La présence de Montesquieu dans les débats politiques contemporains, son actualité donc, se résume le plus souvent à l'énoncé de quelques maximes sur la séparation des pouvoirs, l'indépendance du judiciaire, et les dangers de l'abus de pouvoir. On a souvent montré qu'il s'agissait là d'une vision schématique et déformante de sa pensée. L'auteur n'entend pas rectifier ces énoncés et présenter au public un " esprit " de l'Esprit des lois, un vade-mecum condensant sa pensée en quelques extraits garantis conformes et d'usage actuel. Il ne s'agit pas ici, de résumer l'Esprit des lois, mais d'inciter à sa lecture, non pour y trouver le rassurant miroir de nos certitudes politiques présentes, mais pour que la lecture de cette ?uvre, dans ce qui nous la rend proche comme dans ce qui nous en éloigne, nous amène à porter un regard plus lucide et plus critique sur notre situation actuelle, nous aide à être des citoyens attentifs et vigilants. Pourquoi lire De l'esprit lois ? A une époque où le libéralisme, ayant triomphé des idéologies concurrentes, socialistes et marxistes, tend à l'unification doctrinaire et se transforme en machine à homogénéiser (sa propre unité) et à exclure (ceux qui le contestent), la lecture de Montesquieu nous rappelle à la dimension critique du libéralisme et à son pluralisme. En des temps où l'universel n'est plus seulement un principe régulateur, mais une réalité (celle des institutions internationales, du marché, des réseaux scientifiques...), et où la diversité culturelle n'est plus un obstacle à surmonter mais une valeur à préserver, nous avons impérativement besoin de penser à la fois l'universel et le relatif, d'avoir une vision différenciée des droits de l'homme. Montesquieu peut nous y aider.
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Nombre de pages
130
Date de parution
26/10/1999
Poids
160g
Largeur
116mm
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EAN
9782724607789
Titre
Actualité de Montesquieu
Auteur
Larrère Catherine
Editeur
SCIENCES PO
Largeur
116
Poids
160
Date de parution
19991026
Nombre de pages
130,00 €
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On nous dit que la nature n'existe plus : de part en part intelligible, la voici enfin totalement maîtrisée. Tel serait le triomphe de l'artifice. Pendant ce temps, les vaches deviennent folles. On a brandi la menace que représenteraient pour nos démocraties certains mouvements écologistes. Critiquer la technique serait irrationnel et l'on ne saurait respecter à la fois la nature et les hommes. Les Lumières demeurent-elles du côté de ceux qui croient en un progrès indéfini de notre maîtrise technique ? Entre ceux qui nous mettent en garde contre une crise environnementale et ceux qui n'y voient que fantasmes sociaux, qui est obscurantiste ? Est-ce à dire que la nature ne peut plus désormais être pensée que sur un mode dramatique ? Et s'il s'agissait moins de choisir entre l'homme et la nature, que de comprendre posément à quelles conditions un nouveau naturalisme est aujourd'hui possible ? L'ambition de ce livre est d'abord de réexaminer les termes d'un débat dont la violence a fini par masquer les enjeux. Chemin faisant, de l'histoire de la philosophie à l'analyse des politiques modernes de protection de la nature et de prévention des risques, Catherine et Raphaël Larrère posent les jalons d'une nouvelle vision de la nature. Une nature en devenir dans laquelle l'homme pourrait s'inscrire sans dommage, qu'il rendrait propre à être sa demeure, pour le présent comme pour les générations futures. Et parce qu'il est temps de dépasser l'opposition entre naturalisme et humanisme, Catherine et Raphaël Larrère en appellent à un bon usage de la nature, un usage écocentré.
Résumé : La réflexion morale s'est donné un nouvel objet : l'environnement. Au début des années 70, le besoin d'une éthique environnementale a été formulé et tout un débat s'est développé sur ces problèmes : différentes tendances philosophiques s'y sont exprimées, des questions critiques ont été déterminées. L'éthique environnementale existe, comme une réflexion philosophique qui a su associer les questions morales classiques et les problèmes contemporains qui font de la nature l'objet d'un débat philosophique. Ce débat affecte plus particulièrement la communauté de langue anglaise : la crise environnementale y a été entendue comme une incitation à redéfinir les rapports de l'homme et de la nature, à ne plus voir dans celle-ci un simple réservoir de ressources, à remettre en question l'anthropocentrisme moral, à développer, donc, une nouvelle éthique. Ce livre a pour objet de présenter les principaux thèmes débattus : la question de la valeur intrinsèque, celle du bien-être animal, la conception de la communauté, celle de la wilderness, le problème du pluralisme moral.
