Littérature et pensée scolastique (XIIIe-XVe siècles)
Fasseur Valérie ; Valette Jean-René
BEAUCHESNE
44,00 €
Sur commande en 2-4 jours
EAN :9782204166614
Scolastique : dérisoire ou sérieuse ? Savante ou bornée ? Ratiocination ou perfection rationnelle de l'investigation universelle ? Virtuosité intellectuelle ou figement formel ? Peu de mots, assurément, résonnent de manière aussi contradictoire dans notre chambre cognitive. Faut-il s'en étonner ? La scolastique, avec le Sic et non d'Abélard au XIIe siècle, se construit sur l'exploration inextinguible de la contradiction. Elle progresse vers la vérité grâce au kaléidoscope des possibles logiques. En son âge d'or, du XIIIe au XVe siècle, auxquels est consacré ce volume, elle ne structure pas seulement la pensée des intellectuels. Imprimant sa forme et ses processus heuristiques à la littérature - latine ou romane - qu'elle érige en son extension, elle trouve en celle-ci non seulement un réceptacle et un lieu de diffusion, mais un révélateur. Codifiée mais libre comme une forme fixe, elle est littérature à part entière, partageant avec elle les ambitions et les modalités protéiformes d'une architectonique savante dévouée à l'éveil de l'esprit. Les vingt-quatre contributions ici réunies sondent la manière dont la littérature médiévale, tirant partie de sa propre diversité, sérieuse, comique, savante, ambiguë ou critique, s'est emparée de la scolastique pour faire d'un phénomène social qui aurait pu devenir un puissant outil de contrôle, un formidable moteur d'émancipation individuelle.
Nombre de pages
512
Date de parution
05/02/2026
Poids
300g
Largeur
135mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782204166614
Titre
Littérature et pensée scolastique (XIIIe-XVe siècles)
Auteur
Fasseur Valérie ; Valette Jean-René
Editeur
BEAUCHESNE
Largeur
135
Poids
300
Date de parution
20260205
Nombre de pages
512,00 €
Disponibilité
Sur commande en 2-4 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Fasseur Valérie ; James-Raoul Danièle ; Valette Je
Banal et quotidien, l'arbre est lui-même substance vivante, mais il est aussi un symbole très puissant: celui, fondamental, de la continuelle régénérescence du monde vivant; celui, tout autant prégnant dans l'histoire, de la transcendance qu'il évoque par sa verticalité permettant des relations souterraines, terrestres et célestes. L'arbre a, par ailleurs, le privilège d'être en relation avec les quatre éléments: l'eau de sa sève, la terre où il plonge ses racines, l'air dans lequel baigne sa cime, le feu qui jaillit quand on frotte deux morceaux de son bois. Il exprime ainsi de manière emblématique le désir de relation qui existe entre l'homme et la divinité aussi bien que celui d'unité qui régit l'harmonie du cosmos. Les auteurs ont privilégié deux approches. L'une plutôt littéraire: des manuscrits médiévaux aux écritures de l'arbre-livre, les métaphores de l'arbre dans la poétique littéraire sont passées en revue, de même que la présence et les représentations de l'arbre dans la littérature et dans les arts. L'autre plutôt historique et anthropologique: au coeur du folklore, des sciences et de la religion, l'arbre, véritable motif culturel, évolue en parallèle avec l'histoire des mentalités dans des parcours tourmentés.
Polyvalente, protéiforme, la figure du pèlerin constitue le vecteur d'une analyse conduite à travers plus de quatre-vingts oeuvres de la chanson de geste. Le pèlerin, caution du poète, représentant et modèle du récepteur, se porte garant de la vérité de la matière épique, dont il assure l'impact sur le public. L'importance de son rôle structurel dévoile les enjeux profonds de l'épopée médiévale.
Joyau de la littérature d'oc médiévale déclinante, le récit de Flamenca a été lu tantôt comme un roman historique, tantôt comme un art d'aimer, tantôt comme la préfiguration du roman psychologique. Large amplification narrative des castia gilos (châtiments de jaloux) antérieurs, l'ouvre analyse les tortures qu'endure et fait endurer à son entourage un mari injustement jaloux, qui, en séquestrant sa femme dans une tour, met en place, à son insu, toutes les conditions propices à l'avènement de ce qu'il redoute. Cette intrigue, qui accorde une place inédite à l'introspection et se nourrit plus subtilement d'une vaste culture littéraire qu'elle renouvelle en la prêtant à ses personnage, est aussi prétexte à une mise en scène de la connaissance des lettres : noud de la relation amoureuse, essentiel à la courtoisie et à la formation de l'individu, l'amour des lettres participe pleinement de la valeur intrinsèque des êtres en devenir, confrontés à leur destinée.Collection dirigée par Michel Zink. Texte édité par François Zufferey et traduit par Valérie Fasseur.
