La poésie de Valerio Magrelli, paradoxalement, acquiert un poids existentiel d'autant plus évident qu'elle semble se borner à décrire des présences la plupart du temps inertes, des objets. Elle évolue entre une justesse méditative, parfois un peu rêveuse, et ce qu'on pourrait, en se démarquant de Freud, appeler une " inquiétante familiarité " : le poète découvre en effet la matière et son propre corps de façon frontale et décalée, dans une lumière qu'on a comparée à celles des toiles de Morandi. La précision de l'écriture et son strict contrôle ne font pas de cet hyperréalisme apparent un univers déshumanisé, mais provoquent chez le lecteur hésitation et trouble : c'est que le regard advient à la surface des choses tel un convalescent qui apprendrait à nouveau l'usage du monde et qui, dans le temps du poème, s'éprouverait comme un nouveau-né. En outre, la poésie de Magrelli ne se borne pas à restituer le domaine visible qu'elle explore, elle est aussi un écart, une déviance. La brisure, le raté, le malaise et la fièvre, le subtil dérèglement organique, sont les failles par lesquelles elle s'engouffre pour révéler un sens intermittent au c?ur d'une réalité par trop prolifique ou atone.
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Nombre de pages
221
Date de parution
09/07/1998
Poids
352g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782868532954
Titre
Natures et signatures
Auteur
Magrelli Valerio
Editeur
TEMPS IL FAIT
Largeur
150
Poids
352
Date de parution
19980709
Nombre de pages
221,00 €
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Qui me regarde du miroir tandis que je me regarde dans le miroir ? Qui est ce " monsieur " qui a l'inadmissible prétention d'être moi ? C'est à partir de ces questions que Valéry commence une recherche qui l'occupera sa vie durant. Le thème du regard est notamment lié dans son œuvre à une exploration des procédures de la représentation identitaire. Pour affronter celle-ci, et reconstruire cet incessant questionnement sur le statut du sujet, Valerio Magrelli étudie dans ce livre trois modalités de la vision dans la façon dont elles s'élaborent à travers l'écran de la vitre, l'action du miroir et l'espace du portrait photographique. De cette manière, au fil de la multitude de variations auxquelles sont soumis le mythe de Narcisse et la notion de " se voir se voir ", l'œuvre de Valéry, profondément ancrée dans la psycho physiologie du XIXe siècle, révèle de surprenantes ouvertures vers la philosophie et la psychanalyse, la neurobiologie et la cybernétique, la psychologie et la zoosémiotique cognitive, s'affirmant ainsi comme un point de référence incontournable dans le panorama du XXe siècle.
Magrelli Valerio ; Corona René ; Pozzoli Marguerit
Mon passé est une maladie contractée dans l'enfance. J'ai doncdécidé de comprendre comment. Ce rapport médical, parconséquent, ne se veut pas théâtre anatomique mais plutôtsuccession de photogrammes, où ce qui compte est le flux del'image, le corps fuyant qui vibre en moi, sa forme changeanteentre les formes: vases sanguins, coquilles de mollusques,alvéoles d'abeilles, échangeurs d'autoroutes, pelvis d'oiseaux,cristaux et filetages aérodynamiques. Il n'y a pas de tramemais un trauma: un exercice de pathogenèse. Il n'y a pas dethéorie mais le récit de petites catastrophes, qui se sont jouéesdans les espaces inter-stellaires de la chair.
Dans la cour il n'y a plus personne, c'est l'après-midi, la pluievient de s'arrêter et on n'entend que les coups lents de lasphère qui cogne et rebondit, résonnant jusque dans la caged'escalier. Des échos profonds, cardiaques, et le rebond. Monenfance est marquée parce métronome. C'est ainsi que j'aiappris le contrôle du ballon.
Résumé : Désir de l'évoquer : pourquoi ? Peut-être parce que je me manque. C'est comme si je souffrais de ma propre mort. En effet, à ses yeux, le mort, c'est moi. Je l'ai perdu, de même que lui m'a perdu, moi. C'est comme si j'avais perdu, par un deuil réfléchi, une partie de moi. Et donc, je pleure sur moi-même, bien plus que je ne pleure sur lui. Je me regarde à travers ses yeux : nous sommes morts l'un à l'autre, réciproquement. Avec sa mort, c'est notre couple qui a disparu. Désormais nous sommes dépareillés, définitivement. V. M.
Le récit trouve au départ dans la lecture du Purgatoire de Dante une ligne directrice, quelque chose qui tend vers, telle une asymptote. Cette lecture vient ainsi ponctuer la manière dont un narrateur, en quête d'un nouveau lieu d'écriture, essaie de se ressaisir de sa vie. Locus Novus... La forme oscille entre plusieurs genres, essai, poème, roman, ou ce qui pourrait, ne devrait être en définitive qu'un "? roman ? ".
Résumé : Des chevaux de Solutré à l'antique car de ramassage de La fuite d'Egypte, en passant par Le vélo de saint Paul, les huit histoires qui composent ce livre se souviennent, chacune à sa manière, d'un épisode mythique de la grande Histoire. Deux lectures s'offrent alors dans le temps de la narration. Pour ne rien dire des petits teigneux noués à un monde d'herbe à chats et de couleuvres, des journaliers louant leurs bras le temps d'une saison avant que de finir sur un lit à barreaux de l'hospice, bêtes et gens, commis en la demeure obscure, courtiers en bestiaux démarchant à bicyclette, tous ont en commun qu'ils ne s'attardent guère...
De la même manière qu?autrefois il nous avait rapporté les noces d?écume des escargots ou l?étreinte tentaculaire de la seiche, Jean-Pierre Otte s?attache cette fois aux singularités des amours humaines. D?une écriture allègre, il démêle le manège de la sylphide solaire et la stratégie de l?allumeuse, s?émeut d?un fétichiste en arrêt devant le tabernacle d?un porte-jarretelles et d?une culotte de dentelles, salue le retour en grâce de l?obsédé tripoteur et de l?onaniste radieux, et se montre partisan de l?adultère domestique, tout en nous invitant au passage à partager des galanteries étranges et des dégustations intimes. Et il y a aussi des yeux dans l?ombre et quelques claquements de fouet sur une croupe bellement rebondie... Un jeu dangereux, compensé par des traits d?humour, la liberté sans morale d?un regard amusé, et un réel bonheur dans l?expression.