Bruno en Calabre. Histoire d'une fondation monastique dans l'Italie normande
Peters-Custot Annick
ECOLE ROME
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EAN :9782728309856
La figure de Bruno, qui fonda la Grande Chartreuse à la fin du XIe siècle, est celle d'un illustre méconnu. Pourtant, son destin fut brillant et classique à la fois : maître à l'école de Reims, acquis aux idéaux de la réforme pontificale, puis lancé dans la vie religieuse, il quitta précocement la Grande Chartreuse à l'appel du pape Urbain II, et passa les dernières années de sa vie dans la Calabre méridionale que le comte Roger Ier de Hauteville avait depuis peu arrachée à l'Empire byzantin. Toutefois, malgré le succès de la Grande Chartreuse, et la constitution, d'un ordre cartusien prolifique quelques décennies après sa mort (6 octobre 1101), Bruno ne fut pas l'objet d'une production hagiographique immédiate, et ne fut que tardivement canonisé. Cette lacune semble avoir conforté l'isolement d'une Calabre méconnue par les contemporains de Bruno eux-mêmes. Le fertile renouvellement historiographique qui s'est déployé durant ces dernières décennies autour des formes monastiques qui ont marqué l'Occident à partir du XIe siècle, et dont maints acteurs sont nés ou ont séjourné dans l'Italie méridionale, a certes permis de reprendre l'histoire de Bruno, de la Grande Chartreuse, de l'ordre cartusien et du monachisme du « Mezzogiorno » par le biais, d'interrogations neuves sur l'émergence des ordres monastiques, l'institutionnalisation du charisme et la construction d'une memoria monastique. Toutefois, ce mouvement a rencontré, dans cette terre originale qu'est la Calabre normande, des difficultés spécifiques, largement liées à une documentation délicate, souvent réécrite, sinon falsifiée. Alors que l'historiographie de l'Italie méridionale et de la Sicile normandes connaît elle aussi un intense, renouveau, il devenait opportun de répercuter l'ensemble de ces apports stimulants sur l'histoire de Bruno et de sa fondation calabraise au destin pluriel. C'est l'ambition de cet ouvrage que de réinsérer à la fois Bruno et la Calabre méridionale dans l'histoire de l'Occident médiéval, entre politique Hauteville, interaction pontificale à l'époque de la réforme de l'Église, et renouveau monastique général.
Nombre de pages
430
Date de parution
01/01/2014
Poids
694g
Largeur
161mm
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EAN
9782728309856
Titre
Bruno en Calabre. Histoire d'une fondation monastique dans l'Italie normande
Auteur
Peters-Custot Annick
Editeur
ECOLE ROME
Largeur
161
Poids
694
Date de parution
20140101
Nombre de pages
430,00 €
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Basile de Césarée fut assurément un grand théologien et un évêque remarquable, par quoi il est reconnu comme Père de l'Église. Une tradition ultérieure a laissé de lui un portrait moins assuré : celui d'un législateur monastique et d'un père des moines. Le monachisme oriental ignorait les catégories occidentales de règle et d'ordre monastique. De son côté, l'Occident latin usa de l'expression de règle puis d'ordre de saint Basile dans une logique de classification des expériences monastiques, qui fut consacrée par le concile de Latran IV en 1215. Plus tard, du xive au xviie siècle, la papauté dut faire face au déclin du monachisme italo-grec, à l'intégration d'un monachisme oriental sous sa juridiction et à l'émergence de formes locales d'érémitisme collectif en quête d'une référence patristique. Ainsi naquirent l'Ordre de saint Basile (au milieu du xve siècle), la congrégation basilienne (1573) et les moines dits « basiliens ». Cet ouvrage analyse la réception monastique de Basile et révèle les chemins méconnus qui ont conduit ce Père grec au coeur de l'histoire monastique de l'Europe. Le sujet, ncore peu exploré, pose la question d'une identité monastique circulant entre Orient et Occident chrétiens. La géographie de ce voyage est vaste : elle relie l'Empire byzantin et la chrétienté romaine médiévale et moderne. L'ombre de Basile de Césarée ne cesse de planer comme une filiation possible sur les moines de tous siècles et de tous pays. Ce livre, publié sous la direction d'Annick Peters-Custot (professeure d'histoire médiévale, Nantes Université) et d'Olivier Delouis (chargé de recherche au CNRS, Maison française d'Oxford et UMR 8167 Orient et Méditerranée, Paris) est le fruit d'un programme de recherche intitulé Les moines autour de la Méditerranée. Contacts, échanges, influences entre Orient et Occident, de l'Antiquité tardive au Moyen Âge, dont est également issu l'ouvrage Les mobilités monastiques en Orient et en Occident (2019, Collection l'École française de Rome).
