Les libéraux ont, comme d'autres, leurs monuments, de ces références centrales qui obligent à la révérence. Promu héros intellectuel du libéralisme, construit comme équivalent fonctionnel de Marx, Alexis de Tocqueville est à ce titre aujourd'hui incontournable. On sait le sens public maintenant assigné à Tocqueville, convoqué (depuis 1994) au programme de Terminale en sciences économiques et sociales, pour définir la "société démocratique", "le changement social et les inégalités", les relations entre "liberté et égalité". D'exégèses savantes en exercices scolaires, ou en références journalistiques, connaître Tocqueville, c'est entrer en relation avec ce "déjà-là" qui l'institue tout à la fois sociologue, historien, philosophe, écrivain, moraliste, publiciste, homme politique... Mais surtout libéral, "le" prophète libéral de la démocratie. Il n'est pas question ici, quoique cela serait nécessaire, de mesurer "le libéralisme de Tocqueville", moins disposé quelquefois à l'extension des libertés que la présentation officielle ne le donne à voir - notamment en 1848. Il s'agira surtout de restituer comment l'image à présent consacrée de Tocqueville a été d'abord importée des Etats-Unis, pour partie retraduite, comment elle fut diffusée, comment elle fut imposée, comment les controverses à son propos paradoxalement l'ont renforcée. Sartre affirmait qu'"on entre dans un mort comme dans un moulin". Mais qui accède aujourd'hui à Tocqueville est, avant toute analyse, embarqué dans le connu, et informé par cette histoire récente qui l'a fait illustre. Cette histoire, jamais décrite, a une origine (le "moment" Aron comme "moment" inaugural) et des couches sédimentaires successives (les commentaires des aroniens qui, dans les années 1960 - 1980, ont mis en tradition, consolidé, puis rendu indiscutable la définition aronienne de Tocqueville). Cette histoire a ses conservateurs de mémoire, et ses conservatoires institués, à la fois universitaires, politiques et mondains. De telle sorte que la définition consacrée de Tocqueville, forte de toute la force sociale de ceux qui l'ont arrêtée (Aron et Furet entre autres), fait désormais consensus. Comment ce consensus a été fabriqué : c'est très précisément l'objet de ce livre.
Nombre de pages
288
Date de parution
05/10/2005
Poids
340g
Largeur
131mm
Plus d'informations
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EAN
9782849500668
Titre
La canonisation libérale de Tocqueville
Auteur
Le Strat Claire ; Pelletier Willy
Editeur
SYLLEPSE
Largeur
131
Poids
340
Date de parution
20051005
Nombre de pages
288,00 €
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Le guide pour mieux se comprendre soi-même et les autres, briser les tabous et transformer les difficultés en opportunités. Dites que vous êtes TDAH et on vous répondra probablement : "Oh, tu sais, on est tous un peu TDAH". Comme pour vous dire "arrête de faire l'intéressant". Sauf que le TDAH n'est pas une "lubie" , mais un fonctionnement neurologique particulier qui concerne au moins 5 % de la population. Loin des clichés et des idées reçues, le Pr Yann Le Strat, médecin psychiatre reconnu et spécialiste du TDAH : - rétablit la vérité au sujet du TDAH : Qu'est-ce que c'est, et surtout, qu'est-ce que ce n'est pas ? Quels sont les médicaments qui fonctionnent ? Le TDAH est-il lié à d'autres troubles ? - vous aide à le vivre au quotidien : Comprendre les défis (en famille, à l'école ou au travail), mais aussi les forces insoupçonnées (créativité, énergie, pensée originale) liées au TDAH. - propose des pistes concrètes pour trouver l'équilibre : Des stratégies pratiques et conseils adaptés pour mieux gérer l'inattention, l'impulsivité et l'hyperactivité, que l'on soit concerné soi-même ou que l'on accompagne un proche. Un ouvrage essentiel pour toutes les personnes directement concernées, pour leurs proches, et pour quiconque souhaite accueillir la richesse de la neurodiversité.
