Ce catalogue complet de la collection d'Art en montagne du Musée Gassendi à Digne-les-Bains présente un ensemble d'oeuvres toutes situées au coeur des espaces naturels des Alpes de Haute-Provence. Introduit par Jacques Leenhardt, philosophe très attentif à l'art dans le paysage, cet ouvrage accueille également d'autres oeuvres à l'initiative du musée Gassendi et permet aussi de faire l'inventaire de sa collection d'oeuvres contemporaines. Le photographe Jean-Baptiste Warluzel a réalisé durant plusieurs saisons des images de l'ensemble des propositions artistiques, créant dans cet ouvrage une unité visuelle forte associant le paysage aux oeuvres. Les textes sont volontairement courts, laissant toute la place qu'elles méritent à ces images, et soulignent, si besoin, leur intégration à une caractéristique essentielle du paysage : une présence minérale aussi structurante que remarquable. Les notices des oeuvres rédigées par l'historienne de l'art Lydie Rekow-Fond, aident à la connaissance des oeuvres et les restituent dans leur contexte de création. Ouvrage bilingue français-anglais.
Né à Lyon en 1927, Paul-Armand Gette reste doué d'un esprit moqueur inaltérable qui entretient l'équivoque et l'ambiguïté. Son activité artistique est revendiquée à la lisière des domaines (scientifique et artistique), des genres (toutes les techniques et les pratiques sont orchestrées) et des lieux d'investigation (coin de table, sites urbains ou paysagers, lieux des expositions). La polysémie de ses propositions naît de la diversité des moyens et de la pluralité des méthodes sans qu'aucune ne soit privilégiée. Ecartant l'univocité des explications et des spécialisations du savoir, il fait paradoxalement de la lisière un espace privilégié d'émancipation, de poésie et de création. Cet essai monographique étudie la singularité et les points essentiels d'une démarche artistique aux bords des disciplines et des concepts. Trois axes articulent et thématisent l'analyse; les deux premiers sont consacrés aux objets privilégiés de manière continuelle par l'artiste, à savoir la nature et le corps; le troisième, la lisière, approfondit les ruses et les stratégies qui permettent de définir la passion des limites dont l'oeuvre témoigne. Ces trois caps déterminants quant à la pulsion créatrice, organisent un nouvel itinéraire à travers les oeuvres, envisagées depuis les années 50. Au coeur des dispositifs, les ressorts et embrayeurs de l'oeuvre gettien sont étudiés un à un. Au fil du réexamen des oeuvres et des intentions, la notion de lisière, variante textile et paysagère de la limite, s'enrichit considérablement. Il émane une analyse esthétique poussée de l'oeuvre complexe, ingénieux et généreux de l'artiste, interprété comme un hymne au regard et à la perception.
Premier livre en France consacré à Roger Ackling, oeuvrant aux confins de l'art in situ. Il propose des sculptures à partir d'objets simples, trouvés lors de ses marches, dépourvus de caractéristiques notables ou spécifiques. Artiste voyageur au même titre que Simon Starling ou Hamish Fulton, il utilisa avec mesure et persistance des supports en bois, brûlés à la loupe, sur lesquels étaient rendus visibles les points de chaleur du soleil. Ses oeuvres sont présentes dans les collections de la Tate Gallery, au British Museum (Londres), au Stedelijk Museum à Amsterdam, ainsi que dans de nombreuses galeries (Los Angeles, Tokyo, Londres, Basel). Lydie Rekow-Fond restitue la dimension sublime et prosaïque de ses sculptures, imprégnée du bouddhisme zen. Pour cette étude, elle s'est rendue dans la demeure de l'artiste en Angleterre, avec lequel elle a longuement travaillé.
L'exposition de La maison rouge réunit pour la première fois en France plus de cent cinquante oeuvres de l'artiste rom Ceija Stojka, née en Autriche en 1933. Déportée à l'âge de dix ans, elle survit à trois camps de concentration, Auschwitz-Birkenau, Ravensbrück et Bergen-Belsen. C'est à cinquante-cinq ans, qu'elle rompt le silence et se lance dans un fantastique travail de mémoire, lequel donne naissance à plusieurs récits et à plus d'un millier d'oeuvres, encres, gouaches et acryliques sur toile ou papier, alors qu'elle est autodidacte. Elle devient ainsi la première femme rom rescapée des camps de la mort à témoigner de son expérience concentrationnaire, contre l'oubli et le déni, contre le racisme anti-rom ambiant en Autriche et en Europe. L'ensemble de ce qu'elle laisse à sa mort en 2013, donne la sensation d'un grand journal sans chronologie, où peintures et écrits, s'entremêlent pour restituer les souvenirs cauchemardesques d'une enfant sur ce qu'on appelle Samudaripen ou génocide tsigane. Ce catalogue, réalisé à l'occasion de l'exposition, s'attache à restituer fidèlement l'esprit de l'artiste, sa singularité, sa force de vie et dévoile un travail pictural hors du commun.
Le noir est antérieur à la lumière. Avant la lumière, le monde et les choses étaient dans la plus totale obscurité. Avec la lumière sont nées les couleurs. Le noir leur est antérieur.
Les arbres sont des oeuvres d'art, à la différence près qu'ils ne sont pas signés. Les pratiques portant atteinte à leur harmonie sont désolantes. Qui accepterait de voir saccager La Joconde, lacérer Les Tournesols de Van Gogh ou barbouiller un Renoir ? Sans éducation au beau, comment s'opposer aux dégradations esthétiques de notre environnement ? Les peintres savent nous ouvrir les yeux sur la beauté des arbres, leur complexité, leur mystère et leur fragilité. Ils s'appliquent non seulement à les représenter, mais ils cherchent aussi à les comprendre, les penser et les sublimer. Et ils le font très bien ! Sans le savoir, ils précèdent parfois les chercheurs et ouvrent la voie à de nouvelles recherches scientifiques. Avec ce livre, chaque tableau donne l'occasion de découvrir un peintre, une oeuvre et un trait de la vie des arbres. Pour tous ceux qui passent devant les arbres sans les voir ou pour ceux qui ne les regardent plus pensant tout savoir, il reste l'art pour s'émouvoir.