Pour le bien des animaux, celui de la planète et pour préserver notre santé, il faudrait de toute urgence renoncer à l'alimentation carnée voire à tous les produits animaux et, en clôturant dix mille ans de vie commune avec les vaches et les brebis, librement consentir à une agriculture sans élevage. Après des décennies de silence médiatique et politique sur la violence industrielle contre les animaux, pourquoi cette soudaine prise de conscience ? C'est en reprenant le fil de l'industrialisation de l'élevage depuis le XIXe siècle et ses liens historiques avec la "cause animale" que l'on peut comprendre la situation actuelle et le développement des start-up de la "viande propre", amie des animaux et des milliardaires. La science et l'industrie, aujourd'hui comme hier, concoctent pour nous "un monde meilleur". Sommes-nous bien sûrs qu'il correspond à nos désirs ...
Nombre de pages
115
Date de parution
11/09/2019
Poids
140g
Largeur
130mm
Plus d'informations
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EAN
9782356876553
Titre
Cause animale, cause du capital
Auteur
Porcher Jocelyne
Editeur
BORD DE L EAU
Largeur
130
Poids
140
Date de parution
20190911
Nombre de pages
115,00 €
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En moins de cinquante ans, l'élevage en France a été transformé en un ensemble d'activités de " productions animales " identiques dans leurs objectifs et dans l'essentiel de leurs moyens à d'autres productions industrielles. Cette évolution a conduit, grâce à l'appui des scientifiques, à réduire l'élevage à sa seule rationalité économique, et à convertir les éleveurs en producteurs de biens d'origine animale. Si la réussite quantitative de cette transformation est indéniable, son échec est par ailleurs patent. En occultant les rationalités relationnelles de l'élevage qui fondent et justifient notre lien aux animaux, les " productions animales " ont anéanti le sens même de cette relation et construit un rapport aux animaux d'élevage basé sur une exploitation sans merci et sur le déni du lien. Contre la souffrance, les éleveurs témoignent de leur attachement à leurs animaux et de la place de l'affectivité et de la communication dans leur travail. Contre un monde désincarné et désenchanté, dans lequel " on produit des cochons comme on produit des chaussures ", c'est-à-dire ici ou ailleurs, et contre une société dans laquelle ni les éleveurs ni leurs animaux n'auront bientôt plus aucune place, il nous appartient collectivement d'apprendre à travailler avec les animaux d'élevage autrement, de réinventer le lien.
Partout dans le monde et dans de nombreux secteurs de production, une gigantesque main-d'?uvre est employée sans que soient évaluées les richesses matérielles et immatérielles qu'elle produit, ni que soit compris et reconnu le travail qu'elle effectue. Cette main-d'?uvre est constituée des millions d'animaux...
Le terme "végane" , ignoré du grand public il y a encore peu, emplit aujourd'hui l'espace médiatique, moral et politique. Ecrivains, journalistes, philosophes, artistes ou encore sportifs, affichent leur adhésion à ce qui est présenté comme une orientation alimentaire autant qu'un mode de vie. Se dire végane, c'est afficher des vertus morales, un respect de la planète et des animaux, qui vous distingue du commun. Go vegan ! est une injonction lancée comme un choix facile. Ce dossier d'Etudes rurales rassemble des contributions pluridisciplinaires qui montrent, au contraire, que le véganisme n'a rien d'une évidence, ni du point de vue de son histoire, de l'engagement subjectif qu'il nécessite, de l'impact qu'il a sur la santé ou des contradictions intrinsèques qu'il porte. En effet, le monde végane, qui nous est vendu à grands renforts de bons sentiments et de "rupture civilisationnelle" , ressemble fort au monde actuel, ancré dans notre système économique. Un monde qui refuse toutes formes de relations de travail avec les animaux et qui oeuvre à l' "abolition" de nos dix millénaires de compagnonnage domestique et à l'émergence d'alternatives plus rentables.
Biographie de l'auteur Jocelyne Porcher est chargée de recherches à l'Institut national de la recherche agronomique. Ses recherches iconoclastes sur la relation de travail entre humains et animaux ont fait date. Elle est notamment l'auteur de Eleveurs et animaux, réinventer le lien (PUF, 2002), Bien-être animal et travail en élevage (Educagri/INRA, 2004), Cochons d'or, l'industrie porcine en questions (Quae, 2010).
Tout en décrivant une population cachée de femmes insérées qui consomment et revendent des drogues, l'ouvrage aborde la manière dont les usagères-revendeuses jouent avec les critères des profilages policiers pour limiter les risques répressifs, et gèrent leurs usages sans recourir à des structures de prise en charge des addictions.
C'est dans le double sens de la formule "â¯Le corps à l'oeuvreâ¯" que réside l'originalité de l'ouvrage. Il s'agit aussi bien de mettre l'accent sur le fait que c'est le corps de l'écrivain ou de l'artiste qui fait effectivement oeuvre, qui est au travail dans le processus créatif, que de penser la création comme un trajet qui va du corps jusqu'à l'oeuvre réalisée, puis l'oeuvre reçue, lue, vue ou écoutée.
Cet essai examine la discrétion comprise comme vertu sociale essentielle dans une société décente: elle est étudiée non pas en tant que qualité morale individuelle, mais comme un concept social qui permet de penser les phénomènes d'invisibilité sociale choisie, et non seulement subie. La discrétion caractérise les grands esprits, qui construisent leur oeuvre dans l'ombre et le silence. Ils préfèrent la patience du penser à la fébrile agitation de l'opinion médiatique. Et si cette sagesse se transfusait un peu à tous les citoyens...