
L'Echolalie
ÉCHO De quoi le déploiement d'une fleur est-il l'évanouissement? Et pourquoi une floraison serait-elle une disparition dans une métamorphose? L'histoire de Narcisse que nous raconte Ovide dans la troisième partie des Métamorphoses s'achève en effet par l'apparition d'une fleur qui porte son nom. L'histoire conduit le lecteur - et Narcisse - depuis sa conception jusqu'à son printemps, qui est étrangement une mort. Et au-delà de cette narration, comme son rejet plus que comme son effet, il existe une autre histoire, à vrai dire aussi vite entamée que reléguée, celle d'Écho, dont le devenir est la sempiternalité d'une douleur, le retour presque imperceptible d'un rien, juste de sons qui dans leurs répétitions et leur éloignement n'existent même pas. On peut suivre les étymologistes qui font dériver le nom de la fleur, le narcisse, de narkè, l'engourdissement et la torpeur. Et il est même arrivé, ainsi qu'on peut le lire dans Plutarque (?uvres morales, 647b), que le narcisse soit une fleur de mort (dans le culte de Déméter à Éleusis, par exemple). Mais pourquoi cette étonnante destinée de Narcisse, d'un adolescent d'à peine seize ans, d'un béotien, du fils d'un fleuve de Béotie, cette région proche de Thèbes, et d'une nymphe? - Notons qu'il s'agit peut-être tout simplement de l'histoire d'une bêtise comme en commettent non seulement les jeunes gens à la recherche de leur image qui investit tout leur désir; peut-être s'agit-il également de l'histoire d'une pensée et encore une fois d'un désir très simples, voire simplets, en tout cas ignorants, premiers et originels, dont la nature relèverait davantage d'une contraction, d'une régression que d'une ouverture à l'extériorité et aux autres. Ovide rapporte que Narcisse est très beau; en vérité, il reprend seulement l'avis des nymphes (en l'occurrence des nymphettes!) qui, quant à elles, désespèrent de l'indifférence du jeune homme à leur égard. Narcisse, en effet, ignore l'amour. Et parmi ces nymphes, ces filles-fleurs, une, Écho, au lieu de se concentrer sur sa fonction, à savoir l'animation d'un lieu déterminé de la nature comme les sources, les rivières, les montagnes ou les arbres, ainsi que l'avait enjoint à cette descendance son père Zeus, dépérit d'amour. Son corps finit par se décharner et par disparaître d'une sorte d'anorexie. Ne reste d'elle que la voix, gémissante.
| Nombre de pages | 160 |
|---|---|
| Date de parution | 18/05/2011 |
| Poids | 215g |
| Largeur | 140mm |
| EAN | 9782705680923 |
|---|---|
| Titre | L'Echolalie |
| Auteur | Hirt André |
| Editeur | HERMANN |
| Largeur | 140 |
| Poids | 215 |
| Date de parution | 20110518 |
| Nombre de pages | 160,00 € |
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