Ces dernières années, l'histoire environnementale, fondée dans les années 1970 aux États-Unis avant d'essaimer dans le monde entier, plus tardivement en France, s'est imposée comme un des champs de recherche les plus neufs et les plus dynamiques de la discipline historique. Ces travaux, qui ont modifié la compréhension de certains phénomènes sociaux et des conditions d'émergence du monde moderne, demeurent cependant encore mal connus. En introduisant auprès des lecteurs français une production publiée essentiellement aux Etats-Unis et en Angleterre mais aussi dans le monde entier aujourd'hui, l'enjeu de ce livre est de comprendre ce qui est réellement nouveau dans les enjeux environnementaux auxquels nous sommes confrontés. Il invite à jeter un regard neuf sur les sociétés du passé, pour faire apparaître qu'une des racines de la crise écologique est dans notre manière de raconter l'histoire en considérant la nature comme une simple toile de fond sur laquelle se déroule l'action des hommes et en oubliant à quel point notre histoire, faite de rapports de force et de relations inégales, est commune avec celle des non-humains, acteurs à part entière de l'histoire. Cet ouvrage, sans équivalent ni en français ni en anglais, s'adresse à la fois à un public de spécialistes des questions environnementales mais peu familier de l'histoire environnementale et à un public élargi souhaitant comprendre les racines historiques de la crise écologique et aussi lire d'autres histoires sur des faits historiques que nous croyons bien connaître.
Nombre de pages
304
Date de parution
06/05/2014
Poids
408g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782876739581
Titre
Qu'est-ce que l'histoire environnementale ?
Auteur
Quenet Grégory
Editeur
CHAMP VALLON
Largeur
140
Poids
408
Date de parution
20140506
Nombre de pages
304,00 €
Disponibilité
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Les tremblements de terre sont les grands absents des manuels scolaires, les oubliés de l'histoire de France. Pourtant, l'exploration des archives et des sources historiques fait apparaître que plus de 750 séismes ont frappé le territoire français aux XVIIe et XVIIIe siècles, dont plus de 250 ont causé des dommages matériels, pour certains considérables.Grégory Quenet révèle ici un pan ignoré de la mémoire longue de la "nation France", tout en mettant au jour de curieux épisodes: quelques jours après son mariage avec Marie-Thérèse, dans les Pyrénées, le jeune Louis XIV ressent le terrible tremblement de terre du 21 juin 1660 et cette coïncidence suffit pour faire courir des rumeurs d'un mauvais présage. Peu de temps après, paraît un poème qui érige pour la première fois les secousses sismiques en signe politique positif, annonçant la manière dont elles deviennent un attribut d'un souverain tout-puissant, dans la poésie, le théâtre et l'opéra... Les savants ne sont pas en reste: les membres de l'Académie Royale des Sciences de Paris entendent près de deux cents communications sur le sujet en un siècle et demi.Cette histoire tellurique méconnue se déploie sur un théâtre européen: le 1"novembre 1755, Lisbonne est détruite par un séisme exceptionnel, suivi d'un tsunami et d'un incendie non moins monstrueux. Cet événement ébranle l'Europe entière, suscitant des dons multiples et un débat philosophico-théologique de grande ampleur sur l'existence du Mal. L'opinion publique se passionne pour les querelles scientifiques sur la cause des tremblements de terre, qui voient la victoire des théories électriques. Quant au roi de Prusse, Frédéric le Grand, en 1756, il décide de faire interdire l'existence des tremblements de terre dans son royaume, menaçant de jeter en prison quiconque prétendra en avoir ressenti un! Loin de l'anecdote, tous ces épisodes révèlent la manière dont les tremblements de terre, mal connus et mal définis au début du XVIe siècle, deviennent peu à peu un objet scientifique, juridique, politique et culturel, aux contours de plus en plus précis. Ils cristallisent les interrogations des Lumières sur la nécessité et les moyens de lutter contre les catastrophes et le mal physique. La conviction que les secousses se multiplient après 1750 hante les observateurs et les passions telluriques trouvent leur paroxysme en France. Du fléau de Dieu au risque naturel, ce livre fait pour la première fois des tremblements de terre un objet d'histoire, qui réfracte les peurs individuelles et collectives, réelles et imaginaires, tout en témoignant des débats et des combats qui sont à la source de notre modernité"