Résumé : Les sécheresses estivales et hivernales que connaît la France mettent de nombreuses régions sous tension hydrique. Loin d'être exceptionnelle, cette situation va devenir notre quotidien. Face au risque d'une crise de l'eau, ressource naturelle la plus menacée par le dérèglement climatique, le "plan eau" du gouvernement propose des ajustements techniques tournés vers le court-terme et quelques intérêts privés. Il y a pourtant urgence à réinterroger les usages de l'eau, son partage et sa gestion, et à déployer une nouvelle politique - déjà à l'oeuvre sur de nombreux territoires urbains et ruraux - essentielle à la garantie d'une Terre habitable.
L'?uvre de Slimane Raïs se réalise sous le signe de l'échange et de la conversation. C'est aussi de cette façon que ce livre a été confectionné, sur le mode d'une conversation, une conversation qui s'amorce en février 2000 dans le cadre d'un séminaire de La Biennale d'art Contemporain de Lyon, plus précisément à l'occasion de l'initiative "L'art sur la Place", et qui se poursuivra sur deux années, au bon vouloir de l'un et de l'autre, en fonction des disponibilités d'emploi du temps et des contraintes de déplacement. Comme toute conversation, elle connut des lenteurs et des accélérations, ses temps de latence et ses moments plus intenses ; elle sut s'interrompre pour mieux se relancer. Ce livre est issu de ce cheminement (le fil discontinu d'une conversation) et sut profiter des entrecroisements qui jalonnent cet échange. " Pour parler ", Annemasse, 2001, Villa du Parc, centre d'art contemporain. En 1998, lors d'une exposition à l'Arteppes, espace d'art contemporain à Annecy, Slimane Raïs installe pour la première fois le dispositif interactif "Pour parler" constitué d'une ligne téléphonique directe entre le spectateur de l'exposition et l'artiste. La conversation créée entre le visiteur et l'artiste qui le surprenait à tout moment dans sa vie quotidienne se définissait comme l'?uvre elle-même dont la teneur n'était pas dévoilée. Ce livre est né d'une rencontre, la rencontre entre un artiste intrigué que l'on puisse parfois qualifier son ?uvre de sociologique et un sociologue intéressé par cette ?uvre précisément parce qu'elle était désignée ainsi. Assurément, la question n'est pas mince et la difficulté justifiait certainement qu'un artiste et un sociologue y réfléchissent en commun. Telle fut l'amorce de cette rencontre, sa motivation aussi.
A travers les voix et les récits de survivants et de témoins, de militants des droits de l'homme, d'acteurs judiciaires, de journalistes et d'historiens, Francesca Lessa lève le voile sur les secrets de la répression transnationale mise en place par les dictatures sud-américaines entre 1969 et 1981. Mettant en place une coordination répressive inédite connue sous le nom de plan Condor, les services secrets du Chili, de l'Argentine, de la Bolivie, du Brésil, du Paraguay et de l'Uruguay, avec le soutien des Etats-Unis, lancent une campagne de lutte contre la "subversion" . Les dictatures militaires alors en place en Amérique latine envoient des agents secrets poursuivre et assassiner les dissidents politiques jusqu'en Europe (France, Italie, Portugal, Espagne...) et aux Etats-Unis. Les forces militaires et policières, légales et extra-légales, de ces dictatures vont enlever, torturer et assassiner des centaines d'hommes et de femmes. Le plan Condor est le fil conducteur des dictatures sud-américaines qui firent des dizaines de milliers de morts, et plus encore de torturés, d'emprisonnés, d'exilés. Au cours de ces années, l'Amérique du Sud devint une zone de terreur généralisée et d'impunité pour ceux qui perpétuaient la violence. Dans ce livre, Francesca Lessa montre également comment des réseaux d'individus en quête de justice se sont progressivement matérialisés et ont réussi à transcender les frontières nationales pour obtenir justice pour les victimes de ces horreurs. S'appuyant sur un travail de terrain approfondi, des recherches dans les archives, des observations de procès et plus d'une centaine d'entretiens, Le plan Condor en procès explore le passé et le présent de l'Amérique du Sud. Ce livre met en lumière les luttes actuelles pour la justice, alors que les sociétés de la région sont confrontées à l'héritage des atrocités commises.
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