Le cinéma bascule dans l'ère du parlant en 1927 avec Le Chanteur de jazz; le jazz, musique populaire et art du spectacle, a grandi avec et dans le cinéma. L'histoire des rapports entre jazz-et cinéma est tissée de multiples connivences. Avec des temps forts comme le tournage dans les décors réels du sud des Etats-Unis de Hallelujah, la musique de L'Homme au bras d'or confiée à Duke Ellington, l'aventure de Miles Davis composant la partition d'Ascenseur pour l'échafaud, ou encore, plus près de nous, the "Bird", la biographie de Charlie Parker. Une histoire aussi de malentendus, de rendez-vous manqués, liés à l'histoire d'une musique inventée par des Noirs dans un pays où règnent là ségrégation et la domination culturelle des Blancs. A la fin des années cinquante, John Cassavetes invente avec Shadows un rapport d'une nature radicalement nouvelle, un authentique métissage artistique. Goût de Cassavetes pour le jazz, choix de Charles Mingus, recours proclamé à l'improvisation, rôle de la musique, du saxophone de Shafi Hadi, hypothèse d'un Cassavetes/bopper; toutes ces pistes sont ici explorées. Shadows donne le ton. Le cinéma moderne, les nouvelles vagues s'emparent du jazz qui devient un modèle pour penser et mettre en scène le cinéma autrement. Moi un Noir, The Connection ou A bout de souffle affirment leur goût pour les expériences inédites, une recherche existentielle de la spontanéité. Avant que le cinéma improvisé selon Jacques Rivette, celui de Philippe Garrel ou de Johan Van der Keuken, n'approfondissent encore des convergences esthétiques entre les deux arts, dessinant la perspective d'un "cinéma-jazz". Un glossaire des termes du jazz, un index de films et une discographie complètent l'ouvrage.
Nombre de pages
255
Date de parution
30/03/2000
Poids
388g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9782866422608
Titre
Jazz et cinéma
Auteur
Mouëllic Gilles
Editeur
CAH CINEMA
Largeur
145
Poids
388
Date de parution
20000330
Nombre de pages
255,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Du pianiste des premières séances du cinématographe aux orchestres symphoniques hollywoodiens, des premières tentatives de synchronisation entre le son et les images aux infinies possibilités de l'électronique: cette étude propose de parcourir l'histoire du cinéma à travers les relations complexes entre le défilement des images et les différents modes d'apparition de la musique. Le cinéma a toujours été sonore: musiciens dans la salle, bonimenteurs chargés de doubler les personnages, bruiteurs, et la musique devient peu à peu un véritable enjeu esthétique pour les directeurs artistiques des grandes salles, directeurs artistiques qui sont souvent eux-mêmes compositeurs et chefs d'orchestre.
Si l'improvisation est a priori associée aux arts de la performance, et en particulier au jazz, elle n'en a pas moins accompagné le cinéma depuis les premiers burlesques jusqu'aux expériences contemporaines de Rabah Ameur-Zaïmeche ou de Nobuhiro Suwa. Loin du mythe de l'improvisé comme expression du "génie créateur", le but de cet ouvrage est d'abord de comprendre les pratiques qui mettent sciemment en jeu l'improvisation au cinéma puis, dans un second temps, d'en révéler la capacité à générer des formes inédites. La diversité des films analysés témoigne à la fois de la permanence d'une "tentation" de l'improvisation depuis l'avènement du cinéma parlant et de la diversité des modalités de sa mise en oeuvre. A la présence, sans doute attendue, du cinéma de Jean Renoir, Roberto Rossellini, Jacques Rivette, Jacques Rozier, Shirley Clarke, John Cassavetes et Maurice Pialat, répond celle, moins évidente peut-être, de Jean Rouch et de Johan van der Keuken, de Pascale Ferran et de Samuel Collardey. Sans ignorer le regard historique suscité par ces quelques noms, il sera question tout au long de ces pages des rapports entre technique et esthétique, des frontières poreuses entre documentaire et fiction, d'une possible origine théâtrale du travail de l'acteur improvisateur, de l'implication physique nécessaire à l'acte de création improvisé, et enfin du jazz comme performance filmée. "La vérité de nos engagements avec le monde importe, y compris nos engagements avec des objets et des manifestations artistiques" écrit Jerrold Levinson: en interrogeant les tensions entre le jaillissement improvisé et la nécessité d'une écriture maîtrisée, cet essai contribuera peut-être à la vérité de nos rapports avec le cinéma.
Cosmo Vitelli (Ben Gazzara), patron d'une boîte de strip-tease à Los Angeles, est contraint par la mafia locale de tuer un bookmaker chinois pour rembourser une dette de jeu. Si ce bref résumé ne semble guère répondre aux préoccupations de John Cassavetes, le projet de Meurtre d'un bookmaker chinois (1976-1978) n'est pourtant pas si éloigné de Une femme sous influence, qu'il vient d'achever, et surtout de Opening Night (1978), son film suivant. Cassavetes s'approprie les codes du film noir et plus souterrainement ceux de la comédie musicale pour dessiner un portrait bouleversant d'un homme seul, acculé à accepter un terrible marché pour, croit-il, conserver sa liberté. Nombre d'exégètes ont vu dans Cosmo Vitelli un autoportrait de Cassavetes confronté aux exigences des producteurs hollywoodiens. Cette séduisante hypothèse masque peut-être son véritable dessein : une mise à l'épreuve de la frontière entre la vie et la scène, déjà effective dans Too Late Blues (1961) et qui trouvera une forme d'aboutissement avec Myrtle Gordon (Gena Rowlands), l'héroïne de Opening Night. Cosmo et Myrtle sont les deux faces d'une même médaille : le premier veut vivre sa vie comme un spectacle, la seconde ne peut jouer sur scène autre chose que sa propre vie.
Puisant dans des films célèbres et très divers, sélectionnés dans toute l'histoire du cinéma, classique ou récent, ce livre rend compte d'une histoire du scénario au cinéma et décèle les tendances actuelles des cinémas américain, français et asiatique. Ces scénarios sont des modèles actuels et vivants, réservoirs d'exemples dans leurs irrégularités et par les aléas de leur écriture. Le parti pris de cet ouvrage est qu'au fond, les histoires sont toujours les mêmes, ce dont se réjouit son auteur qui y voit le signe d'une solidarité de l'expérience humaine à travers l'espace et le temps. Ce qui est en revanche indéfiniment neuf, c'est l'art de la narration, l'art du conte, dont le scénario est une application particulière au cinéma. Cette narration repose sur des techniques utilisées dans tout scénario, des "trucs", des procédés très pratiques. Loin de les ériger en normes, l'auteur s'attache aussi à montrer comment il est possible de les retourner, les dévier ou les renouveler. Michel Chion inventorie les éléments constitutifs d'un scénario, les ressorts dramatiques, les procédés de construction et de narration, les fautes possibles..., qu'il est toujours permis de commettre. Les quatorze films de référence sont Le Testament du Docteur Mabuse, Le Port de l'angoisse, L'Intendant Sansho, L'Invasion des profanateurs de sépulture, A travers le miroir, Taxi Driver, Pauline à la plage, Thelma et Louise, Chute libre, Pulp Fiction, Un jour sans fin, In the Mood for Love, L'Emploi du temps et Uzak.
Cet ouvrage est une sélection des articles critiques les plus importants écrits par Éric Rohmer entre 1948 et 1979, dans des publications aussi différentes que Les Temps modernes, Arts, Combat, ou, principalement, les Cahiers du cinéma, dont il fut l'un des principaux critiques depuis sa création, et, entre 1957 et 1963, le rédacteur en chef.