Ce volume rassemble les actes du Colloque que le Collège de France et son Institut d'Etudes Littéraires ont réuni, les 22 et 23 juin 2004, pour méditer, à l'occasion du VIIe centenaire de la naissance du poète, sur l'héritage de Pétrarque dans la poésie européenne et sur la conscience que celle-ci a de sa mission. Père de la République des Lettres, cet humaniste qui sut unir l'héritage des classiques latins à la lecture des Pères de l'Église se présente au XXe siècle, après tant de pétrarquisme lyrique européen, comme le fondateur d'un "moi" poétique qui se constitue par déchirement et par tension "obstinée" de la pensée: "Déjà en moi la fatigue de penser comment/mes pensées en vous sont sans fatigue", Io son già stanco di pensar si come/i miei pensier"in voi stanchi non sono (RVF, 74). Le moraliste du Secretum, l'architecte de la figuration du temps et de l'éternité (les Triomphes), le poète épique de l'Africa, le poète chrétien des Psaumes pénitentiels et de L'Itinéraire de Gênes à Jérusalem se retrouvent dans le bréviaire de souffrance et de délivrance du Chansonnier, ces Rerum vulgarium fragmenta que compose une" mémoire amoureuse "(RVF, LXXI), capable de sauvegarder" de l'irréel intact dans le réel dévasté "(René Char, Rémanence). Et Yves Bonnefoy, en accomplissant une tradition du XXe siècle qui réunit - autour de la leçon de Pétrarque - Ossip Mandelstam et Paul Celan, Vittorio Sereni et Andrea Zanzotto, couronne à la fois ce parcours de poésie et le volume qui veut en rendre compte en proposant dix-neuf traductions nouvelles de sonnets de Pétrarque."
Nombre de pages
171
Date de parution
01/11/2006
Poids
279g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782841371808
Titre
Pétrarque et l'Europe
Auteur
Ossola Carlo
Editeur
MILLON
Largeur
150
Poids
279
Date de parution
20061101
Nombre de pages
171,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Baudelaire fête ses 200 ans !1821. Baudelaire naît le 9 avril ; Flaubert, le 12 décembre. Trente-six ans plus tard, en 1857, la diffusion des Fleurs du Mal est interdite ; Madame Bovary, acquittée. Victoire du roman sur la poésie?? Poète maudit, Baudelaire le fut par excellence. De lui, on garde l'image du dandy excentrique, amateur de prostituées et de haschich. Un Baudelaire bohème crachant sur la modernité, et pourtant ô combien moderne. Grâce à cent clefs majeures, Carlo Ossola se propose d'aller y voir de plus près. D?«?Abîme?» à «?Voyage?» en passant par «?Blasphème?», «?Horreur?», «?Paradis?» et «?Volupté?», il nous donne à lire un auteur complexe et tourmenté, assoiffé d'éternité. Un Baudelaire hanté par les «?Cieux Spirituels?», lecteur de Pascal, De Maistre et Poe. N'était-il pas celui qui, hanté par l'Apocalypse, a cherché à parler du divin sous un ciel vide de Dieu, un «?ciel muet et ténébreux?»?? Au milieu de visions et de délires, de tout ce qui peut délivrer de la solitude, il a regardé en face la mort et la décomposition non pour s'y complaire, mais en alchimiste : «?Tu m'as donné ta boue et j'en ai fait de l'or?»?
Notre époque, fascinée par les mythes d'Ulysse, par les emblèmes de la sagesse active, a un peu oublié les vertus passives : la patience, le renoncement, le détachement, la pure perte de soi. Non plus la prise, mais la déprise de Roland Barthes, l'abandon, le détachement de Maître Eckhart, le fait de se laisser aller en soi, au repos de soi, de faire le vide et le silence à l'intérieur et à l'entour. Le lieu en nous où cesse toute arrogance, où l'on accède sur la pointe des pieds, l'existence minimale accueillie avec une juste retenue. La pure perte est telle seulement si elle garde mémoire non de la perte mais de la pureté absolue de cet effacement sans traces.
À l'origine fut la poésie des fondateurs: le récit épique; ensuite surgit la poésie de l'homme: la tragédie, la lyrique; puis l'histoire de ses gestes, de ses entreprises; enfin, le sens à donner à toute cette oeuvre issue de ses mains, à cette fabrication d'outils et de monuments: la philosophie de l'histoire. Par ses négations, ses ruptures de civilisation, le XXe siècle a humilié le sens de l'histoire, le livre de la famille humaine. Nous livrant, par ailleurs, à des savoirs analytiques qui creusent et renvoient sans cesse le moment et la possibilité même d'une soudure, d'une synthèse, nous ne pouvons plus "nous représenter" nous-mêmes, notre statut de vivants, communauté d'êtres uniques et solidaires. Ce livre s'est donc formé comme un parcours "étiologique", une recherche des causes, dont la poésie - comme aux origines des écritures et au-delà des apories de l'histoire et des sciences - reste le témoin le plus fidèle. Une poésie néanmoins consciente de son inactualité: car sa parole - comme l'écrit Paul Celan - n'est pas d'ici; elle est le Zeltwort, le " mot-tente " qui nous réunit, " au nord du futur ".
