Ce n'est pas ma façon de penser qui a fait mon malheur, c'est celle des autres" disait Donatien-Alphonse-François de Sade. Pour autant qu'on ne réduise pas sa pensée à une pathologie, c'est bien l'exagération et l'outrance de son oeuvre qui a conduit le divin marquis à passer l'essentiel de sa vie en prison, et ses livres à demeurer longtemps dans le silence des "enfers" de la Bibliothèque nationale. Cette entreprise philosophique a tour à tour été récupérée par ceux qui voulaient voir en Sade le prisonnier martyr de la monarchie, le chantre de la subversion, l'opposant à la peine de mort et au respect des lois, mais aussi, "l'apôtre des assassins", l'apologiste du crime, et même l'inspirateur de la barbarie nazie. Autant de méprises autour de sa pensée nécessitaient quelque éclaircissement. Hugues Jallon, en nous livrant ici une lecture politique de l'oeuvre du marquis, nous invite à comprendre l'évolution de la réflexion philosophique de Sade en y intégrant l'angle fructueux de la relation au droit. En plaçant la question du corps, du désir, de la jouissance au centre du débat politique et juridique, Sade reconsidère les fondements du droit en maintenant un état d'insurrection permanent pour ne pas céder à la tentation du respect de la loi. Il passe de sa transgression pure et simple au détournement de celle-ci au profit d'un ordre de luxure, organisé autour du crime et de l'arbitraire.
Commandé avant 16h, livré demain
Nombre de pages
125
Date de parution
01/06/1997
Poids
138g
Largeur
117mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782841860647
Titre
Sade. Le corps constituant
Auteur
Jallon Hugues
Editeur
MICHALON
Largeur
117
Poids
138
Date de parution
19970601
Nombre de pages
125,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison à domiciledès 5,10 €
Le fascisme, ça commence avec les fous, ça se réalise grâce aux salauds et ça continue à cause des cons" . On ne saura peut-être jamais qui a écrit cette phrase, mais elle dit la vérité d'un temps, celui où le fascisme commence à exister vraiment. C'est le temps où les mots, les idées et les valeurs de l'extrême droite ont colonisé le discours public. C'est le temps où l'extrême droite devient fréquentable parce qu'on commence à la fréquenter - et à parler la même langue qu'elle. C'est le temps des ambigüités, des dîners en ville et des changements de pieds. C'est le temps où des hommes et des femmes responsables, dirigeants politiques, intellectuels, patrons, éditorialistes s'emploient à rendre la promesse fasciste raisonnable. Ce temps-là, c'est le temps des salauds.
Résumé : C'est une année chaude, c'est le début de l'été. Regardez, dans l'air tiède, ils essaient maintenant de ralentir, c'est ça, leur respiration semble d'un seul coup plus facile, au bout de quelques heures, ils se sentent déjà beaucoup mieux. Dans un décor idyllique, ils ont l'air de vacanciers, corps au repos, esprits vidés, état stationnaire. Un rêve se réalise. Une nouvelle vie commence. On les écoute ? Le début de quelque chose emprunte à l'imaginaire commun des vacances pour mieux y semer le doute, puis le trouble. Avec un sens de la dramatisation implacable, Hugues Jallon transforme notre utopie la plus familière en un cauchemar éveillé.
Résumé : C'est le milieu de l'après-guerre. C'est le temps des rêves, de la puissance des hommes et des machines, le temps des héros sans visage de l'aventure spatiale, celui des explorateurs fanatiques des profondeurs de l'esprit humain, le temps des ingénieurs et des prophètes, celui des théoriciens de la guerre psychologique, tous emportés dans une course glorieuse et sans issue pour la conquête de nos âmes. Ils s'appellent Neil, Ayn, Jim, Claude, Ted, Ron, Charles, Veronica... En brouillant les pistes de leurs destins singuliers, Hugues Jallon saisit les pulsions secrètes, mégalomanie, paranoïa, mélancolie, d'un monde qui s'enfuit. Mené à un rythme effréné, La conquête des coeurs et des esprits est l'épopée souterraine de ce qui est arrivé à nos rêves.
