Alexandre le Grand. Monnaie, finances et politique
Le Rider Georges ; Chaunu Pierre
PUF
32,50 €
Epuisé
EAN :9782130529408
Alexandre Le Grand a conquis en treize ans de règne (336-323 av. notre ère) un immense empire. Dans les terres qu'il avait soumises circulaient des numéraires extrêmement variés, produits en Asie Mineure et en Orient. Le Conquérant a-t-il eu le dessein de créer, pour les remplacer, une monnaie " impériale " à son nom et à ses types ...Ce projet lui a été prêté dès l'Antiquité : nous le trouvons exposé dans un traité de Plutarque (c. 50-120 apr. J.-C.). Un grand nombre d'auteurs modernes considèrent eux aussi que telle fut l'intention d'Alexandre, quitte à supposer que cette intention ne parvint pas à se traduire complètement dans les faits. Un examen attentif de la documentation existante amène à remettre ces vues en question. Elles ne peuvent en effet s'appliquer qu'à une partie restreinte des territoires conquis. Le monnayage alexandrin qualifié d'" impérial " naquit à Tarse (Cilicie) en 333/332 et fut frappé sans retard en Phénicie, en Syrie et en Macédoine. Il fut émis également en Asie Mineure, à Babylone et peut-être à Alexandrie d'Égypte, mais seulement tout à la fin du règne. Quant aux vastes régions situées à l'Est de l'Euphrate, elles restèrent sans atelier monétaire. Il semble qu'en bien des endroits on continua de produire des monnaies locales ou que, comme en Babylonie, on inaugura la frappe de monnayages inattendus. Alexandre lui-même, selon toute probabilité, utilisa couramment les espèces des rois perses, en particulier leur darique d'or. Alexandre n'a pas cherché à faire de sa propre monnaie le numéraire unique de son empire. Il s'est comporté dans ce domaine - comme dans tant d'autres - avec beaucoup de pragmatisme, ne se refusant pas à certaines facilités financières, évitant de heurter les susceptibilités locales, obéissant à des raisons de haute politique.
Nombre de pages
363
Date de parution
22/05/2003
Poids
505g
Largeur
150mm
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EAN
9782130529408
Titre
Alexandre le Grand. Monnaie, finances et politique
Auteur
Le Rider Georges ; Chaunu Pierre
Editeur
PUF
Largeur
150
Poids
505
Date de parution
20030522
Nombre de pages
363,00 €
Disponibilité
Epuisé
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C'est en Asie Mineure occidentale, vers le début du VIe siècle avant J.-C., que, pour la première fois, un type élaboré apparut sur un disque de métal destiné aux échanges. Ce type permettait d'identifier l'autorité émettrice qui garantissait la valeur de la pièce. La monnaie était née, proche déjà de celle que nous connaissons aujourd'hui. Auparavant, pendant plus de deux millénaires, des sociétés évoluées s'étaient accommodées, dans leurs transactions, de morceaux de métal dénués de tout signe de reconnaissance. L'une de ces sociétés était celle des Mésopotamiens : elle a été prise ici comme exemple. La question majeure est la suivante : pourquoi l'Asie Mineure du Vle siècle éprouva-t-elle le besoin de renoncer au métal brut anonyme et de créer une monnaie signée ? La recherche d'une réponse à cette interrogation est au centre du débat. Peu après 550, le roi de Perse réunit sous son sceptre l'Asie Mineure et la Mésopotamie. Les Mésopotamiens conservèrent leurs habitudes en matière d'échanges, tandis que l'Asie Mineure poursuivait sa monétarisation. Cette situation, riche de conséquences, éclaire la politique du Grand Roi et l'histoire des monnayages de son empire. La monnaie s'imposa rapidement dans le monde méditerranéen. Son pouvoir, mis en lumière dans ce livre, ne cessa de grandir à l'époque classique et hellénistique.
Après Alexandre le Grand, deux grandes dynasties se partagèrent les territoires récemment conquis: celle des Séleucides, qui régna en Orient, et celle des Ptolémées, centrée sur l'Egypte. Les nouveaux souverains eurent à consolider leur puissance et, pour cela, durent amasser une fortune telle que leur gloire resplendît et que les dépenses nécessaires à la protection de leurs royaumes fussent possibles à tout moment. Dans le dispositif qui fut élaboré pour drainer les revenus et enrichir le trésor royal, le rôle de la monnaie numéraire ne fut pas sans importance. Les deux auteurs ont montré que chacune des deux dynasties a suivi un modèle monétaire différent, qu'elle a perfectionné et qui apparemment s'est révélé efficace. Les répercussions de ces choix n'ont pas été sans effets sur l'ensemble du commerce et de la vie économique du monde méditerranéen. Il ne faudrait pas croire cependant que les Séleucides et les Ptolémées ont monétarisé très profondément leurs royaumes. Le voulaient-ils? Le pouvaient-ils? D'autres moyens d'échange existaient et les rois avaient probablement intérêt à ne pas les abolir. Il fallait compter avec les habitudes d'une époque qui n'avait pas encore conçu l'idée exposée plus tard par Adam Smith que le développement de la monétarisation était source de progrès et donc de bonheur.
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