2 volumes sous coffret vendus non séparément Tome I Clémence Ramnoux consacra sa vie entière à l'étude et à la sémantique des penseurs présocratiques comme Héraclite, Empédocle ou Parménide, afin de remonter aux sources de la philosophie. Pour ce faire, elle élabora une méthode de recherche interdisciplinaire, redevable de l'histoire des religions, de la philologie, de la philosophie et de la psychanalyse. Dans ce premier volume se trouvent rassemblés les trois premiers ouvrages (La Nuit et les enfants de la Nuit dans la tradition grecque, Héraclite ou l'homme entre les choses et les mots, Mythologie ou la famille olympienne) de cette grande helléniste qui font toujours autorité. A chaque fois l'auteur a proposé de nouvelles traductions des textes présocratiques. Clémence Ramnoux n'étudie pas seulement l'évolution du mythos au logos, en s'attachant à démontrer le passage du nom des puissances divines à l'abstraction philosophique, elle s'est également intéressée aux fragments d'Héraclite en proposant une lecture non plus fondée selon la division traditionnelle - cosmologie, anthropologie, logique - mais sur une nouvelle méthode de groupement des formules de mots. Dès lors, elle éclaire les fragments d'Héraclite, en se mettant à l'écoute des mots, de leurs jeux, de leurs résonances, de leurs échos pour les entendre philosophiquement et les comprendre dans leur unité, nous faisant oublier le surnom que la tradition lui donnait : "Héraclite l'Obscur" . Dans sa présentation, Rossella Saetta Cottone dit la dette immense de la recherche française envers Clémence Ramnoux qui a su dépasser les clivages disciplinaires pour aborder une question capitale de notre culture comme celle de la naissance de la pensée rationnelle. Tome II Dans ce second volume consacré essentiellement aux études présocratiques, Clémence Ramnoux reconnaît l'apport de Nietzsche en montrant que le retour aux sources archaïques permet de comprendre comment de l'éloignement progressif des dieux vont naître les commencements de la philosophie. Cette dernière se détachera peu à peu du mythe (encore largement présent chez Platon), pour faire émerger la pensée abstraite, toujours en mutation, fille adultérine de la pensée archaïque. C'est à l'aune de ces rencontres agonistiques entre penseurs anciens que la philosophie s'affirmera. Dans une suite d'articles sur les présocratiques, on découvre ce glissement du mythe à la pensée rationnelle, déjà en germe avant Socrate. Avec la traduction commentée du Poème de Parménide, l'auteur montre l'importance de la transmission des textes anciens dont il faut aussi savoir faire une étude critique. Un choix d'articles peu connus, jusqu'alors dispersés et difficilement accessibles, permet de mieux comprendre les relations complexes - à la fois complices et novatrices - de Clémence Ramnoux avec la pensée contemporaine, notamment avec la psychanalyse et avec la philosophie de Bachelard. Cette nouvelle édition en deux volumes des oeuvres majeures de Clémence Ramnoux, entièrement revue et corrigée, est enrichie d'une Table de concordances des fragments orphiques, d'un Index des sources, d'un Index général, d'une Bibliographie raisonnée des oeuvres citées par l'auteur et d'une Bibliographie de ses oeuvres et des articles qui lui ont été consacrés.
Nombre de pages
1600
Date de parution
17/01/2020
Poids
2 135g
Largeur
180mm
Plus d'informations
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EAN
9782350881799
Titre
Oeuvres. Edition
Auteur
Ramnoux Clémence
Editeur
ENCRE MARINE
Largeur
180
Poids
2135
Date de parution
20200117
Nombre de pages
1 600,00 €
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La communauté universelle de la Pensée vous accueille : de Socrate à Sartre pour simplifier, des présocratiques à Michel Serres plus exactement. Certains ont préparé notre venue : douter avec Montaigne et Descartes, comprendre le cosmos avec Galilée ou Einstein, trouver les origines de l'homme avec Darwin ou l'ADN, analyser la richesse économique avec Adam Smith ou lord Keynes, et même disputer de Dieu avec saint Paul ou Nietzsche. En somme, partager l'essentiel avec les plus grands. Chaque époque a élaboré ses réponses face à ses enjeux ; pour penser les nôtres, puisons dans le passé universel européen. Les fondations de notre héritage culturel occidental sont grecques, juives et chrétiennes, les Lumières et la science élèvent les murs, la modernité ébranle l'édifice. L'idée de progrès, l'aspiration à l'égalité, l'affirmation de la raison universelle, l'appétit de justice architecturent l'édifice. La recherche de l'érudition n'est pas l'objectif ; c'est une introduction à la pensée des auteurs reconnus qui déploie notre propre capacité à penser. " Les abeilles pillottent deçà delà les fleurs, mais elles en font après le miel, qui est tout leur. [...] Ainsi les pièces empruntées n tout d'autrui, il les transformera et confondra, pour en faire sien, à savoir son propre jugement " (Montaigne, Les Essais). Et puis, dans cette quête, il se trouve bien quelque chose comme une résistance à l'air du temps où l'éphémère sensationnel s'est installé. Ce que le spécialiste gagne en compétence, il le perd en culture. Cet ouvrage s'adresse aux étudiants préparant une épreuve de culture générale, mais aussi à l'autodidacte cherchant à acquérir une autonomie culturelle, ainsi qu'à l'honnête homme du XXl siècle.
Résumé : L'épreuve "Questions contemporaines" du concours commun d'entrée en première année d'IEP requiert une culture générale classique et contemporaine très étendue. Ces 140 fiches offrent une synthèse très complète sur les concepts essentiels, les événements majeurs, auteurs et textes fondamentaux en philosophie, économie, droit, histoire, littérature. Elles permettront au candidat de faire le point sur l'actualité des connaissances et sur les grands débats autour des thèmes cette année au programme : "La famille" et/ou "La mondialisation".
