Pierre Duhem a depuis longtemps été reconnu dans les milieux non catholiques. Toutefois, c'es trop souvent une vue assez "tordue" et fausse qui est donnée de son oeuvre en physique et plus encore en philosophie et en histoire. Le témoignage, très profondément vécu et imprégné de sa foi catholique, est purement et simplement gommé dans ces cercles intellectuels, tout juste s'ils ne le mentionnent pas accompagné de clichés péjoratifs ou condescendants. Duhem reste ne effet un "génie gênant" , pour reprendre la traduction heureuse faite par Jean-Robert Armogathe, spécialiste de l'histoire de la philosophie des sciences, de Uneasy Genius. Duhem est une source de gêne aussi pour les intellectuels catholiques qui ne cherchent qu'à complaire à leurs adversaires. Il leur faudra changer de point de vue s'ils s'affrontent à l'utilisation de la "somme" énorme qui vient de l'étude minutieuse des idées de Duhem et de ses découvertes, somme indispensable à tout intellectuel catholique qui, dans une époque de science triomphante, est pris à partie dans la confrontation entre foi et incroyance. Que très peu aient écouté Pierre Duhem, même dans sa propre famille spirituelle, est une preuve supplémentaire, très éclairante, qu'il est l'un des grands prophètes des temps modernes. L'honneur que le monde séculier et le monde catholique lui ont refusé, l'histoire le lui rendra assurément. L'essai publié dans Scientifiques & Croyants retrace pour un large public le portrait du grand scientifique en l'illustrant de ses textes les plus significatifs.
Nombre de pages
272
Date de parution
01/03/1991
Poids
346g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782701012247
Titre
Pierre Duhem, homme de science et de foi
Auteur
Jaki Stanley
Editeur
BEAUCHESNE
Largeur
135
Poids
346
Date de parution
19910301
Nombre de pages
272,00 €
Disponibilité
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Cet ouvrage traite en grande partie des années 1925-1960 qui virent la fille de Pierre Duhem engagée dans une lutte héroïque pour assurer la publication des cinq derniers volumes du Système du monde. Les manuscrits étaient prêts à être imprimés quand il mourut soudainement le 14 septembre 1914. Ce récit, au parfum dramatique, est basé sur la vaste correspondance d'Hélène avec l'éditeur et plusieurs amis de son père, dont certains membres de l'Académie des Sciences.
Le Père Stanley Jaki, docteur en physique nucléaire et docteur en théologie, membre de l'Académie Pontificale des Sciences, est un des meilleurs spécialistes de la philosophie et de l'histoire des sciences. Il a publié des dizaines de livres dans ce domaine qui ont fait sa réputation de spécialiste incontesté et respecté. Ce dernier livre qu'il a écrit peu avant sa mort en avril 2009 est en quelque sorte la synthèse de sa pensée comme scientifique et comme prêtre catholique. Il montre de façon magistrale la différence qui existe entre les sciences " dures " comme la physique et les sciences humaines qui sont plus des discours raisonnés que des sciences au sens strict. Dans ces dernières, le plus ou moins a droit de cité alors que dans les sciences dures les nombres sont là pour rigidifier leur discours. L'analyse de S Jaki illumine des discussions contemporaines qui, pour certaines d'entre elles, se perdent dans des logorrhées parce qu'elles n'ont pas pris en compte cette donnée fondamentale. En particulier, les chrétiens feraient bien d'en prendre conscience pour éviter de tomber dans un concordisme impossible où le ravin qui sépare la théologie et les sciences ne peut être traversé que par l'intelligence humaine quand elle saisit le réel dans une approche métaphysique. " La science dans son expression non métaphysique ne peut que déboucher sur un spinozisme du devenir " disait Etienne Gilson.
Dans l'Eglise du Moyen Age central, l'inspiration charismatique n'est pas antinomique de la bureaucratisation : elle en est la condition nécessaire. C'est ce que montre cette étude des mobilisations ecclésiologiques de la référence à l'Esprit. Loin d'oublier l'Esprit dans la routine d'une bureaucratie sans âme, les agents de l'institution de l'appareil ecclésial sont les premiers à y faire référence pour opérer, à partir du milieu du XIe siècle, une centralisation pontificale des différentes tendances réformatrices. La monopolisation pontificale de la référence légitime à l'Esprit permet à la fois d'affirmer l'autonomie - la théonomie - de l'appareil ecclésial et d'en suspendre les règles ordinaires. L'appropriation de ce discours ecclésiologique par les chroniqueurs et réformateurs du XIIe siècle va conduire à une nouvelle perception de l'histoire, fondée sur l'idée d'un progrès inspiré et mené par des hommes spirituels. Moines charismatiques et administrateurs peuvent ainsi s'associer autour du fragile malentendu d'une institution spirituelle. Lorsque celui-ci se délite, les discours prophétiques en font l'aune à laquelle juger le présent ou un projet d'avenir. Au cours des XIIIe et XIVe siècles, ce modèle d'une bureaucratie charismatique se dissocie en conceptions antagonistes de la référence à l'Esprit : un usage intégré dans les rouages de l'administration, qui n'apparaît explicitement que dans les périodes de crise, et une référence de plus en plus eschatologique visant à condamner tous ceux qui persécutent les "spirituels".