Écrit à la première personne du pluriel, Zone de combat soumet ses lecteurs à une sorte d'état d'urgence. De fait, ce « nous » englobe un ou plusieurs couples ayant survécu à un attentat à la bombe. Tous et chacun vont enchaîner des stages de coaching, des groupes de parole, des week-ends de remise en forme. On y apprend à se remobiliser et à s'endurcir, à se prendre en main et à vaincre ses appréhensions. Ici, on ne se plie pas aveuglément à des diktats arbitraires, on s'inspire plutôt de méthodes thérapeutiques, on respecte ensemble des consignes de bon sens, on s'investit dans un processus participatif...Mais, puisque ces rescapés se sentent menacés jusque dans leur confort privé, seule la peur pourra désormais les gouverner. La peur obsédante mais si stimulante, la peur désarmante mais si motivante. Si bien qu'en vient à s'effacer la ligne de démarcation entre pulsion de mort et phobie victimaire. À mesure que le texte joue et déjoue le suspense en cours, ne restent plus que des zombies middle class aux prises avec leurs démons intérieurs, des mercenaires prêts à tout pour sécuriser leur pouvoir d'achat, de repos, de loisirs.Au terme de ce « cauchemar climatisé », les promesses du bien-être sécurisé ne connaissent aucune limite. Plus rien ne distingue les périls du monde extérieur des territoires sensibles de l'intimité. Tout est devenu possible - l'innommable surtout.
Souvent condamnés avant tout procès par les effets conjugués de l'émotion collective et de l'extrême médiatisation, les suspects de terrorisme incarnent aujourd'hui la figure du mal. Défendre ces "ennemis publics" tient lieu de défi impossible. Vincent Brengarth s'est livré à cet exercice périlleux. Déshumanisation du lieu d'audience, prises de parole aseptisées, déroulé parfois arbitraire des journées, opinion publique acquise à la thèse de la culpabilité, tensions et crispations entre confrères, solitude des bancs de la défense - il livre le récit des huit semaines du procès en appel de l'attentat de Nice, au terme desquelles demeure une interrogation : dans ces procès où il est fait peu de cas de la parole de l'accusé, l'enjeu d'un avocat de la " terreur " est-il de défendre une cause individuelle ou les principes d'un Etat de droit qui vacille devant la menace terroriste ? Une plongée immersive dans l'envers du décor, au plus près d'un procès de justice antiterroriste.
Maria Deraismes (1828-1894), contemporaine de Louise Michel, ardente défenseure des droits des femmes et des enfants, protectrice des animaux et oratrice hors pair, fut une figure majeure de la fin du XIXe siècle. Injustement négligée par la postérité, elle fut pourtant l'une des premières républicaines à revendiquer l'urgence d'un front commun, s'associant aux plus grandes personnalités de l'époque sans reculer devant la controverse. En explorant ce destin hors norme, ce livre propose de redécouvrir une penseuse exceptionnelle par sa radicalité qui n'excluait ni le sens de la nuance ni celui des alliances stratégiques. Convaincue que la raison devait être mise au service d'un exercice partagé de la liberté, Deraismes n'eut de cesse de prouver par sa verve et sa passion de l'égalité qu'une société en crise ne devait jamais renoncer à l'espoir d'un progrès juste.
Que nous dit un corps qui vieillit - un corps vieux ? Faut-il résister, sous l'injonction au bien-vieillir (comprendre : rester jeune et tonique) ou bien l'assumer ? Dans un essai nourri de témoignages et d'expériences vécues, Catherine Vincent explore la réalité du corps vieillissant sous toutes ses facettes pour mieux souligner son enjeu politique. Quelle réponse, en effet, la société offre-t-elle à un corps devenu dépendant, engoncé dans la maladie, objet de soins intimes, parfois trop encombrant ? Connaît-on suffisamment ses spécificités, ne pourrait-on mieux les entendre ? Et si se réapproprier son corps vieux était aussi se donner une meilleure chance de participer aux décisions le concernant ?