Alors vvooom ! il engouffre ses chevaux par-là, voyez s'il est content de lui ! et derrière lui ses gars, ça suit, vous entendez si ça crie ! ça s'imagine que, pour les Achéens, c'est cuit, peuh ! ils ne tiendront pas, ils vont se casser les dents sur leurs vaisseaux noirs. Mais quels cons ! tiens, regardez, aux portes, les deux types sur lesquels ils tombent, des champions/.../" L'Iliade, chant XII, vers 124-127 Aveugle comme cet Asios, ou lucide comme Achille, peu importe que l'homme aime la vie, il doit la perdre, qu'il haïsse la guerre, il doit la faire. Et aux dieux de s'en expliquer, après ça ! Voilà ce que nous chante Homère avec cette Iliade, transposée ici, après L'Odyssée, dans tous les tons du français, par l'helléniste, récitant et musicien Emmanuel Lascoux.Notes Biographiques : Homère L'Iliade et l'Odyssée sont les premières oeuvres écrites qu'a produites la civilisation grecque aux alentours du VIIIe siècle av. J.-C. D'emblée, elles ont fait l'admiration de tous pour devenir au long des siècles un véritable modèle, influençant les arts et les genres littéraires. Homère, cet inconnu Où et quand Homère est-il né ? A-t-il seulement existé ? Est-il réellement l'auteur de l'Odyssée ? Autant de questions qui restent et resteront sans réponses indiscutables, faute de preuves historiques, si bien qu'on en est réduit à faire des suppositions qui évoluent au fur et à mesure des siècles. On s'accorde, la plupart du temps, pour raconter qu'Homère est né au VIIIe siècle av. J.-C., sans doute à Smyrne - une ville aujourd'hui turque qui se nomme Izmir. Mais six autres villes revendiquent sa naissance, dont Rhodes, Chio et Athènes... L'histoire dit aussi qu'il était aveugle et qu'il devient aède. Homère, héritier des aèdes En Grèce, les aèdes étaient des poètes et musiciens. Ils allaient de cité en cité pour chanter en s'accompagnant d'une cithare, un instrument de musique à cordes. On rencontre deux aèdes dans l'Odyssée : Démodocos chez les Phéaciens et Phémios à Ithaque. Les aèdes étaient présents pendant les banquets et chantaient devant l'assemblée les aventures des héros grecs et des dieux que tout le monde autour d'eux connaissait. C'est pourquoi le texte de l'Odyssée est ponctué de vers ou de demi vers qui se répètent. Ces "vers-formules" étaient sans doute destinés à servir de points d'appui pour la mémoire des aèdes. De même, les hommes et les dieux reçoivent des épithètes qu'on dit "de nature" pour résumer leur caractère à l'aide d'un trait essentiel : "Athéna à l'oeil étincelant", "Ulysse, le héros aux milles ruses", "Nausicaa aux bras blancs"... Mais la répétition des mêmes vers a une autre fonction : traduire une réalité qui elle-même se répète. Le lever du jour, la convocation d'une assemblée, le début d'une intervention... La régularité avec laquelle reviennent ces formules suggère un monde ordonné et stable. Comment le texte d'Homère est-il parvenu jusqu'à nous ? Au VIe siècle av. J.-C., le tyran Pisistrate qui règne sur Athènes et son fils Hipparque ordonnent aux rhapsodes - les artistes qui chantent les poèmes d'un autre - la récitation des textes d'Homère chaque année à la fête des Panathénées. C'est grâce à ces festivités religieuses, qui se tiennent tous les ans en l'honneur de la naissance d'Athéna, que le texte de l'Odyssée sera fixé pour la première fois par écrit et en vers. Mais ce n'est que bien plus tard, et dans une version sans doute très éloignée de celle d'Homère, qu'elle sera traduite en latin, d'abord, avant d'être diffusée dans toute l'Europe. La version qu'on a pris l'habitude de lire comporte vingt-quatre chants qui correspondent aux différents épisodes de l'errance d'Ulysse. Extrait de Homère, "Le prince des poètes", d'Alexandre Farnoux
«Il m'est difficile de montrer tout cela comme si j'étais un dieu», écrit Homère. Et pourtant. Voici le texte fondateur de toute la poésie épique occidentale et, plus encore, de toute littérature qui se veut poésie. Le récit transcende son sujet même : l'affrontement des Troyens et des Achéens, menés par les héros Hector et Achille, sous la tutelle des dieux. C'est qu'il exprime l'essence des passions humaines (la colère, la jalousie, l'envie), des conflits, de l'amitié, de l'héroïsme. C'est qu'il dit, de manière universelle, la peur et le courage face à la mort.4e de couverture : «Il m'est difficile de montrer tout cela comme si j'étais un dieu», écrit Homère. Et pourtant. Voici le texte fondateur de toute la poésie épique occidentale et, plus encore, de toute littérature qui se veut poésie. Le récit transcende son sujet même : l'affrontement des Troyens et des Achéens, menés par les héros Hector et Achille, sous la tutelle des dieux. C'est qu'il exprime l'essence des passions humaines (la colère, la jalousie, l'envie), des conflits, de l'amitié, de l'héroïsme. C'est qu'il dit, de manière universelle, la peur et le courage face à la mort.
