Etudes rurales N° 210, juillet-décembre 2022 : Un monde végane
Porcher Jocelyne
EHESS
32,50 €
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EAN :9782713229336
Le terme "végane" , ignoré du grand public il y a encore peu, emplit aujourd'hui l'espace médiatique, moral et politique. Ecrivains, journalistes, philosophes, artistes ou encore sportifs, affichent leur adhésion à ce qui est présenté comme une orientation alimentaire autant qu'un mode de vie. Se dire végane, c'est afficher des vertus morales, un respect de la planète et des animaux, qui vous distingue du commun. Go vegan ! est une injonction lancée comme un choix facile. Ce dossier d'Etudes rurales rassemble des contributions pluridisciplinaires qui montrent, au contraire, que le véganisme n'a rien d'une évidence, ni du point de vue de son histoire, de l'engagement subjectif qu'il nécessite, de l'impact qu'il a sur la santé ou des contradictions intrinsèques qu'il porte. En effet, le monde végane, qui nous est vendu à grands renforts de bons sentiments et de "rupture civilisationnelle" , ressemble fort au monde actuel, ancré dans notre système économique. Un monde qui refuse toutes formes de relations de travail avec les animaux et qui oeuvre à l' "abolition" de nos dix millénaires de compagnonnage domestique et à l'émergence d'alternatives plus rentables.
Nombre de pages
176
Date de parution
17/01/2023
Poids
324g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782713229336
Titre
Etudes rurales N° 210, juillet-décembre 2022 : Un monde végane
Auteur
Porcher Jocelyne
Editeur
EHESS
Largeur
160
Poids
324
Date de parution
20230117
Nombre de pages
176,00 €
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En moins de cinquante ans, l'élevage en France a été transformé en un ensemble d'activités de " productions animales " identiques dans leurs objectifs et dans l'essentiel de leurs moyens à d'autres productions industrielles. Cette évolution a conduit, grâce à l'appui des scientifiques, à réduire l'élevage à sa seule rationalité économique, et à convertir les éleveurs en producteurs de biens d'origine animale. Si la réussite quantitative de cette transformation est indéniable, son échec est par ailleurs patent. En occultant les rationalités relationnelles de l'élevage qui fondent et justifient notre lien aux animaux, les " productions animales " ont anéanti le sens même de cette relation et construit un rapport aux animaux d'élevage basé sur une exploitation sans merci et sur le déni du lien. Contre la souffrance, les éleveurs témoignent de leur attachement à leurs animaux et de la place de l'affectivité et de la communication dans leur travail. Contre un monde désincarné et désenchanté, dans lequel " on produit des cochons comme on produit des chaussures ", c'est-à-dire ici ou ailleurs, et contre une société dans laquelle ni les éleveurs ni leurs animaux n'auront bientôt plus aucune place, il nous appartient collectivement d'apprendre à travailler avec les animaux d'élevage autrement, de réinventer le lien.
Pour le bien des animaux, celui de la planète et pour préserver notre santé, il faudrait de toute urgence renoncer à l'alimentation carnée voire à tous les produits animaux et, en clôturant dix mille ans de vie commune avec les vaches et les brebis, librement consentir à une agriculture sans élevage. Après des décennies de silence médiatique et politique sur la violence industrielle contre les animaux, pourquoi cette soudaine prise de conscience ? C'est en reprenant le fil de l'industrialisation de l'élevage depuis le XIXe siècle et ses liens historiques avec la "cause animale" que l'on peut comprendre la situation actuelle et le développement des start-up de la "viande propre", amie des animaux et des milliardaires. La science et l'industrie, aujourd'hui comme hier, concoctent pour nous "un monde meilleur". Sommes-nous bien sûrs qu'il correspond à nos désirs ...
Partout dans le monde et dans de nombreux secteurs de production, une gigantesque main-d'?uvre est employée sans que soient évaluées les richesses matérielles et immatérielles qu'elle produit, ni que soit compris et reconnu le travail qu'elle effectue. Cette main-d'?uvre est constituée des millions d'animaux...
Biographie de l'auteur Jocelyne Porcher est chargée de recherches à l'Institut national de la recherche agronomique. Ses recherches iconoclastes sur la relation de travail entre humains et animaux ont fait date. Elle est notamment l'auteur de Eleveurs et animaux, réinventer le lien (PUF, 2002), Bien-être animal et travail en élevage (Educagri/INRA, 2004), Cochons d'or, l'industrie porcine en questions (Quae, 2010).
Marseille est un laboratoire privilégié. La crise actuelle de son modèle de développement économique est aussi celle de son territoire. Aussi la mise en cause de ses équilibres spatiaux appelait-elle tant une lecture historique de la genèse des structures urbaines qu'une lecture géographique des distributions sociales et spatiales d'aujourd'hui. C'est à cette double démarche que répond ce livre. D'une part, en analysant les dimensions synchroniques des activités économiques et démographiques inscrites dans une morphologie urbaine socialement structurée. D'autre part, en construisant le modèle génétique de l'articulation entre division sociale et trame matérielle de la ville : un modèle " libéral ", fruit de stratégies et de conduites, tôt établi au XIXe siècle, porteur d'effets de longue durée, et qu'échoue à altérer une haussmannisation manquée. L'interaction entre modes d'agir et formes urbaines, entre continuités et discontinuités temporelles, a fait de Marseille un cas d'école : division sociale, morphologie, croissance y sont étroitement liées, dans l'espace comme dans l'histoire. La ville se lit dans les principes tant de sa construction sociale que de sa division sociale. La première est le produit d'une création urbaine portée par des groupes, propriétaires, négociants, entrepreneurs immobiliers, animés par des projets mais aussi soumis à des contraintes, des compromis et des ratages. La seconde dessine des oppositions, entre équerre des beaux quartiers, de Longchamp au Prado, et faubourgs industriels, ville et port, nord et sud, avec la Canebière comme frontière, oppositions qui sont autant de composantes historiquement situées d'une structuration sociale du territoire, Dans un double refus du postulat écologique, pour qui la conduite des hommes est subordonnée à l'influence du milieu, et du postulat sociologiste, pour qui la société se projette simplement et immédiatement sur un sol quasiment vierge, l'ouvrage de Marcel Roncayolo est ainsi exemplaire pour les trois modèles qu'il propose, de genèse historique de la ville contemporaine, d'interprétation des relations entre territoire et société, et de mobilisation croisée des démarches de la géographie et de l'histoire.