Scolastique : dérisoire ou sérieuse ? Savante ou bornée ? Ratiocination ou perfection rationnelle de l'investigation universelle ? Virtuosité intellectuelle ou figement formel ? Peu de mots, assurément, résonnent de manière aussi contradictoire dans notre chambre cognitive. Faut-il s'en étonner ? La scolastique, avec le Sic et non d'Abélard au XIIe siècle, se construit sur l'exploration inextinguible de la contradiction. Elle progresse vers la vérité grâce au kaléidoscope des possibles logiques. En son âge d'or, du XIIIe au XVe siècle, auxquels est consacré ce volume, elle ne structure pas seulement la pensée des intellectuels. Imprimant sa forme et ses processus heuristiques à la littérature - latine ou romane - qu'elle érige en son extension, elle trouve en celle-ci non seulement un réceptacle et un lieu de diffusion, mais un révélateur. Codifiée mais libre comme une forme fixe, elle est littérature à part entière, partageant avec elle les ambitions et les modalités protéiformes d'une architectonique savante dévouée à l'éveil de l'esprit. Les vingt-quatre contributions ici réunies sondent la manière dont la littérature médiévale, tirant partie de sa propre diversité, sérieuse, comique, savante, ambiguë ou critique, s'est emparée de la scolastique pour faire d'un phénomène social qui aurait pu devenir un puissant outil de contrôle, un formidable moteur d'émancipation individuelle.
Une exclamation d'Origène (empruntée à Jérémie) : Tu m'as trompé, Seigneur ! Une autre de saint Anselme : Seigneur, je cherche ton visage ! L'une et l'autre nous a paru valoir d'être scrutée, comme introduisant à une demarche de pensée qui caractérise chacun de ces deux grands esprits, et plus encore au mouvement foncier de leur âme. Deux exemples, propres à faire voir, à travers les différences de deux époques aussi bien que de deux individualités, une parenté plus essentielle. Et nous encore, "nous sommes de leur race" . Tous ceux que nourrit de sa substance indéfiniment féconde une même grande tradition, sont frères. Pour compléter ce sentiment de l'unité dans un incessant pluralisme, nous avons cru pouvoir proposer un troisième exemple, pris à notre siècle même, celui du débat qui fut institué, au cours des années trente, sur les rapports de la foi chrétienne, et de la philosophie. Le lecteur verra de lui-même, sans qu'il soit besoin d'instituer parallèles ou contrastes, combien les questions qui agitaient ce débat sont encore aujourd'hui les nôtres.
En octobre 1703, Claude Poullart des Places, un jeune Rennais, arrive à Paris sans autre intention que de faire sa théologie au collège Louis le Grand. Un an plus tard, simple tonsuré, il fonde un séminaire pour les pauvres écoliers, ces aspirants au sacerdoce dont la misère, par ses conséquences, est la plaie majeure de l'Eglise de France. Il assure à ses élèves une longue et solide formation théologique et sait leur communiquer sa mystique de pauvreté et sa hantise des âmes abandonnées. Il meurt en 1709, prêtre depuis moins de deux ans. Il laisse soixante-dix séminaristes et une petite équipe de directeurs, noyau de cette congrégation du Saint-Esprit qui compte aujourd'hui 4 000 religieux. La Compagnie de Marie de son ami Grignion de Montfort ne voit le jour et ne survit jusqu'à la Révolution que grâce à son affiliation à la congrégation du Saint-Esprit ; pendant près d'un siècle et demi, ses membres se font appeler Prêtres missionnaires du Saint-Esprit. Quant aux Filles du Saint-Esprit, la plus florissante des congrégations bretonnes, elle doit son existence à l'un des premiers disciples de Poullart des Places qui leur forma un règlement sur le modèle de celui qui s'observait au Séminaire du Saint-Esprit. Poullart des Places est le plus jeune fondateur d'ordre et aussi celui qui disposa du délai le plus court pour consolider son oeuvre. Son histoire était une énigme que, grâce aux archives de l' Aa, une congrégation secrète de piété, Joseph Michel réussit à élucider. La cause de canonisation de Poullart des Places a été introduite en 1989.