Ce rien que moi dur et glacial : Hélène Schjerfbeck
Hirt André
ENCRE MARINE
37,00 €
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EAN :9782350880495
Helène Schjerfbeck (1862-1946) a beaucoup peint, surtout une série d'autoportraits dans lesquels elle a étendu, en sa féminité, sa psychè, en ne cessant de la creuser, de la gratter jusqu'à l'os, jusqu'à la manifestation de ce que l'art est refus de la représentation, plutôt appel obstiné en soi de figures venues de rien. En parcourant la série, on songe inévitablement à la mort et à ses signes, alors qu'on doit voir aussi les couleurs tremblantes et toujours désirantes de la vie, par exemple sur les lèvres rouges. "Peut-être, l'artiste n'a-t-il qu'à pénétrer en lui-même dans ce rien que moi dur et glacial". "Je ne suis rien, absolument rien, tout ce que je désire faire, c'est peindre, chercher. - Ce doit être ceci qui fait la grandeur des peintres, de sorte qu'ils ne vieillissent jamais: le fait qu'il y a toujours encore quelque chose à conquérir". Cette peinture incomparable et radicale fait l'objet, dans ce livre - le premier essai consacré en français à Hélène Schjerfbeck -, d'une expérience du regard et d'une tentative de rencontre avec ce que les autoportraits manifestent d'une subjectivité en question jusqu'à la torture, qui a interpellé le spectateur stupéfait et étrangement concerné. Celui-ci s'engouffre à son tour, avec ses moyens philosophiques, dans la vérité inquiète du portrait réel et impossible.
Nombre de pages
209
Date de parution
14/03/2012
Poids
380g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782350880495
Titre
Ce rien que moi dur et glacial : Hélène Schjerfbeck
Auteur
Hirt André
Editeur
ENCRE MARINE
Largeur
160
Poids
380
Date de parution
20120314
Nombre de pages
209,00 €
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ÉCHO De quoi le déploiement d'une fleur est-il l'évanouissement? Et pourquoi une floraison serait-elle une disparition dans une métamorphose? L'histoire de Narcisse que nous raconte Ovide dans la troisième partie des Métamorphoses s'achève en effet par l'apparition d'une fleur qui porte son nom. L'histoire conduit le lecteur - et Narcisse - depuis sa conception jusqu'à son printemps, qui est étrangement une mort. Et au-delà de cette narration, comme son rejet plus que comme son effet, il existe une autre histoire, à vrai dire aussi vite entamée que reléguée, celle d'Écho, dont le devenir est la sempiternalité d'une douleur, le retour presque imperceptible d'un rien, juste de sons qui dans leurs répétitions et leur éloignement n'existent même pas. On peut suivre les étymologistes qui font dériver le nom de la fleur, le narcisse, de narkè, l'engourdissement et la torpeur. Et il est même arrivé, ainsi qu'on peut le lire dans Plutarque (?uvres morales, 647b), que le narcisse soit une fleur de mort (dans le culte de Déméter à Éleusis, par exemple). Mais pourquoi cette étonnante destinée de Narcisse, d'un adolescent d'à peine seize ans, d'un béotien, du fils d'un fleuve de Béotie, cette région proche de Thèbes, et d'une nymphe? - Notons qu'il s'agit peut-être tout simplement de l'histoire d'une bêtise comme en commettent non seulement les jeunes gens à la recherche de leur image qui investit tout leur désir; peut-être s'agit-il également de l'histoire d'une pensée et encore une fois d'un désir très simples, voire simplets, en tout cas ignorants, premiers et originels, dont la nature relèverait davantage d'une contraction, d'une régression que d'une ouverture à l'extériorité et aux autres. Ovide rapporte que Narcisse est très beau; en vérité, il reprend seulement l'avis des nymphes (en l'occurrence des nymphettes!) qui, quant à elles, désespèrent de l'indifférence du jeune homme à leur égard. Narcisse, en effet, ignore l'amour. Et parmi ces nymphes, ces filles-fleurs, une, Écho, au lieu de se concentrer sur sa fonction, à savoir l'animation d'un lieu déterminé de la nature comme les sources, les rivières, les montagnes ou les arbres, ainsi que l'avait enjoint à cette descendance son père Zeus, dépérit d'amour. Son corps finit par se décharner et par disparaître d'une sorte d'anorexie. Ne reste d'elle que la voix, gémissante.
Faut-il en toute chose aller aux extrêmes ? Et faut-il avoir atteint une sorte de climax pour être à la hauteur de ce qu'exigent la création artistique, la politique et la pensée ? Les expériences si dangereuses de ce genre, telles qu'elles furent pratiquées au XX° siècle, ne résultent-elles pas d'un Pacte frauduleux contracté avec le diable, et l'une d'elle n'a-t-elle pas fait le malheur d'Adrian Leverkühn, le compositeur pas si imaginaire que cela du Docteur Faustus de Thomas Mann ? C'est à partir de ce roman et du destin de son personnage principal, que l'on se propose, dans la continuité de ce qui s'est ouvert précédemment sous le nom le Chantier Faustus, d'évaluer le degré de crise de la culture et de la civilisation, d'examiner dans ce contexte les conditions de la création artistique et de redéfinir la nature de la pensée en prenant à contrepied le Pacte et ses forçages par le rappel des contraintes de sa finitude. La figure imposante de Beethoven sert ici de guide, depuis la IX° Symphonie qui s'achève, on ne le sait pas assez, sur l'ambiguïté d'un cri déchirant de joie mais aussi d'ivresse et d'inarticulation, en réalité de défaite historique, jusqu'à la dernière Sonate pour piano, opus 111, qui embrasse cette fois-ci, avec sobriété et amour, l'humanité de l'homme. C'est alors, pour les temps à venir, "l'humain" qu'elle cherche à tutoyer, à nous faire comprendre et entendre.
Résumé : André Hirt, Professeur agrégé de Philosophie en Classes Préparatoires, (Doctorat sur Beaudelaire), est Co-traducteur de W. Benjamin (Origine du drame baroque allemand, Flammarion 1985). Il a publié de nombreux articles et prépare un ouvrage sur la poésie. Dans la philosophie.
Résumé : Partant d'une analyse du discours esthétique de Hegel, cet ouvrage s'efforce de souligner le grand embarras du philosophe de Berlin devant le statut de la poésie, cet art du logos qui ne cesse de contester la systématisation de la pensée et la logique dialectique. La poésie est Versus en ce qu'elle relance pensée et philosophie en s'opposant à toute identité entre le rationnel et le réel. Ainsi trouverait-on dans la poésie, comme négativité irréductible à toute synthèse, le principe de la ressource d'une reformulation de la dialectique qui ne s'inclinerait plus devant l'ordre des faits et des choses. Les remarques d'Adorno sur Hegel comme sur Hölderlin et Celan fournissent l'occasion d'étudier la tension entre la tentation totalisatrice de la philosophie et la poésie, entre le sens et la vérité, entre le discours rationnel de la communication et l'hermétisme de la parole poétique. En dérangeant la logique dominatrice et synthétique du Même qui constitue la prose du monde (prorsus), Versus engage à un rapport avec l'altérité. Celle-ci se lit aussi bien, comme synthèse non-conceptuelle ou dialectique supérieure, dans la poésie et dans la musique d'une part (les ombres conjointes de Hölderlin et de Beethoven sont alors ici partout sensibles), que dans la problématique de l'éthique telle qu'elle a été produite par Emmanuel Levinas contre Hegel d'autre part (d'où l'idée d'une parole à la mesure de l'éthique qui serait la poésie, soit celle d'une poéthique).