D'abord, les noms ont été réservés à l'appellation des personnes, les mots à celle des choses. Surtout, deux théories ont été écartées: celle qui voit dans le mot le reflet de la chose (l'onomatopée) - une reprise du cratylisme - et Ille qui tient le mot pour né dans l'arbitraire (le n'importe comment, à la suite d'une convention). A l'opposé, est soutenue la théorie d'une inséparabilité du mot et de chose, mais aussi est analysé le pouvoir du mot d'élever et d'essentialiser ce qu'il indique. Dans cette hypothèse, deux questions s'imposaient: comment alors expliquer la création de ce mot (l'onomaturgie)? Est-il possible, ensuite, d'en arriver à une science du mot et sur quelle base fonctionnera-t-elle (une épistémologie a minima)? A la fin, on s'interroge sur le sigle, l'éponyme, le bilinguisme. On répond même à la question: A quoi sert pareille analyse? Biographie de l'auteur François Dagonet, philosophe, a enseigné dans plusieurs lycées, puis à la Faculté des Lettres de nm, enfin, à celle de Paris 1-Sorbonne.
Paulina Luz aurait pu demeurer la célibataire neurasthénique embarrassée par cette psychose ménagère dont Freud nous parle. Mais son ambition réprimée, son sacrifice au profit du garçon dernier-né, n'avait plus de sens dès lors que celui-ci était donné pour mort. La seule solution était la mort propre, la mort définitive du dire, un délire si pauvre qu'il n'intéressait même pas les psychiatres réunis à son chevet. Elle deviendra la proie et l'emblème de la psychiatrie moderne du xxe siècle. Rien ne sera épargné pour la soigner : des vitamines, des comas, des chocs douloureux jusqu'à l'insupportable, la chirurgie salvatrice, les neuroleptiques enfin... Rien ne sera épargné, rien ne conduira à la rémission de son mal. Seule son agitation sera réduite, mais au profit seulement d'une vie plus calme pour les autres : elle restera ainsi jusqu'à sa mort, sans que son rebut puisse trouver un désir pour s'accrocher au monde, un petit rien pour décoller du théâtre de sa terreur. L'histoire de Paulina Luz, femme universelle, aux prises avec la psychiatrie moderne de son siècle, vaut en elle-même pour les archives du c?ur et de la mémoire. Mais elle sert aussi pour éclairer cette autre modernité : ces cent ans à venir qui compromettent le destin de nos désirs derrière les affirmations péremptoires de la science, de l'image, de l'évaluation et de la ségrégation par le " handicap ". Dans notre siècle à nous, tout peut se dire jusqu'à l'obscénité. Pourtant, ce dire déshabité, communicationnel, publicitaire, épris de croissance et de mondialisation, ennemi de la saveur vernaculaire des dialectes, fait pendre comme un pantin, un corps " machinique " schizophrène, machinal, hygiénique, ausculté, biologique et neuronal, sacrifié en ADN sur l'autel de l'idolâtrie génétique.
La Puissance de la vie : ainsi pourrait être nommée "l'intuition philosophique" de Jean-Marie Guyau, et ainsi déclaré que c'est bien la philosophie morale qu'il faudrait placer au centre de cette oeuvre pour la comprendre et en juger, au centre de la nébuleuse de questions que nous-mêmes, modernes, pouvons encore nous poser sur nous-mêmes et sur l'avenir. Il s'agit donc d'offrir dans ce livre la première interprétation systématique de l'ensemble d'une oeuvre malheureusement délaissée, mais aussi de faire pièce à la "volonté de puissance" , et encore d'offrir aux contestations contemporaines du repli du "bien" sur le seul "juste" la proposition d'une philosophie de l'amour sans idéalisme ni prophétisme comme base d'une pensée morale conséquente. L'analyse de la belle Esquisse de Guyau à la lumière de toute son oeuvre révèle, au croisement du darwinisme, de la psychologie des profondeurs et de l'impératif de généalogie, une philosophie audacieuse et féconde, riche de perspectives pour qui veut penser les problèmes moraux de la vie ordinaire.
Publiée pour la première fois en 1885, l'Esquisse d'une morale sans obligation ni sanction nous propose une théorie éthique inspirée par l'évolutionnisme et la psychophysiologie naissante. Son principe, la tendance de la vie à plus d'expansion et plus d'intensité, permet à son auteur, Jean-Marie Guyau (1854-1888), de se placer en concurrence des " deux tendances de la morale " selon lui : l'utilitarisme anglo-saxon et le kantisme continental. Il le conduit aussi à nous offrir la perspective originale d'une " morale de la vie " dans ce livre " raffiné, mélancoliquement courageux " (Nietzsche). Né en 1854 à Laval, Jean-Marie Guyau est le fils d'Augustine Tuillerie, connue pour avoir publié sous le pseudonyme de Giordano Bruno plusieurs livres, dont le fameux Tour de France de deux enfants (1877) ; il est le beau-fils du philosophe Alfred Fouillée, qui diffusera sa pensée et publiera une partie de l'?uvre de Guyau après sa mort précoce (1888). Guyau, historien de la philosophie morale, historien des religions, philosophe de l'art et théoricien de la pédagogie, était aussi l'auteur de manuels de lecture et de classiques scolaires, un poète, un musicien. Esquisse d'une morale sans obligation ni sanction, pour la première fois publiée avec l'indication des modifications apportées à la première édition, est sans conteste son ouvrage le plus personnel et le plus fameux.