Contre ceux qui souhaitaient faire raser le palais à la Révolution française, Versailles a été sauvé. Il fut ensuite ressuscité comme objet scientifique et patrimonial, peu à peu réintégré à la mémoire nationale. Considéré comme l'une des plus belles réalisations de l'art français au XVIIe siècle, lieu du pouvoir qui dit le pouvoir, objet scientifique savamment décortiqué, Versailles est devenu la France, l'histoire incorporée en un palais et ses jardins. En vérité, une partie du lieu a définitivement disparu. Le Versailles animal, organique, vivant, énergétique s'est éteint définitivement avec le départ du roi et de la Cour à la fin de l'année 1789. Le domaine actuel de Versailles n'est qu'une petite portion du vaste territoire du Versailles d'autrefois, dont l'emprise s'étendait bien au-delà des terres possédées par le roi. Les réseaux techniques, les édifices, les inscriptions physiques et juridiques du parc de chasse ont laissé de nombreuses traces, mais ce sont les reliques d'un ensemble plus vaste, plus puissant et vivant. Les flux, les matières, les animaux, les rapports de force, l'entremêlement avec le territoire et les hommes sont devenus invisibles, et ne subsistent qu'indirectement par la manière dont ils ont configuré la société et le gouvernement, et dont ceux-ci les ont à leur tour manipulés et transformés. C'est cette autre histoire de Versailles que raconte ce livre, une histoire où la nature est incorporée dans le social et le politique, et où l'homme est contenu dans la nature. Cette perspective fait s'effondrer l'histoire officielle du rapport entre pouvoir et nature en France incarnée par le château et ses jardins. Loin du stéréotype d'une nature aménagée, rationalisée et contrôlée, Versailles a toujours " fui " de partout...
Aux fondements de la pensée écologiquePourquoi toute l'histoire de l'écologie est-elle marquée par de fortes mobilisations et des succès suivis de déceptions et de reculs brutaux ? Comme si, de toutes les grandes idéologies du XXe siècle, elle était la seule à être incapable de prendre le pouvoir, même dans un XXIe siècle qui semble lui donner raison. Plutôt que de retracer une histoire des idées ou des courants écologiques ? au risque d'une énumération décourageante ?, Grégory Quenet propose ici de saisir les fondements de la pensée écologique. Partant, il donne à voir les ambivalences et les paradoxes qui animent cette dernière. On découvre alors que l'écologie se distingue moins par son objet que par une tension, une dynamique. L'écologie est la seule idéologie à ne pas avoir fondé de projet de réalisation dans l'histoire, préférant un modèle spatial ? le paradis perdu ? à protéger, à réinstituer. Ainsi cerne-t-on au plus près ce qui l'empêche de progresser dans le temps, ce qui en elle doit être refondé.
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.
Les figures souvent grotesques créées par James Ensor s'animent. Elles évoquent la mer du Nord, Ostende la ville balnéaire et ses habitants évanouis, le retour du carnaval ou le célèbre Bal du Rat mort. Libérées des tableaux où leur apparition continue à nous surprendre, elles haussent parfois le ton entre les murs d'une baraque abandonnée, se répondent et s'affrontent. Elles aimeraient régler de vieux comptes. Elles interpellent un visiteur à la nature incertaine. Tout à la fois ancrées dans leur époque et hors du temps, les voix interrogent, avec une ironie d'outre-tombe, la disparition des corps qui un jour les habillèrent. Avoir connu semblable mascarade est-il possible ailleurs qu'en un rêve où l'on croisera les ombres de Proust, Rilke, Roth, Celan ou Perec bien vivant, installé à la terrasse d'un café ...