Miroirs sans visage. Du courtisan à l'homme de la rue
Ossola Carlo
SEUIL
20,60 €
Sur commande
EAN :9782020206020
Aucun traité n'a eu, dans l'Europe moderne, un succès aussi reconnu et la valeur de modèle sans égal que Le Livre du Courtisan de Baldassar Castiglione. Ce livre n'évoque pas seulement la vie de Cour au XVIème siècle mais donne forme à une société dans laquelle le privilège est accordé à la conversation plutôt qu'aux armes, à l'art de s'entretenir et à l'exercice d'une sagesse simplement humaine. De la nonchalance avertie du courtisan, l'essai de Carlo Ossola nous conduit au Weltmann, à la scène urbaine des "esprits éveillés" du XVIIIème siècle, qui associent le soin des "airs et des manières" de la Renaissance au goût piquant et mondain de l'âge des Lumières. Cette société savante donne naissance au public, avec ses journaux, ses débats, ses salons. Mais le XIXème siècle, le siècle des peuples et des patries, transformera lentement le public en foule, qui parcourt les villes industrielles, qui se presse en rangs serrés dans des travaux collectifs, chiffrés, sans héros et sans destin. Notre siècle n'a fait qu'hériter de cette foule, l'aplanir en masse, la lancer dans les guerres et dans les pillages de la vie de consommation. Ce livre commence donc par les gestes nobles et reposés du courtisan et arrive à l'anonymat de nos jours, où il n'y a plus de visage ni d'accent propre. Cet essai est aussi bien un parcours dans l'histoire moderne qu'un questionnement discret de notre temps, pour nous faire savourer le bonheur d'être, chacun de nous, un nom unique, prononcé une seule fois, cette fois, dans la suite des générations humaines.
Commandé avant 16h, livré demain
Nombre de pages
272
Date de parution
07/05/1997
Poids
260g
Largeur
140mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782020206020
Titre
Miroirs sans visage. Du courtisan à l'homme de la rue
ISBN
2020206021
Auteur
Ossola Carlo
Editeur
SEUIL
Largeur
140
Poids
260
Date de parution
19970507
Nombre de pages
272,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison à domiciledès 5,10 €
Résumé : Notre époque, fascinée par les mythes d'Ulysse, par les emblèmes de la sagesse active, a un peu oublié les vertus passives : la patience, le renoncement, le détachement, la pure perte de soi. Non plus la prise, mais la déprise de Roland Barthes, l'abandon, le détachement de Maître Eckhart, le fait de se laisser aller en soi, au repos de soi, de faire le vide et le silence à l'intérieur et à l'entour. Le lieu en nous où cesse toute arrogance, où l'on accède sur la pointe des pieds, l'existence minimale accueillie avec une juste retenue. La pure perte est telle seulement si elle garde mémoire non de la perte mais de la pureté absolue de cet effacement sans traces.
Résumé : À l'origine fut la poésie des fondateurs: le récit épique; ensuite surgit la poésie de l'homme: la tragédie, la lyrique; puis l'histoire de ses gestes, de ses entreprises; enfin, le sens à donner à toute cette oeuvre issue de ses mains, à cette fabrication d'outils et de monuments: la philosophie de l'histoire. Par ses négations, ses ruptures de civilisation, le XXe siècle a humilié le sens de l'histoire, le livre de la famille humaine. Nous livrant, par ailleurs, à des savoirs analytiques qui creusent et renvoient sans cesse le moment et la possibilité même d'une soudure, d'une synthèse, nous ne pouvons plus "nous représenter" nous-mêmes, notre statut de vivants, communauté d'êtres uniques et solidaires. Ce livre s'est donc formé comme un parcours "étiologique", une recherche des causes, dont la poésie - comme aux origines des écritures et au-delà des apories de l'histoire et des sciences - reste le témoin le plus fidèle. Une poésie néanmoins consciente de son inactualité: car sa parole - comme l'écrit Paul Celan - n'est pas d'ici; elle est le Zeltwort, le " mot-tente " qui nous réunit, " au nord du futur ".