Résumé : Neuf années de combats acharnés ont déjà ensanglanté Troie quand Homère entonne L'Iliade : il chante le courage d'Achille, le plus grand des guerriers, sa colère et sa peine. Aux côtés de Patrocle et des Grecs, il affronte les Troyens menés par Hector dans une guerre où les passions des hommes se mêlent aux calculs des dieux. Epopée fondatrice de la littérature grecque antique, L'Iliade met en avant un monde peuplé de divinités redoutables et de destins funestes, mais aussi de héros à la bravoure exceptionnelle. Objet d'étude : Héros, héroïnes et héroïsmes. Dossier pédagogique conçu conformément aux programmes. Prolongements : A la découverte d'une oeuvre d'art / Une réécriture théâtrale au XXe siècle.
Résumé : Ulysse, dont la ruse a permis aux Grecs de vaincre les Troyens, doit affronter encore bien des dangers pour rejoindre Ithaque, son île natale, où l'attendent sa femme Pénélope et son fils Télémaque. Ballotté de tempêtes en naufrages, le héros aux mille tours parviendra-t-il à déjouer les envoûtements de la divine Circé, à résister au chant des Sirènes et à échapper à la terrible fureur de Poséidon ? Objets d'étude : Le monstre, aux limites de l'humain/Héros, héroïnes et héroïsmes. Dossier pédagogique conçu conformément aux programmes. Prolongement : Récits de navigation et réécritures (corpus de textes).
Cette nuit-là, rassemblés tous les trois autour de notre mère, nous avons pour la dernière fois fait kolkhoze.Notes Biographiques : Emmanuel Carrère est né en 1957. D'abord journaliste il a publié un essai sur le cinéaste Werner Herzog en 1982 puis L'Amie du jaguar Bravoure (prix Passion 1984 prix de la Vocation 1985), Le Détroit de Behring essai sur l'Histoire imaginaire (prix Valery Larbaud et Grand Prix de la science-fiction française 1987),Hors d'atteinte ? et une biographie du romancier Philip K. Dick : Je suis vivant et vous êtes morts. La Classe de neige prix Femina 1995 a été porté à l'écran par Claude Miller et L'Adversaire par Nicole Garcia. En 2003 Emmanuel Carrère réalise un documentaire Retour à Kotelnitch et adapte lui-même en 2004 La Moustache avec Vincent Lindon et Emmanuelle Devos. Il a depuis écrit Un roman russe, D'autres vies que la mienne, Limonov prix Renaudot 2011, Le Royaume prix littéraire Le Monde, lauréat-palmarès Le Point, Meilleur livre de l'année, Lire 2014, Il est avantageux d'avoir où aller et Yoga. En 2020 il a réalisé un nouveau film Ouistreham d'après le livre de Florence Aubenas avec Juliette Binoche et des actrices non professionnelles. Ses livres sont traduits dans une vingtaine de langues.
Une chimère, c'est une créature imaginaire composée de parties disparates. Par exemple : une histoire policière racontée par cinq femmes, sur une playlist italo-disco.
Charles Juliet a rassemblé ces textes en préparation du onzième volume de son journal qu'il avait choisi d'appeler Mes meilleures années. Il est mort le 26 juillet 2024, à Lyon, avant de pouvoir achever son projet. Nous publions aujourd'hui ce volume avec les textes inédits qu'il avait sélectionnés, dans un ordre fragmentaire qui restait à définir, mais qui témoignent de sa volonté d'atteindre sa part la plus singulière, "là où je rencontre ce qui appartient à tous, là où j'ai la chance d'accéder au permanent, à l'intemporel", écrivait-il.