Martin Jean-Marie ; Peters-Custot Annick ; Prigent
Ce quatrième et dernier volume du programme L'héritage byzantin en Italie (VIIIe-XIIe siècle), qui cherchait à analyser et à comparer l'évolution des régions autrefois soumises à l'autorité byzantine, de la Vénétie à la Sicile et à la Sardaigne en passant par Ravenne, Rome, Naples, le Salento et la Calabre, a pour thème des realia. On s'est intéressé aux originalités touchant à l'occupation du sol, aux formes de la grande propriété, aux contrats agraires et aux platee (listes de dépendants), enfin à la production et au commerce. La Sicile (sous les dominations byzantine et islamique) et la Sardaigne judicale (souvent négligée) sont bien représentées, à côté des diverses régions continentales ayant dépendu de l'Exarchat. Si, comme on s'y attendait, les évolutions sont dissemblables, les conclusions de Chris Wickham montrent la force de la tradition byzantine à propos de la grande propriété et du commerce ; l'héritage byzantin n'est pas uniforme, mais, même dans ces domaines éloignés de l'idéologie, il a laissé des traces durables.
Le prestige de la langue grecque parcourt tel un fil rouge tout le Moyen Âge. Lorsque les quatre Pères fondateurs de l'abbaye de Lérins choisissent des pseudonymes orientaux, Macaire, Sérapion, Paphnuce et Macaire, c'est pour se parer des atours d'une origine orientale, porteuse, dès ce Ve siècle, d'un label d'ascétisme. Ce prestige est tout autant celui de la langue du Nouveau Testament que des auteurs qui avaient écrit dans cette langue, les Pères pour l'essentiel. Ancienne terre byzantine, espace de contact entre chrétiens d'Orient et d'Occident, l'Italie occupe une place particulière dans la réception européenne médiévale de la mémoire des Pères grecs. Loin de faire l'histoire linéaire d'une (re)découverte des Pères grecs et cappadociens, trouvant son acmé dans un humanisme qui serait le parangon et l'avènement de la modernité, cet ouvrage envisage la superposition des strates mémorielles, des traductions, des circulations, fortuites et provoquées, des appropriations et des usages des Pères orientaux jusqu'aux humanistes qui en tirèrent arguments pour mieux légitimer le mouvement dont ils se voulaient porteurs et pour lequel ils présentaient comme une restauration ce qui était un héritage millénaire. Ont contribué à cet ouvrage : Guillaume Bady, Bernadette Cabouret, Emanuela Colombi, Maria Corsi, Michele Cutino, Carlo Delcorno, Isabelle Fabre, Camille Gerzaguet, Stéphane Gioanni, Patrick Henriet, Marie-Céline Isaïa, Alessandra Malquori, Annick Peters-Custot, Marie Piccoli-Wentzo, Gian Luca Potestà, Filippo Ronconi, Camille Rouxpetel, Peter Van Deun.
Passé d'une rive à l'autre de l'Atlantique, d'Occident en Orient, John Tolan est depuis son arrivée à Nantes, à la fin du XXe siècle, l'un des historiens qui, au plan international, s'est le plus consacré aux transferts et aux échanges dans la Méditerranée médiévale et aux échos contemporains de cette histoire complexe. Pour lui rendre hommage, une vingtaine de chercheurs a souhaité mettre en relief et interroger des figures de passeurs. Au fil des pages, dans des contextes fort différents, se dessinent individus, groupes ou institutions et, à travers eux, les interrelations, toujours riches et éventuellement conflictuelles, qu'ils ont permises. Une temporalité ample, dépassant le Moyen Age placé au coeur du livre, et un cadre géographique large s'imposaient, propres à souligner les changements de contexte que John Tolan, dans ses travaux, a si bien analysés en opérant à sa suite une approche pluridisciplinaire qui réunit l'histoire, l'étude des langues et l'ensemble des sciences sociales.