Aucun traité n'a eu, dans l'Europe moderne, un succès aussi reconnu et la valeur de modèle sans égal que Le Livre du Courtisan de Baldassar Castiglione. Ce livre n'évoque pas seulement la vie de Cour au XVIème siècle mais donne forme à une société dans laquelle le privilège est accordé à la conversation plutôt qu'aux armes, à l'art de s'entretenir et à l'exercice d'une sagesse simplement humaine. De la nonchalance avertie du courtisan, l'essai de Carlo Ossola nous conduit au Weltmann, à la scène urbaine des "esprits éveillés" du XVIIIème siècle, qui associent le soin des "airs et des manières" de la Renaissance au goût piquant et mondain de l'âge des Lumières. Cette société savante donne naissance au public, avec ses journaux, ses débats, ses salons. Mais le XIXème siècle, le siècle des peuples et des patries, transformera lentement le public en foule, qui parcourt les villes industrielles, qui se presse en rangs serrés dans des travaux collectifs, chiffrés, sans héros et sans destin. Notre siècle n'a fait qu'hériter de cette foule, l'aplanir en masse, la lancer dans les guerres et dans les pillages de la vie de consommation. Ce livre commence donc par les gestes nobles et reposés du courtisan et arrive à l'anonymat de nos jours, où il n'y a plus de visage ni d'accent propre. Cet essai est aussi bien un parcours dans l'histoire moderne qu'un questionnement discret de notre temps, pour nous faire savourer le bonheur d'être, chacun de nous, un nom unique, prononcé une seule fois, cette fois, dans la suite des générations humaines.
Husserl Edmund ; Pestureau Jean-François ; Mazzù A
L'existence des " Manuscrits de Bernau " de Husserl sur la conscience intime du temps fut révélée pour la première fois publiquement par Heidegger, en 1928 dans sa préface aux célèbres Leçons sur la phénoménologie de la conscience intime du temps. Ces Manuscrits, écrits par Husserl à Bernau (Forêt Noire) en 1917/18, sur la base d'une compilation faite par Edith Stein, sont restés inédits du vivant du philosophe, bien qu'ils aient été confiés, dans les années trente, à Eugen Fink en vue de la publication. Pour plusieurs raisons, dont la complexité des textes n'est pas la moindre, Fink n'en vient pas à bout, et après la guerre, y renonça. Husserl considérait en effet ces manuscrits comme son " ouvrage principal " qui, restés dans les cartons des Archives de Louvain, sont entrés dans la légende pour le milieu des phénoménologues , puisqu'ils étaient censés contenir les clés de l'oeuvre entière. Il aura fallu le travail persévérant de Rudolf Bernet et Dieter Lohmar pour que l'ouvrage (une sélection parmi la masse des manuscrits) paraisse enfin, en 2001, dans la collection des Husserliana. Cette édition critique est celle qui est publiée ici en traduction française. L'importance considérable de ces textes tient à ce qu'ils constituent proprement l'acte de naissance de la phénoménologie génétique, et conduisent par là à réexaminer et relativiser les analyses structurales et statiques auxquelles on a trop souvent réduit la phénoménologie, en en faussant l'" esprit ", en la figeant dans une scolastique. Car les " Manuscrits de Bernau " sont avant tout un exercice aigu du sens critique, de la pensée aux prises avec des problématiques aporétiques, de l'art de pratiquer des distinctions nuancées jusqu'au plus subtil, de la rencontre de choses essentiellement mobiles, bref, de la pratique de la philosophie telle qu'elle doit se donner à entendre aujourd'hui.
Au Ve siècle avant notre ère, l'avènement des mages en Grèce ne se fait pas sans bruit. Présentés d'abord comme conseillers de rois, sacrificateurs et interprètes des songes, dans cet ailleurs qu'est l'empire perse, ils se retrouvent rapidement au c'ur de la cité athénienne, où ils sont accusés de charlatanerie et de tromperie. Avec eux, apparaît une notion nouvelle, qui a connu une fortune durable dans la culture occidentale : la magie. Rares sont les voix qui ont invité à questionner les évidences de ses origines. Peut-on continuer à postuler une contiguïté, sinon une coïncidence, entre la notion grecque de magie telle qu'elle apparaît à la fin du Ve siècle et la conception moderne de la magie, qui en fait une catégorie universelle, un type de mentalité ou de pensée ? Comment les Grecs ont-ils conçu cette notion nouvelle ? Quelle significations lui ont-ils attribués ? Dans une perspective d'histoire culturelle, ce livre analyse le contexte qui a favorisé l'émergence de la magie, au c'ur des débats qui animaient les cités grecques. Il montre également comment elle a été conçue dans le creuset culturel grec et explore les représentations mobilisées à cet effet. A travers cette étude, ce sont plusieurs facettes de la culture grecque qui se révèlent, des dieux qui " médusent " à l'écriture qui enchaîne, de la puissance poétique à la figure de Socrate.