Plus je lui écrivais de lettres, plus mon affection pour Ilaria grandissait. Il me fallait en savoir plus sur elle. Mais je n'étais pas certaine qu'elle souhaitât que je dévoile les anecdotes intimes que la lecture de son herbier m'avait apprises. Dans le même temps, certains de ses textes sur les plantes laissaient transparaître un désir de percer les secrets de Venise.
Dans les années 1960, le jeu préféré des garçons qui vivent sur les hauteurs de Sarajevo est un défi aux lois de l'apesanteur : après l'école, ils se retrouvent pour lancer des couvercles de casseroles dans les airs et deviner où les vents les porteront, de sorte que les disques de métal reviennent entre leurs mains. Cinquante ans plus tard, l'un de ces garçons, Emir Kusturica, a grandi en s'inspirant de cet acte de rébellion poétique contre la nature et est devenu réalisateur, auteur et musicien. Il a vu son pays détruit parla guerre, ses frontières redessinées, mais n'a jamais cessé de considérer la liberté comme le bien le plus précieux qu'un homme doit défendre, plus encore s'il est artiste. Lorsqu'il rencontre l'écrivain Peter Handke, il comprend qu'il n'est plus seul. Dans ce roman-monde, deux rebelles — un cinéaste et un conteur — se poursuivent, marchant sur la corde raide entre les fantômes d'Ivo Andrie et d'Ingmar Bergman, à la recherche de l'essence de l'homme.
Si l'on fait la somme des instants fatidiques de nos vies, dix minutes suffisent à définir l'existence d'un être humain. Ce livre raconte les dix minutes décisives d'un homme qui ria toujours désiré qu'une seule chose : la domination. Ce n'est pas une biographie, mais plutôt une ballade, un roman picaresque, rythmé et mordant. De sa plume incomparable, Stefano Massini retrace l'odyssée d'un enfant devenu golden boy, puis entrepreneur sans scrupule, le parcours de celui que nous connaissons aujourd'hui sous le nom de Donald Trump.
Erri De Luca nous invite à un voyage gustatif dans lequel chaque plat, chaque expérience culinaire ouvre une porte sur un souvenir. Des épisodes et des lieux, issus de son enfance ou de sa vie d'adulte, ressurgissent grâce à une mémoire sensorielle : les déjeuners du dimanche au parfum de ragù, les repas pris sur des chantiers ou en montagne, l'ambiance chaleureuse des osterie populaires où la jeunesse militante côtoyait la classe ouvrière. En écho à chaque récit, Valerio Galasso, nutritionniste et ami, livre des conseils pratiques et des clés pour de saines habitudes alimentaires. De sa plume limpide et poétique, Erri De Luca se dévoile tout en poursuivant l'exploration des thèmes qui lui sont chers. Dans ce livre intime, traversé par les traditions culinaires italiennes, la cuisine devient un langage de transmission et de partage, jusque dans les recettes familiales proposées en fin d'ouvrage.
Italie, années 1930. Une ville du Sud, une femme du Nord. Deux mondes qui se rencontrent et changent à jamais. Dans la chaleur du mois de juin, un car s'arrête sur la place de Lizzanello, petit village des Pouilles. Carlo, l'enfant du Sud, en descend, accompagné d'Ana, sa femme. Originaire du Nord, celle-ci découvre une terre inconnue, figée dans le temps, écrasée par le poids des traditions. Anna ne va pas à l'église, aime lire, est curieuse. Elle est et restera aux yeux des villageois "l'étrangère". Jusqu'au jour où, contre l'avis de Carlo, elle devient la première postière de Lizzanello. Pendant plus de vingt ans, d'abord à pied puis à bicyclette, Anna va délivrer le courrier : les missives des amants ; les lettres des hommes envoyés au front ou partis chercher fortune à l'étranger. Trait d'union entre les habitants du village, Anna connaît tous les secrets. Mais il en est un qu'elle gardera jusqu'à sa mort. Au gré des événements de l'histoire - la guerre, le droit de vote des femmes -