Résumé : Si les problèmes environnementaux sont devenus globaux, ils menacent les humains de manière inégale. Les différentes populations sont inégalement frappées par les pollutions et différemment exposées aux risques environnementaux. Ces inégalités environnementales, qui recoupent très largement les inégalités sociales, sont assez peu étudiées : il suffit de consulter les différents atlas des inégalités socio-économiques pour constater qu'elles n'y figurent pas. L'inégale exposition aux risques environnementaux pose pourtant d'autant plus de problèmes de justice que ceux qui y sont le plus exposés sont souvent ceux qui y ont le moins contribué. La question est donc celle d'une articulation à construire entre l'environnemental et le social.
L'entrée du numérique dans nos sociétés est souvent comparée aux grandes ruptures technologiques des révolutions industrielles. En réalité, c'est avec l'invention de l'imprimerie que la comparaison s'impose, car la révolution digitale est avant tout d'ordre cognitif. Elle est venue insérer des connaissances et des informations dans tous les aspects de nos vies. Jusqu'aux machines, qu'elle est en train de rendre intelligentes. Si nous fabriquons le numérique, il nous fabrique aussi. Voilà pourquoi il est indispensable que nous nous forgions une culture numérique.
Laruelle Marlène ; Pranchère Jean-Yves ; Miranda A
Néoréaction, régression démocratique, illibéralisme, autoritarisme, populisme, néofascisme, cyberlibertarianisme, antimodernisme : cet écheveau de concepts rendant compte de certaines des évolutions profondes de nos sociétés et de nos systèmes politiques contemporains a de quoi désorienter. Régulièrement, pourtant, l'actualité invite à les utiliser pour désigner des discours, des pratiques institutionnelles, des projets politiques ou des idéologies, qu'il s'agisse, de façon neutre, de les décrire ou, de façon plus engagée, de s'en inquiéter et de les dénoncer. C'est là tout l'intérêt intellectuel et l'utilité civique de ce volume : clarifier ces concepts tout en mettant en lumière les liens entre deux ensembles de phénomènes qui méritent d'être appréhendés de concert. Ainsi s'impose aujourd'hui la nécessité de scruter en détail les fondements intellectuels des tendances autoritaires, afin de mieux en comprendre les manifestations politiques et institutionnelles.
Atlas, dans la mythologie, représente un géant capable de tenir la Terre sur ses épaules sans en être écrasé. Mais quand Gérard Mercator publie en 1538 ce qu'il décide d'appeler un Atlas, le rapport des forces s'est complètement inversé : un "Atlas" est un ensemble de planches, imprimées sur du papier, quelque chose que l'on feuillette et que le cartographe tient dans sa main ; ce n'est plus la Terre que l'on a sur le dos et qui nous écrase, mais la Terre que l'on domine, que l'on possède et que l'on maîtrise totalement. Près de cinq siècles après, voilà que la situation s'inverse à nouveau : paraît un "Atlas" qui permet aux lecteurs de comprendre pourquoi il est tout à fait vain de prétendre dominer, maîtriser, posséder la Terre, et que le seul résultat de cette idée folle, c'est de risquer de se trouver écrasé par Celle que personne ne peut porter sur ses épaules". Bruno Latour Changement climatique, érosion de la biodiversité, évolution démographique, urbanisation, pollution atmosphérique, détérioration des sols, catastrophes naturelles, accidents industriels, crises sanitaires, mobilisations sociales, sommets internationaux, transition climatique... Voici le premier atlas réunissant l'ensemble des données sur les transformations écologiques de notre temps.
Deuxième puissance mondiale depuis 2010, la Chine ne veut pas seulement détrôner les Etats-Unis, mais aussi bouleverser l'ordre international établi depuis 1945. A-t-elle les moyens de cette ambition ? Oui si l'on en juge par l'ampleur des outils économiques, diplomatiques, militaires et idéologiques qu'elle déploie et que symbolisent les "nouvelles routes de la soie" ; oui si l'on observe l'évolution de sa politique étrangère et de sécurité, surtout depuis l'arrivée au pouvoir de Xi Jinping en 2012 ; oui si l'on décrypte ses relations avec ses partenaires et voisins, comme le fait cet ouvrage, à l'aide de sources de première main. Derrière cette force se cachent des fragilités. Dépendante de l'extérieur, la Chine connaît un ralentissement économique et un vieillissement sans précédent de sa population. La persistance d'un régime autoritaire, nationaliste, antioccidental et de plus en plus arrogant confère un caractère inachevé à son intégration internationale et accroît les sources de conflit, en particulier avec les Etats-Unis et le Japon.