L'auteur ne voulait pas faire une histoire de la banque à Rome. Pour ne pas moderniser l'Antiquité, il a choisi de s'intéresser aux métiers des manieurs d'argent, changeurs, prêteurs, dépositaires, vendeurs aux enchères, etc., qui ne sont pas tous des "banquiers" comme nous l'entendons. Jean Andreau, pour comprendre la logique propre du système économique romain, n'a pas voulu non plus isoler la banque ni de l'ensemble des pratiques financières des Romains (essai des monnaies (validation), change, dépôt et crédit, service de caisse, transfert de fonds), ni de la division du travail des métiers d'argent selon les conditions sociales (les banquiers professionnels, les notables, les esclaves et affranchis). A travers l'entrée des métiers et celle des statuts de travail, l'auteur réussissait à reconstruire de manière différenciée, identifiant des groupes et des pratiques différentes, les cadres technique, juridique et social de la vie économique romaine.
Le déploiement désordonné de la cruauté infernale semble rétif à toute mesure et à toute chronologie. Il s'agit pourtant, dans cet ouvrage, d'historiciser les conceptions et les représentations de l'enfer. Le livre montre que l'importance des représentations infernales ne cesse de s'accentuer au cours de la période étudiée. On ne bascule pas dans le "christianisme de la peur", car l'enfer s'inscrit toujours dans une séquence et le faire peur n'est que le point de départ d'un faire agir. L'image de l'enfer invite à se libérer de la faute qu'elle fait voir, grâce aux moyens de salut offerts par l'Eglise. L'analyse de plusieurs centaines d'oeuvres permet de situer au Camposanto de Pise, dans les fresques de Buonamico Buffalmacco, l'épicentre d'une mutation décisive. S'impose alors un compartimentage des lieux infernaux et une logique pénale prenant pour base principale le septénaire des péchés capitaux. C'est le signe d'une recherche accrue d'efficacité, en rapport étroit avec la pratique de la confession. Dès lors, la figuration de l'enfer est à la fois une incitation à avouer ses fautes et une préparation à l'examen de conscience dont elle anticipe la forme.
En combinant une histoire sociale de la région à une anthropologie historique du christianisme moderne, cet ouvrage constitue une introduction à l'histoire des chrétiens du Proche-Orient à partir du XVIIe siècle. Il offre des clés pour saisir leur situation concrète et légale dans l'islam et dans le régime politique ottoman. Il met en lumière la proximité structurelle des chrétiens avec leur entourage musulman, mais il démontre aussi la nécessité d'une réflexion sur l'organisation interne des Eglises et des communautés. L'ouvrage porte également sur les conditions de la rencontre et de l'interaction entre les chrétiens locaux et le catholicisme moderne. Terre Sainte, Croisade et Réforme de l'Eglise forment le cadre idéologique et spirituel dans lequel se déploie l'activité missionnaire sur le terrain, selon des méthodes qui s'apparentent à celles des missions en direction des catholiques européens, et s'adaptent mieux aux dissidents de l'islam qu'aux sunnites. A travers le développement de l'enseignement et de l'alphabétisation, ou la constitution de confréries, émerge progressivement un catholicisme oriental, différencié de l'orthodoxie et de l'islam, et caractérisé par une mentalité dévote, une mort "christianisée", un nouveau culte des saints, une pratique matrimoniale transformée.
L'établissement de la domination romaine sur le monde grec ne relève pas seulement de l'histoire politique et militaire, mais aussi d'une histoire culturelle qui conduira à la mise en place d'un véritable empire bilingue. Centré sur la période allant de 200 à 85 av J-C, cet ouvrage aborde les thèmes suivants : la liberté des Grecs dans la propagande romaine et l'écho qu'il rencontra ; la réflexion sur la conquête et l'empire de Rome menée par les historiens et les philosophes grecs ; le contenu des messages que les Grecs adressèrent tant aux Romains qu'à leurs compatriotes ; la signification politique et proprement culturelle du philhellénisme de certains aristocrates romains.