Ce volume rassemble les actes du Colloque que le Collège de France et son Institut d'Etudes Littéraires ont réuni, les 22 et 23 juin 2004, pour méditer, à l'occasion du VIIe centenaire de la naissance du poète, sur l'héritage de Pétrarque dans la poésie européenne et sur la conscience que celle-ci a de sa mission. Père de la République des Lettres, cet humaniste qui sut unir l'héritage des classiques latins à la lecture des Pères de l'Église se présente au XXe siècle, après tant de pétrarquisme lyrique européen, comme le fondateur d'un "moi" poétique qui se constitue par déchirement et par tension "obstinée" de la pensée: "Déjà en moi la fatigue de penser comment/mes pensées en vous sont sans fatigue", Io son già stanco di pensar si come/i miei pensier"in voi stanchi non sono (RVF, 74). Le moraliste du Secretum, l'architecte de la figuration du temps et de l'éternité (les Triomphes), le poète épique de l'Africa, le poète chrétien des Psaumes pénitentiels et de L'Itinéraire de Gênes à Jérusalem se retrouvent dans le bréviaire de souffrance et de délivrance du Chansonnier, ces Rerum vulgarium fragmenta que compose une" mémoire amoureuse "(RVF, LXXI), capable de sauvegarder" de l'irréel intact dans le réel dévasté "(René Char, Rémanence). Et Yves Bonnefoy, en accomplissant une tradition du XXe siècle qui réunit - autour de la leçon de Pétrarque - Ossip Mandelstam et Paul Celan, Vittorio Sereni et Andrea Zanzotto, couronne à la fois ce parcours de poésie et le volume qui veut en rendre compte en proposant dix-neuf traductions nouvelles de sonnets de Pétrarque."
Notre époque, fascinée par les mythes d?Ulysse, par les emblèmes de la sagesse active, a un peu oublié les vertus « passives »: la patience, le renoncement, le détachement, la pure perte de soi. Non pas la prise, mais la « déprise » de Roland Barthes, la Résistance et soumission de Dietrich Bonhoeffer, l?abandon, le détachement, l?Abgeschiedenheit silencieuse de Maître Eckhart, le fait de « se laisser aller en soi, au repos de soi », de faire le vide et le silence à l?intérieur et à l?entour. Le lieu en nous où cesse toute arrogance, où l?on accède sur la pointe des pieds, l? « existence minimale » accueillie avec une juste « retenue »: « le Neutre serait l?habitation généralisée de l?en deçà, de la réserve, de l?avance de l?esprit sur le corps (R. Barthes, Retenue, in Le Neutre, cours au Collège de France, 1977-1978). La « pure perte » est telle seulement si elle garde mémoire non de la perte mais de la pureté absolue de cet effacement sans traces.Carlo Ossola est professeur au Collège de France, chaire de « Littératures modernes de l?Europe néolatine ». En pure perte réunit les thèmes essentiels de son cours de 2004-2005.
L'an dernier nous avons rencontré une de mes amies, Berthe. Ma fille, Mathilde, qui avait alors treize ans, connaissait Berthe, n'ignorait pas qu'elle avait été à Auschwitz. Pourtant, cet été-là, elle eut un choc en voyant son numéro sur son avant-bras gauche, tatoué d'une encre bleue un peu délavée. Ce qui m'a frappée, quand j'ai tenté de répondre à Mathilde pour lui expliquer ce qu'était Auschwitz, c'est que ses questions étaient les mêmes que celles que je me posais moi-même indéfiniment, ou qui traversent depuis plus d'un demi-siècle la réflexion des historiens et des philosophes et auxquelles il est si difficile de répondre. Car s'il m'est facile comme historienne d'expliquer comment s'est déroulé le génocide des Juifs, il reste un noyau proprement incompréhensible : pourquoi les nazis ont-ils voulu supprimer les Juifs de la planète ?
L'histoire de la réalisation d'un film de super-héros au budget colossal, et du comics inconnu qui l'a inspiré. 1947, en Californie, un talentueux petit garçon de cinq ans recopie les comic strips du journal local ; 2020, une émouvante projection a lieu Times Square. Entre les deux, 70 ans d'une Amérique en pleine mutation, un tournage rocambolesque et une galerie de personnages hauts en couleur : un soldat traumatisé par la guerre, un réalisateur inspiré et excentrique, une star prétentieuse, une assistante de production infatigable et les innombrables membres de l'équipe de tournage qui, ensemble, créent la magie hollywoodienne. Vif, touchant, inventif, parfois loufoque, porté par un humour teinté d'ironie et un rythme effréné, le premier roman de Tom Hanks pose un regard d'initié sur les efforts considérables nécessaires à la production d'un film - et la formidable aventure humaine qu'elle constitue.
Durant la campagne présidentielle de 2022, les candidats parlèrent de biodiversité pendant 1 % du temps seulement... sans soulever d'indignation. La biodiversité devrait pourtant préoccuper les citoyens et leurs représentants : elle est un outil au service de notre qualité de vie et, à l'avenir, de notre survie. Car l'humain est à 100 % cousu de biodiversité.
Américaine, professeur de littérature, Francine Prose est l'auteur des best-sellers Un homme Changé (Métailié, 2008), et Blue Angel (Point, 2008), finaliste du National Book Award. Traduit de l'américain par Cécile Nelson.