Dans l'Eglise du Moyen Age central, l'inspiration charismatique n'est pas antinomique de la bureaucratisation : elle en est la condition nécessaire. C'est ce que montre cette étude des mobilisations ecclésiologiques de la référence à l'Esprit. Loin d'oublier l'Esprit dans la routine d'une bureaucratie sans âme, les agents de l'institution de l'appareil ecclésial sont les premiers à y faire référence pour opérer, à partir du milieu du XIe siècle, une centralisation pontificale des différentes tendances réformatrices. La monopolisation pontificale de la référence légitime à l'Esprit permet à la fois d'affirmer l'autonomie - la théonomie - de l'appareil ecclésial et d'en suspendre les règles ordinaires. L'appropriation de ce discours ecclésiologique par les chroniqueurs et réformateurs du XIIe siècle va conduire à une nouvelle perception de l'histoire, fondée sur l'idée d'un progrès inspiré et mené par des hommes spirituels. Moines charismatiques et administrateurs peuvent ainsi s'associer autour du fragile malentendu d'une institution spirituelle. Lorsque celui-ci se délite, les discours prophétiques en font l'aune à laquelle juger le présent ou un projet d'avenir. Au cours des XIIIe et XIVe siècles, ce modèle d'une bureaucratie charismatique se dissocie en conceptions antagonistes de la référence à l'Esprit : un usage intégré dans les rouages de l'administration, qui n'apparaît explicitement que dans les périodes de crise, et une référence de plus en plus eschatologique visant à condamner tous ceux qui persécutent les "spirituels".
Une exclamation d'Origène (empruntée à Jérémie) : Tu m'as trompé, Seigneur ! Une autre de saint Anselme : Seigneur, je cherche ton visage ! L'une et l'autre nous a paru valoir d'être scrutée, comme introduisant à une demarche de pensée qui caractérise chacun de ces deux grands esprits, et plus encore au mouvement foncier de leur âme. Deux exemples, propres à faire voir, à travers les différences de deux époques aussi bien que de deux individualités, une parenté plus essentielle. Et nous encore, "nous sommes de leur race" . Tous ceux que nourrit de sa substance indéfiniment féconde une même grande tradition, sont frères. Pour compléter ce sentiment de l'unité dans un incessant pluralisme, nous avons cru pouvoir proposer un troisième exemple, pris à notre siècle même, celui du débat qui fut institué, au cours des années trente, sur les rapports de la foi chrétienne, et de la philosophie. Le lecteur verra de lui-même, sans qu'il soit besoin d'instituer parallèles ou contrastes, combien les questions qui agitaient ce débat sont encore aujourd'hui les nôtres.
En octobre 1703, Claude Poullart des Places, un jeune Rennais, arrive à Paris sans autre intention que de faire sa théologie au collège Louis le Grand. Un an plus tard, simple tonsuré, il fonde un séminaire pour les pauvres écoliers, ces aspirants au sacerdoce dont la misère, par ses conséquences, est la plaie majeure de l'Eglise de France. Il assure à ses élèves une longue et solide formation théologique et sait leur communiquer sa mystique de pauvreté et sa hantise des âmes abandonnées. Il meurt en 1709, prêtre depuis moins de deux ans. Il laisse soixante-dix séminaristes et une petite équipe de directeurs, noyau de cette congrégation du Saint-Esprit qui compte aujourd'hui 4 000 religieux. La Compagnie de Marie de son ami Grignion de Montfort ne voit le jour et ne survit jusqu'à la Révolution que grâce à son affiliation à la congrégation du Saint-Esprit ; pendant près d'un siècle et demi, ses membres se font appeler Prêtres missionnaires du Saint-Esprit. Quant aux Filles du Saint-Esprit, la plus florissante des congrégations bretonnes, elle doit son existence à l'un des premiers disciples de Poullart des Places qui leur forma un règlement sur le modèle de celui qui s'observait au Séminaire du Saint-Esprit. Poullart des Places est le plus jeune fondateur d'ordre et aussi celui qui disposa du délai le plus court pour consolider son oeuvre. Son histoire était une énigme que, grâce aux archives de l' Aa, une congrégation secrète de piété, Joseph Michel réussit à élucider. La cause de canonisation de Poullart des Places a été introduite en 1989.
Marie de l'Incarnation s'est surtout préoccupée de se laisser conduire par l'Esprit. Elle n'a pas décidé à l'avancè quelle serait sa voie ni sa vie; elle s'est laissée emporter au souffle divin qui avait fondu sur elle, attentive à anéantir tout ce qui pourrait, en elle, faire obstacle à l'action de l'Esprit; et c'est cette expérience qu'elle décrit. Avec une pénétration que seule peut donner une longue amitié, le P. Thiry a analysé la voie de pureté chez Marie de l'Incarnation; il a tenté d'en discerner les étapes et, par là, aidé à mieux comprendre le mystérieux chemin parcouru par cette âme exceptionnelle; il importe de se souvenir en lisant son exposé lumineux que c'est surtout la prédominance de certains éléments par rapport à d'autres qui permet de caractériser les états successifs de 1'U rsuline.