Signes de feu. L'image du foyer dans la littérature, les arts et la culture
Lysoe Eric
ORIZONS
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EAN :9782296087460
Depuis l'origine de la horde, le foyer est au centre de notre représentation du monde. Comme pour mieux marquer d'ailleurs son rapport secret avec le coeur, l'anglais le nomme hearth, le néerlandais haard ou l'allemand Herd... Il est le point focal de la demeure. Home sweet home : image rassurante et chaleureuse du foyer à proximité duquel veille quelque vestale mystique. quelque mère attentionnée, nourricière et chaleureuse, dans la douce et vague clarté du clair-obscur. Une clarté un rien angoissante, cependant... Tout en demeurant Heimlicht. la lumière du foyer se découvre une dimension d'autant plus inquiétante- unheimlich - qu'elle est tendrement familière - heimlich. Au-delà du cliché, le foyer est donc ce point précis de l'imaginaire où le caractère confortable de la chaleur peut soudain s'inverser. On comprend qu'avec la focalisation, le discours métalittéraire en ait fait l'un de ses objets privilégiés et, qu'avec la diffusion, le livre y ait découvert ses capacités de rayonnement... Telles sont les potentialités de ces Signes defeu que les vingt-cinq contributions, ici réunies, explorent de l'Antiquité à nos jours, dans la littérature, la culture et les arts.
Nombre de pages
364
Date de parution
19/01/2010
Poids
530g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782296087460
Titre
Signes de feu. L'image du foyer dans la littérature, les arts et la culture
Auteur
Lysoe Eric
Editeur
ORIZONS
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155
Poids
530
Date de parution
20100119
Nombre de pages
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Un essai : Etude approfondie d'un grand texte classique ou contemporain par un spécialiste de l'oeuvre : approche critique originale des multiples facettes du texte dans une présentation claire et rigoureuse. Un dossier : Bibliographie, chronologie, variantes, témoignages, extraits de presse. Eclaircissements historiques et contextuels, commentaires critiques récents. Un ouvrage efficace, élégant. Une nouvelle manière de lire.
Si l'on en croit la chanson, les histoires d'amour finissent mal, en général. Telle est aussi la leçon qu'on pourrait tirer des sept contes rassemblés dans ce recueil. Et pourtant ! Depuis les plateaux du Tassili jusqu'au Pavillon de la Grue jaune, depuis une île oubliée par les cartographes du XVIIIe siècle jusqu'à un pénitencier aux règles insondables, depuis le Morvan profond jusqu'aux vallées de Virginie, l'amour ouvre ici des portes sur les mondes les plus fantastiques. Il permet des rencontres extraordinaires, la découverte d'horizons infinis ou mystérieux, des instants d'intense communion charnelle. Mais il confronte aussi les couples à des phénomènes étranges, inconnus et troublants qui changeront à jamais le cours de leur existence : brouillard blanc et pâteux où s'enfonce le voyageur sans bagages, règles sociales qui organisent toute vie autour des chevaux, lumière ultra-violette capable de transpercer les corps et de révéler des sentiments qu'on aurait préféré garder secrets.
On a souvent évoqué l'existence d'une tradition fantastique en Belgique, tradition dont on s'est plu à rechercher, les racines dans les tableaux de Jérôme Bosch et de Pieter Bruegel. Le riche panorama que décrivent les oeuvres des XIXe et XXe siècles invite en réalité à un tout autre constat. C'est parce qu'elle a pu faire preuve d'une certaine autonomie à l'égard des modèles parisiens que la terre de Charles de Coster, de Jean Ray ou de Paul Willems a connu durant deux siècles une telle efflorescence. Les 17 écrivains retenus dans ce quatrième tome, consacré à la période 1945-2000, donnent ici toute la mesure de leur talent et démontrent la vitalité de ce qu'on a appelé parfois "l'école belge de l'étrange": coups de génie d'auteurs tombés par la suite dans l'oubli (Bernard Manier, Liliane Devis), textes méconnus d'auteurs reconnus (Jacques Sternberg, Guy Vaes, Jean Muno, Jean-Baptiste Baronian) parus de façon confidentielle, voire publiés pour la première fois.
Il se passe d'étranges choses dans la forêt de B***... Le compositeur Athanasius Pearl le sait bien... C'est dans cette forêt que sa femme a perdu la vie, au cours d'un mystérieux accident. Mais c'est aussi là qu'il a trouvé l'inspiration pour sa plus belle oeuvre, un adagio bouleversant. Ce roman fantastique et poétique mêle légende, celle du dieu - cerf Cernunnos, histoires anciennes et réalité du temps présent... nous faisant traverser les temps et les mondes...
Sans aspirer à être complet, les vingt contributions ici réunies peuvent être lues comme un abrégé de l'histoire du livre, de l'Antiquité au XXème siècle : de la tablette au volume, de la propagation du livre par l'imprimerie à la mise en question de l'autorité de l'Eglise, de la lente émancipation à un potentiel subversif et à son pouvoir énigmatique, de son éclatement à son sacrifice. Le livre est ainsi un point de cristallisation de la culture. Et dans ce domaine, il y a toujours profit de comparer ce qui est à ce qui fut.
Les contributions qui vont suivre examineront, librement, les variations de la temporalité chez certains romanciers du XXe siècle, riche en avatars et en subversion. Petit à petit, le temps devient lui-même un acteur privilégié de l'univers romanesque. Selon le mot de Claude Lévi-Strauss, que Proust n'aurait pas contredit, il accède au statut de " héros du roman ". Si le temps raconte son histoire, c'est qu'il " est né de l'exténuation des mythes ", et même " se réduit à une poursuite exténuante de sa structure. " (Mythologiques, t. III, 1968). Le temps romanesque peut se jouer des lois du temps réel, le contracter ou le dilater, l'accélérer ou le ralentir. Il mélange des segments et des séquences parfois fort éloignés au plan diachronique. Pour avoir été considéré comme un miroir du temps, un Zeit-Spiegel, le temps romanesque devient, au XXe siècle, un Zerr-Spiegel, un miroir déformant. Ainsi que le montrent les études de cet ouvrage, cet effritement ne nuit pas au genre : la liberté de la fiction y puise un renouvellement constant et assure à sa propre création un avenir qui déjoue les lois du temps. Pari gagné à en juger les auteurs de ce volume.
Le journal d'Henri Heinemann est, par excellence un document littéraire : il en a la sensibilité et, souvent, la beauté. Du mitan au viellissement, il y décline un magnifique don d'observation et d'analyse. Des hommes, des femmes, illustres ou inconnus, traversent son existence. Cependant, l'essentiel de cette matière est fait de l'amour qu'il porte aux livres. Claude martin, l'un des éminents spécialistes d'André Gide, emploie, dans sa préface, le mot de "monument" à propos de L'éternité pliée.