Écrit à la première personne du pluriel, Zone de combat soumet ses lecteurs à une sorte d'état d'urgence. De fait, ce « nous » englobe un ou plusieurs couples ayant survécu à un attentat à la bombe. Tous et chacun vont enchaîner des stages de coaching, des groupes de parole, des week-ends de remise en forme. On y apprend à se remobiliser et à s'endurcir, à se prendre en main et à vaincre ses appréhensions. Ici, on ne se plie pas aveuglément à des diktats arbitraires, on s'inspire plutôt de méthodes thérapeutiques, on respecte ensemble des consignes de bon sens, on s'investit dans un processus participatif...Mais, puisque ces rescapés se sentent menacés jusque dans leur confort privé, seule la peur pourra désormais les gouverner. La peur obsédante mais si stimulante, la peur désarmante mais si motivante. Si bien qu'en vient à s'effacer la ligne de démarcation entre pulsion de mort et phobie victimaire. À mesure que le texte joue et déjoue le suspense en cours, ne restent plus que des zombies middle class aux prises avec leurs démons intérieurs, des mercenaires prêts à tout pour sécuriser leur pouvoir d'achat, de repos, de loisirs.Au terme de ce « cauchemar climatisé », les promesses du bien-être sécurisé ne connaissent aucune limite. Plus rien ne distingue les périls du monde extérieur des territoires sensibles de l'intimité. Tout est devenu possible - l'innommable surtout.
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Nombre de pages
137
Date de parution
30/08/2007
Poids
185g
Largeur
140mm
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EAN
9782070784622
Titre
ZONE DE COMBAT
Auteur
Jallon Hugues
Editeur
VERTICALES
Largeur
140
Poids
185
Date de parution
20070830
Nombre de pages
137,00 €
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Le fascisme, ça commence avec les fous, ça se réalise grâce aux salauds et ça continue à cause des cons" . On ne saura peut-être jamais qui a écrit cette phrase, mais elle dit la vérité d'un temps, celui où le fascisme commence à exister vraiment. C'est le temps où les mots, les idées et les valeurs de l'extrême droite ont colonisé le discours public. C'est le temps où l'extrême droite devient fréquentable parce qu'on commence à la fréquenter - et à parler la même langue qu'elle. C'est le temps des ambigüités, des dîners en ville et des changements de pieds. C'est le temps où des hommes et des femmes responsables, dirigeants politiques, intellectuels, patrons, éditorialistes s'emploient à rendre la promesse fasciste raisonnable. Ce temps-là, c'est le temps des salauds.
Résumé : C'est une année chaude, c'est le début de l'été. Regardez, dans l'air tiède, ils essaient maintenant de ralentir, c'est ça, leur respiration semble d'un seul coup plus facile, au bout de quelques heures, ils se sentent déjà beaucoup mieux. Dans un décor idyllique, ils ont l'air de vacanciers, corps au repos, esprits vidés, état stationnaire. Un rêve se réalise. Une nouvelle vie commence. On les écoute ? Le début de quelque chose emprunte à l'imaginaire commun des vacances pour mieux y semer le doute, puis le trouble. Avec un sens de la dramatisation implacable, Hugues Jallon transforme notre utopie la plus familière en un cauchemar éveillé.
Résumé : C'est le milieu de l'après-guerre. C'est le temps des rêves, de la puissance des hommes et des machines, le temps des héros sans visage de l'aventure spatiale, celui des explorateurs fanatiques des profondeurs de l'esprit humain, le temps des ingénieurs et des prophètes, celui des théoriciens de la guerre psychologique, tous emportés dans une course glorieuse et sans issue pour la conquête de nos âmes. Ils s'appellent Neil, Ayn, Jim, Claude, Ted, Ron, Charles, Veronica... En brouillant les pistes de leurs destins singuliers, Hugues Jallon saisit les pulsions secrètes, mégalomanie, paranoïa, mélancolie, d'un monde qui s'enfuit. Mené à un rythme effréné, La conquête des coeurs et des esprits est l'épopée souterraine de ce qui est arrivé à nos rêves.
