géographique. Bien que de nombreux travaux aient été consacrés à certaines formes musicales (telles la chaconne et la passacaille) au sein desquelles l'ostinato est mis en ?uvre, ce procédé de composition en tant que tel n'avait fait jusqu'ici l'objet d'aucune véritable synthèse. C'est cette lacune que vient combler cet ouvrage, à partir d'un large corpus : cette approche originale permet notamment de mettre en lumière des similitudes dans l'emploi du procédé par des musiques qui, par ailleurs, n'ont rien de commun. L'ostinato se révèle ainsi être un trait d'union entre les époques et les cultures.
Il y a cent ans, Fernand Halphen mourait d'une maladie contractée au front. Fils d'une riche famille israélite parisienne, rien ne le prédestinait à créer et diriger pendant deux ans et demi l'orchestre officiel des armées du nord. Les mélodies et la musique de chambre qu'il a composées reflètent l'atmosphère raffinée des salons de la IIIe République, âge d'or de la mélodie française. Le riche fonds d'archives qu'il avait réuni permet de retracer avec précision le parcours d'un compositeur français à une époque dominée par la mode wagnérienne et l'affaire Dreyfus. Proche de Gabriel Fauré et élève au Conservatoire, où il côtoie Reynaldo Hahn, Henri Büsser, Alfred Cortot, Charles Koechlin et Edouard Risler, avant d'obtenir le second prix de Rome, il aida financièrement les musiciens toute sa vie et même au-delà, prévoyant un important legs en faveur des élèves du Conservatoire, institué et soutenu par sa veuve Alice.
Systématiquement confondu avec les Strauss de Vienne, l'arrière-grand-père de Claude Lévi-Strauss est surtout connu aujourd'hui pour sa collection de judaïcas, à l'origine du musée d'Art et d'Histoire du judaïsme à Paris. C'est pourtant lui qui fut chargé des somptueux bals donnés tout au long du Second-Empire et qui fut le premier directeur du casino de Vichy. Violoniste, chef d'orchestre et entrepreneur infatigable, il dirigea également les bals masqués donnés à l'Opéra pendant le Carnaval, et publia près de 500 danses - quadrilles, valses et polkas -, dédiés aux membres les plus influents de la société. En retraçant les étapes qui ont mené Isaac Strauss (1806-1888), fils d'un modeste violoneux et barbier alsacien, à diriger les bals de la Cour et organiser le faste de Napoléon III, ce livre nous plonge dans les bals et leur musique, négligés des historiens et des musicologues, tout en montrant comment, après l'Emancipation, la musique a offert aux juifs une voie privilégiée pour s'intégrer à la société française.
Marseille est un laboratoire privilégié. La crise actuelle de son modèle de développement économique est aussi celle de son territoire. Aussi la mise en cause de ses équilibres spatiaux appelait-elle tant une lecture historique de la genèse des structures urbaines qu'une lecture géographique des distributions sociales et spatiales d'aujourd'hui. C'est à cette double démarche que répond ce livre. D'une part, en analysant les dimensions synchroniques des activités économiques et démographiques inscrites dans une morphologie urbaine socialement structurée. D'autre part, en construisant le modèle génétique de l'articulation entre division sociale et trame matérielle de la ville : un modèle " libéral ", fruit de stratégies et de conduites, tôt établi au XIXe siècle, porteur d'effets de longue durée, et qu'échoue à altérer une haussmannisation manquée. L'interaction entre modes d'agir et formes urbaines, entre continuités et discontinuités temporelles, a fait de Marseille un cas d'école : division sociale, morphologie, croissance y sont étroitement liées, dans l'espace comme dans l'histoire. La ville se lit dans les principes tant de sa construction sociale que de sa division sociale. La première est le produit d'une création urbaine portée par des groupes, propriétaires, négociants, entrepreneurs immobiliers, animés par des projets mais aussi soumis à des contraintes, des compromis et des ratages. La seconde dessine des oppositions, entre équerre des beaux quartiers, de Longchamp au Prado, et faubourgs industriels, ville et port, nord et sud, avec la Canebière comme frontière, oppositions qui sont autant de composantes historiquement situées d'une structuration sociale du territoire, Dans un double refus du postulat écologique, pour qui la conduite des hommes est subordonnée à l'influence du milieu, et du postulat sociologiste, pour qui la société se projette simplement et immédiatement sur un sol quasiment vierge, l'ouvrage de Marcel Roncayolo est ainsi exemplaire pour les trois modèles qu'il propose, de genèse historique de la ville contemporaine, d'interprétation des relations entre territoire et société, et de mobilisation croisée des démarches de la géographie et de l'histoire.