Le rapport entre le cinéma et les autres arts a suscité un nombre considérable d'écrits, inaugurés par les premières tentatives pour définir le cinéma comme un art, fondées notamment sur des comparaisons avec la peinture et la musique. Les textes qui constituent cet essai se situent donc dans la continuité d'une histoire déjà longue, avec cependant le parti pris affirmé de prendre quelques distances avec d'une part cette dimension comparatiste et d'autre part l'affirmation du cinéma comme possible "synthèse des arts" ou manifestation d'une mythique "oeuvre d'art totale". Plus modestement, ces contributions proposent d'analyser des rencontres possibles entre le cinéma et la création artistique en prenant comme entrée les séquences de fictions ou de documentaires qui tentent de montrer l'artiste au travail. Cette approche très ouverte permet de parcourir l'histoire du cinéma, des danses serpentines des premiers temps aux autoportraits de Jean-Luc Godard, Agnès Varda ou Alain Cavalier, des critofilms de Carlo L Ragghiani aux mises en abyme complexes d'Abbas Kiarostami ou de Nuri Bilge Ceylan, tout en mêlant dans un même mouvement de pensée des films dont le projet est de donner à voir la genèse d'une oeuvre picturale (La Belle Noiseuse de Jacques Rivette) ou théâtrale (Elvire Jouvet 40 de Brigitte Jacques et Benoît Jacquot) et des films où la création est envisagée de manière moins frontale ou plus métaphorique, telles les figures d'écrivains en panne d'inspiration dans les films de Win Wenders ou encore la confusion entre acteurs et personnages dans les performances de Louis Jouvet et Sacha Guitry, "monstres sacrés" du cinéma français. Une telle pluralité de propositions n'aurait guère de sens si elle n'était envisagée dans un projet de recherche fermement bâti autour d'une étude des potentialités du cinéma à démythifier l'acte de création en considérant l'oeuvre non comme une réalité achevée mais comme un processus. Chacune des études présentées dans cet ouvrage travaille ainsi une tension entre le geste créateur comme recherche incertaine et une hypothèse selon laquelle tout oeuvre garde la trace des conditions de son élaboration.
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Nombre de pages
415
Date de parution
12/09/2013
Poids
698g
Largeur
170mm
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EAN
9782753522824
Titre
Filmer l'artiste au travail
Auteur
Mouëllic Gilles ; Le Forestier Laurent
Editeur
PU RENNES
Largeur
170
Poids
698
Date de parution
20130912
Nombre de pages
415,00 €
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Le cinéma bascule dans l'ère du parlant en 1927 avec Le Chanteur de jazz; le jazz, musique populaire et art du spectacle, a grandi avec et dans le cinéma. L'histoire des rapports entre jazz-et cinéma est tissée de multiples connivences. Avec des temps forts comme le tournage dans les décors réels du sud des Etats-Unis de Hallelujah, la musique de L'Homme au bras d'or confiée à Duke Ellington, l'aventure de Miles Davis composant la partition d'Ascenseur pour l'échafaud, ou encore, plus près de nous, the "Bird", la biographie de Charlie Parker. Une histoire aussi de malentendus, de rendez-vous manqués, liés à l'histoire d'une musique inventée par des Noirs dans un pays où règnent là ségrégation et la domination culturelle des Blancs. A la fin des années cinquante, John Cassavetes invente avec Shadows un rapport d'une nature radicalement nouvelle, un authentique métissage artistique. Goût de Cassavetes pour le jazz, choix de Charles Mingus, recours proclamé à l'improvisation, rôle de la musique, du saxophone de Shafi Hadi, hypothèse d'un Cassavetes/bopper; toutes ces pistes sont ici explorées. Shadows donne le ton. Le cinéma moderne, les nouvelles vagues s'emparent du jazz qui devient un modèle pour penser et mettre en scène le cinéma autrement. Moi un Noir, The Connection ou A bout de souffle affirment leur goût pour les expériences inédites, une recherche existentielle de la spontanéité. Avant que le cinéma improvisé selon Jacques Rivette, celui de Philippe Garrel ou de Johan Van der Keuken, n'approfondissent encore des convergences esthétiques entre les deux arts, dessinant la perspective d'un "cinéma-jazz". Un glossaire des termes du jazz, un index de films et une discographie complètent l'ouvrage.
Du pianiste des premières séances du cinématographe aux orchestres symphoniques hollywoodiens, des premières tentatives de synchronisation entre le son et les images aux infinies possibilités de l?électronique: cette étude propose de parcourir l?histoire du cinéma à travers les relations complexes entre le défilement des images et les différents modes d?apparition de la musique. Le cinéma a toujours été sonore: musiciens dans la salle, bonimenteurs chargés de doubler les personnages, bruiteurs, et la musique devient peu à peu un véritable enjeu esthétique pour les directeurs artistiques des grandes salles, directeurs artistiques qui sont souvent eux-mêmes compositeurs et chefs d?orchestre.
L'écriture, la langue et l'?uvre du dramaturge et romancier Koffi Kwahulé sont nourries par le jazz et ses interprètes. On ressent cette influence à la lecture ou à l'audition de ses textes tant ses mots traversent le corps de l'acteur ou l'épiderme du lecteur. Ruptures de rythme, répétitions, chevauchements des mots comme des notes, les écrits de Kwahulé entretiennent un rapport intime avec cette musique qui entraîne avec elle l'histoire du peuple noir. L'universitaire et critique musical Gilles Mouëllic échange avec Koffi Kwahulé sur ces rapports entre écriture et sonorités: plus qu'une influence, une façon d'écrire; plus qu'un dialogue, une recherche d'unisson. On voit ici le parcours d'un écrivain qui se définit comme un jazzman, maniant les mots comme John Coltrane ou Thelonious Monk composaient ou improvisaient: à la recherche du son et du rythme, au c?ur du mystère de la création. Voici une occasion unique d'apercevoir de façon concrète l'entremêlement de deux arts, théâtre et jazz, et de pénétrer dans l'atelier de création d'un écrivain mélomane.
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.
La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre Hirsch4e de couverture : La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre HirschNotes Biographiques : Jean-Luc Mastin est maître de conférences en histoire économique et sociale contemporaine à l'université Paris 8.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.