Les contributions qui vont suivre examineront, librement, les variations de la temporalité chez certains romanciers du XXe siècle, riche en avatars et en subversion. Petit à petit, le temps devient lui-même un acteur privilégié de l'univers romanesque. Selon le mot de Claude Lévi-Strauss, que Proust n'aurait pas contredit, il accède au statut de " héros du roman ". Si le temps raconte son histoire, c'est qu'il " est né de l'exténuation des mythes ", et même " se réduit à une poursuite exténuante de sa structure. " (Mythologiques, t. III, 1968). Le temps romanesque peut se jouer des lois du temps réel, le contracter ou le dilater, l'accélérer ou le ralentir. Il mélange des segments et des séquences parfois fort éloignés au plan diachronique. Pour avoir été considéré comme un miroir du temps, un Zeit-Spiegel, le temps romanesque devient, au XXe siècle, un Zerr-Spiegel, un miroir déformant. Ainsi que le montrent les études de cet ouvrage, cet effritement ne nuit pas au genre : la liberté de la fiction y puise un renouvellement constant et assure à sa propre création un avenir qui déjoue les lois du temps. Pari gagné à en juger les auteurs de ce volume.
Nombre de pages
398
Date de parution
14/09/2007
Poids
680g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782296038141
Titre
Temps et Roman
Auteur
Schnyder Peter
Editeur
ORIZONS
Largeur
155
Poids
680
Date de parution
20070914
Nombre de pages
398,00 €
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Sans aspirer à être complet, les vingt contributions ici réunies peuvent être lues comme un abrégé de l'histoire du livre, de l'Antiquité au XXème siècle : de la tablette au volume, de la propagation du livre par l'imprimerie à la mise en question de l'autorité de l'Eglise, de la lente émancipation à un potentiel subversif et à son pouvoir énigmatique, de son éclatement à son sacrifice. Le livre est ainsi un point de cristallisation de la culture. Et dans ce domaine, il y a toujours profit de comparer ce qui est à ce qui fut.
Le présent ouvrage tente d'établir en quoi le poème en prose se rapprocherait davantage du «naturel» et du «non-convenu» - disons : de l'authentique et du primesautier. Bien des questions relatives à la problématique posée y sont abordées et élucidées, à commencer par le dilemme, crucial, entre une approche «essentialiste» et une approche «situationnelle». Ainsi, les défenseurs de la poésie en tant que genre se voient critiqués par les défenseurs qui insistent sur son conditionnement en tant que processus. Il en résulte une ouverture «post-poétique» proposant de délaisser la séparation des genres, pour s'attacher au texte - vers ou prose -, non pas tant comme objet autotélique, mais à travers sa réalisation au moment de la lecture, d'une audition, d'une mise en scène, en se cristallisant autour de la performance qui en résulte. Un autre problème, non négligeable, réside dans le retard «institutionnel» qui persiste à maintenir les classifications anciennes. C'est ce qu'illustrent, entre autre, Judith Abensour avec Philippe Beck, Nathalie Quintane et, surtout, Christophe Tarkos et sa création originale, la «pâte-mot». Si bien des écrivains contemporains ne s'identifient plus clairement ni à la poésie ni à la prose, cette problématique renoue avec la rupture introduite autrefois par Arthur Rimbaud, avec des textes qui déconstruisent le poème isométrique rimé de l'intérieur.
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Une journée à Beyrouth. Au lendemain de l'assassinat d'un chef politique, une manifestation géante occupe mes esprits. En marge de la foule, spectateur indifférent, un jeune homme sans nom, cigarette au bec et bières à la chaîne, brillant par sa volonté de ne rien entreprende, parcourt la ville avec ennui, suit une ancienne maîtresse, assiste à une bagarre, écoute le récit des histoires qui se font et se défont. Une narration forte qui passe par une grande concision et une sobriété certaine.