Il dit : "... La France ne saura jamais assez ce qu'elle m'a pris, pas plus qu'elle ne sait tout ce que je lui dois". Son agent, lui, se contente de préciser dans le catalogue de ses expositions : "Prédestiné, né à Paris, à Montparnasse, dans un atelier de peintres juifs". Elevé par des "Justes", Jack J. Minkovski se demande comment préserver, sans la taire, son enfance dans les vignes du Bordelais. Il avait cinq ans quand ses parents ont été dénoncés, déportés et assassinés à Auschwitz. Hélène, peintre, et Robert, poète et viticulteur, l'ont élevé. Socrate, ancien résistant et prof de philo, son parrain implicite, lui instille dans la pensée le "Tikoun Olam", ce concept de la philosophie juive, l'aspiration à "réparer le monde". Jack y souscrit passionnément dans son oeuvre. Cependant le succès que rencontre sa peinture ne le détourne pas de l'obsession de retrouver le portrait de sa mère, réalisé par Modigliani, à la terrasse de la Rotonde, à Montparnasse et volé dans l'atelier de ses parents le jour de leur arrestation. Son secret depuis l'enfance : défier l'équilibre au-dessus des toits à Madrid, à Paris, à New York, les yeux bandés, en tête à tête avec l'absolu, il discerne dans l'espace, le visage de sa mère. Passion, amour, beauté, désirs et défis, ainsi se répare une vie si mal commencée, ainsi se répare un peu le monde.
Nombre de pages
150
Date de parution
16/05/2020
Poids
190g
Plus d'informations
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EAN
9782373200317
Titre
La vie en rouge coquelicot
Auteur
Kakon Pol-Serge
Editeur
BALZAC
Largeur
0
Poids
190
Date de parution
20200516
Nombre de pages
150,00 €
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Quand Simon débarque, après bien des années d'absence, dans cette petite ville de la côte marocaine où il a passé son enfance, c'est la fête dans la taverne de Rica. Adolescent rebelle, séducteur, casse-cou, Simon s'est enfui à la suite d'une querelle qui a mal tourné et s'est retrouvé sur les routes. Entre ce jour où il a pris la mer comme passager clandestin et celui où il descend du cargo qui le ramène, il a connu la guerre d'Espagne où il a été blessé, la France en guerre et les persécutions antisémites, des camps d'internement et des évasions, en France, à Chypre, dans une succession d'aventures amoureuses et rocambolesques. Pendant tout ce temps, la vie a continué pour ceux qui sont restés : Rica a repris la vieille taverne de sa mère, "la Scorpion". Le lieu auquel, par provocation, elle donne pour enseigne son propre surnom, Rica la Vida, devient le centre de la vie de cette petite cité maritime où cohabitent juifs et musulmans. Au gré des événements politiques, la révolte et la clandestinité entraînent à nouveau Simon, tandis que la vie se déroule, chaotique mais joyeuse, riche en rebondissements baroques ou tragiques. Rica la Vida est un livre profondément heureux. On rit, on pleure, on aime avec les personnages. Pol-Serge Kakon excelle à les camper tels qu'ils sont et parvient à mettre en place, comme sur une grande scène, de véritables figures romanesques. Livre heureux, Rica la Vida se lit comme la chronique d'une ville mythique.
C'est le récit de différentes expériences autant sociologiques qu'affectives. Succès et échecs mêlés, traités de manière dérisoire, iconoclaste et drolatique, mais sans concessions, vécus par une personne de confession juive issue de l'émigration des années 60, qui essaye de manière compulsive d'accéder au standard de la réussite socio-économique française, sans jamais y parvenir de façon sereine. Les moments forts de la vie d'un émigrant, c'est tous les ours pendant une trentaine d'années. C'est la durée qui lui est nécessaire pour comprendre à quel camp il appartient vraiment. Il est dans ce contexte très difficile d'isoler des temps forts, et pour cause, ils le sont pratiquement tous en ce que le repos semble le fuir en permanence, l'ambition de la réussite lui étant imposée par le système. Et lorsque l'on fait partie d'une minorité, a fortiori juive, de qui, par définition, on exige souvent plus, tout est pratiquement démultiplié. L'ambition, les difficultés, l'empathie, la sympathie... Il a, à 6 ans révolus et avec sa famille, quitté le Maroc pour Strasbourg. A dix-neuf ans, il fait un séjour de seize mois dans un kibboutz en Israël alors que l'enthousiasme consécutif à la guerre des Six-Jours est encore dans toutes les têtes. La nostalgie de la France et le besoin de revoir sa famille le feront revenir à Paris où il intégrera la compagnie Air France en tant que navigant commercial pour une période de cinq années consécutives. Ses voyages lui fourniront assez de matière pour pouvoir créer une entreprise tournée vers l'import, prélude indifférencié à de vrais succès comme à de cuisants échecs. C'est en définitive le Maroc qui lui aura sur le tard et de manière heureuse, donné sa vraie chance, comme un message lancé à ses congénères.
Àtravers l'histoire romancée de la liaison entretenue au début du xxe siècle pardeux grands musiciens, Pablo Casals, qui révolutionna la technique duvioloncelle, et Guilhermina Suggia qui osa devenir soliste avec cet instrumentprétendument peu adapté à la femme, Liliane Le Poëzeller témoigne desdifficultés des femmes artistes d'hier et d'aujourd'hui à sefaire une place dans la société.Elle inscrit cette lutte dans une époque, mais aussi une fraternité artistiqueen évoquant d'autres destins de femmes (Fanny Mendelssohn, Clara Schumann,Berthe Morisot, Camille Claudel, Colette... ) et de grands humanistes :Romain Rolland, ami de Casals et Rainer-Maria Rilke affirmant qu'un jour on neverra plus la femme comme « le contraire du mâle, mais comme quelque chosede propre, valant en soi-même ; non point un simple complément mais uneforme complète de la vie : la femme dans sa véritable humanit?.Par la présence en contrepoint d'une musicienne d'aujourd'hui qui a reçu levioloncelle de Guilhermina et rêve de devenir cheffe d'orchestre, elle soulignele rôle essentiel de la transmission entre générations. C'est à ce violoncelleque Liliane Le Poëzeller confie sa narration, et laisse libre cours à sasensibilité et a son imagination.Au travers de cette relation amoureuse du Pablo Casals jeune, ce roman apporte,qui plus est, un regard personnel a l'image de celui qui est considéré comme leMaitre du violoncelle ct qui fut aussi, durant toute sa vie, un homme deconviction et un grand humaniste.LilianeLe Poëzeller est originaire du Gers. Professeur agrégée de Lettres etformatrice académique, elle a toujours été animée par l'amour de l'art et ledésir de le transmettre. Son goût pour la musique et les biographies d'artistesl'ont amenée à s'intéresser aux difficultés qu' ont connues et que connaissentencore les femmes artistes, les musiciennes en particulier, pour avoir les mêmeschances de réussite que les hommes.