Ce n'est pas ma façon de penser qui a fait mon malheur, c'est celle des autres" disait Donatien-Alphonse-François de Sade. Pour autant qu'on ne réduise pas sa pensée à une pathologie, c'est bien l'exagération et l'outrance de son oeuvre qui a conduit le divin marquis à passer l'essentiel de sa vie en prison, et ses livres à demeurer longtemps dans le silence des "enfers" de la Bibliothèque nationale. Cette entreprise philosophique a tour à tour été récupérée par ceux qui voulaient voir en Sade le prisonnier martyr de la monarchie, le chantre de la subversion, l'opposant à la peine de mort et au respect des lois, mais aussi, "l'apôtre des assassins", l'apologiste du crime, et même l'inspirateur de la barbarie nazie. Autant de méprises autour de sa pensée nécessitaient quelque éclaircissement. Hugues Jallon, en nous livrant ici une lecture politique de l'oeuvre du marquis, nous invite à comprendre l'évolution de la réflexion philosophique de Sade en y intégrant l'angle fructueux de la relation au droit. En plaçant la question du corps, du désir, de la jouissance au centre du débat politique et juridique, Sade reconsidère les fondements du droit en maintenant un état d'insurrection permanent pour ne pas céder à la tentation du respect de la loi. Il passe de sa transgression pure et simple au détournement de celle-ci au profit d'un ordre de luxure, organisé autour du crime et de l'arbitraire.
Comment Steve passe-t-il d'une petite ville côtière de France à Raqqa, au coeur de la boucherie syrienne ? On ne sait pas bien. Comme on ne sait pas, on raconte. On se lance dans une sorte d'enquête amicale trois décennies durant. Sur la frise de sa vie, on détermine un moment zéro. Les déconvenues scolaires. Les harcèlements divers. L'envie non consommée de plastiquer le collège. L'envie de faire le bien. Et à chacun de ces moments, il y a Mickaël, le petit frère. Ce qui concerne Mickaël concerne Steve, son presque jumeau, et tout est dans le presque.
Résumé : "Un Lacandon aux longs cheveux noirs, debout sur sa pirogue, vêtu d'une tunique blanche, creusant la transparence émeraude de la rivière d'une pagaie en bois. MEXICO AUTENTICO. BONAMPAK. CHIAPAS. C'est peut-être le jour où j'ai vu, à l'aéroport de Mexico, sur un écran géant, cette publicité pour une agence de voyages, ce fantasme pour touriste en quête de bons sauvages, que ce livre est né. Un Lacandon ! Bonampak ! Authentique ! Vrai de vrai, à portée de main ! A portée de notre monde, à portée de nos yeux, là, pour nous, pour vous ! Et à ces visiteurs d'un jour qui achèteraient un petit jaguar en bois, il n'était donné qu'une image. Il n'était donné que le mensonge".
Habiter la ville, habiter sa vie, s'habiter... tout court. Avec ces quatorze nouvelles immobilières, Hélèna Villovitch poursuit la chronique d'une génération précaire, la sienne. La quête d'un logement nourrit chaque mésaventure, cruelle ou burlesque, de ce recueil : entre vagabondage insouciant, co-location à l'étroit, échange d'appartements, troubles du voisinage, endettement à long terme et culbute spéculative. Autant de cloisonnements existentiels qui pèsent sur les personnages, accusent leur solitude, les minent de l'intérieur. Maniant la satire avec bienveillance, Hélèna Villovitch sonde les illusions perdues et les calculs égoïstes de notre époque, sans oublier jamais d'y glisser un grain de folie douce.
«Paula s'avance lentement vers les plaques de marbre, pose sa paume à plat sur la paroi, mais au lieu du froid glacial de la pierre, c'est le grain de la peinture qu'elle éprouve. Elle s'approche tout près, regarde : c'est bien une image. Étonnée, elle se tourne vers les boiseries et recommence, recule puis avance, touche, comme si elle jouait à faire disparaître puis à faire revenir l'illusion initiale, progresse le long du mur, de plus en plus troublée tandis qu'elle passe les colonnes de pierre, les arches sculptées, les chapiteaux et les moulures, les stucs, atteint la fenêtre, prête à se pencher au-dehors, certaine qu'un autre monde se tient là, juste derrière, à portée de main, et partout son tâtonnement lui renvoie de la peinture. Une fois parvenue devant la mésange arrêtée sur sa branche, elle s'immobilise, allonge le bras dans l'aube rose, glisse ses doigts entre les plumes de l'oiseau, et tend l'oreille dans le feuillage.»